RSS Amplifier

Fragments d'impact · Jan 27, 2026

# 5 - Et si la glossophobie révélait autre chose que la peur ?

0
Sign in to vote or save

Diana-Luz Houdayer-Laborde · Fragments d'impact

Bonjour à toutes et tous,

Aujourd’hui, je chausse donc mes lunettes d’Olympe se bouge pour vous raconter la deuxième veillée de leur nouveau parcours sur le thème “Fortifier sa parole”.

C’était tellement riche que je vais vous en parler sur deux fragments, et voici ce que vous trouverez au programme de cette première partie :

  • Pressé·e ? : ♦️Le Fragment” - 30 secondes pour en savoir plus sur la glossophobie

  • Curieux·se d’en savoir plus : 🔎 L’Exploration pour comprendre pourquoi la parole n’est pas qu’un outil intime mais bien plus que ça !

  • Envie de prolonger l’expérience 🎒 A emporter : un documentaire inédit sur l’éloquence et la rhétorique !

Si vous nous rejoignez pour cette édition, vous pouvez :

  • Vous abonnez pour recevoir les prochains épisodes

  • Retrouvez les précédents épisodes dans ma fragmenthèque

  • Suivre mes micro fragments par ici Linkedin / Instagram

  • Et si vous voulez en savoir plus sur qui je suis et ce que je fais en dehors de “Fragments d’impact” à la croisée du “dessEin” et du digital c’est par ici 👉 “Studio le bon dessEin

  • Contexte : la deuxième veillée d’Olympe se Bouge

  • La parole, un outil de l’intime

  • La parole, un instrument social

  • La parole, un marqueur social

  • La parole, un pouvoir

La deuxième veillée du parcours Olympe se bouge a exploré le thème “Fortifier sa parole” au travers des quatre interventions suivantes :

Pour cette première partie je me focaliserai principalement sur les trois premières interventions.

PS : Pour ceux qui ont raté la première veillée, vous pouvez retrouver ici #1 - Comment j’ai découvert que j’étais dissociée (et pourquoi ça concerne toutes les femmes)

Elliot Nouaille a entamé la soirée en nous parlant de la parole comme d’un outil de l’intime, qui nous ramène à notre passé, notre histoire, souvent un “passé imparfait”. Et il nous a révélé une nouvelle façon de conjuguer notre rapport au temps en lien avec la parole :

La maîtrise de la parole — donc de l’art de la rhétorique ou de l’éloquence — est ainsi essentielle. Elliot a également souligné l’importance de la maîtrise de l’écoute. Ecouter avant de parler, observer avant d’intervenir, cela permet de mesurer le poids de chaque mot que l’on prononce.

Elliot nous a ensuite expliqué que la parole était aussi un instrument qui dépassait le cadre de l’intime, un instrument social :

J’ai trouvé intéressant d’approfondir la compréhension de son constat en creusant la définition d’instrument social :

Un instrument social désigne un outil, une institution, une pratique ou un mécanisme utilisé par une société pour organiser, réguler ou influencer les comportements et les relations entre individus ou groupes. Il sert à atteindre des objectifs collectifs ou à maintenir l’ordre social.

La parole est un instrument social actif : il agit sur la société pour la structurer, la contrôler ou la faire évoluer au travers de différentes actions :

  • Communiquer (transmettre des informations, des ordres, des savoirs)

  • Coordonner (organiser des actions collectives, négocier, convaincre)

  • Réguler (les lois, les discours politiques, les médias utilisent la parole pour influencer ou maintenir l’ordre social)

Quand on regarde ces critères, malheureusement aujourd’hui, la balance va plus vers le délitement…

Lors de son intervention, Elliot avait souligné également que la parole agissait comme un marqueur social.

Un marqueur social est un signe, un attribut ou un comportement qui permet de distinguer, classer ou identifier un individu ou un groupe au sein d’une société. Il reflète souvent des différences de statut, de classe, de culture ou d’appartenance.

La parole se situe ainsi à la croisée de l’histoire individuelle et de l’instrument social :

  • Elle émerge de l’intimité : elle est liée à notre histoire personnelle (notre genre, notre âge, notre origine, ou encore notre place dans la fratrie).

  • Elle fonctionne comme un instrument social : elle sert à catégoriser ou à hiérarchiser, et révèle ainsi notre position dans la société.

Hanieh Hadizadeh, directrice de SINGA PARIS, est venue témoigner sur cette problématique.

SINGA PARIS accompagne l’inclusion des personnes nouvellement arrivées pour favoriser des sociétés plus soudées, créatives et prospères. En particulier y sont proposés des programmes d’accompagnement pour les entrepreneur·e·s, adaptés à chaque étape de développement, ainsi que des initiatives comme Voix en Exil, pour soutenir les journalistes en exil.

Hanieh nous a dit qu’une grande partie de l’accompagnement de ces personnes nouvellement arrivées est de les faire travailler sur leur parole et sur leur confiance en soi. Car en tant que “messagers” leur parole est toujours « située » avec des filtres, des biais qu’elles et ils vont subir.

A titre d’exemple, elle nous a partagé son expérience personnelle : elle en est venue dans le passé à utiliser un autre prénom (Agnès) pour changer la manière d’entrer en relation avec les gens et ne pas tomber dans un “script classique” qu’elle subissait, qui la ramenait à son pays d’origine “d’où tu viens ?” et des clichés associés.

*Si la couleur rose pâle n’est pas très lisible, c’est intentionnel pour être en accord avec le constat “Mais nous sommes inaudibles” (constat que Quitterie Chadefaux a évoqué concernant les personnes minorisées, et que nous retrouverons dans le prochain fragment).

Ainsi, même en travaillant son éloquence, des éléments comme l’accent, le genre ou l’apparence peuvent introduire des jugements et des obstacles. Ces biais, souvent inconscients, façonnent la manière dont notre parole est reçue.

Et en guise de conclusion, Hanieh nous a fourni les conseils suivants :

  • se décentrer de ses propres biais,

  • donner la parole aux personnes les premières concernées pour qu’elles puissent trouver leur place unique à occuper au monde,

  • et du point de vue des concernées, décider de marquer les limites de ce que l’on va vouloir dévoiler de son histoire personnelle ou pas.

L’intervention suivante a été celle de Mursal Sayas, journaliste et écrivaine afghane en exil, qui a participé au programme “Voix en exil” de SINGA PARIS.

Mursal se bat pour la liberté de parole des femmes en Afghanistan et œuvre à faire entendre leurs voix, notamment dans un contexte marqué par la perte de démocratie et les restrictions croissantes. Et par ses interventions, elle agit comme une sentinelle dans le contexte actuel d’affaiblissement de notre démocratie.

Et ce soir, elle est venue nous parler de son cheminement avec la parole. Initialement en Afghanistan, où elle a du supporter douleur et silence du fait de sa position de femme. Jusqu’à ce qu’elle commence à résister, et doive s’exiler lors du retour des talibans au pouvoir, et c’est un autre cheminement qui a commencé :

Et Hanieh de conclure suite à l’intervention de Mursal (et plus généralement en parlant des personnes nouvellement arrivées) :

“N’exoticisez pas leur parole, sinon ce n’est pas politique, c’est du fait divers. On silencie des expertises.”

  • Si vous voulez en apprendre plus sur l’art de bien parler, vous pouvez regarder le documentaire Le Premier Mot d’Elliot Nouaille sur le Prix National Cyrano, le premier concours de rhétorique et d’éloquence ouvert à toutes et tous.

  • Si vous voulez en savoir plus sur la parole comme marqueur social, écoutez cette interview “On vous classe socialement dès vos 7 premiers mots d’un autre maître de l’éloquence qui cite notamment une étude réalisée en 2023 sur les écoliers français en maternelle révélant les différences de prises de parole liées à l’origine sociale des enfants

« Le messager compte plus que le message. » nous a dit Elliot. La forme, l’éloquence, et l’éthique vont déterminer souvent la réception du contenu. Un messager agréable et fiable va capter l’attention et inspirer confiance.

Que pensez-vous de mon messager invité ?

Si vous avez aimé ce fragment, vous pouvez :

  • Partager cette newsletter à un·e ami·e ou la recommander à à vos lecteur·ice·s si vous être déjà Substacker !

Partager Fragments d'impact

  • Ou vous abonner si vous ne l’êtes pas déjà pour recevoir les prochains fragments

Les dessins de cette édition sont soumis à la licence : CC BY-NC 4.0. Partagez librement en me créditant mais pas pour un usage commercial !

Read the original on fragmentsdimpact.substack.com

Comments

Nothing yet. Say the first thing.

    Sign in to join the conversation.