Tous les irréductibles l’ont déjà réservé ici:
https://fr.ulule.com/asterix-une-histoire-totale/
Nous voilà en plein milieu de l’été, donc en vacances (en principe), ce qui est aussi l’occasion de lire. À l’ombre si possible. Nos News de cette semaine seront donc consacrés à une grosse pile de romans récents, à lire sans modération…
TOUS À LA STATION !
Boris Chong vit sur Mars depuis de nombreuses années. À son retour sur Terre, il atterrit à Central Station, un hub interplanétaire où l’humanité s’est réfugiée pour échapper aux ravages de la pauvreté et de la guerre : un véritable carrefour où se croisent des humains, des augmentés, des robots, des IA, des créatures génétiquement modifiées et même des entités extra-terrestres. Plutôt qu’un véritable roman, Central Station, signé de l’Israélien Lavie Tidhar, rassemble une quinzaine de textes publiés entre 2011 et 2016, et ici rassemblés, et où nous pouvons suivre de multiples familles multiculturelles qui se composent, se quittent, se recompose, au sein d’un univers cyberpunk où la pluralité de vécus, fait la grande force d’un livre qui, plus de dix ans après sa parution originelle, résonne de façon parfois douloureuse, dans un contexte géopolitique particulièrement mortifère (Pocket).
LES DANGERS DE VÉNUS
Sur Vénus, les conditions de vie son effroyables. En surface, une pression équivalente à une plongée à 900 mètres sous le niveau de la mer et une température infernale de 462° Celsius. En altitude : une atmosphère composée en grande partie de nuages d’acide sulfurique qui ronge tout. Cent familles sont arrivées du Québec afin de coloniser la planète Vénus, dont les Aquilon, qui vont faire la plus grande découverte de l’histoire de l’humanité. Signé du Canadien Derek Künsken, Les Profondeurs de Vénus se signale par la description d’une société abordée avec force détails techniques qui nous la rendent vraisemblable, la fameuse découverte évoquant Clarke et Kubrick de 2001. Regrettons seulement une fin un peu trop elliptique. Mais un second volume suivra…. (Le Livre de poche).
IL EST DIFFICILE SE SURVIVRE
Nous sommes dans une Angleterre post-apocalyptique revenue à un mode de vie quasi médiéval, au village de Woodcote, en 2037. À la suite des ravages des guerres, de la pollution et d’un mal mystérieux qui transforme les adultes en monstres, l’humanité a instauré une règle terrifiante pour survivre : personne n’a le droit de vivre au-delà de 20 ans (jusqu’à 24 ans pour les femmes acceptant d’enfanter). C’est le sacrifice ultime exigé au nom de la perpétuation de l’espèce, sous le regard d’un dieu tout-puissant et mystérieux nommé Atek. Seul Hope, dynamique jeune fille de 16 ans, refuse d’accepter son destin et, brisant tous les interdits pour sauver ses amis de leur suicide programmé, elle va découvrir que le danger n’est pas celui qu’on lui a appris à craindre. Avec 2145 – sous l’œil d’Atek, la suisse Sandrine Clément aborde de nombreux thèmes : le réchauffement climatique et la technologie (ce qui fait écho à la période de canicule actuelle), la mémoire collective, la vie et la mort, mais également le libre arbitre, le pouvoir des dirigeants, la manipulation des populations, les croyances imposées et notre capacité à remettre en question ce qui nous semble acquis. Pour la jeunesse cette dystopie qui ne manque pas de suspense ? Pas que ! (Scrineo).
LA CHASSE AUX MONSTRES EST OUVERTE
Grandir dans la Clairière, c’est apprendre à craindre les monstres de la Forêt. Alors certains adolescents sont formés pour devenir Chasseurs. On les rassemble en Bataillons, on les célèbre puis on les pleure lorsque la Forêt les avale. Jeune orpheline, Lorelaï est contrainte de rejoindre leurs rangs. À l’Académie de Chasse, elle doit se plier à un apprentissage éprouvant et sceller ses Trois Choix : son arme, sa vocation, sa Chimère. Elle pourra ensuite participer à sa première Battue, avec peu de chances d’y survivre. « Le principe de la Battue était simple : il s’agissait de marcher tout droit jusqu’à trouver quelque chose à punir des crimes de la Forêt ». Mais Lorelaï possède un atout : une intuition presque animale qui lui permet, mieux que personne, de comprendre les créatures de la Forêt. Mais est-ce suffisant, car les monstres ne sont pas loin ? Gaëtan B. Maran, à qui l’on doit Les Chasseurs, est un écrivain français, lauréat du prix du Jeune Écrivain de langue française en 2019 et en 2022, et aussi le gagnant de la première édition des Murmures Littéraires (Syros).
LA BÊTE TOMBÉE DU CIEL
Gardienne du peuple des dakhanas sous l’océan, Discrète effectue sa ronde lorsqu’une masse noire tombe du ciel. Bien vite, elle découvre que cette masse étouffe une créature volante qui en est captive, Fil, membre du peuple des aériens qui vit sur le continent. Tandis que Discrète sauve Fil, les autres gardiens cherchent à comprendre d’où vient cette noirceur tombée du ciel. Est-ce l’encre d’un calmar géant caché dans une faille ? Le signe d’un péril à venir ? L’état d’urgence est déclaré, et les dakhanas décident d’envoyer des délégués chez leurs alliés aériens et forestiers. Discrète est désignée pour faire partie de l’expédition sur le continent. Arrivera-t-elle à dépasser ses peurs et à sauver l’océan de la catastrophe ? Avec La Nuit gagnera l’océan, la française Nadia Coste, après un premier roman en 2010 (les Fedeylins), s’oriente vers la littérature dite pour la jeunesse, dont cette dernière parution est un bon exemple, que les “adultes” prendront pareillement plaisir à lire (Scrineo).
DANS LES PAS DE LOVECRAFT
À Thassil, «indomptable cité, les maisons de granit et de béton se dressent, austères et massives, comme des gardiens silencieux d’un secret oublié», arrive un matin un jeune étranger «paisible et dégagé, comme si le poids de l’atmosphère pesante de Thassil n’avait aune prise sur lui». D’où vient-il ? Que cherche-t-il ? Serait-il un frère du joueur de flûte de Hamelin, prêt à bouleverser la ville ? Ainsi s’ouvre Thassil, la première des trois novellas composant À travers les songes de Lovecraft, récits signés Salah Tengour, qui prend soin de préciser : «Il ne s’agit pas ici d’imiter Lovecraft, mais de lui rendre hommage, de puiser dans son univers pour en extraire une lumière oblique, une beauté sombre qui lui est propre ». Nous l’accompagnons au long de deux autres visites, La Cité des hommes au cœur de pierre, où « sous le ciel plombé, l’amoncellement des maisons délabrées, leurs façades écaillées comme une lèpre, formaient un oppressant labyrinthe de désespoir » et où le récitant découvre un “Peuple des marais” dont il est peut-être le descendant, et Le Voile d’Ishtar, où le souverain de cette ville se retrouve brusquement… mais où ? Trois récits où, si l’action est rare, on goûte le style très travaillé de l’auteur dans les longues descriptions témoignant d’un sens visuel très pictural (L’Harmattan, Nouvelles nouvelles).
LA FIN ET LE RECOMMENCEMENT
Dans Le Bateau des errantes, Yseult a réveillé la magie qui sommeille au cœur de la terre. Avec Eira, la princesse rebelle, elles s’apprêtent à vivre un voyage tumultueux sur la mer, affrontant pirates et flots déchainés. Mais peu importe le danger, car c’est l’avenir du monde qui est en jeu. Fantasy, dystopie, post-catastrophisme ? «La manière douce n’a pas marché. Voici donc venir les crues, les séismes, les incendies. Ces avertissements seront les derniers. C’est ainsi que se crée du neuf : en détruisant l’ancien». Cet avertissement de la plume de Kiran Millwood Hargrave ne pourrait-il pas être tiré de n’importe quel article publié dans un journal d’aujoud’hui ? Ainsi se développe le dernier volet de la fantasy épique d’une autrice britannique née en 1990, dramaturge, poétesse et romancière anglaise ayant commencé à écrire en 2009, alors qu’elle n’avait que dix-neuf ans. Diplômée des universités de Cambridge et d’Oxford, elle est l’autrice de romans jeunesse et Young Adult, comme La fille d’encre et d’étoiles, Un Hiver sans fin ou Les Filles qui ne mouraient pas, ainsi que Les Graciées, finaliste du prix Fémina vendu à près de 40 000 exemplaires. Ce dernier récit de 490 belles pages se termine par la seule raison valable : « Vivre, de toutes les façons possibles» (R Jeunesse).
Jean-Pierre ANDREVON
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