Bonjour à toutes et tous,
Heureuse de vous retrouver pour la deuxième partie de la “Regen Night”, la soirée de l’écosystème régénératif . Et aujourd’hui, on va être à cheval entre transition écologique et transition sociale.
(si vous avez raté la première édition, vous pouvez vous mettre à niveau 👉 ici).
Et voici ce que vous trouverez au programme de cette seconde partie :
Pressé·e ? : ♦️Le Fragment” - 30 secondes pour comprendre pourquoi la régénération sera inclusive et solidaire, ou ne sera pas…
Curieux·se d’en savoir plus : 🔎 L’Exploration - Les termes d’endogamie, dégénerescence appliqué à l’ESS vous intriguent ? Vous voulez en savoir plus sur ce qui s’opère en banlieue en termes de régénération, ou sur la nouvelle idée d’Arthur Auboeuf ?
Frustré·e·s de ne pas avoir été là 👉 🎒 A emporter : le replay des interventions, le manifeste collectif des 18 leaders de la transition qui se sont engagé·e·s à la jouer collectif, et d’autres ressources pour aller plus loin.
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Et si vous voulez en savoir plus sur qui je suis et ce que je fais en dehors de “Fragments d’impact” à la croisée du dessEin et du digital c’est par ici 👉 “Studio le bon dessEin”
Le “petit” contexte' (Regen’ Night) et le “grand” contexte (Pour qui et pour quoi on se bat ?)
Des Ilôts de cohérence en dérivation consanguine et '“dégénérescente" ?
Le collectif et la bascule en banlieue
Et si ça marche pas ? Changer sans changer tout ?
Pour ce qui est du “petit contexte”, je vous raconte donc ici la deuxième partie de la Regen’ Night 2025, une soirée co-organisée par CEC (Convention des Entreprises pour le Climat) , Regen Ecosystem, le Collège des Directeurs du Développement Durable (C3D), GenAct, Climate House, et BANLIEUES CLIMAT.
Cette édition (la 3ème) a rassemblé plus de de 50 mouvements de la transition et réuni 600 personnes au théâtre du gymnase, avec notamment pour intention d’agrandir notre bulle, afin d’entendre des hommes et femmes, des territoires et des voix qu’on entend moins.
Et en ce qui concerne le “grand contexte”, lors de cette soirée Geneviève Ferone Creuzet, vice présidente de The Shift Project, est venue nous le rappeler :
Dans les milieux engagés pour la transition écologique, j’entends souvent parler d’ilôts de cohérence pour désigner nos cercles engagés. Cette terminologie vient d’Ilya Prigogine, lauréat du prix Nobel de chimie :
« Lorsqu’un système complexe est loin de l’équilibre, de petits îlots de cohérence dans une mer de chaos ont la capacité de faire passer l’ensemble du système à un ordre supérieur »
Et comme je le décrivais dans le fragment, ces ilôts que je nomme ici aussi “bulles d’engagement” sont réellement des lieux où j’arrive à trouver du soutien et du sens pour affronter cette “mer de chaos” dans laquelle nous évoluons.
Mais il est vrai, qu’il n’y a pas une grande mixité sociale… Et donc ce soir-là, j’ai été interpellée par l’intervention de Taoufik Vallipuram, ancien président de OuiShare (collectif engagé en faveur de l’économie collaborative fermé en 2024) et co-fondateur de Démocratiser la politique, un collectif de citoyen·nes et de chercheur·euses engagé·es pour sortir la politique de l’entre-soi.
Il est venu nous alerter sur le phénomène d’endogamie au sein des structures de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) et du risque de dégénérescence sociale qui pouvait exister.
Ce phénomène a été étudié dans des travaux à paraître de Margaux Langlois (ESSCA School of Managment) et Hélène Picard (Grenoble Ecole de Management) intitulés “How can the alternative be exclusionary? Studying the blind spots of inclusion in open organizing”, sur la base notamment d’une ethnographie réalisée au sein du collectif Ouishare.
Et voici certains des points saillants partagés par Margaux Langlois, émanant d’une récente rencontre sur le sujet (par ici 👉 son post complet ) :
La dégénérescence est l’abandon progressif des principes démocratiques et des valeurs de la part des organisations alternatives pour adopter des modes de gestion similaires aux entreprises capitalistes
L’endogamie n’est pas un tabou, ni une anomalie, elle est courante dans les sociétés et les organisations, et même parfois nécessaire. La question devient alors : pourquoi sommes-nous dans l’endogamie, et qu’est-ce que nous voulons en faire ?
Ce que cet entre-soi fait perdre : moins de richesse collective, moins de capacité à se dépasser. L’ignorance produit de la souffrance pour les personnes concernées, mais aussi un coût réel pour ces organisations qui veulent souvent changer le monde en termes de rayonnement et d’impact.
L’inclusion est un process (et non juste une valeur). Non linéaire, inconfortable, et difficile à nourrir dans le temps.
Et une des pistes proposées : la recherche de l’altérité, apprendre à toujours penser contre soi-même.
En conclusion Taoufik Vallipuram nous a enjoint à trois actions :
Nada Lemdjadi et Mansour Sow de l’association BANLIEUES CLIMAT sont venu·e·s témoigner pour faire entendre les voix des premièr·es concerné·e·s par les conséquences des dérèglements climatiques et sociaux : fractures sociales, moins bonne qualité de l’air, surmortalité liée à la canicule, manque d’isolation…
BANLIEUES CLIMAT est une association fondée par Féris Barkat, Sanaa Saitouli, Abdelaali El Badaoui et Youssef Soukouna qui vise à fédérer, sensibiliser, inspirer les populations des quartiers populaires sur les questions environnementales et climatiques afin de faire émerger leurs voix et des projets locaux dans le débat public et développer leur pouvoir d’agir.
Et c’est tout un écosystème riche et vivant qui est mis en place sur les territoires où ce collectif intervient :
avec un travail mené avec les habitants des quartiers : des liens qui se tissent et des solutions inventées ensemble (ex : projets de mobilité douce qui ont remis des personnes en selle)
chaque projet devient une brique de l’écosystème de solutions qui est mis en place.
et aujourd’hui déjà 1000 jeunes formés à l’école populaire du climat.
C’est une écologie qui relie et donne du souffle, et prouve ainsi que :
Mais, les entreprises ont leur rôle à jouer pour permettre que les talents et les idées de ces quartiers puissent s’exprimer, car aujourd’hui il y a 3 fois plus de difficultés pour des jeunes des quartiers populaires d’obtenir un stage, une alternance ou un emploi. Aussi le message final de Nada Lemdjadi a résonné avec le constat précédent :
Il n’aura pas de régénération possible sans redistribution [pouvoir, argent] et pas de durabilité sans inclusion.
Arthur Auboeuf est le cofondateur de Team for the Planet, une entreprise non lucrative qui rassemble des fonds financiers pour détecter et déployer des innovations luttant contre le dérèglement climatique et avec plus de 130 000 actionnaires citoyens.
Et ce soir-là, il a commencé par nous parler du constat suivant :
l’argent est un outil qui vient réveiller des blessures narcissiques et qui dépasse les humains,
une oligarchie mondialisée s’est établie et nuit à la démocratie (ex: 1600 lobbyistes pétroliers à la COP 30)
Et que finalement ce n’est peut être pas l’humain le problème, mais :
*Les services écosystémiques désignent l’ensemble des services, offerts gratuitement aux sociétés humaines par un écosystème donné (source: Géoconfluences)
Plus précisément, selon la métaphore de Timothée Parrique, le PIB va dépendre du nombre de flocons de “travail” marchand qui sont dans la boule de neige, et de l’agitation de ces flocons. Aussi pour faire croître le PIB, il faut :
soit créer de l’agitation de flocons, par exemple : détruire un bâtiment existant pour en reconstruire un neuf va créer de l’agitation de flocons à la fois dans la phase de déconstruction et de construction,
soit faire rentrer un nouveau flocon dans la boule, c’est à dire transformer un service non marchand en une activité marchande.
Arthur Auboeuf nous a partagé une illustration de ce dernier mécanisme en l’appliquant aux services écosystémiques :
Un arbre vivant qui permet de préserver un écosystème est valorisé comme 0 € alors qu’un arbre mort et tranché en tablette va avoir une valeur économique réelle.
Notre système repose quelque part donc sur :
Mais, aujourd’hui grâce à l’Intelligence Artificielle, on est en capacité de calculer cette valeur écosystémique. Alors Arthur Auboeuf nous a présenté son idée pas si folle que ça pour “changer sans changer tout” en s’appuyant sur ce système existant :
Source valeur d’un arbre : Arthur Auboeuf s’est appuyé sur une étude réalisée en Angleterre (voir ci-dessous)
Si vous voulez des clés pour jouer collectif, le manifeste de 20 voix de l’impact
Si vous êtes intéressé·e·s par le calcul de la valeur d’un arbre
Et pour aller plus loin…
Pour clore cette soirée, 20 leaders des transition sont venu·e·s déclamer un manifeste collectif :
Vous pouvez retrouver le texte complet et la liste des 20 acteur·ice·s par 👉ici
Je n’ai pas la source exacte d’Arthur Auboeuf, mais j’ai trouvé les liens suivant :
Une étude britannique de 2024 qui évalue la valeur socioéconomique et culturelle des paysages arborés du Royaume-Uni entre 7 et 10 milliards de livres sterling par an SEIGOV.UK
Une recherche de Forest Research et Defra (2022) estimant la valeur économique totale des arbres individuels hors forêts au Royaume-Uni à 3,8 milliards de livres sterling GOV.UK
i-Tree Eco, un logiciel largement utilisé au Royaume-Uni pour quantifier les services écosystémiques des arbres urbains TreeconomicsForest Research
Une étude norvégienne (Oslo) utilisant des réseaux bayésiens (machine learning) avec i-Tree Eco pour évaluer des inventaires d’arbres municipaux, avec une valeur totale estimée entre 38,5 et 43,4 millions USD ScienceDirect
Si vous voulez revivre la soirée, et notamment les interventions de cette édition par ici 👉 les replays des séquences 📺
Si vous êtes intéressé·e·s par les travaux de Margaux Langlois, n’hésitez pas à la suivre Linkedin.
Pour cette bulle de fin, je rementionnerais ce qu’ont dit Mathieu Thomé et Vincent Maignier lors d’un moment de reliance qu’ils nous ont fait vivre pendant la soirée :
Ce qui fait commun, ce qui nous nourrit, ce n’est pas la ressemblance c’est d’être rassemblé.
Pensez-y pendant les fêtes de noël, si vous avez un dîner où vous êtes réuni·e·s avec des personnes qui ont une vision complétement différente de la nôtre !
Et on se retrouve en janvier, avec un retour sur la deuxième soirée du parcours Olympe se bouge sur le thème “Fortifier sa parole”.
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