Bonjour c’est Maxime,
Voici la newsletter n°7 du 15 juillet 2026.
J’ai publié récemment un article sur l’intérêt du paillage au potager
En effet le paillage est aujourd’hui reconnu comme l’un des gestes les plus bénéfiques pour la santé et la vie du sol et la réussite du potager. Il protège la terre, nourrit la vie souterraine, limite l’arrosage et le désherbage. La bonne nouvelle, c’est que la nature offre une multitude de matériaux souvent gratuits ou peu coûteux, à condition de bien comprendre leurs caractéristiques, notamment leur rapport carbone/azote (C/N).
Aujourd’hui je vous présente (presque) toutes les sources de paillage possibles et elles sont nombreuses.
Je ne parlerai bien sûr que du paillage organique. Il me semble absurde d’utiliser des paillages minéraux qui sont chers et qui ne nourrissent pas les sols
Le rapport C/N indique l’équilibre entre les matières carbonées (structurantes, énergétiques pour les micro-organismes) et les matières azotées (nutritives, favorisant la décomposition rapide). Un rapport élevé (au-dessus de 30) signale un matériau riche en carbone qui se décompose lentement et peut, temporairement, « affamer » le sol en azote en le mobilisant pour sa propre décomposition.
Un des inconvénients du paillage c’est la soif d’azote. Pendant un certain temps après le paillage, avant sa décomposition votre sol va manquer d’azote
Un rapport bas (inférieur à 20 ou même inférieur à 10) indique un matériau riche en azote, qui se décompose vite et enrichit rapidement le sol mais apporte très peu de matière organique.
L’idéal, pour un bon paillage, est de combiner plusieurs matériaux pour avoir un rapport équilibré
Quand on pense paillage on pense généralement à la paille de blé.
La paille de blé est un bon produit, largement disponible mais rarement gratuit. Le prix est néanmoins limité.
Cette paille possède un C/N élevé, signe de sa richesse en lignine et en cellulose. Elle constitue un excellent paillage pour les cultures peu gourmandes en azote comme les tomates, courges ou pommes de terre, car elle limite l’évaporation et se décompose lentement, offrant une protection durable.
Son inconvénient principal est justement cette lenteur de décomposition, qui peut immobiliser temporairement l’azote du sol si elle est enfouie plutôt que laissée en surface. Elle est aussi parfois traitée chimiquement si elle ne provient pas de l’agriculture biologique.
Le rapport C/N de la paille d’avoine est très différent de celui du blé (50 environ). Le mulch fait avec de la paille d’avoine se décompose donc beaucoup plus vitre que celui fait avec de la paille de blé. Si vous avez un accès gratuit ou peu cher à de la paille d’avoine, ne vous en privez-pas
Un des inconvénients de la paille d’avoine : Elle contient en général plus de graines de mauvaises herbes que la paille de blé. Par contre elle contient beaucoup moins de résidus de pesticides. En général l’avoine subit beaucoup moins de traitement que le blé.
Je parle du sarrasin, car je suis en Bretagne et parce que sa paille, très différente de la paille de blé, est intéressante à plus d’un titre.
A noter, pour commencer, que le sarrasin n’est pas une céréale
La paille de blé noir a de multiples avantages et il est parfois relativement facile d’en trouver en particulier, chez-nous, en Bretagne.
Si cette paille est aussi relativement facile à trouver cela s’explique aussi par le fait que les ruminants n’aiment pas beaucoup la paille de sarrasin, qui ne s’utilise donc pas comme fourrage.
La paille de blé noir contient beaucoup plus d’azote que la paille de blé, elle est aussi riche en phosphore.
La paille de blé noir est très riche en magnésium
Le sarrasin n’est presque jamais traité. C’est normal, ce n’est pas utile. Vous avez donc très peu de chances d’y trouver des résidus toxiques
A noter aussi que le blé noir peut aussi se semer comme couvert végétal. Ce n’est pas absurde d’en cultiver un peu dans son jardin pour récolter les graines et faire vos galettes maison et utiliser la paille comme paillage (à réserver bien sûr à ceux qui ont une surface suffisante)
Ces pailles sont à comparer avec les pailles de blé. Il n’est donc pas utile d’en dire plus.
C’est un produit facile à trouver mais il est très rarement gratuit
Vous pouvez aussi utiliser du mauvais foin c’est-à-dire du foin récolté dans de mauvaises conditions (cela arrive fréquemment en Bretagne) ou du foin mal conservé et donc moins cher.
Le foin, constitué d’herbes séchées avant floraison complète, a un C/N plus bas que la paille (environ 20 à 25), car il contient davantage de feuilles et moins de tiges lignifiées. Il se décompose rapidement et nourrit bien le sol.
Le paillage avec du foin présente un inconvénient majeur : La présence de graines d’adventices, qui peuvent germer et transformer le paillage en source d’envahissement.
La paille de foin retient bien l’humidité mais peut se tasser et devenir asphyxiant s’il est appliqué trop épais.
Compte tenu de la dégradation rapide, je conseille de mélanger un paillage de foin avec un paillage de paille ou de feuilles mortes ou de BRF au rapport C/N supérieur
Il sera presque impossible de trouver du foin bio, mais le foin « conventionnel » est rarement traité et ne contient donc que peu de résidus de pesticides.
Pour pailler votre potager l’idéal est d’utiliser des produits gratuits et disponibles localement.
Alors quoi de mieux que les mauvaises herbes ? On peut dire que cette ressource est inépuisable et gratuite. Vous utiliserez ce paillage régulièrement mais il vaut mieux mettre une couche assez fine et la renouveler.
En effet, comme pour la tonte de gazon ce paillage se décompose très vite. L’autre solution est bien sûr de mélanger ce paillage avec un autre, si possible plus riche en carbone comme la paille de blé par exemple.
Je vois toujours de nombreux jardiniers désherber très régulièrement leurs cultures, ramasser les mauvaises herbes et les envoyer en déchetterie. C’est vraiment une erreur, ces mauvaises herbes jeunes feront un excellent engrais et éviteront d’avoir une terre nue. L’inconvénient principal c’est de semer des adventices dans votre jardin.
Cela n’arrivera pas si vous utilisez des mauvaises herbes qui n’ont pas eu le temps de monter en graines (donc des mauvaises herbes jeunes). Mais même dans le cas de mauvaises herbes en graines le problème n’est trop important si justement vote potager est paillé.
Vous éviterez quand même d’utiliser des plantes pérennes et difficiles à éradiquer comme par exemple le rumex (attention les graines de rumex non arrivées à maturité germent quand même)
Il s’agit de branches d’arbres ou d’arbustes broyés.
De manière plus précise le BRF c’est le broyage des branches de l’année. Si les branches sont un peu plus vieilles on peut parler de broyat.
Les 2, broyat et BRF, peuvent s’utiliser. Le broyat contient bien sûr plus de carbone. Vous pouvez le préparer vous-même avec vos coupes élagage, taille de haies...). Il est assez facile d’en trouver gratuitement.
Il faut éviter d’avoir une partie de branches de résineux, en particulier dans les régions acides comme la Bretagne.
Le BRF est à utiliser surtout à l’automne ou en début d’hiver à un moment ou vos cultures ont besoin de peu d’azote.
Le BRF a pour principale fonction de nourrir les champignons et donc d’améliorer la vie de votre sol.
Le BRF contient beaucoup de carbone et même de lignine qui se dégrade assez lentement. Les branches se décomposent sous l’action des champignons et bactéries du sol. Pour ce faire ils prélèvent de l’azote présent dans le sol.
Vos cultures risquent la première année en particulier de souffrir de « soif d’azote ». Je conseille de mélanger le BRF avec d’autres produits plus riches en azote comme la tonte de gazon, les fanes de légumineuses etc….
Les fanes de pois, fèves ou haricots ont un C/N particulièrement bas (autour de 15), car les légumineuses fixent l’azote atmosphérique grâce à leurs racines.
Ce paillage se décompose très vite et enrichit fortement le sol en azote, ce qui en fait un excellent choix pour les cultures gourmandes comme les choux ou les courges. En revanche, sa décomposition rapide signifie une protection de courte durée, nécessitant un renouvellement fréquent.
Un mélange BRF (soif d’azote) et fanes de légumineuses est excellent.
Juste un mot sur ce produit que beaucoup de jardiniers apprécient. Sous forme de « paillage » c’est un produit à utiliser avec parcimonie (moins de 20% de votre paillage par exemple. A noter aussi que contrairement aux idées parfois reçues le marc de café est pauvre en azote et peut donc provoquer une soif d’azote.
Il améliore la structure du sol et repousse certains nuisibles comme les limaces à petite dose.
L’avantage des feuilles mortes c’est que l’on en trouve facilement et en abondance et très généralement gratuites.
Si vous le pouvez utiliser des feuilles de plusieurs espèces de feuillus. En effet les caractéristiques sont différentes et les temps de décomposition aussi.
Ainsi les feuilles de fruitiers sont plus riches en azote, se décomposent plus vites que les feuilles de chêne qui sont riches en carbone, se décomposent doucement mais finalement apportent plus d’humus.
Inconvénients des feuilles mortes : Les feuilles mortes sont très légères et sont donc facilement dispersées par le vent ? Si les feuilles sont grandes elles empêchent aussi l’eau de descendre au niveau de la terre
Comme vous le savez nous sommes des spécialistes de la consoude et nous adorons cette plante.
Vous avez donc le droit de vous méfier de notre « amour » de cette plante.
Le paillage avec des feuilles de consoude est une solution géniale dans de très nombreux cas
La consoude est riche en potasse, le mulch de feuilles de consoude est donc idéal pour les plantes gourmandes en potasse comme la pomme de terre.
La consoude est aussi riche en bore. Dans les champs et les jardins la carence en bore est fréquente. Les cultures qui souffrent le plus d’une carence en bore sont le chou-rave, la betterave rouge, les épinards. Mais le bore est aussi un élément indispensable à la floraison.
Le paillage à la consoude est donc utile pour vos fleurs et vos tomates.
Le composant le plus important de la consoude c’est l’allantoïne qui lui aussi favorise la multiplication cellulaire et donc la floraison.
La consoude améliore aussi la vie microbienne des sols : que du bonheur !
Si vous voulez acheter des boutures de consoude c’est par ici
Inconvénients du paillage à la consoude : A notre connaissance il n’en existe pas. Par contre le paillage est gourmand en feuilles. Si vous voulez pailler avec de la consoude (ce que je recommande vraiment) il vous faudra augmenter la surface de votre consoude
Il n’est guère utile de s’appesantir sur l’utilisation du compost connue de tous. En paillage vous pouvez utiliser le compost jeune non encore totalement décomposé. Vous utiliserez, en général le compost bien mûr d’une autre manière.
Les feuilles d’orties sont souvent utilisées en mulch.
C’est une bonne idée à condition de ne pas utiliser des plantes déjà montées en graines. Bien entendu il faut mettre ces orties, de préférence un peu broyées, sur le sol et non pas dans la terre (risque d’invasion)
A utiliser avec parcimonie car il peut contenir des produits chimiques. Il est néanmoins possible d’en utiliser un peu. Les champignons en viennent à bout et décontaminent les cartons. C’est une solution de recyclage possible (en très petites quantités)
La source de végétaux utilisables en paillage est inépuisable, citons par exemple :
· Les feuilles et tiges de topinambours : Les topinambours produisent une grande quantité de biomasse utilisable en paillage
Les feuilles d’artichauts
Les fougères : faciles à trouver dans la nature en Bretagne.
La rhubarbe puisqu’on ne consomme pas les feuilles · Le miscanthus
Les fanes de radis
Le miscanthus
Aucun paillage n’est universellement « meilleur » : le choix dépend des cultures, du sol et des ressources locales disponibles.
L’idéal reste souvent de combiner plusieurs matériaux par exemple : Un fond carboné comme la paille ou le BRF pour la durée, associé à un apport plus azoté comme les fanes ou le marc de café pour la nutrition
Vous obtenez ainsi un paillage équilibré, économique et bénéfique pour la vie du sol.
Pendant des millénaires, l’homme n’a eu que les plantes pour se soigner.
Bien avant l’apparition des médicaments de synthèse, chaque civilisation a développé sa pharmacopée à partir de ce que la nature offrait localement. Cette connaissance, transmise oralement de génération en génération, constituait le seul recours face à la maladie ou à la blessure.
Aujourd’hui encore, dans de nombreux pays pauvres, cette réalité n’a pas changé. À Madagascar par exemple, une grande partie de la population n’a tout simplement pas accès aux médicaments conventionnels, faute d’argent.
Pour des millions de personnes, la plante médicinale n’est pas un choix « alternatif » ou une mode : c’est la seule option disponible. Cette situation nous rappelle une chose essentielle, souvent oubliée dans nos sociétés occidentales où l’accès aux soins semble aller de soi : le savoir botanique et médicinal reste, pour une bonne partie de l’humanité, une question de survie.
Faut-il pour autant rejeter la médecine moderne au profit du tout-végétal ?
Certainement pas.
La médecine conventionnelle a permis des progrès considérables : elle sauve des vies, traite des maladies graves, et repose sur des protocoles rigoureusement testés.
Il serait dangereux et irresponsable d’opposer systématiquement plantes et médicaments, ou de prétendre que les premières peuvent remplacer les seconds dans toutes les situations.
En revanche, il existe un juste milieu, souvent négligé : essayer des solutions naturelles simples quand la situation le permet, en complément ou en première approche pour les petits maux du quotidien. Et la bonne nouvelle, c’est que votre jardin peut être une véritable pharmacie à portée de main.
La consoude est reconnue depuis longtemps pour ses propriétés cicatrisantes. Grâce à l’allantoïne qu’elle contient, elle favorise la cicatrisation de petites plaies, par exemple.
Le souci (calendula) est une autre plante précieuse au jardin. Ses fleurs, riches en composés apaisants, sont traditionnellement utilisées pour calmer les irritations cutanées, favoriser la cicatrisation et apaiser les petites inflammations. Sous forme d’huile de macération ou de baume, c’est un allié simple à préparer soi-même.
Le plantain, quant à lui, pousse presque partout, souvent considéré à tort comme une simple « mauvaise herbe ». Froissé et appliqué directement sur une piqûre d’insecte ou une petite irritation, il apporte un soulagement rapide grâce à ses propriétés apaisantes et légèrement antiseptiques.
Je vous ai déjà dit que la consoude et le plantain ont le même nom en breton : Louzaouenn an troc’h qui veut dire : l’herbe aux coupures.
Ces exemples montrent qu’il n’est pas nécessaire de choisir entre tradition et modernité. Se tourner vers son jardin pour les petits soucis du quotidien, tout en gardant confiance en la médecine pour ce qui relève du sérieux, c’est simplement renouer avec un bon sens ancestral. Un bon sens que la nécessité impose encore aujourd’hui à ceux qui n’ont pas d’autre choix, et que nous ferions bien de redécouvrir, non pas par obligation, mais par choix éclairé.
Je vous donne, pour rire, mon application de cette théorie :
Je souffre de goutte depuis plus de 30 ans. C’est très douloureux !
J’ai vu à Madagascar deux personnes qui souffraient beaucoup et dont les mains étaient complètement déformées.
Elles auraient pu trouver une solution locale gratuite pour soulager leurs douleurs mais elles ne connaissaient pas.
J’ai 3 solutions :
Utiliser des médicaments très efficaces. Pendant 20 ans j’ai utilisé le colchimax plus du tilcotil. Il se trouve que ce dernier médicament est très efficace. Dernièrement un médecin a refusé de m’en prescrire à cause de ses effets secondaires. A la place il m’a proposé du doliprane codéiné, très efficace aussi mais avec le risque d’accoutumance.
Utiliser du baume de consoude. Chez moi cela a toujours fonctionné comme antidouleur saut une fois pour la goutte au genou (je ne sais pas pourquoi).
Utiliser la religion. En breton la goutte s’appelle Droug Sant Urlou, c’est-à-dire la maladie de Saint Urlu (en français, à priori on l’appelle saint URLU). C’est un saint qui a vécu à Quimperlé dans le Finistère. J’ai demandé à mon épouse, fervente catholique de prier Saint Urlu pour moi.
Mon problème aujourd’hui je ne sais plus laquelle de ces 3 solutions fonctionne, mais l’objectif étant de soulager la douleur, puisque cela marche tout va bien !
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Que faire en Juillet au jardin ?
« La terre fournit suffisamment pour satisfaire les besoins de chacun, mais pas l’avidité de chacun. »
— Mahatma Gandhi
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A mercredi prochain 9H30 pour le numéro 8 de la newsletter
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