Hello 👋
Moi c’est Franck. Je suis avocat d’affaires depuis plus de 20 ans, spécialisé dans la résolution des conflits entre associés. A ce jour, j’ai accompagné + 400 entrepreneurs associés à se séparer. Je vous aide à trouver votre place et, si nécessaire, à couper le lien sans tout casser.
J’ai donc décidé de vous mettre quelques avoclaques le 1er dimanche de chaque mois.
Histoire de vous éviter de vivre un drame.
Que vous soyez en train de vous associer ou de vous séparer, utilisons mon expérience et les cas vécus par mes clients. Et ne faites pas partie des 7 boites sur 10 qui disparaissent à cause d’une mésentente entre associés.
Aujourd’hui, nous sommes 511. Merci d’être là. Je suis heureux de partager cette aventure avec vous.
Let’s go pour la quatrième avoclaque.
Avant de commencer, et si ce n’est déjà fait, vous pouvez aussi :
Gérer le litige avec votre associé en réservant un audit stratégique personnalisé
Préparer votre pacte d’associés en prenant RDV
Vérifier le match avec votre associé en faisant le Crash-Test
Si vous êtes prêt à remettre en cause vos certitudes, contactez-moi.
Votre associé est un boulet
Le cas magique de Loïc et Luc
Les 3 erreurs fatales de 90 % des associés majoritaires
Le bon réflexe : l’alignement interne
Le plan d’action
Conclusion
Trop souvent, des associés empathiques font preuve d’une patience d’ange avec leur associé minoritaire désinvesti pour raisons personnelles : déménagement, paternité ou maladie.
Ils laissent passer 12 mois voire plus en pensant qu’en évitant le conflit ça va s’arranger. Mais plus le temps passe, plus l’autre associé minoritaire devient un boulet. Au point que l’entreprise fait du sur place et peut même imploser à tout moment.
Sauf si vous arrivez à reproduire ce que Loïc et Luc ont réussi.
Loïc et Luc sont associés avec Paul dans le secteur financier. Le business ronronne depuis 3 ans. 10 employés. Des marges excellentes.
Sauf que Paul devient papa.
Il perd pied. Et se désinvestit totalement :
il refuse toutes les critiques constructives pour redresser la barre.
il travaille deux fois moins qu’avant et s’absente tout le temps.
il se victimise et devient agressif avec ses associés.
Après un an de dialogue de sourd, Loïc et Luc me contactent. Ils veulent se séparer de Paul.
À eux deux, ils ramènent plus de 95 % du chiffre d’affaires. Le dossier a l’air simple. C’est « juste » un jeu de majorité contre minorité. En plus, il y a un pacte d’actionnaires pour les modalités d’exclusion.
Caviar.
Mais Paul, rusé, les contacte séparément pour les monter l’un contre l’autre. Il affirme à Luc qu’il adore travailler avec lui et que Loïc le discrédite depuis des années. Il fait de même auprès de Loïc.
Là, je les mets en garde d’un risque sous-estimé et susceptible de tout faire capoter à tout moment : « ne pas rester alignés pendant la séparation ».
Malgré la peur du changement et les fourberies de Paul, mes clients restent soudés et ne craquent pas.
Ils se séparent de Paul de façon fluide et élégante :
un délai de 9 mois pour un accord amiable signé => pas d’aléa lié à un procès.
une démission immédiate comme administrateur => pas de tension pendant un préavis.
un deal signé à 800.000 € => gain de 200.000 € par rapport au prix de départ de Paul.
Mais dans la majorité des cas, ça ne se passe pas comme ça.
Un associé désengagé, c’est une bombe à retardement car un associé défaillant bloque une entreprise. Les majoritaires s’épuisent.
Avec la fatigue et le doute, les mauvais réflexes les sabotent parce qu’ils sont sous pression.
C’est le réflexe le plus impulsif et le plus fréquent. Mais c’est un leurre. Par expérience, un procès prend 24 mois en moyenne d’incertitude, et coûte au minimum 100.000 € avec 50% de chance d’obtenir ce que vous voulez.
Plus on parle à un manipulateur, plus il rejette la faute sur vous et vous fait culpabiliser. C’est une répétition à l’infini tous les mois. Et le pire, c’est que bien souvent ça marche.
Quand les majoritaires ne parlent plus d’une seule voix, la transition devient ingérable. Et c’est exactement ce que cherche le minoritaire : vous opposer pour mieux contrôler.
Pourquoi 90 % des majoritaires commettent ces impairs ?
Parce qu’à chaque fois, ils agissent sur base de fausses croyances comme :
considérer qu’à deux vous serez toujours du même avis pendant une tempête,
penser que le tribunal va solutionner le problème à votre place,
croire que l’associé minoritaire va enfin changer.
Et pendant ce temps-là, le boulet reste à bord, encaisse son cash tous les mois et vous mine.
Je ne compte plus le nombre d’associés qui sont venus me voir après un coaching raté de groupe où ils ont essayé en vain de rafistoler les morceaux. Rares sont les coachs qui ont le courage de dire à leurs clients : « vous n’êtes plus alignés, vous devez vous séparer ».
Démission du personnel, perte de la clientèle, la perte humaine est souvent plus lourde que le manque à gagner en cas de séparation.
Alors que faire ?
Au lieu de mettre votre destin dans les mains d’un juge ou dans celle du boulet qui ne changera pas, la solution vient de vous et de personne d’autre.
A chaque fois que j’entame un accompagnement de majoritaires, je donne deux conseils clés à appliquer immédiatement et pendant toute la durée du processus de séparation :
Mais c’est difficile car attendez-vous comme Loïc et Luc à ce que :
Le boulet vous contacte séparément pour vous diviser.
L’un de vous doute et contacte lui-même le boulet qui vous embrouille.
L’un de vous change d’avis par peur non identifiée et non partagée entre vous.
C’est précisément dans ces moments qu’il ne faut pas oublier que vous vous êtes mis d’accord avec votre associé sur une stratégie. On ne change pas une stratégie quand il n’y pas de fait nouveau le justifiant. On s’en tient à un plan et on le déroule.
Si vous vous désalignez, le boulet reprend du pouvoir et votre plan d’exclusion tombe à l’eau.
Loïc et Luc l’avaient bien compris. Ils ont continué à communiquer en ma présence pour bien s’aligner et se réaligner à chaque fois que Paul leur tendait un piège.
L’un n’a pas bougé le petit doigt sans concerter l’autre en amont.
Par réflexe historique, les 3 associés décident à trois alors que les papiers prévoient que la majorité (2 contre 1) l’emporte pour toute décision. Les 2 associés restent ainsi suspendus aux lèvres du 3ème de mauvaise foi.
Pourtant, ils ont leur destin en main.
C’est ainsi que j’ai expliqué à Luc et Loïc qu’en appliquant les accords écrits existants entre actionnaires, il « suffisait » de monter le dossier correctement et ensuite tenir un CA et une AGE pour exclure Paul de la société.
Durée : 9 mois au lieu de 24 mois au tribunal.
(NB : attention, ceci est un plan d’action général. Il y a forcément des spécificités liées à chaque cas. J’ai donc simplifié pour vous éviter un pavé de 100 pages 😅)
(durée 1 à 3 mois)
Avant toute chose, la première étape est de monter un dossier écrit solide avec preuve à l’appui de la mésentente. C’est ce qu’on appelle la construction des « justes motifs ». Pendant ce temps-là, l’avocat reste dans l’ombre.
Pourquoi cette étape est nécessaire ? Parce que sans désaccord formel objectivé, le boulet vous attaquera pour abus de majorité et reviendra comme associé dans la société.
Rappelez-vous l’histoire de Mathilde dans la newsletter #3.
(durée de 3 à 6 mois)
Une fois les justes motifs réunis, voici les étapes suivantes :
Convoquer un conseil d’administration pour acter les divergences de vue irrémédiable sur base de faits objectifs comme le % de chiffre d’affaires généré.
Tenir le conseil d’administration et tout acter par écrit.
Convoquer une assemblée générale pour révoquer le boulet comme administrateur (et l’exclure de la société si les statuts ou le pacte d’actionnaires le permettent).
Tenir l’assemblée générale et tout acter par écrit en présence d’un huissier de justice et de votre avocat (pression émotionnelle pour avoir un levier pour négocier).
Exécuter les décisions prises à l’assemblée générale :
couper l’accès aux comptes bancaires
couper la boite email professionnelle
changer les serrures si nécessaire
(durée de 6 mois à 24 mois en fonction du pays concerné)
Une fois exclu comme associé et révoqué comme administrateur, la seule contre-attaque que le boulet peut invoquer contre vous à ce moment est l’abus de majorité. Raison pour laquelle chaque détail compte dans les écrits à formaliser. Si vos décisions sont bien argumentées et motivées, le droit est de votre côté.
Vous avez déjà repris le contrôle de la société. C’est maintenant le boulet qui court derrière vous et plus vous après lui.
Le problème n’est plus interne. Il est maintenant externalisé.
Ne pas rester alignés entre majoritaires pendant une transition est un risque sous-coté en pratique. Quand un associé devient un boulet, la pire erreur est de continuer à espérer qu’il changera ou de courir au tribunal pour “avoir raison”.
Les majoritaires doivent reprendre le contrôle en interne, avec méthode et alignement.
Loïc et Luc l’ont compris :
On ne gagne pas une guerre en criant plus fort.
On la gagne en restant unis, patients et préparés.
C’est cette cohérence-là qui fait la différence entre une société qui implose et une société qui se libère.
Voilà, c’est tout pour aujourd’hui.
PS 1 : Si cette édition vous a plu, cliquez sur le ❤️
PS 2: Si vous avez une idée d’un sujet à traiter, posez votre question en commentaire.
Pour mémoire, tout ce que j’écris dans cette newsletter n’est que mon partage d’expérience. C’est là à titre purement informatif. Ceci ne constitue en aucun cas des conseils juridiques pour votre situation spécifique. Chaque cas est unique et différent. Mon but est de partager avec vous, le plus simplement possible, ce que mes clients auraient aimé savoir avant de s’associer ou avant de se séparer.

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