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Corpus Callosum - Réflexions et outils pour les HPI et THPI · Aug 14, 2026

Le HPI, un être aux aguets

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Florence Meyer · Corpus Callosum - Réflexions et outils pour les HPI et THPI

Le HPI en voiture vit toute une aventure intérieure !

Je prends une pause au mois d’août et je vous propose de re-découvrir des posts que vous avez peut-être manqués.

Dans Les surdoués et les autres, de Carlos Tinoco, Sandrine Gianola et Philippe Blasco, les auteurs évoquent à propos des HPI « une manière d’être aux aguets à tout instant ».

Ils distinguent deux formes d’aguets :
- celle qui naît de l’angoisse, qui consiste à être en mode « alerte permanente », au bord de la submersion, à guetter de manière plus ou moins consciente, les signaux parfois faibles de tension, de danger.
- celle, plus paisible, presque joyeuse qui naît de la curiosité et s’exprime en une attention gourmande, tournée vers ce qui intrigue, amuse ou encore surprend.

C’est de cette seconde forme, sans nier la première qui peut vous pourrir la vie, dont j’aimerais vous parler. À mes yeux, elle éclaire, avec une justesse rare, une expérience que beaucoup de HPI vivent sans toujours parvenir à la nommer : celle d’un cerveau qui ne se met jamais vraiment en veille.

C’est en observant la différence entre le comportement de personnes neurotypiques et le mien que j’ai pris conscience de cet état d’aguets quasi permanent.

Voici le contexte : un trajet en voiture sur l’autoroute de Normandie, depuis Paris, un vendredi soir avec 3 autres personnes. Très rapidement, les deux autres passagers s’endorment. La fatigue de la semaine et la monotonie du trajet ont raison de leur capacité d’attention.

Je suis à l’arrière, incapable de fermer les yeux. Je suis fatiguée comme eux, mais tout capte mon attention et pour moi ces voies d’autoroute sont, comme l’ensemble de mon environnement, des déclencheurs de réflexions en tous sens :

- Je lis les noms des villes et essaie de trouver leur étymologie, de faire des jeux de mots, de retrouver des événements historiques qui y sont liés.

- Je regarde les plaques d’immatriculation et je cherche des suites logiques, des symétries, des coïncidences.

- Je tente de distinguer des animaux dans les champs et les lisières de forêt (un troupeau de chevreuil, un héron, une buse, etc.).

Il ne se passe a priori rien d’extraordinaire pendant ce trajet, mais je vis pourtant une expérience très riche, je ne m’ennuie pas une seconde (je ne me repose pas non plus…).

Nous arrivons à destination.

Les autres passagers émergent, à la fois reposés et un peu comateux. pour ma part, je me sens à la fois épuisée… et intensément stimulée.

Ce paradoxe vous est probablement familier.

Je me sens épuisée par la semaine professionnelle, bien sûr, mais aussi par cette attention continue, sans filtre, sans pause. Et en même temps, je suis déjà happée par le nouvel environnement qui s’ouvre à moi. Et la machine repart :

- Je ne connais pas cette plante, qu’est-ce que c’est ?

- Est-ce que j’ai une chance de trouver des ammonites fossiles dans la région ?

- Ce village normand a-t-il une histoire liée au débarquement ?

- Est-ce qu’une personnalité est née ici ?

« Être aux aguets », c’est pour moi comme une ouverture permanente, une curiosité pour le monde qui m’entoure, même dans des détails a priori sans importance.

Cette capacité d’attention et l’intensité qui l’accompagne est une source d’émerveillement et d’apprentissage constante, mais… c’est fatigant !

- Fatigant pour soi, parce que le flux ne s’interrompt pas et moi aussi, j’aurais apprécié de pouvoir faire une sieste pendant le trajet.

- Fatigant parfois pour les autres, parce que cette intensité tend à déborder et à s’exprimer, en mode « Oh, vous avez vu ? Une plaque avec 314 ! » (*) qui n’attire pas que des regards bienveillants…

Cette capacité d’attention rend l’ennui presque impossible. Elle transforme le quotidien en terrain d’exploration. Elle nourrit en continu la curiosité, la mémoire et la réflexion et donne la sensation d’être pleinement vivant.

J’aimerais parfois débrancher, mais je cherche plutôt à accueillir cette forme d’intelligence.

Est-ce que ce vécu résonne en vous ? Le vivez-vous comme un atout ou comme un fardeau ?

(*) je ne développe pas l’intérêt de 314, ceux qui savent savent ;-)

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L’ouverture se fera le 24 avril.

Les premiers membres auront accès à une fiche de lecture de l’ouvrage « Éloge des intelligences atypiques » de David Gourion et Séverine Leduc.

Je suis Florence Meyer, coach certifiée, auteur et membre de Mensa. J’aide les HPI et THPI à canaliser leur intensité, à révéler leur plein potentiel et à retrouver du plaisir dans leur vie professionnelle. Ce sujet vous parle ? Contactez-moi à champdupossible@gmail.com

Je viens de publier “Faut-il suivre sa passion ? Et si vos talents valaient mieux que vos passions ?” À commander ici.

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