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La newsletter de l'Ecran Fantastique · Jul 18, 2026

Le meilleur dessinateur de bande dessinée au monde ? La révélation est ici

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L'écran fantastique · La newsletter de l'Ecran Fantastique

Tous les secrets d’Astérix révélés(Y compris la recette de la potion magique ?). C’est ici:

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LE MEILLEUR DESSINATEUR DE BD AU MONDE

Qui est-ce ? Le Milanais Sergio Toppi bien sûr (1932 – 2012) qui, s’il n’a pas, en France, la même réputation et la même audience qu’un Giraud/Moebius qu’il fait plus qu’égaler, est pourtant l’auteur d’une cinquantaine d’albums, presque tous traduits et publiés par l’éditeur grenoblois Michel Jans qui, avec ses éditions Mosquito, sut reconnaître un talent hors du commun, damnant le pion à plus connus que lui, lesquels ignorèrent ou repoussèrent notre artiste, sous de fallacieux prétextes genre « passé de mode ». Parce qu’il y aurait une mode pour un dessin d’un perfectionnisme valant les gravures de Dürer ? Que ce soit dans ses mises en page éclatées, sa façon de rendre palpable le moindre détail des visages, vêtements, armes et armures de personnages piochées dans toutes les périodes et continents de l’Histoire, ses panoramas scrutés à la jumelle, son art du noir et blanc où la finesse des hachures se marie avec ses plans ombrés où l’obscurité n’est là que pour faire ressortir ce qui est montré, Toppi est unique. Bonne raison pour aborder La Légende de Potosi, réédité après une première diffusion en 2003 où, dans le cadre du Pérou de la Conquista, un jeune guerrier, trompé par de fausses rumeurs, se lance à la recherche de la colline d’argent qui lui vaudra sa fortune. Mais l’impénétrable forêt amazonienne, dessinée feuille après feuille lui réservera de mauvaises surprises… Comme cette page le montre, le Maestro ne s’est pas ici contenté de son noir et blanc habituel, mais a usé de couleurs directes qui, très atténuées, n’enlèvent rien à ses compositions flamboyantes. Certes, là n’est sans doute pas le summum de son inspiration, qu’on trouvera dans la sf exalté de Futur antérieur, l’Ouest sauvage de Naugatuck ou ses “Mille et une nuits ” personnelles de Sharaz-De et combien d’autres titres, mais comme chez lui il n’y a rien à jeter…. (Mosquito).

DES FANTÔMES SUÉDOIS

Alba, jeune policière au caractère si exalté qu’elle a gravement cogné, dans un bar, un quidam l’ayant traité de pouffiasse. Résultat, de Stockolm, elle est mutée dans un loin bled du nom de Norrberga, où elle se retrouve dans un poste quasi à l’abandon, aux ordres d’un vieillard à longue barbe blanche qui pourrait aussi bien être centenaire, et la lance sur ancienne histoire de disparition non classée qu’elle imagine être un boulot de routine. Marika a perdu l’aînée de ses deux filles, Saga, noyée lors d’un accident de voiture causé par son mari Leo qui, ivre, a précipité son véhicule dans le fleuve et n’a pu sauver que leur seconde fille, Bissi. Pour tenter d’oublier, le couple a également quitté Stockolm pour intégrer un chalet isolé non loin de Norrberga, avec comme seuls voisins qu’un autre couple un peu bizarre. Et pourquoi Marika commence-t-elle à avoir des cauchemars si réalistes qu’elle imagine être la réalité. Elle qui pensait trouver la paix se trompe pareillement. On connait l’excellence générale de ces polars nordiques (cf. Stieg Larsson), dont on retrouve la patte dans Le Vent de Norrberga, que signe Camilla Grebe, accompagné ici par Carl-David Pärson, lequel n’est autre que son propre fils. La construction binaire de l’intrigue, scandée d’un personnage à l’autre, laisserait-elle penser que chacun des deux auteurs est responsable du suivi d’une des deux héroïnes et elle seule ? Peu importe en fait, le classicisme et la simplicité de l’écriture, qui n’éludent pas le suspense, nous poussant à tourner sans s’arrêter ces 400 grosses pages pour savoir ce qu’il en est des mystères passés et présents de la contrée, et ce qui relie (ou pas ?) Alba et Marika. Avec l’attention donnée au moindre petit fait de la vie quotidienne, et cette manière de passer avec souplesse du fait-divers au territoire des fantômes, Grebe et Pärson, sans atteindre tout à fait les hauteurs maître King, se situent sans aucun doute dans sa mouvance (Calmann Lévy – “Noir”).

DEMAIN LA TERRE

Quel autre sujet serait aujourd’hui plus porteur que notre proche futur exploré sous l’angle des cataclysmes où nous avons déjà mis le pied, l’écologie malmenée en étant le moteur ? Nombre de romans d’auteurs fameux (K. S. Robinson) s’y sont collés et, en France, les anthologies sur le sujet ont fleuri, portées notamment par Arkuiris (Nature et biodiversité du futur & d’ailleurs, Le Nucléaire et après). Et voilà qu’avec Lucioles, 15 fictions pour des futurs écologique, c’est La Volte qui entre en piste, avec une somme ne possédant pas à priori un maître d’œuvre, mais au moins une postface signée Vincent Lucchese, qui parle au nom du magazine écologique Reporterre, pour clamer que les textes présentés ont pour but de «percer la chappe de plomb qui écrase l’avenir, donner à voir des futurs écologiques excitants et subversifs pour contrer les récits dystopiques…» De l’optimisme au lieu du pessimiste en somme, le père Noël au lieu de la fée Carabosse ? On aimerait en avoir la preuve en lisant les nouvelles, souvent très courtes, se partageant entre auteurisses connu.e.s et ceux (pardon : ciels) qui ne sont moins, qui paraissent s’être bornés à répondre à un appel d’offre mais sans véritable inspiration. Ne citons de l’excellente Catherine Dufour qui, au sujet des abeilles, se plante dans une chute misérable ou (l’excellent) Jean-Marc Ligny, incapable d’en trouver une à son texte. Et, si l’on peut au moins saluer le poétique Ciel déraciné de Sabrina Calvo, il faut attendre le seul long texte (une véritable novella) d’Elio Possoz, Solar City où, sur 90 pages, l’auteur s’amuse à dresser les plans d’une cité idéale à ériger, avec l’aide de l’IA bien entendu, processus délivré en courtes séquences à l’humour impassiblement féroce : «Granulométrie (0/5), taux d’impureté (inférieur à 6%), couleur, porosité, dureté, prix du marché, achat à long terme, taux d’emprunt sur le cours du sable océanique (en se gardant bien d’utiliser) du vulgaire granulat bitumineux de seconde main». Mais au fait, qui peut bien être cet Elio Possoz qui a tout prévu ? Manque aussi à ce volume une bio des auteurs et autrices, tant pis pour iels (La Volte /Reporterre).

LE CHAT NOIR VA MIAULER DE NOUVEAU

Les éditions du Chat Noir et le groupe éditorial Salomon, incarné par sa présidente, Laura Salomon, nous annoncent leur accord pour une poursuite de l’activité de la maison d’édition créée par Cécile Guillot. Nées en 2011, les éditions du Chat noir ont su porter une voix singulière pendant 15 ans au sein des littératures de l’imaginaire, avec un catalogue de plus de 130 titres tournés notamment vers le fantastique, le gothique, l’urban fantasy et la romantasy, d’auteurs et autrices francophones et étrangers. Citons Les Larmes Rouges : Réminiscences de Georgia Caldera (Prix Merlin 2012), Fille d’Hécate : la Voie de la Sorcière de Cécile Guillot, ou encore Les Errants : Origines de Denis Labbé. Une nouvelle structure va être lancée, sous le même nom, avec au capital Cécile Guillot et le Groupe Salomon; pour reprendre l’activité de la maison et développer à nouveau une ligne éditoriale dédiée aux littératures de l’imaginaire, sous la direction éditoriale de Cécile Guillot. Les éditions du Chat noir publieront donc 5 à 6 titres par an, avec une reprise du catalogue. Elles seront diffusées et distribuées par Pollen pour le papier, et Edantès pour le numérique. Les premiers titres sortiront fin 2026/début 2027.

Jean-Pierre ANDREVON

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