Les vacances sont généralement perçues comme le moment idéal pour mettre son cerveau au repos. Or, repos et cerveau ne vont ensemble chez le HPI !
Et si c’était au contraire le bon moment pour donner libre court à vos explorations intellectuelles, pour emprunter les chemins de traverse que vous vous êtes refusé à prendre jusqu’à présent ? Sans pour autant renoncer à un roman policier ou à un livre “feel good”, vous avez enfin le temps de vous plonger dans des lectures exigeantes, de creuser des sujets complexes et d’écouter votre curiosité.
la pile de livres à lire
Pendant ma scolarité, j’ai adoré les vacances d’été parce qu’elles me permettaient d’avoir des lectures éclectiques depuis “Pif gadget” jusqu’aux “Souvenirs entomologiques” de Jean-Henri Fabre. Mes bons résultats scolaires me permettaient d’échapper aux cahiers de vacances que je trouvais bêtifiants par leurs tentatives de transformer les révisions en jeux. Fin juin, j’élaborais une pile de livres à lire dans des domaines très variés : des classiques comme les nouvelles de Maupassant, des guides pratiques comme un manuel de minéralogie pour accompagner un séjour dans l’Oisans, une biographie (Cicéron, Pasteur, Alexandra David-Néel, etc.) ou encore une épopée comme le “Don paisible” de Mikhail Cholokhov.
J’ai conservé cette habitude en la structurant davantage pour ne pas rester dans la “consommation” de contenus : tout au long de l’année, je mets de coté des références d’ouvrages qui m’intéressent puis je fais une ultime sélection en juin. Je passe aussi en revue les rayonnages de ma bibliothèque. J’y trouve toujours au moins un livre à relire et un autre à enfin ressortir / (re)commencer (comme “l’Homme sans qualités”, souvent repris…et abandonné).
le curriculum
Je vais désormais au-delà de la simple liste de lectures et je réfléchis davantage en termes de “programme”. Je choisis un sujet, puis je rassemble des contenus de nature différente : un ou deux ouvrages de référence, un cours en ligne, quelques conférences ou vidéos YouTube, un podcast, un documentaire, etc. Chaque support éclaire le sujet sous un angle différent et me permet aussi de varier les niveaux de difficulté depuis le documentaire, en passant par l’ouvrage de vulgarisation puis le manuel trapu.
Le point de départ peut être un thème ou une question comme “comment meurent les civilisations" ?”, “quelle est l’actualité des Stoïciens ?”, “vivons-nous dans une simulation ?”, etc.
se laisser surprendre
Mais structurer ses apprentissages de l’été ne doit pas obliger à renoncer à la sérendipité et aux découvertes ou associations que vous ferez pendant vos vacances : vous passez par la Vendée et vous voulez creuser l’histoire des Chouans ; vous voulez tout savoir des buses après les avoir repérées sur leur poteau en bordure d’autoroute, …
garder une trace
Vous pouvez évidemment vous contenter de consommer le contenu, il n’y aura pas de QCM à la rentrée ! Vous pouvez aussi faire le choix de garder quelques traces de ces apprentissages et des idées qu’ils ne manqueront pas de susciter ! Sans tomber dans une prise de notes formelle, une carte mentale peut être une bonne manière de conserver vos idées clés de manière visuelle, synthétique et ludique.
Cette démarche peut sembler psycho-rigide, elle est à mes yeux une manière de structurer sa curiosité sans la brider et bien sûr je m’autorise à faire bouger le programme !
Alors, qu’avez-vous au programme ?
Je suis Florence Meyer, coach certifiée, auteur et membre de Mensa. J’aide les HPI et THPI à canaliser leur intensité, à révéler leur plein potentiel et à retrouver du plaisir dans leur vie professionnelle. Ce sujet vous parle ? Contactez-moi à champdupossible@gmail.com
Chaque mois, je vous propose le portrait d’un abonné selon un format imposé. L’objectif ? Vous donner à voir la diversité des profils HPI et créer un sentiment de communauté. Ce mois-ci, Fabrice s’est prêté à l’exercice :
Je m’appelle Fabrice, j’ai 48 ans. Pour faire simple, j’occupe un poste de chef de projet informatique dans une grande organisation. L’informatique n’est pas mon métier. Je ne peux pas me dire informaticien, terme que je trouve à la fois trop généraliste et trop restrictif. Et puis, qu’est-ce qu’un métier… D’autant que j’en ai eu de nombreux, à l’issue d’une scolarité au goût d’inachevé. Un BEP puis un BAC PRO Commerce m’ont conduit à être vendeur (hifi, peinture, revêtement de sol, meuble, informatique… tout ce qui se vend… il suffit de savoir parler…), baby-sitter, livreur de crêpes, ramasseur de choux-fleurs, veilleur de nuit en hôtellerie, barman,… Tout avait pourtant bien commencé avec une scolarité facile et une demande insistante de mes professeurs de primaire pour que je saute une classe. (J’étais entré à l’école en sachant lire, l’ennui est vite arrivé.) Refus de mes parents, j’ai suivi sagement le cursus jusqu’en 3ème. Mal conseillé et au grand dam de mes enseignants, je suis donc parti en lycée PRO en abandonnant mon rêve d’études en littérature et en science.
D’où le parcours professionnel qui a suivi. Musicien autodidacte depuis que je suis tout petit, la musique m’a sauvé en partie. Ma passion pour les arrangements, les orchestrations, la musique classique, le jazz, m’ont permis d’en vivre un peu pendant quelques années en ayant monté mon propre label. Mais la nécessite d’une vie plus rangée m’a rattrapé et me voilà aujourd’hui dans un rythme plus cadré. C’est aussi une belle opportunité pour moi car je peux faire valoir des compétences qui, finalement s’avèrent bien utiles tant que l’autonomie et la possibilité d’exprimer ma créativité me sont accordées. Ce que je développe plus bas.
Passionné de trous noirs, de sciences, de maths (sans pour autant pratiquer ces disciplines mais simplement en en faisant mes lectures), de musique (période et style baroque, jazz, musiques de films…), de programmation et d’IA, mes occupations peuvent aller des échecs, à l’apprentissage du latin (retour à mes vieux rêves), au travail du piano ou à l’écriture (musicale et littéraire, pour moi-même et pour le plaisir).
À quel âge as-tu découvert que tu étais HPI ?
J’ai « découvert » que j’étais HPI sur le tard, à 45 ans. J’ai « osé » franchir le pas de passer le test WAIS. Mais c’est comme si je connaissais la conclusion d’avance. Car depuis petit je percevais bien le décalage et ma manière de fonctionner sans savoir mettre un nom dessus. Mon parcours scolaire d’abord et professionnel ensuite, éclairés par la littérature autour de ce thème ont achevé de me convaincre de passer les tests.
Qu’est-ce que cela a changé dans ta vie (ou pas !) ?
Cela a changé ma confiance dans mon intuition et mes capacités. C’était d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles je suis allé voir la psychologue spécialisée dans ce domaine. Cela faisait plusieurs années que je menais des projets avec, face à moi, des interlocuteurs diplômés, des ingénieurs, des directeurs… et même si je savais donner le change, même si j’avançais dans ma carrière, assez rapidement, intérieurement j’avais toujours la crainte d’être démasqué. Aucun diplôme dans le domaine, aucune expérience significative avant cela, comment justifier que je livre des analyses et mette en place des outils aussi structurants et à fort impact sur les équipes. J’allais forcément être démasqué un jour ou l’autre. Puis le test est arrivé. J’ai compris que je pouvais faire confiance à mon cerveau, rien n’allait s’écrouler, mes intuitions, mes analyses étaient justes, je pouvais me confronter, argumenter, me montrer à la hauteur des mêmes missions que d’autres menaient de façon académique. Ma méthode avait autant de valeur et ma manière de raisonner m’offrait même une façon d’analyser et de résoudre les problèmes complexes peut-être plus audacieuse, moins formatée, mais plus efficace. Cette vision sur moi-même et mes capacités m’a donc légitimé et beaucoup rassuré. Non pas pour regarder le monde de haut (pitié non !) mais pour m’autoriser à le vivre différemment, en espérant emmener les gens avec moi.
Le HPI, atout ou fardeau à tes yeux ?
Les deux. Un atout d’abord évidemment car je ne voudrais pas me départir de mon émotion, de la richesse de mon monde intérieur, de mes réflexions permanentes, de ma lecture du monde, des gens, de mes idées et mes envies permanentes. Mais un fardeau aussi car j’aimerais ne pas avoir tant d’émotion, que mon monde intérieur soit moins complexe, cesser de réfléchir tout le temps et sur tout, voir le monde plus simplement, cesser de lire les gens en permanence, savoir me concentrer sur une idée, ou deux, poursuivre un rêve, une envie à la fois… Le parfait revers de la médaille. Un fardeau aussi pour se connecter aux moments simples, savoir être relié à mon entourage et ne pas rater les moments de la vie à cause d’une pensée perpétuellement partie ailleurs, des univers parallèles sans cesse en ébullition et qui m’appellent sur d’autres dimensions. Et un fardeau tant que la vie n’est pas synchronisée avec son fonctionnement. Je veux dire que tant que l’environnement n’est pas adapté, tant qu’on ne trouve pas son ikigaï, tant que le travail qu’on fait n’autorise pas la créativité et l’autonomie, tant que l’environnement ne permet pas de se réfugier quelque part… être HPI sera toujours lourd à porter, source d’incompréhension avec les autres et avec soi-même. Dans une même vie, on peut donc très facilement passer de l’atout au fardeau. Rien n’est joué d’avance, rien n’est définitif. L’équilibre est précaire.
Quel sujet / hobby t’a absorbé ces dernières semaines ?
Ces dernières semaines… cela ramène à une échelle plus raisonnable. La question est donc bien formulée. Sinon, la liste serait bien plus longue… Et « sujet » est au singulier. Je vais donc essayer de jouer le jeu : Depuis toujours, je suis passionné par le temps, les évènements et la façon de les ranger, les décrire, les historiser… c’est bien là un fardeau dans un univers chaotique et un atout quand on te demande de le ranger… Mais depuis la sortie des outils d’IA, j’ai enfin trouvé un interlocuteur à ma mesure : je peux enfin orchestrer et concevoir les outils qui me permettent de maîtriser le temps, les informations issues de mes activités professionnelles, personnelles également, au travers d’automatisation à outrance et de développements informatiques toujours plus complexes et aussi plus excitants. Mon grand hobby du moment est donc de pousser dans ses retranchements une IA puissante en lui demandant de réaliser tout ce qui me passe par la tête : organisation de processus, analyses et reporting complets du moindre détail de mes activités et de celles de mon équipe, développement d’outils sur mesure pour l’exploration de sujets de recherches avec constitution de frises chronologiques en temps réel, création d’un monde autonome capable de s’organiser et de grandir sans mon intervention, exploration d’un système de simulation de la conscience humaine avec la création d’une architecture cognitive… c’est illimité, ça fait peur, ça passionne, ça empêche parfois de dormir, ça raccourci mes nuits, mais qu’est-ce que c’est bien !!
As-tu une lecture ou un podcast à recommander à d’autres HPI pour nourrir leur curiosité ?
Je n’écoute pas beaucoup de podcast, à part en faisant du sport. J’adore l’effet que des podcasts sur l’entreprenariat peuvent avoir sur moi côté performance. Je trouve ce lien très curieux mais parfaitement logique. Mais en terme de lecture, comment choisir … actuellement, ce serait « Voyager dans le temps » de Marc Lachièze-Rey : mieux comprendre les théories pour mieux comprendre ma relation au temps et aux évènements. Mais c’est sans compter sur des lectures comme « Technopolitique » d’Asma Mhalla, (HPI évidemment, surtout quand on la voit et qu’on l’entend s’exprimer, ça saute aux yeux…) ou bien « Quand la machine apprend » de Yann Le Cun, l’un des pères de l’IA actuelle : pour comprendre comment on en est arrivé à des systèmes génératifs aussi avancés aujourd’hui… Mais je finirais par un bouquin qui m’a beaucoup plus, qui date un peu : « Théorème vivant » de Cédric Villani. Il raconte le contexte de ses travaux autour notamment de l’amortissement Landau qui lui a valu la médaille Fields en 2010. Ce livre est sur ma table de chevet et ne la quitte pas. (et regarder ses cours de maths sur youtube est tout simplement génial).
Les abonnés payants ont accès à des contenus exclusifs deux fois par mois. Cette semaine, ils peuvent télécharger le premier livret “Ne restez pas seul avec votre intensité”.
Il est consacré à un paradoxe fréquent chez les HPI : plus leur pensée est riche, plus ils ont tendance à avancer seuls. Or le potentiel se développe rarement en vase clos. Mentors, pairs, communautés intellectuelles ou accompagnement professionnel peuvent devenir de puissants leviers de structuration, à condition de savoir les choisir.
J’espère que ces pages vous aideront à trouver les personnes avec lesquelles vous penserez plus loin… et plus sereinement.
Bonne lecture !

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