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De Beaux Lendemains · Aug 9, 2026

Pêle-mêle culturel de juillet

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Géraldine Dormoy · De Beaux Lendemains

Béatrice et la télévision, Poillet, 1973 - Photo Madeleine de Sinéty

En juillet, j’avais du temps et l’esprit libre. Je me suis laissée aller… et l’émotion a surgi.

Au programme de mon compte-rendu :

  • L’Odyssée m’a conquise

  • La leçon de vie de Frida Kahlo

  • La Correspondante de Virginia Evans, le roman de mon été

  • Dans les champs suisses avec Gustave Roud

  • Madeleine de Sinéty, mémoire du monde paysan

  • Le podcast que j’écoute en courant, la musique que je fredonne en voiture.

Matt Damon, impressionnant Ulysse dans L’Odyssée de Christopher Nolan.

J’y suis allée sans attentes, mue par la curiosité. Le film de Christopher Nolan s’annonçait comme le carton de l’été, je voulais me faire mon avis. Le sujet m’intéressait : j’ai du mal à retenir les histoires mythologiques, de l’Odyssée je n’avais en tête que les épisodes les plus célèbres. Je voyais là l’occasion de rafraîchir mes connaissances en me divertissant. Le personnage m’attirait aussi : enfant, j’adorais l’atmosphère onirique du dessin animé Ulysse 31. Et je vis secrètement ma vie comme une Odyssée.

J’ai été emportée par le souffle épique du film. J’y ai cru. La magnificence des décors et des costumes, la modernité des dialogues m’ont surprise. En fond sonore, les chœurs m’ont attrapée.

Anne Hathaway a donné le ton des personnages féminins : alors que la culture populaire m’avait plutôt transmis l’idée d’une Pénélope malheureuse et impuissante, se languissant du retour de son cher Ulysse, j’étais ravie de découvrir une reine charismatique et maîtresse d’elle-même, au profil de médaille, aux robes drapées d’un goût exquis. Les déesses Athéna (Zendaya) et Circé (Samantha Morton) étaient tout aussi convaincantes, chacune dans son genre. Et Charlize Theron, avec sa beauté inaltérable et ses robes en filet, m’a fait marrer en Calypso : sa manière de retenir Ulysse sur son île paradisiaque tenait plus de la James Bond Girl que de la nymphe. C’était si décalé que j’y ai vu une forme d’ironie.

Je me surprends à repenser souvent à certaines scènes du film, en particulier à celle des sirènes. Dans l’imaginaire contemporain, ce sont de belles femmes-poissons qui séduisent les marins. Le film contourne l’érotisation pour plonger dans l’inconscient. On voit et on entend à peine les mystérieuses créatures. La caméra est vissée au visage horrifié d’Ulysse, joué par Matt Damon. Les souffrances qu’il traverse, ses déchirements, son voyage intérieur, voilà le vrai sujet.

Read the original on geraldinedormoy.substack.com

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