Édition 21 du 30/07/26
Salut, c’est Pierre.
Vous pouvez détenir vos cryptos sur la plateforme la plus régulée d’Europe et n’avoir réglé aucune question de fond.
Depuis le 1er juillet, MiCA a nettoyé le terrain. Beaucoup en ont conclu que la question de la conservation était close. Elle ne l’est pas. Elle a juste changé de forme.
Chaque jeudi, je vous aide à faire de votre allocation crypto une vraie décision patrimoniale. Pas un pari. Investir avec méthode, maîtriser le risque, garder le cap.
Cette semaine, on commence par ce que les institutions font réellement, loin du bruit du marché. Puis je vous donne mes seuils en euros, ce que MiCA couvre réellement depuis le 1er juillet, et pourquoi l'ETN que l'on vous présente comme la version régulée du bitcoin ne l'est justement pas.
Au programme cette semaine :
📚 Le Signal : les géants de Wall Street soutiennent le Clarity Act, les parieurs n'y croient plus
🔍 Le Dézoom : plateforme, hardware wallet ou ETN, où mettre vraiment ses cryptos
🧰 Boîte à outils : l'alternative à Binance la plus proche
📺 La vidéo de la semaine : quand les IA commencent à payer toutes seules
Ces derniers jours, BlackRock, Fidelity, Franklin Templeton, Goldman Sachs et Charles Schwab, soit plus de 30 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion, ont publiquement apporté leur soutien au Clarity Act.
Pour rappel, et pour ceux qui découvrent : le Clarity Act est un projet de loi américain qui vise à répondre à une question restée sans réponse depuis dix ans. Un crypto-actif est-il un titre financier, et donc du ressort de la SEC, ou une matière première, et donc du ressort de la CFTC ?
Aujourd’hui, personne ne sait vraiment. Les deux régulateurs se disputent le terrain, et les entreprises avancent sans savoir quelle règle leur sera appliquée. Le Clarity Act tranche cette répartition et fixe un cadre.
Ces géants de la finance traditionnelle demandent donc un cadre clair pour répartir les compétences entre SEC et CFTC, sécuriser les investisseurs et permettre à la tokenisation de se déployer à grande échelle aux États-Unis.
Côté politique, le Majority Leader John Thune a déclaré sur Fox News que le Sénat aura « probablement » un vote avant la pause d’août, en précisant : « on verra si les Démocrates nous donnent les voix. »
Les sanctions contre la Russie restent prioritaires, et l’obtention des 60 voix nécessaires semble encore loin.
Sur Polymarket, la plateforme où l’on parie sur l’issue d’événements réels, l’indicateur est sans appel : les parieurs n’accordent plus que 32 % de chances au passage de la loi en 2026, son plus bas historique.
Le contraste est frappant.
D’un côté, des maisons qui gèrent 30 000 milliards de dollars écrivent noir sur blanc aux sénateurs qu’elles veulent ce texte. Concrètement, elles ne font pas de lobbying pour un marché qu’elles comptent regarder de loin : elles réclament les règles du terrain sur lequel elles comptent jouer.
De l’autre, ceux qui parient sur le calendrier législatif n’y croient plus.
Ce décalage me dit une chose. Le vote prendra le temps qu’il prendra, et il peut très bien glisser en 2027. Le positionnement des institutions, lui, est déjà pris.
Juste après avoir découvert que les retraits de votre plateforme sont suspendus, faut-il vraiment acheter une clé de sécurité type Ledger à 50 ou 100 € lorsqu’on possède seulement quelques centaines d’euros en cryptos ?
Non.
Et contrairement à ce que certains affirment, laisser temporairement ses cryptos sur une plateforme sérieuse n’est pas forcément irresponsable.
Un hardware wallet, ou portefeuille physique, est un petit boîtier qui conserve vos clés privées hors ligne. Vos cryptos restent sur la blockchain, mais seul ce boîtier peut autoriser un mouvement.
Il ne supprime pas le risque.
Il le déplace.
Sur une plateforme, vous dépendez d’un intermédiaire : piratage, faillite, retraits bloqués, erreur ou fraude interne.
Avec un hardware wallet, vous reprenez le contrôle de vos clés privées. Mais vous devenez aussi responsable de leur sauvegarde.
Une phrase de récupération perdue, photographiée ou mal conservée peut être plus dangereuse qu’une plateforme correctement sécurisée.
La self-custody mal maîtrisée n’est pas une sécurité supérieure. C’est simplement une autre source de risque.
Il n'existe pas de seuil universel, mais voici le cadre le plus cohérent pour un investisseur particulier. Je pars du principe que votre achat vous coûtera 50 € pour l'entrée de gamme chez Ledger, ce qui est suffisant.
Moins de 1 000 € : une plateforme réglementée, avec un mot de passe unique et une authentification forte, peut rester suffisante. L’objectif prioritaire est d’éviter les erreurs et de comprendre ce que l’on achète.
Entre 1 000 et 5 000 € : le hardware wallet devient pertinent si vous conservez vos cryptos plusieurs années, le bon vieux hodl, si cette somme représente une part importante de votre épargne, ou si sa perte serait difficile à accepter. C’est aussi le bon moment pour apprendre à l’utiliser avant que les montants deviennent réellement importants.
À partir de 5 000 € : pour une allocation long terme, le hardware wallet devient clairement pertinent.
À partir de 10 000 € : laisser l’intégralité de son portefeuille sur une seule plateforme devient difficile à justifier. Pas parce qu’elle va nécessairement faire faillite, mais parce que vous concentrez inutilement votre risque chez un seul intermédiaire.
Je vous ferai d'ailleurs prochainement une vidéo tutoriel pour être autant, voire mieux protégé qu'avec un Ledger, sans avoir à payer quoi que ce soit. Restez attentif à mes prochaines vidéos.
Oui, incontestablement.
Depuis le 1er juillet 2026, les prestataires souhaitant continuer à fournir des services sur crypto-actifs en France doivent disposer d’une autorisation conforme à MiCA.
Ceux qui assurent la conservation doivent séparer les crypto-actifs de leurs clients de leurs propres avoirs. Ils doivent aussi respecter des exigences prudentielles et peuvent être responsables de la perte d’actifs lorsqu’un incident leur est directement imputable.
Le risque de voir une plateforme européenne réglementée disparaître du jour au lendemain avec les fonds de ses clients est donc nettement réduit.
Mais réduit ne signifie pas supprimé.
MiCA n’empêche pas : un piratage, une mauvaise gestion, une interruption des retraits, une procédure de faillite longue, une erreur de l’utilisateur, une compromission de son compte.
Et contrairement aux euros déposés sur un compte bancaire, les crypto-actifs détenus sur une plateforme ne bénéficient pas de la garantie du FGDR.
Le FGDR, ou Fonds de garantie des dépôts et de résolution, est l’organisme qui vous rembourse jusqu’à 100 000 € par banque et par déposant si votre banque fait faillite. Rien de tel n’existe pour les cryptos.
Votre intermédiaire est donc plus solide qu'avant. Il n'est pas garanti pour autant.
De plus en plus d’investisseurs choisissent une autre solution : acheter un ETN crypto depuis leur compte-titres.
Ces produits cotés sont souvent présentés comme la version européenne des ETF crypto américains. Mais juridiquement, il s’agit généralement de titres de créance indexés sur le prix d’un crypto-actif, et non d’ETF UCITS traditionnels. L’AMF les classe parmi les instruments financiers complexes.
L’investisseur obtient une exposition au bitcoin sans avoir à ouvrir un compte sur une plateforme crypto, gérer une adresse blockchain, protéger une phrase de récupération, ni effectuer lui-même ses transferts.
Cette solution rencontre une demande réelle. En Allemagne, les produits d’investissement en actifs numériques ont enregistré environ 2,5 milliards de dollars d’entrées nettes en 2025, contre de légères sorties en 2024.
Avec un ETN, vous ne détenez pas directement les bitcoins. Vous détenez un titre financier dont la valeur cherche à reproduire leur évolution.
Le risque lié à votre propre gestion des clés privées est transféré vers plusieurs intermédiaires : l’émetteur du produit, le conservateur des actifs, votre courtier, et la structure juridique de l’ETN.
Selon les produits, il faut vérifier : si l’ETN est réellement adossé à des cryptos détenues en réserve, qui conserve les actifs, les frais annuels, la qualité du collatéral, les conditions de remboursement, l’écart éventuel avec le prix réel du bitcoin.
La doctrine publiée par l’AMF en décembre 2025 impose, pour les produits commercialisés au grand public dans son cadre, une exposition sans levier, un adossement encadré et une conservation confiée à un prestataire agréé sous MiCA.
Mais attention : l’ETN lui-même n’est pas réglementé par MiCA. C’est un instrument financier relevant principalement du cadre européen des marchés financiers. MiCA peut encadrer le prestataire qui conserve les cryptos servant de sous-jacent.
Vous avez donc trois outils, et la meilleure solution n’est pas toujours d’en choisir un seul. C’est souvent de les utiliser pour des fonctions différentes.
La plateforme pour exécuter. Le hardware wallet pour conserver. L’ETN pour une exposition simple depuis votre environnement d’investissement habituel.
Personnellement, j’utilise un mixte de plateforme et de hardware wallet, avec une gestion par poches d’investissement distinctes. Mais 80 % de mes cryptos se trouvent de façon décentralisée.
Aucune solution n’est parfaite. Elles répondent simplement à des objectifs différents.
C’est probablement la question la plus importante.
Avec un ETN, vous pouvez profiter de la hausse du bitcoin. Mais vous ne pouvez pas envoyer vos bitcoins, les utiliser sur la blockchain, les retirer vers votre propre portefeuille, ni les conserver indépendamment du système financier.
Vous ne possédez donc pas réellement du bitcoin. Vous possédez une exposition financière à son prix.
Pour un investisseur qui recherche uniquement de la performance dans un cadre traditionnel, cela peut être suffisant. Pour celui qui recherche la portabilité, la résistance à la censure ou l’indépendance vis-à-vis des intermédiaires, cela ne répond pas au même besoin.
En France, les échanges entre actifs numériques bénéficient actuellement d’un sursis d’imposition. À l’inverse, un ETN est un instrument financier : sa cession relève en principe du régime des plus-values sur valeurs mobilières, selon les caractéristiques exactes du produit.
La solution la plus simple techniquement n’est donc pas toujours la plus avantageuse fiscalement ou patrimonialement.
Trois questions avant de choisir :
Ai-je besoin d’utiliser réellement mes cryptos ?
Ai-je envie d’être responsable de leur conservation ?
Est-ce que je recherche la propriété, ou seulement la performance ?
Le bon choix ne dépend pas uniquement du montant. Il dépend surtout de ce que vous voulez réellement posséder.
Et il faut se le dire : conserver ses cryptos sur une plateforme réglementée va à l’encontre de la raison pour laquelle la blockchain et bitcoin ont été créés.
Avoir ses cryptos de façon décentralisée, c’est être sa propre banque. Oui, cela demande des responsabilités et des connaissances, mais elles ne sont pas insurmontables.
D’ailleurs, dans les prochains mois, je vais vous montrer le réel potentiel de la détention décentralisée : toucher aux actions, aux métaux précieux, à des rendements intéressants en finance décentralisée. On pourra même faire des sortes de prêt lombard à partir de nos actions tokenisées.
Les options deviennent multiples, et c’est aussi ce que je vais vous apprendre par la suite avec la formation COP.
Depuis le 1er juillet, les plateformes sans agrément MiCA ne peuvent plus opérer légalement en Europe. Si votre compte est concerné, ne laissez pas traîner. Les retraits restent ouverts sur Binance, mais rien ne garantit qu’ils le resteront indéfiniment.
Pour la migration, Bybit EU est agréé en Autriche avec un passeport européen valable en France. C’est l’une des alternatives possibles si vous cherchez une plateforme régulée en Europe, avec des frais compétitifs proches de ceux de Binance.
Via mon lien, Bybit propose aussi 60 € dès 100 $ ou 100 € déposés, en crypto ou en euros, dans les 4 jours suivant l’ouverture de compte.
À noter également : depuis quelques jours, Bybit s’est associé à Meria pour proposer des services de staking conformes aux exigences réglementaires européennes.
👉 Je vous explique tout pas à pas dans cette vidéo
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La semaine dernière, j’ai testé un nouveau format. J’avais envie de voir si le sujet des agents IA et du paiement au quotidien intéressait, et de faire des parallèles avec ce qui se passe sur la blockchain.
Les intelligences artificielles ne se contentent plus de répondre à nos questions. Certaines commencent déjà à payer des données et des services numériques.
Dans cette vidéo, on voit comment les agents IA pourraient bientôt réserver un voyage, acheter des billets ou gérer un budget à notre place. Mais aussi les risques, les garde-fous nécessaires, et le rôle que pourraient jouer les stablecoins comme l’USDC ou l’EURC.
Jusqu’où seriez-vous prêt à laisser une IA agir avec votre argent ?
Je suis en train de lire le livre The One Thing, qui révolutionne ma façon de m’organiser.
Je pensais être bien organisé et productif, mais je faisais énormément de choses à l’envers : je procrastinais, je gérais mal mon temps.
J’en ai pris conscience, j’ai revu ma méthode, et je consacre désormais au moins chaque matinée à la méthode COP, dont la version bêta arrive d’ici la mi-août.
C’est donc la dernière ligne droite. Mon premier vrai projet, que je réfléchis depuis plusieurs mois, va enfin se concrétiser.
Et j’ai travaillé dernièrement sur quelque chose qui pourrait beaucoup aider les investisseurs : un Kit IA qui questionne l’investisseur et analyse ses contradictions. Ce Kit sera en test sur tout le Module 1. S’il fait vraiment sens, il pourra ensuite être élargi aux 5 modules.
Le plus gros ennemi de l’investisseur, c’est lui-même. Ses émotions, ses dispersions, ses croyances.
En couplant son raisonnement, son profil et ses envies à une intelligence artificielle bien calibrée, on obtient une remise en question et une clarté tout à fait exceptionnelles.
J’espère que ce produit trouvera sa place dans la formation. J’ai hâte de vous le faire découvrir.
Si ce n’est pas encore fait, n’hésitez pas à rejoindre la liste d’attente, qui vous permettra de bénéficier d’une offre exclusive pour cette bêta.
La vitesse à laquelle l’écosystème crypto se développe est surprenante.
L’avenir de la finance est en train de se dessiner sous nos yeux, sur la blockchain. Les possibilités seront multiples, et je suis convaincu que les classes d’actifs finiront par ne plus faire qu’un sur la blockchain.
J’aimerais que les prochaines vidéos collent vraiment à ce que vous attendez.
Quels sujets aimeriez-vous me voir traiter ? Et pas uniquement en crypto : je compte élargir aux autres classes d’actifs, à la fiscalité, à l’allocation de patrimoine.
Répondez-moi directement par retour de mail, je lis et réponds à tous les messages. Ou choisissez simplement une thématique ci-dessous.
À bientôt et prenez soin de vos cryptos,
Pierre Chip - Crypto Smooth
📢 Avertissement : Cette newsletter est purement informative et ne constitue ni un conseil financier, fiscal, juridique ni une recommandation d’investissement. Je ne suis pas un conseiller financier agréé et ne garantis aucune performance. Les marchés financiers et cryptos comportent des risques de pertes. Faites toujours vos propres recherches (DYOR).

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