Cette publication n’aurait jamais dû atteindre un tel niveau d’impressions. Plus de 88 000. C’est 38 fois plus que ma moyenne sur l’année 2026. Pour un simple coup de gueule.
Publier un coup de gueule sur LinkedIn pour se plaindre de LinkedIn, c’est vrai que ça fonctionne souvent. Je n’en suis pas à mon premier, ni à mon dernier, j’ai ma réputation de casseur d’ambiance à assumer. Cependant, à un tel niveau d’impression, c’est n’importe quoi. Parce que ma publication ne mérite pas cette exposition.
J’ai passé des années à dire que l’algorithme LinkedIn n’est pas le centre du monde. Alors quand une de mes publications atteint 88 000 impressions, j’ai deux options : ignorer le truc ou tenter de comprendre pourquoi. J’ai choisi les deux.
Depuis le début de l’année, j’ai publié 63 publications pour un total d’impressions de 146 000. Soit une moyenne de 2 317 impressions par publication, avec un maximum à 12 300 et un minimum à 116. Tu vois bien qu’atteindre plus de 88 000, c’est disproportionné, d’autant plus quand ce n’est ni du pathos pour faire pleurer, ni du clivant pour faire enrager.
C’est une simple publication texte + image. Ne t’attends pas à un texte puissant, storytellé. J’ai seulement écrit :
“J’ai toujours adoré me faire traiter d’abruti dans un message accompagnant une demande de connexion.
Du coup, je réponds en posant une question.
J’attends la réponse...”
C’est tout. A part m’autoflageller, y a franchement rien de particulier.
Voici la capture d’écran de la publication avec l’image du message claqué au sol reçu comme demande de connexion. Et ma réponse.
J’ai certes beaucoup de likes (159) et quelques commentaires (59, à diviser par deux environ, je réponds toujours à un commentaire, donc la moitié sont de moi). Rien de mirobolant pour justifier les impressions. Et aucune republication.
Je vais te partager d’autres indicateurs dans la suite. Tentons d’y comprendre quelque chose avant. Quelque chose qui ne figure pas dans les rapports d’analyse de centaines de pages du fonctionnement de l’algorithme LinkedIn qui sortent régulièrement sur LinkedIn. Si tu vois ce que je veux dire. Ces rapports sont, 1/ des moyennes, 2/ biaisées par l’échantillon - non représentatif - qui leur sert de base de calcul d’indicateurs qui mélangent causalité, corrélation et coïncidence.
Revenons à ma publication. Le contre-exemple parfait de comment ne fonctionne pas l’algorithme. Mon image en illustration de ma publication, c’est que du texte. Ainsi, si les lecteurs s’arrêtent pour la lire dans son intégralité, ils passent du temps sur ma publication. Ça peut jouer sur un des paramètres de l’algorithme, le dwell time (le temps passé). Cependant, la longueur du texte de ma publication est tellement courte que lire les deux (l’écrit et celui dans l’image), je doute que ça donne un signal significatif de temps passé sur la publication.
En plus, tu remarqueras que je ne respecte pas vraiment les astuces de copywriting qu’il est impératif de suivre pour casser le game sur LinkedIn. Pire, je m’auto-traite d’abruti. C’est pas directement dit dans la demande de connexion. J’interprète, ou plutôt, c’est de cette façon que je comprends le message. Codeur - décodeur. L’expéditeur pense ce qu’il écrit, le récipiendaire interprète ce qu’il lit.
Mon message n’a pas de call to action, pas de hashtag, pas de phrases en escalier, je n’ai rien d’autre qu’un coup de gueule parmi d’autres.
Alors, si, pour être honnête, j’ai bien un appel à l’action indirect dans le texte en image. Je ne l’ai pas écrit intentionnellement pour la publication en elle-même, je l’ai mentionné dans la conversation privée pour la personne qui m’a prospecté comme un bourrin. Peut-être que l’audience qui a lu ce message a voulu vérifier par elle-même ? Parce que, et c’est là que je te dévoile l’impact probable des nouveaux indicateurs fournis par LinkedIn, le nombre de visiteurs de mon profil a suivi le nombre d’impressions. Non, je n’ai pas eu autant de visiteurs que d’impressions. J’ai juste eu un pic à 321 visiteurs à mettre en regard de ma moyenne qui oscille entre 40 et 80 par semaine. En revanche, peu d’enregistrements (3) et d’envois en message privé (1) de la publication.
Et seulement 5 nouveaux abonnés, ce qui est faible au regard du nombre de visites. D’ailleurs, est-ce un indicateur dont tient compte LinkedIn pour juger de la cohérence entre le profil et le contenu, amélioration de l’algorithme dont ils n’arrêtent pas de nous vanter pour rendre notre fil d’actualité plus intéressant et pertinent ? Si c’était le cas, je serais bien mal barré, tu ne crois pas.
Ma publication ne respecte ainsi aucune des sempiternelles injonctions de copywriting pour réussir sa publication. Est-ce un seul paramètre, les visites du profil à partir de la publication, qui a déclenché cette boucle de viralité ? J’en ai aucune idée. En revanche, ce qui est surprenant, c’est le décalage entre le “succès” du nombre d’impressions, les visites de mon profil et l’inexistence de republication. Là aussi, je manque d’explications, si ce n’est de suggérer que cette publication a suscité des adhésions par le like et aucune envie de diffusion par la republication.
Ou alors quand LinkedIn dit que les likes ne pèsent plus beaucoup dans la balance, c’est pas si vrai que ça ?
Tout ça pour dire que la vérité est ailleurs (tu as la ref ?).
Si je te partage ce retour d’expérience, c’est pour, une fois encore, affirmer un principe qui me guide depuis toujours dans mon utilisation de LinkedIn. On a beau chercher à comprendre l’algorithme, il n’en reste pas moins que le meilleur moyen de maîtriser sa présence sur la plateforme, c’est d’oublier qu’il y a un algorithme, qui évolue sans cesse, pour rester concentré sur le principal, à savoir les relations humaines professionnelles.
Tu publies pour toi, pour documenter ton expertise, pour asseoir ton autorité sur ton sujet. Tu publies pour ton audience, pour qu’elle ait accès à ton expertise, via tes publications si elle les voit en direct, via ton profil quand elle le visitera. Tu crées ainsi un actif pour engendrer de la confiance.
Il y a tout de même des enseignements que je tire de cette publication. Elle me donne des idées de format pour certains sujets que j’aborderai prochainement, notamment sur les rubriques à renseigner correctement pour disposer d’un profil complet et adapté à son contexte professionnel.
Je vais les aborder sur le même modèle que cette publication. Comme un coup de gueule suite à un message privé que j’aurais reçu pour, par exemple, optimiser ma bannière, mon accroche, mon résumé… Je reprendrai le format avec très peu de texte dans l’argumentaire de la publication et je rédigerai ma recommandation dans le dialogue qui sera illustré en image. Histoire de tester, de jouer et de prendre du plaisir à publier ainsi.
J’ai d’ailleurs déjà en stock deux messages sur lesquels m’appuyer. L’un pour optimiser ma bannière et l’autre pour rédiger mon accroche avec une IA.
Je te mets un call to action : si tu veux voir en situation la publication, elle est là.

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