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La newsletter de l'Ecran Fantastique · Aug 15, 2026

George R.R.Martin déprimé, "The Minds of Winter" incertain

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L'écran fantastique · La newsletter de l'Ecran Fantastique

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UN AUTEUR NOMMÉ GEORGES EEKHOUD

Né le 27 mai 1854 à Anvers et mort le 29 mai 1927 à Schaerbeek, c’est un écrivain flamand d’expression française, homosexuel et anarchiste. De milieu très modeste, orphelin très jeune, Georges Eekhoud affirmera dans toute son œuvre une philosophie sociale, avec un intérêt qui n’est pas qu’esthétique pour les déshérités et une haine sans désemparer pour la bourgeoisie. Publié au Mercure de France, Escal-Vigor est, en 1899, un des premiers romans modernes traitant de l’homosexualité, de même qu’il jouera un rôle important dans la revue Akademos, première revue en français qui défend les amours entre hommes. Mais encore ? Eh bien, pour en savoir plus, une seule adresse : l’épais volume Crépuscules, proses du clair obscur, anthologie composée par Léo Dayher et regroupant sur 400 pages pas moins de 26 nouvelles de cet auteur en marge qu’Éric Lysoe, dans sa longue et précieuse préface, situe entre « l’étrange et le merveilleux, sur le fil d’un rasoir ». À savoir qu’entre « cette conjonction d’Éros et de Thanatos », le fantastique n’est pas tant à chercher dans les thèmes (des passions qui se finissent mal) que dans un style recherché, qu’on peut juger désuet, mais où la poésie affleure : « Si vous aimez les cerises, vous réveriez cueillir les baisers entre ses lèvres charnues et roses ». Et où, toujours selon Dahyer, les personnages d’Eekhoud ne portent pas des queues-de-pie, mais sont à rechercher dans « le phalanstère des claquedents, de tous les hauts-le-pied coureurs de grève, batteurs de pavés, rôdeurs de barrière, oiseleurs, malandrins […] tous ces « voyous de velours » qui occupent une place de choix dans le cœur de l’auteur » – on osera dire dans son sexe également : «La langueur de ces jeunes corps descendait dans mes reins, le long de mes vertèbres, ces yeux vidaient mes os, pompaient ma moëlle, ces bouches aspiraient mon reste de souffle ». On sera qui plus est ravi par l’emploi constant d’idiomes spécifiques au milieu ouvrier qui demande souvent à se reporter au glossaire final si l’on veut savoir qu’un bouleux est un homme acharné au travail, qu’une liorette est une jeune femme élégante et facile, qu’une jambette est un petit couteau de poche. Il ne reste plus maintenant qu’à attendre les deux autres volumes en préparation sur ce dandy attiré par les bas-fonds, et qu’on trouvera chez le seul éditeur capable de ce genre d’exhumation : Flatland.

DANS LA MAISON D’URSULA K. LE GUIN

La maison de Portland où Ursula K. Le Guin vécut pendant près de six décennies est désormais inscrite au Registre national des lieux historiques des États-Unis. Reconnue pour son importance littéraire autant que pour sa place dans l’histoire des femmes, elle doit désormais accueillir une résidence d’écriture fidèle aux volontés de l’autrice, disparue en 2018. Le bâtiment de NW Thurman Street a officiellement été inscrit au National Register of Historic Places le 17 juin dernier. Le National Park Service lui reconnaît une importance nationale dans deux domaines : la littérature et l’histoire sociale des femmes. La maison est ainsi consacrée non seulement comme lieu de création d’une écrivaine majeure, mais aussi comme témoin de la manière dont une femme a conquis, au XXe siècle, une autorité intellectuelle durable dans des genres alors très largement dominés par les hommes. Ursula K. Le Guin et son époux, l’historien Charles Le Guin, se sont installés dans la demeure en 1960. L’autrice y resta jusqu’à sa mort. Elle y composa notamment Le Sorcier de Terremer, publié en 1968, La Main gauche de la nuit, en 1969 (et Les Dépossédés, en 1974. Des travaux de rénovation sont programmés en 2026 et 2027, notamment pour adapter la maison à sa nouvelle utilisation et en améliorer l’accessibilité. L’ouverture de la résidence est actuellement annoncée pour la période 2027-2028. Sa gestion relèvera de Literary Arts. Attendons donc encore un peu avant de prendre notre billet...

ÉDITIONS MORGEN : DE LA BD QUI S’IMPOSE

Alors que beaucoup, dans le monde du livre, s’inquiètent de la concentration des maisons d’édition dans les mains de quelques millionnaires, focus sur les éditions Morgen, maison indépendante. Créée entre autres par Thomas Ragon et inaugurée en janvier de cette année, Morgen compte à l’heure actuelle sept albums en sept mois, comme Petit Bonhomme, une fable de science-fiction muette, dessinée par Grégory Panaccione, et de beaux succès à commencer par Terre ou lune, de Jade Khoo, 54 000 exemplaires écoulés, mais aussi Train de nuit dans la voie lactée, adaptation d’un classique de la littérature japonaise. Et le programme pour les deux années qui viennent est déjà bouclé. Si nous attirons aujourd’hui l’attention sur Morgen, c’est que quasiment toutes ses publications (ajoutons Caboche ou Nocturnos) ont fait l’objet de chroniques dans nos News, et bien sûr dans les pages de l’édition papier de l’Écran. Sans aucunement donner dans l’autosatisfaction pour cette mise en valeur méritée, une seule conclusion : la qualité se remarque et paye.

APRÈS BLADE RUNNER 2049, BLADE RUNNER 2099 !

À compter du 25 novembre prochain, un nouveau produit de la franchise Blade Runner atterrira sur Amazon Prime Video. Rappelons que le film original de Ridley Scott se basait sur le roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? de Philip K. Dick, La première saison de Blade Runner 2099, composée de 10 épisodes, prolonge le voyage commencé avec le film de Ridley Scott en 1982, et fait suite à Blade Runner 2049, réalisé par Denis Villeneuve et sorti en 2017. L’actrice Hunter Schafer incarne Cora dans Blade Runner 2099, un personnage inédit de la saga, tout comme Olwen, une Réplicante interprétée par Michelle Yeoh. Ce duo évoluera dans le Los Angeles de 2099, marqué par l’esthétique sombre et cyberpunk si marquante dans le premier film de Ridley Scott. Le scénario de cette nouvelle série a été signé par Silka Luisa (Les lumineuses, Halo) qui en a supervisé la production.

LES DERNIÈRES NOUVELLES DE GEORGE R. R. MARTIN

Plus de cinq mois après son dernier billet personnel sur son site, George R.R. Martin a repris la plume le 3 août. L’auteur du cycle du Trône de fer y décrit une année éprouvante, marquée par la perte d’amis, la tristesse et la dépression. Aucune nouvelle éditoriale n’accompagne cette confidence : The Winds of Winter, attendu depuis quinze ans, n’est pas même cité. Le sixième roman de A Song of Ice and Fire — cycle publié en France sous le titre Le Trône de fer — reste en chantier depuis la parution américaine de A Dance with Dragons, cinquième volume de l’édition originale, en juillet 2011, cela fait donc la bagatelle de 15 ans. Et aucun calendrier de publication n’a été communiqué. En janvier de cette année, George R.R. Martin estimait disposer d’environ 1100 pages de manuscrit et expliquait qu’abandonner la série inachevée constituerait à ses yeux un « échec total ». Bien qu’en avril, Bantam Books avait dû démentir une prétendue fuite annonçant son achèvement et une sortie dans l’année. Le message du 3 août n’ajoute rien à ce dossier. Il n’annonce ni avancée, ni suspension, ni nouvelle échéance. Alors ? Mystère et suspense…

Jean-Pierre ANDREVON

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