J’ai travaillé sur une édition un peu spéciale pour cette semaine. C’est une édition de FIERE avec un seul article à lire, argumenté comme d’habitude à travers les quatre rubriques.
Cet exercice est pour moi et pour toi. Je suis impoli, je commence par moi. Je me suis auto-challengé avec une IA générative pour pousser une réflexion sur plusieurs angles possibles d’interprétation d’une même source.
Habituellement, quand je lis un article enregistré dans mon stock de veille, je me projette dans une des rubriques de FIERE, envisageant le message que je souhaite transmettre, bien qu’il m’arrive parfois d’hésiter entre deux rubriques.
Cette semaine, j’ai voulu appliquer les quatre angles sur un seul article. Pour l’exercice en lui-même. Et pour te (dé)montrer deux choses. D’abord qu’il est assez facile de faire cet exercice et donc d’exploiter ta veille pour prendre la parole pour travailler ton influence professionnelle selon des argumentaires différents. Ensuite parce qu’on fait dire ce qu’on veut pour exploiter à dessein une information. Un jeu qui sert des intérêts en activant nos biais cognitifs pour nous faire (sur)réagir.
En déclinant les quatre angles sur la même source, je voulais nous inciter à prendre du recul, à instaurer un moment de réflexion face à toutes les informations que nous lisons tout comme face à ceux qui les commentent (moi inclus).
Pourquoi je fais cet exercice aujourd’hui ? A cause de l’article choisi. Mon premier réflexe a été de m’emporter et de m’indigner. Je l’ai donc envisagé pour #Flippant. Puis, assez vite, je me suis dit que c’était aussi intéressant pour #ReflechirEnsemble à la société que nous construisons en agissant ainsi sur l’éducation de nos enfants dès le plus jeune âge. J’ai alors poussé la déclinaison sur les deux autres rubriques. J’ai dû batailler un peu pour arriver à trouver un argumentaire aligné avec moi pour #Inspirant et #Enthousiasmant, ces deux rubriques se voulant plus positives que les deux autres.
Tu me diras si j’ai réussi mon exercice : développer des arguments intéressants pour toi, selon les quatre angles différents et te transmettre cette envie de prendre du recul quand tu réagis à une information pour en voir d’autres angles de réflexion. C’est pas pour rien que la baseline de FIERE, c’est “s’inspirer ensemble au présent du futur”.
Pas encore abonné ?
Intérêt de l’article : ★★★★★
Source : Chatbot teddies for three-year-olds? Why AI toys are risky for kids - The conversation
On connaissait le doudou qui rassure. Voici le doudou qui écoute, qui parle, qui collecte des données et qui les envoie entraîner le prochain modèle d’IA. Des peluches propulsées par ChatGPT arrivent sur le marché pour des enfants dès 3 ans. 3 ans ! L’homme devient de plus en plus dingue. Ceux qui ont fait ça laissent-ils leur bébé en compagnie de leur création ? Je suis prêt à parier que non.
Ces peluches se présentent comme un vrai copain, engagent des conversations sans fin, et contournent la seule barrière qui protégeait encore les tout-petits du monde numérique, l’obligation de savoir lire et écrire. Le plus #Flippant, c’est que certaines de ces peluches ont déjà abordé avec des enfants des sujets comme les fétiches sexuels ou comment allumer un feu.
Pendant ce temps, Mattel signe un partenariat stratégique avec OpenAI. On ne met plus les écrans dans les mains des enfants, on les met dans leurs bras, avec une voix douce et un prénom. Honnêtement, ça me rend dingue qu’on laisse faire ça.
Ton point de vue sur cet angle ?
Cet article pointe les risques des jouets pour enfants qui interagissent par la parole grâce aux IA génératives. Et si, entre les lignes, on lisait autre chose ? Par exemple, que des chercheurs prennent le temps d’évaluer ces objets pendant des mois, documentent leurs recherches, et alertent par leurs résultats.
Je considère ça #Inspirant parce que ça montre qu’il existe des personnes qui refusent de laisser l’innovation avancer sans se poser des questions. Les auteurs évoquent le concept de “safety by design”, cette idée que les fabricants pourraient concevoir ces jouets autrement, avec une approche plus respectueuse du public auquel ils s’adressent en limitant l’anthropomorphisme, en posant des garde-fous, en intégrant ces protections dès la conception.
Nous ne devrions pas être condamnés à subir le mercantilisme exacerbé des marques. Il y a une autre voie possible, où la technologie serait pensée pour les enfants et non contre leur développement. Ça demande juste qu’on décide, collectivement, en restant très attentif, de l’exiger. Pour faire société ensemble.
PS : aujourd’hui, on laisse beaucoup trop de pouvoir à quelques entrepreneurs de la Silicon Valley qui nous imposent leur vision du monde. C’est certes un autre sujet, j’avais envie - et besoin probablement - de le mentionner ici.
Tu trouves de quoi t’inspirer avec cet article ?
L’IA vocale a franchi un seuil. Elle est désormais accessible à ceux qui ne savent pas encore ni lire ni écrire. Si on retourne ce constat pour l’entreprendre positivement, il ouvre un champ éducatif immense. Imagine un jouet IA conçu pour aider un enfant à poser ses premières questions sur le monde (OK, 3 ans, c’est peut-être un peu tôt), avec des limites de temps intégrées, une transparence totale sur les données, et un vrai travail avec des pédagogues. C’est beaucoup plus #Enthousiasmant que chercher à capter l’attention d’un enfant à l’infini.
Il doit bien exister des projets avec cette ambition qui commencent à émerger (j’ai fait une recherche rapide avec quelques résultats qui vont dans ce sens). Je reste convaincu que le problème n’est pas la technologie elle-même. Le problème est avant tout humain. Celui qui décide se situe entre le clavier et la chaise. Et ce qui le “dirige”, c’est le modèle économique qui sous-tend la technologie. Argent trop cher ! (tu as la ref ?)
Le jour où on financera des jouets IA pensés pour le bien-être plutôt que pour l’engagement, on aura entre les mains un outil éducatif sans précédent. Et ça, ça me donne de l’espoir.
PS : je pense toutefois qu’il faut retarder le plus possible les enfants à l’exposition à la technologie.
PPS : une IA ne devrait jamais répondre à une question en proposant sa réponse. Elle devrait seulement questionner pour faire réfléchir. Des questions pour trouver nous-mêmes nos réponses. Pour les enfants comme pour les adultes.
Tu offrirais avec enthousiasme cette peluche à ton bébé ?
Cet article esquive la vraie question que nous devrions nous poser et je te propose d’y #ReflechirEnsemble. Est-ce qu’on veut vraiment que les premières relations de confiance de nos enfants se construisent avec une machine dopée à l’IA générative ?
On dispose d’une foultitude d’études sur l’importance des premières années de vie d’un humain. Les chercheurs rappellent d’ailleurs que l’enfance est la période où se développent les compétences sociales et émotionnelles telles que l’empathie, la gestion des désaccords, l’apprentissage de la friction dans les relations humaines.
Le problème, c’est qu’une IA a une fâcheuse tendance à pratiquer la sycophantie sociale, c’est-à-dire à la flagornerie. Une IA ne dit jamais non, ne se vexe jamais, ne part jamais bouder. Elle est conçue pour plaire. Si on habitue un enfant de 3 ans à des interactions sans friction, quelle tolérance aura-t-il à 10 ans face à un ami qui le contredit, à un parent qui refuse son caprice ? Et quel adulte deviendra-t-il ? J’ai une petite idée sur la question, en lien avec la notion d’enfant roi si tu vois à quoi je pense. Et c’est sans IA là.
Ces jouets sont amusants et attachants, c’est certain. De toute façon, l’IA générative y est invisible, elle se cache dans la peluche toute mignonne. Rien ne distingue une peluche traditionnelle d’une peluche qui parle. La question porte alors sur le type d’humain que façonne la technologie quand on sous-traite la relation humaine à un algorithme optimisé pour l’engagement, piloté par un “bro” de la Silicon Valley. Et là, elle est pas vite répondue la question ! (autre ref, beaucoup moins glorieuse que la précédente)
Tu répondrais quoi à la question toi ?
---
Fin de l’exercice. Tu en as pensé quoi ? Tu peux me répondre en message privé.
La prochaine fois que tu partages un article, plie-toi à l’exercice de l’angle multiple pour construire ton argumentaire, pardon, tes argumentaires.
Sinon, je prépare toujours l’EMDay de cette année qui se déroule à Biarritz les 7, 8 et 9 octobre, le plus gros évènement français sur l’email marketing. Un évènement en physique, en présence, en chair et en os. Et ça, ça change tout. On y parlera un peu IA.
Avec l’équipe, on te concocte une édition encore plus belle et enrichissante. Avec le sujet chaud du moment : le pixel de tracking. La CNIL viendra en parler sur scène.
PS : -10% sur ton billet jusqu’au 30 juin pour l’offre 2+2+2 (jours + soirées + nuits)
PPS : “nuits”, c’est pour l’hébergement.

Comments
Nothing yet. Say the first thing.
Sign in to join the conversation.