Hello 👋
Moi c’est Franck. Je suis avocat d’affaires depuis plus de 20 ans, spécialisé dans la résolution des conflits entre associés. A ce jour, j’ai accompagné + 400 entrepreneurs associés à se séparer. Je vous aide à trouver votre place et, si nécessaire, à couper le lien sans tout casser.
J’ai donc décidé de vous mettre quelques avoclaques le premier dimanche de chaque mois. Histoire de vous éviter de vivre un drame.
Que vous soyez en train de vous associer ou de vous séparer, utilisons mon expérience et les cas vécus par mes clients. Et ne faites pas partie des 7 boites sur 10 qui disparaissent à cause d’une mésentente entre associés.
Aujourd’hui, nous sommes 420. Merci à vous. Je suis ravi de partager cette aventure avec vous.
Let’s go pour la deuxième avoclaque.
Avant de commencer, et si ce n’est déjà fait, vous pouvez aussi :
Gérer le litige avec votre associé en réservant un audit stratégique personnalisé
Préparer votre pacte d’associés en prenant RDV
Vérifier le match avec votre associé en faisant le Crash-Test
Si vous êtes prêt à remettre en cause vos certitudes, contactez-moi.
Être évincé de sa propre société n’est pas une fiction
Comment cela est-il possible ?
Les signaux que vous auriez dû voir
Alors, que faire pour ne pas subir ?
Imaginez. Vous êtes le cofondateur d’une entreprise que vous avez bâtie avec passion. Un matin, vous découvrez qu’une réunion stratégique a eu lieu sans vous. Les décisions sont déjà actées.
Quelques jours plus tard, vous constatez que vous n’avez plus accès au compte bancaire. Et, comme par hasard, on vous propose un rachat de vos parts à un prix dérisoire.
Le cauchemar.
Eh bien, c’est exactement ce qui est arrivé à Sarah.
Sarah a inventé une boisson non alcoolisée. Elle s’est associée avec deux amis : l’un CTO pour développer la plateforme, l’autre CFO pour gérer les finances et les papiers. Elle gère le marketing et les ventes. Chaque associé a un tiers de la société. Ils sont tous les 3 administrateurs.
Après deux années, la boite se développe déjà à l’international. Les ventes passent les 10 millions d’euros. Et le personnel de 10 à 50 personnes. Sarah, passionnée, s’investit à 100%.
C’est un énorme succès. Tout le monde gagne très bien sa vie.
Mais le CTO et le CFO, avides de pouvoir, passent un pacte entre eux.
Leur objectif : récupérer la boite pour eux deux et exclure Sarah. Alors, mois après mois, ils mettent Sarah sous pression. Derrière une apparente normalité, certaines décisions « anodines » se prennent :
Engagement d’un salarié qui duplique « comme par hasard » ses fonctions.
Perte d’accès au CRM et au drive commun de la société.
Dénigrement auprès du personnel et des clients.
Ils mettent Sarah à l’écart de sa propre entreprise.
Jusqu’au jour où elle reçoit une convocation à une assemblée générale avec pour sujet : « révocation et exclusion ».
À deux contre un, le CTO et le CFO tiennent la réunion officielle en une heure à peine. Dans la foulée, ils lui coupent ses accès bancaires, changent le mot de passe de sa boite mail. Et ils l’informent que tout contact avec le personnel et les clients lui est interdit.
Sarah, humiliée, craque. Elle signe la vente de ses parts pour 1 euro.
Mon constat :
Laura a cru que ses associés lui voudraient toujours du bien. Elle n’a vu aucun des signaux pourtant présents. Elle s’est oubliée elle-même.
L’éviction d’un associé se fait insidieusement. Elle se prépare dans l’ombre, à travers une série de manœuvres psychologiques, opérationnelles et juridiques.
Progressivement, vous perdez vos prérogatives, vos alliés, votre influence. Vous êtes cette grenouille que vos associés placent dans une marmite pleine d’eau. Semaine après semaine, ils font monter la température d’un demi-degré. L’eau bout. Vous suffoquez. Jusqu’à terminer complètement asphyxié.
Le tout sans vous rendre compte de rien.
C’est une réalité que je vois se répéter, encore et encore, dans ma pratique d’avocat spécialisé dans les litiges entre associés. Des entrepreneurs brillants, convaincus que leur place était acquise, découvrent un jour que leur associé prépare leur départ.
Et quand ils s’en rendent compte, il est trop tard.
Pourtant, avant que l’éviction ne soit consommée, des indices sont là. Les repérer dès qu’ils surgissent fait toute la différence. Pour vous éviter le pire.
Isolement opérationnel progressif
Opacité de vos associés sur les informations clés de votre société
Poussée à la démission de collaborateurs compétents qui vous sont loyaux
Retrait de vos codes vous empêchant de suivre un client clé représentant + 20 % du CA
Personnel de l’entreprise qui ne s’adresse plus à vous mais à vos associés
On est au tout début du plan d’actions du manipulateur.
Durée : plusieurs mois, voire plusieurs années.
Modification de l’actionnariat au détriment de votre position
Signature d’un pacte d’associés déséquilibré qui scelle votre perte d’influence
Convocation à une assemblée visant votre révocation et votre exclusion
Retrait formel de vos pouvoirs (signature bancaire, e-mail pro)
Proposition de rachat de vos parts à vil prix
Ici, on passe à la vitesse supérieure et votre temps est compté.
Durée : 6 à 12 mois maximum.
Déterminez votre zone de génie
Prenez seul(e) les décisions liées à votre expertise.
Une fois le cadre fixé, gardez votre place même sous le feu des critiques.
Si vous êtes incontournable, vos associés auront intérêt à vous garder.
Vous êtes sur un siège éjectable. Vos associés ne vous veulent plus du bien.
Par conséquent, vous faites monter la pression en occupant votre place. Le but : inverser le scénario pour que la grenouille dans la marmite, ce ne soit plus vous, mais eux.
Concrètement, vous dites non à toutes les demandes suspectes comme :
la demande d’accès à des codes clés de votre fonction
le licenciement de « vos » salariés compétents
Vous renforcez votre position en interne avec le personnel et les clients. Pour être incontournable et pour négocier la séparation dans de bonnes conditions. Car oui, la séparation est inévitable. Vous l’avez maintenant compris.
En pratique, ça parait simple. Mais, c’est un combat contre soi-même. Se répéter « pourquoi j’ai mal choisi mon associé » ne résout rien.
La première étape est d’« arrêter de culpabiliser injustement » pour agir efficacement.
À ce stade, je conseille à mes clients de refuser impérativement :
une modification de l’actionnariat à leur désavantage
un pacte d’actionnaires limitant « subitement » leurs pouvoirs existants.
Parce que je sais que c’est la première étape d’une séparation subie. L’autre a décidé de vous sortir. Il tente de vous séduire en vous faisant signer des «papiers standards» à son profit.
Ainsi, à plusieurs reprises, j’ai vu le même schéma :
Au départ, vous avez autant de parts que les deux autres. 33,3 % chacun.
Suite à l’actionnariat modifié, vous êtes passé(e) à 10 % et 90 % pour les deux autres.
Un an plus tard, les deux autres vous excluent de la société.
De même, un pacte d’associés est un outil fantastique pour la stabilité d’une entreprise. Sauf quand l’autre l’utilise de mauvaise foi. Il vous endort pour préparer votre disgrâce.
Au plus tôt vous détectez les vraies intentions de votre associé, au plus vite vous reprenez le contrôle et occupez votre juste place. Tout se joue sur le timing pour défendre vos droits.
N’ayez pas honte à vous renseigner auprès d’un avocat en cas de doute.
L’avoclaque du jour :
Agissez à froid comme le manipulateur. Prenez-le à son propre jeu.
Et, sauvez votre peau.
Si vous avez une idée d’un sujet à traiter, posez votre question en commentaire.
Voilà, c’est tout pour aujourd’hui.
Pour mémoire, tout ce que j’écris dans cette newsletter n’est que mon partage d’expérience. C’est là à titre purement informatif. Ceci ne constitue en aucun cas des conseils juridiques pour votre situation spécifique. Mon but est de partager avec vous, le plus simplement possible, ce que mes clients auraient aimé savoir avant de s’associer ou avant de se séparer.

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