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ODISLE - Coulisses de création des chansons · Aug 13, 2026

Grande faiblesse...

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ODISLE · ODISLE - Coulisses de création des chansons

Chère communauté reliée par l’acceptation des fêlures et de la lumière qu’elles peuvent laisser passer…

joie de vous retrouver et pardon de vous avoir fait faux-bond la semaine passée… je dois l’avouer… j’ai eu besoin de me remettre dans ma caverne sans rien dire, façon ours mal léché.

Ce matin je repensais à ce que toutes la littérature sur le sujet dit et répète à l’envi :

Une victime d’abus dans son enfance ne va pas cesser de “rejouer” des situations d’abus, toute sa vie durant. Surtout si elle ne sait pas, si elle a oublié ce qui lui était arrivé. Pourtant, la vie va s’en charger… de le lui rappeler… jusqu’à ce que peut-être, elle comprenne enfin que toutes ces répétitions générales sont là pour la faire entrer en scène, la faire entrer sur la scène de sa vie en sortant enfin de la survie et de ses multiples stratégies.

La vie n’est pas une succession de (mauvaises) répétitions. La vie commence quand commence la création. Quand on peut enfin construire. Bâtir. Sur des fondations.

Toute ma vie je n’ai pas cessé de “voir mon ouvrage détruit”, comme le dit si bien Kipling… et toute ma vie “sans dire un seul mot je me suis mise à rebâtir”. Je croyais que c’était ça la vie. Cette balançoire tape-cul je construis c’est détruit (au besoin par moi-même sans même m’en rendre compte) c’est pas grave je reconstruis. Et ainsi de suite c’est reparti pour un tour, au prochain roulement de tambour.

J’appelais ça du courage, de la persévérance…

C’était en réalité la conséquence d’avoir été bercée toute mon enfance… dans des processus d’emprise. Je te valorise, tu avances… tu avances trop, viens-là que je te détruise. Chat et souris… Sauf que moi je ne souriais pas. Quoi que si… pourtant. Oui. Chat et souris, en souriant.

Je le dis dans une de mes chansons, “Tri sélectif des encombrants” :

“On m’a donné l’éducation

D’une jeune fille de bonne maison

Qui sait tartiner les petits fours

Et puis faire le tour du séjour…

En proposant aux invités

Le même sourire bien accroché.

Figurez-vous que peu avant ma levée d’amnésie, j’avais acheté une maison. Je ne vous raconte pas toute l’histoire, mais en gros, moi qui avais toujours pensé que ce n’était pas si important d’être “propriétaire”, que nous étions tous locataires de cette planète, la souffrance est devenue suffisamment grande pour que je me dise si, Odile, tu as besoin d’une place pour toi sur cette terre. Et puis toi qui as si peur d’être “enfermée” dans un lieu… souviens-toi que les plus grands marins ont toujours leur port d’attache, c’est précisément ce qui leur permet de partir loin.

Bref, j’ai acheté une maison de pêcheurs, charmante, tout de pierres et de fleurs, au bord de la mer dans une petit hameau perdu au bout du monde. Et… to say it short… j’ai de nouveau vécu un abus… une escroquerie… avec les entrepreneurs censés la rénover. Je me suis dit “décidément je suis abonnée…”

D’ailleurs je me suis même fait engueuler “Mais Odile, comment fais-tu pour te mettre systématiquement dans ces situations pourries ?”…

Désormais j’ai une petite idée…

La vie n’est pas une succession de (mauvaises) répétitions. La vie commence quand commence la création. Quand on peut enfin construire. Bâtir. Sur des fondations.

J’ai toujours dit “nos talents sont cachés dans nos blessures”…

A force de voir détruits les ouvrages de ma vie… telle Fifi brin d’acier, j’ai développé une force immense pour me blinder et reconstruire. Une force immense, oui, en vérité.

Je n’ai pas cessé d’apprendre toute ma vie à “ne pas penser, et rebâtir”. Ce que je n’avais pas appris, c’était à regarder en face ce qui s’était passé. Nommer l’abus pour d’abord reconnaître que j’en étais la victime. Oui, dans un premier lieu la victime. Accueillir cela. Le reconnaître enfin. Pour demain, devenir enfin…. une survivante… puis une vivante.

Nommer c’est déjà reconnaître sa force immense, et commencer à aller voir ses lieux de fragilité. Pour “ne pas retomber dans le même panier.”

J’ai reconstruit ma maison. Je vous ai mis une photo de ce qu’elle a été… de ce que j’ai longtemps été : une forêt d’étais. Maison extérieure, maison intérieure. J’ai reconstruit, de la dalle au toit… tout était à reconstruire. J’ai suivi une thérapie, alors que j’avais dit que plus jamais on ne m’y reprendrait. Mais cette fois, la thérapie était douloureuse, courageuse, parce qu’elle nommait… enfin… l’innommable. Ce n’est pas fini.

J’apprends aujourd’hui à équilibrer cette immense force que j’ai tellement travaillée toute ma vie : savoir reconstruire de zéro sans mot dire… avec ma vulnérabilité que désormais je connais et j’apprends à reconnaître : confondre amour et séduction, confondre coup de main et fausses propositions, confondre “gentillesse” et prise de pouvoir…

Conjuguer mon immense force avec mon immense faiblesse… c’est ce qui me permet d’enfin apprendre à construire… sur de solides fondations. Dans l’acceptation de tous les abus qui se rejouent… mais cette fois je les vois et peu à peu je les nomme et peu à peu ils rapetissent. Et ça c’est joie.

Bon, voilà. C’était ce que je voulais vous partager aujourd’hui, même si c’est ma deuxième semaine de vacances, j’avais besoin de vous écrire… de garder le lien. Je pense toujours à mon idée de cercle de retrouvailles façon soirée au coin du feu une fois par mois et je ne vais pas tarder à vous contacter pour recueillir vos feedbacks par rapport à mon idée première. Comprendre ce qui vous ferait plaisir, ce dont vous avez envie, ce que vous voulez entendre de moi, vivre avec moi lors de ces temps de live, en ligne, une fois par mois. Si une idée vous vient déjà : dites-le moi !

C’était Odisle, depuis la forêt d’étais qui se transforme peu à peu, pour faire du beau avec du laid, réapprendre à nommer les abus pour pouvoir enfin créer sa vie… au lieu de survivre éternellement. Avec profondeur et légèreté, au féminin singulier.

A bientôt et bel été… (avec ou sans étais !).

PS : j’espère que vous ne m’en voudrez pas, mais… tant pis je ne me relis pas. Je vous ai écrit comme ça, dans l’élan… comme on écrit à un.e amie.

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