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FutureRadar · Jun 26, 2026

La seule chose que Google ne peut pas racheter

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FutureRadar · FutureRadar

Google possède une avance que personne ne lui conteste : elle a inventé la brique sur laquelle toute l’IA moderne est construite. Cette semaine, deux de ses plus grands cerveaux sont partis chez ses rivaux à deux jours d’intervalle, et la Bourse a effacé près de 250 milliards de dollars. Dans cette industrie, la seule chose qui ne se rachète pas, c’est quelqu’un qui décide de partir.

⬇️ La réponse dans le dossier de la semaine ⬇️

(Image credit: Getty Images)

source : https://www.tomshardware.com/tech-industry/china-drafts-295-billion-plan-to-build-a-national-ai-data-center-grid-running-on-80-percent-domestic-chips

  • La Chine prépare 295 milliards de dollars pour ses data centers, avec 80 % de puces maison. Pékin veut un réseau national de centres de calcul reliés d’ici 2028, en s’appuyant à 80 % sur des composants chinois, Huawei en tête, ce qui revient à fermer la porte à Nvidia et AMD. Derrière le montant, une obsession : rendre l’IA chinoise impossible à débrancher de l’extérieur. Quitte à se passer un temps des puces les plus rapides, Pékin préfère une IA qu’aucune sanction étrangère ne peut atteindre.

source : https://www.whitehouse.gov/presidential-actions/2026/06/promoting-advanced-artificial-intelligence-innovation-and-security/

  • Washington choisit l’exact inverse de l’Europe. Le décret signé début juin invite les laboratoires à prêter leurs modèles les plus puissants à l’État trente jours avant leur sortie, mais à titre volontaire, et précise noir sur blanc qu’aucune licence ne sera jamais obligatoire. Pendant que Bruxelles fait passer un permis, la Maison-Blanche fait confiance et regarde. Deux paris opposés sur la même technologie.

source : https://www.microsoft.com/en-us/microsoft-365/blog/2026/06/02/introducing-microsoft-scout-your-always-on-personal-agent/

  • Microsoft présente un agent qui agit sans qu’on le lui demande. Scout, encore en préversion, reste allumé en permanence, observe comment vous travaillez dans vos mails et vos fichiers, et prend l’initiative sans attendre la moindre consigne. Le Copilot d’hier répondait quand on l’appelait ; celui-là décide quand intervenir. La question n’est plus ce qu’il sait faire, mais ce qu’on accepte de le laisser faire seul.

(Image credit: Future)

Vous avez vingt PDF, trois rapports et zéro temps pour les lire ? NotebookLM, l’outil de Google, avale vos documents et répond à partir d’eux seulement, sans broder comme le font parfois les chatbots. Sa version de juin va plus loin : elle part de quelques idées pour aller chercher ses sources elle-même, exécute du code pour analyser vos chiffres, et vous rend des tableaux, un PDF ou un diaporama prêts à l’emploi. De quoi transformer une pile de documents en note claire en quelques minutes. Un bémol, et il compte : les nouveautés les plus utiles sont réservées à l’abonnement payant de Google, et tout ce que vous déposez part sur ses serveurs. À garder pour des sources que vous accepteriez de partager.

X avatar for @NoamShazeer

Noam Shazeer@NoamShazeer

I’m excited to share that I’ll be joining OpenAI and look forward to working with the exceptional team there. It was a difficult decision to move on. I’m incredibly proud of the amazing team at Google and everything we’ve built together. It has been an honor and a pleasure to

12:15 AM · Jun 18, 2026 · 9.44M Vues

985 Réponses · 868 Reposts · 16.2K Likes

Le nom ne vous dit peut-être rien. Noam Shazeer a pourtant cosigné, en 2017, les huit pages qui ont donné naissance à ChatGPT, à Gemini, à presque toute l’IA que vous utilisez aujourd’hui. Google l’avait fait revenir en 2024 à prix d’or, en rachetant sa société Character.AI pour une opération valorisée autour de 2,5 milliards de dollars, et lui avait confié les clés de Gemini. Cette semaine, il est reparti. Direction OpenAI.

Deux jours plus tard, rebelote. John Jumper, prix Nobel de chimie 2024 pour avoir percé le repliement des protéines avec son IA AlphaFold, a annoncé qu’il quittait Google pour rejoindre Anthropic. Le co-inventeur de la technologie et un Nobel maison, partis chez les deux principaux rivaux, dans la même semaine. La Bourse a sanctionné sec : Alphabet, la maison mère de Google, a perdu près de 6 % lundi, sa pire séance en plus d’un an. Environ 250 milliards de dollars de valeur partis pour deux démissions.

source : https://www.cnbc.com/2026/06/22/alphabet-goog-stock-ai-departures.html

Pour faire court : ce que les marchés viennent d’acter, c’est que dans l’IA, le trésor n’est ni le modèle, ni les puces, ni les données. C’est une poignée de cerveaux. Quelques centaines de personnes au monde savent vraiment concevoir ces systèmes. On ne peut ni les copier, ni les breveter, ni les bloquer à la douane. Et il leur suffit de traverser la rue.

L’histoire de Google avec ces gens-là frôle la comédie. Ce fameux papier de 2017, « Attention Is All You Need », elle l’a publié au grand jour, offrant au monde entier la recette de l’IA moderne. Ses huit auteurs ? Tous repartis. L’un a fondé Cohere, un autre la pépite japonaise Sakana, deux autres Essential AI, que Nvidia vient justement de récupérer. Le seul que Google avait réussi à faire revenir, Shazeer, vient de filer une deuxième fois. La maison qui a écrit le mode d’emploi n’a pas su garder ceux qui l’avaient rédigé.

Pourquoi maintenant ? Parce que la course ne se gagne plus en sortant un modèle un peu meilleur que le voisin. Ils se valent presque tous. Ce qui fait la différence, c’est la prochaine idée d’architecture, celle qui n’existe pas encore et qui ne naîtra que dans la tête de ces quelques chercheurs. Pour OpenAI comme pour Anthropic, ce salaire démentiel achète moins un employé qu’une option sur la trouvaille d’après. Et il prive le rival de la même chance.

Pour l’Europe, le sujet n’a rien de lointain. C’est même sa plaie la plus ancienne : elle forme certains des meilleurs cerveaux de la planète, puis les regarde partir bâtir les laboratoires américains. La consolation, c’est que la mobilité joue dans les deux sens. La championne française Mistral est née exactement comme ça, fondée par d’anciens de Google DeepMind et de Meta rentrés au pays. Retenir les talents pèse désormais autant qu’aligner les milliards, et c’est plus dur quand le rival d’en face peut en poser deux sur la table.

La question qui reste ouverte dépasse Google : si une entreprise valorisée plus de 2 000 milliards de dollars n’arrive pas à garder huit personnes, qu’est-ce qui empêchera, demain, les dix cerveaux d’un laboratoire de partir ensemble fonder le suivant ?

Le résultat du dernier vote. On vous demandait si Apple avait eu raison de louer son IA à Google. Verdict serré : 49 % d’entre vous ont répondu « Tactique : elle reprendra la main ».

La question de la semaine. Maintenant, votre verdict. Un clic suffit, et on publiera les résultats dans le prochain numéro.

« 60 milliards pour devenir le passage obligé de l’IA » Que cherche vraiment Elon Musk en s’offrant l’outil où plus d’un million de développeurs écrivent leur code ? La nouvelle vidéo FutureRadar suit l’argent, et la stratégie de fond derrière le rachat de Cursor.

Merci et à bientôt sur FutureRadar !

Read the original on futureradar.substack.com

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