Je prends une pause au mois d’août et je vous propose de re-découvrir des posts que vous avez peut-être manqués. Celui-ci vous apportera un peu de fraicheur !
Les chiens de traîneau trépignent avant le départ, ils aboient, tirent sur le harnais et lorsque le musher (le conducteur d’attelage) donne le signal, ils partent à pleine puissance, sans savoir si la course fera 10 ou 100 kilomètres…
Les chiens de traîneau comptent parmi les athlètes d’endurance les plus impressionnants du monde animal. Les équipes de course peuvent parcourir plus de 1500 km en environ huit jours lors de certaines compétitions de longue distance, avec des périodes de repos limitées. Ils courent dans des conditions extrêmes et tirent des charges importantes tout en maintenant une vitesse soutenue.
Physiologiquement, ces chiens sont adaptés à l’endurance : leur métabolisme bascule rapidement vers l’utilisation des graisses comme source d’énergie pendant l’effort prolongé, ce qui leur permet de maintenir l’effort sur de longues distances.
Ce témoignage de la musheuse Blair Braverman (à lire ici) a résonné en moi. Elle observe que :
ces chiens adorent courir
ils tirent de toutes leurs forces dès le départ…
sans même savoir combien de kilomètres les attendent
Elle raconte que la course de chiens de traîneau est comme une activité où l’on avance sans connaître précisément la durée ni les conditions du parcours, car de nombreuses variables changent en permanence : la météo, l’état de la neige, la fatigue des chiens, la présence d’obstacles imprévus.
En bref, les chiens partent à pleine puissance… sans visibilité sur la distance à parcourir.
Si vous êtes HPI, cette manière de partir à fond sans toujours savoir ni où cela mène, ni combien de temps cela durera et y prendre plaisir résonne peut-être avec votre vécu…
Ce comportement rappelle une des trois caractéristiques centrales du fonctionnement des personnes à haut potentiel (*) :
- une intensité cognitive et émotionnelle élevée ;
- une motivation intrinsèque forte ;
- une pensée complexe.
Il vient nous rappeler aussi ce délicat équilibre à trouver entre respecter son intensité en s’autorisant à agir avec enthousiasme et comprendre qu’il s’agit probablement plus d’un marathon que d’un sprint.
Un régiment de l’Armée de Terre a pour devise « être et durer », cela me paraît fort sage, bien que difficile à mettre en œuvre chez le HPI !
Le HPI démarre à fond, à la manière du chien de traîneau, mais n’en a pas le métabolisme, la puissance ni la résistance…
L’intensité du HPI est une force et une source de plaisir considérable. Elle permet d’apprendre vite, d’être productif, d’entrer dans des états de concentration et de flow profonds ou encore de réaliser des avancées créatives.
Elle peut aussi être un facteur d’épuisement, de dispersion ou de frustration lorsque l’environnement ne suit pas.
Beaucoup de HPI vivent des cycles très marqués d’hyperactivité puis de pause forcée. Il nous appartient d’être notre propre musher et d’apprendre petit à petit, parfois dans la douleur, à préserver notre intensité dans la durée et à savoir quand ralentir. Il ne s’agit pas de se brider (même si l’entourage cherche parfois à le faire), mais bien plutôt d’aller chercher régulièrement ce qui nous ressource.
Voici un truc qui fonctionne pour moi : j’ai fait une liste des activités qui me permettent de me ressourcer sans devoir me mettre en mode pause complète. En voici un aperçu :
- je passe par une activité physique plus ou moins intense : je pars marcher en forêt, ou a minima dans un parc ; je nage ; je fais des mouvements de type squats ou corde à sauter ; etc.
- je change de sujet : je relis un bon vieux classique un peu désuet (« La Chartreuse de Parme » répond parfaitement à ces critères) ; je visite une exposition ;
- je pratique une forme de méditation : je regarde la pluie tomber ou le vent agiter les feuilles
- je me concentre sur un puzzle ou des mots croisés difficiles pour varier les types d’efforts cognitifs.
Pourquoi en ai-je fait une liste ?
Parce que lorsque je suis « à fond », j’ai beaucoup moins de lucidité et de facilité à prendre du recul et à identifier ce qui pourrait m’aider à tenir la distance. Ainsi, lorsque je sens la surchauffe arriver, je prends ma liste, je choisis au moins une de ces activités. Je m’aperçois généralement à ce moment-là que cela fait une éternité que je n’ai pas réalisé une de ces actions qui me font pourtant tant de bien…
D’autres préfèreront peut-être se faire masser, se défouler sur une piste d’athlétisme, sortir voir des amis, à vous de trouver ce qui fonctionne pour vous et que vous pouvez intégrer assez facilement dans vos journées.
Et vous, quels sont les « trucs » qui vous aident à rester dans la course sans vous épuiser ?
(*) décrite avec précision dans les travaux sur l’intensité de Kazimierz Dabrowski ou dans le livre de la psychologue Mary-Elaine Jacobsen, The Gifted Adult (non traduit en français).
Je suis Florence Meyer, coach certifiée, auteur et membre de Mensa. J’aide les HPI et THPI à canaliser leur intensité, à révéler leur plein potentiel et à retrouver du plaisir dans leur vie professionnelle. Ce sujet vous parle ? Contactez-moi à champdupossible@gmail.com
Je viens de publier “Faut-il suivre sa passion ? Et si vos talents valaient mieux que vos passions ?” À commander ici.

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