Entre bisous non sollicités de tata Jeannine, l'invasion des écrans et les nouveaux visages, nos enfants peuvent traverser l'été avec beaucoup plus d'interactions que d'habitude… et parfois se retrouver face à des attentes aux contours flous, voire inappropriées.
Dans ces situations, on voudrait qu'ils sachent dire non, qu'ils posent leurs limites. Mais c'est à nous, parents, de garder le cap. D'être leur repère, leur filtre, leur rempart. Même en vacances.
Dans cette édition, je vous invite à :
revisiter les clés qu'on peut leur transmettre (et ce qu'on ne devrait pas leur confier trop tôt)
ajuster le cadre sans rigidité
semer quelques repères simples pour un été léger, joyeux… et plus sûr
Au menu du jour :
La reco’ du cœur : limites vs consentement, pourquoi les mots comptent
Explorations inspirantes : 3 ressources pour approfondir la prévention
La Pépillante : des mots pour garder le cap, parent protecteur
Échos du Ciel : être gardien vigilant
💌 PS : et si on restait en lien ?
Limites vs consentement, pourquoi les mots comptent
On entend souvent qu'il faut enseigner le consentement dès le plus jeune âge. Mais cette belle intention peut parfois se retourner contre nos enfants… et contre nous, comme le souligne si bien l'article 3 Important Reasons Why Kids Should NOT Be Taught 'Consent'" de Kristen A. Jenson que je vous invite à découvrir sur le site Defend Young Minds.
Je me suis souvent interrogée sur la justesse du terme « consentement » pour sensibiliser nos enfants au fait de dire non. Je dois dire que je ne le trouve pas tout à fait adéquat pour nos bambins — c'est pourquoi je rejoins la nuance proposée par l'auteure de cet article.
Le problème du "consentement" chez l'enfant
Le consentement sous-entend deux choix possibles : Oui vs Non. Cependant, face à un comportement totalement déplacé, dangereux ou de nature sexuelle d'un adulte vers un enfant, la réponse ne devrait jamais être une question de « consentement ».
Pourquoi ? Parce que nous nous retrouvons face à LA ligne rouge à ne pas franchir. Dans ce cas précis, les termes limites, frontières, stop ou tout autre synonyme me semblent plus appropriés.
Faire ce choix radical du Non, c'est aussi une manière de ne pas normaliser un comportement déviant. Non, c'est Non.
Ce que dit Kristen A. Jenson dans son article
Donner la permission d'interaction physique ou sexuelle est quelque chose qu'un adulte est capable de faire. Ils ont généralement la maturité cérébrale pour peser les risques, les avantages et l'éthique pour prendre leurs propres décisions. Ils peuvent dire oui... ou non.
Mais ce n'est pas la même chose pour les enfants. Il ne devrait y avoir aucune option pour les enfants de consentir ou de dire oui au comportement sexuel ou au contact sexuel.
Les points-clés à retenir :
1. Le consentement impose un fardeau d'adulte
Lorsque nous utilisons un terme adulte comme "consentement" avec les enfants, nous leur imposons une responsabilité qu'ils ne peuvent pas porter.
2. Les limites autonomisent sans charger
Les limites permettent aux enfants de dire NON au contact inapproprié sans les accabler d'une responsabilité d'adulte.
3. Le consentement peut se retourner contre eux
Enseigner le concept de consentement pourrait se retourner contre eux lorsqu'ils sont manipulés par un prédateur.
Notre responsabilité d'adultes :
Cette approche nous invite à clarifier trois choses souvent confondues :
1. Le rôle des parents : être le rempart, pas l'observateur
→ C'est notre job de créer un environnement sûr, de choisir les personnes de confiance, d'intervenir quand c'est nécessaire. Nous ne sommes pas là pour "observer" si notre enfant sait se défendre.
2. L'apprentissage progressif des enfants : reconnaître leurs ressentis dans des contextes simples
→ Dans les situations du quotidien (bisous, câlins, jeux), nous pouvons les accompagner pour qu'ils apprennent à identifier leurs émotions et à exprimer leurs limites.
3. Quand nous ne sommes pas là : l'écosystème de confiance
→ À l'école, chez les grands-parents, en sortie... Nos enfants ne sont pas toujours sous notre regard. C'est pourquoi il est essentiel de construire avec eux un réseau d'adultes-ressources : des personnes identifiées ensemble, chez qui l'enfant sait qu'il peut se confier sans crainte de ne pas être cru.
Et si aucun adulte de confiance n'est disponible ?
C'est justement pour éviter ces situations que nous, parents, devons être particulièrement vigilants dans nos choix d'environnements et d'encadrement. Notre travail en amont reste essentiel, tout en acceptant qu'on ne peut pas tout contrôler.
Quelques pistes concrètes pour préparer le terrain :
En amont :
Bien connaître les lieux et les personnes présentes
Poser toutes nos questions sans gêne ("Qui encadre ? Combien d'adultes ? Quelles sont les règles ?")
Prévoir un moyen de contact (téléphone accessible, horaires définis)
Expliquer à l'enfant : "Si quelque chose te dérange, tu peux toujours m'appeler ou demander à appeler papa/maman"
Pour l'enfant (avec d'autres enfants) :
Face à d'autres enfants qui ont un comportement violent ou inapproprié : privilégier des phrases simples et sûres comme "STOP !" ou "Je ne veux pas", puis s'éloigner et venir en parler à un adulte (de confiance). L'objectif n'est pas que l'enfant gagne un conflit, mais qu'il sorte de la situation en sécurité. "Tu n'as pas besoin de te battre ou de convaincre l'autre enfant."
Pour l'enfant (avec les adultes) :
Lui expliquer la différence entre surprise et secret : "Une surprise, c'est quelque chose de joyeux qu'on va bientôt révéler (comme un cadeau d'anniversaire). Un secret qu'un adulte te demande de garder, surtout s'il te met mal à l'aise, ce n'est pas normal. Les adultes bienveillants vivent dans la transparence : ils n'ont pas besoin que tu gardes des secrets sur ce qui se passe entre vous, et ils n'ont aucun problème à ce que tu en parles à papa et maman."
L'assurer que l’adulte bienveillant ne sera jamais en colère contre lui, quoi qu'il nous dise
Convenir d'un moment de "débrief" après chaque sortie/activité
La vérité reste que : un enfant seul face à un adulte malveillant est en position de vulnérabilité, et ce n'est jamais de sa faute. Notre vigilance en amont reste sa meilleure protection.
🛡️ Notre rôle : les protéger, pas les responsabiliser
Ce n'est pas à l'enfant de décider s'il est en danger.
Ce n'est pas à lui de filtrer les intentions d'un adulte.
Notre responsabilité, c'est d'intervenir avant, pendant, après : poser un cadre, choisir avec soin les environnements et les personnes de confiance, protéger sans compromis.
"Parce qu'on leur dit qu'ils peuvent stopper un comportement déplacé, on leur fait croire, sans le vouloir, que ce comportement fait partie du paysage."
Defend Young Minds
👧🏽 Dire non, oui. Porter seul, non.
Dans les situations simples (un bonjour, un câlin, un jeu), on peut leur apprendre à reconnaître ce qu'ils ressentent et à poser une limite claire :
Un "non" à une bise
Un "je préfère dire bonjour de loin"
Un "j'ai pas envie de jouer à ça maintenant"
Ces petits gestes sont des graines de sécurité intérieure. Mais ils ne doivent jamais devenir la seule barrière entre l'enfant et le danger.
💬 Une piste concrète pour cette semaine
Et si vous choisissiez avec votre enfant une formule simple pour lui permettre de poser des limites dans le quotidien ?
Exemples :
"Je préfère un coucou avec la main."
"J'ai pas envie de bisou, merci."
"Je veux faire une pause dans ce jeu."
Votre rôle quand il les utilise : accueillez ces phrases avec bienveillance et soutenez votre enfant, même si c'est face à un proche. Un simple "D'accord, on respecte ce que tu dis" lui montre que ses limites ont de la valeur.
Et vous, de votre côté :
👉 "Qui sont les adultes-ressources dans son cercle ? Qui pourrait être là si je ne suis pas là ?"
2 ressources pour approfondir la prévention :
📖 À lire :
3 Important Reasons Why Kids Should NOT Be Taught 'Consent par Kristen A. Jenson sur Defend Young Minds
→ L'article de référence qui inspire cette réflexion
🔗 À explorer :
Family Academy : une plateforme dédiée aux formations autour de la parentalité
Des mots pour garder le cap, parent protecteur
On n'a pas à leur apprendre la méfiance.
On peut leur apprendre la confiance.
La nôtre, d'abord.
Puis celle qu'ils peuvent construire, solidement, autour d'eux.
Un enfant bien entouré ne devient pas naïf : il devient libre, confiant, audacieux parce qu'il sait qu'il n'est pas seul.
Et ça, c'est déjà une forme de sécurité intérieure.
Être gardien vigilant
En tant que parents, nous sommes appelés à être des gardiens vigilants. Notre protection n'est pas de la surprotection, c'est de l'amour en action.
Prions pour la sagesse de discerner les situations et la force de poser les bonnes limites. Demandons au Seigneur de nous guider pour être le rempart dont nos enfants ont besoin, tout en cultivant en eux la confiance qui les accompagnera toute leur vie.
Vous voulez recevoir mes accompagnements pour les familles dès septembre ? Rejoignez la liste d'attente ici.
Et si cette édition vous a inspirée, interrogée ou touchée, écrivez-moi. Je lis chaque mot, chaque retour, avec attention.
Avec cœur,
Chrystel

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