La semaine dernière, lors du Forum sur la numérisation de l’industrie énergétique de l’Association de l’industrie électrique du Québec (AIEQ), monsieur Pierre Fitzgibbon, Ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, déclarait « que les entreprises ont tout à fait raison de s’inquiéter de leur approvisionnement en électricité. »
Voilà qui est rassurant!
Blague à part, s’il est vrai que les contraintes actuelles d’approvisionnement en électricité seront difficilement surmontables à très court terme, il ne faudrait cependant pas que ce défi circonstanciel nous fasse perdre de vue l’occasion historique qui se présente à nous.
L’avantage québécois
Dans un contexte mondial de lutte contre les changements climatiques, nombre d’entreprises locales et étrangères d’envergure internationale cherchent des solutions pour réduire leur empreinte carbone. Le Québec et l’accès à son électricité verte présentent donc une occasion pour ces entreprises d’améliorer leur bilan. Cela peut d’ailleurs s’avérer un avantage concurrentiel, par exemple, dans l’accès à certains marchés canadien et européen.
Le Québec a donc une excellente carte en main, dans les circonstances : il a la réputation d’être un eldorado de l’électricité verte. En revanche, localement, sa population ainsi que ses entreprises sont non seulement habituées à un accès fiable à l’électricité, mais également de payer de faibles tarifs, aujourd’hui inférieurs au coût marginal de nouvelles capacités de production.
Le problème tarifaire
C’est là où le bât blesse, car si l’appétit grandissant pour les ressources québécoises d’électricité verte constitue pour le Québec une occasion de s’enrichir, cela devrait également l’amener à revoir sa tarification, car dans un régime économique concurrentiel, lorsque la demande pour un bien augmente (dans ce cas-ci l’électricité verte du Québec), le prix augmente aussi.
Maintenir de bas tarifs dans un contexte d’augmentation fulgurante de la demande reviendrait à sous-évaluer la valeur économique de notre électricité verte et, finalement, à en limiter la croissance. Le cas échéant, il en résulterait que nous ne maximiserions pas les retombées économiques liées à l’une de nos plus précieuses ressources.
Une force à additionner
Cela empêcherait également les acteurs économiques de s’ajuster aux changements de prix, notamment ceux du secteur privé qui dirigent leurs investissements vers les activités économiques les plus productives. De plus hauts tarifs attireraient certainement des entreprises souhaitant tirer profit du nouveau contexte québécois s’il permettait la contribution libre et concurrentielle du secteur privé, notamment en matière de nouvelles capacités de production.
Si Hydro-Québec doit continuer de jouer un rôle central dans la diversification énergétique québécoise, la contribution des entrepreneurs issus du domaine énergétique doit être additionnée pour permettre au Québec d’en faire plus et plus rapidement qu’à l’heure actuelle, sans quoi l’occasion historique qui se présente à nous pourrait bien être comblée par d’autres nations dans le monde. Ce serait un beau gâchis.
En outre, retroussons-nous les manches, soyons confiants en nos moyens et faisons ce qu’il faut pour que toutes nos forces vives, notamment entrepreneuriales, travaillent à ce que le Québec demeure un eldorado de l’électricité verte à l’international.
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Pour aller plus loin dans l’analyse, je vous invite à écouter ma plus récente chronique à l’émission Questions d’actualité animée par Jean-Philippe Trottier sur les ondes de Radio VM :
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