*Je me laisse libre d’ajuster, faire évoluer cette vision - d’où cette idée de territoire mouvant, à l’opposé des règles, chartes et cibles un peu figées d’un “branding” conventionnel.
J’ai toujours eu l’intuition qu’il fallait (i) réfléchir à la façon dont on veut être soigné ou accompagné, (ii) trouver un soignant qui nous ressemble et en qui on a confiance.
Ces démarches prennent du temps et on n’a pas toujours le loisir de choisir, de comprendre ou de s’interroger. En cas d’accident, la médecine curative (ou “réactive”) d’urgence est une nécessité. Aujourd’hui, en France, on peut dire que cette médecine de l’urgence qui sauve des vies - souvent au détriment de leur qualité, est plutôt bien rodée.
L’idée ici n’est pas d’opposer médecine préventive et médecine réactive (ou curative) mais de combiner les deux approches.
Dans d’autres situations, comme la grossesse ou la longévité qui nous intéresse ici, il est essentiel d’adopter une attitude proactive et préventive.
Si l’on attend, passif, d’avoir des symptômes invalidants, d’être en posture de vulnérabilité dans la situation de médecine “réactive”, il faut s’attendre à (i) vivre des soins pénibles (ii) voir sa pleine santé voire sa durée de vie en bonne santé (ou “healthspan”) diminuer rapidement.
J’ai mal vécu mes expériences de médecine “réactive”. Je me suis sentie fragilisée et dominée, réduite au silence. Cet historique, alors même que j’ai été peu malade en 41 ans, a influencé ma relation aux soins médicaux jusqu’à aujourd’hui. Je repousse les rendez-vous, je les appréhende - je dois faire un travail de reprogrammation mentale pour imaginer une médecine qui fait du bien, pendant, avant et après les soins.
J’ai envie de participer à ce basculement, aux côtés de celles et ceux - soignants comme patients - qui cherchent une autre manière de prendre soin sur le long cours.
Je suis cette année les cours du Diplôme Universitaire MAPS (Micronutrition Alimentation Prévention Santé) à l’université Paris Cité où je suis entourée de médecins et chercheurs - enseignants et étudiants.
Ces études et ce nouvel environnement me plongent au cœur des réactions biochimiques qui régissent le corps humain. J’apprends à étudier des cas cliniques, à identifier comment on prévient et on soigne.
Détoxification, digestion, énergie, épuisement, burn-out - j’ai exploré ces manifestations physiologiques lors de ma première entreprise dans le wellness*, de façon empirique, expérientielle, sensorielle.
*cf article From detox to longevity
Aujourd’hui, je creuse et comprends les mécanismes du vivant. J’affine ma vision de la médecine de longévité idéale, accessible à tous ceux qui en ont envie.
Deux voix et pratiques ont façonné ma pensée : celle du Dr Peter Attia, auteur d’Outlive et celle du Dr Sarah Merran, médecin fonctionnel, enseignante du MAPS.
Le Dr Peter Attia définit la médecine 3.0, préventive, individualisée par opposition à la médecine 2.0 - c’est-à-dire la médecine curative moderne, centrée sur le diagnostic et le traitement des maladies.
La médecine 2.0 a permis d’augmenter l’espérance de vie, mais intervient souvent trop tard, avec des traitements (chirurgie/médicaments) lourds et standardisés.
La médecine 3.0 cherche à intervenir plus tôt, de manière plus précise, en s’appuyant sur le mode de vie (exercice physique, alimentation, santé mentale), les biomarqueurs et les spécificités génétiques (polymorphismes).
La lecture d’Outlive a été décisive chez moi, elle a posé les bases d’une médecine de la longévité en laquelle je crois. L’enseignement et la pratique du Dr Merran ont étayé et renforcé cette conviction qu’une autre façon, plus fine, plus délicate, plus joyeuse de soigner est possible.
Au centre de la pratique du Dr Merran, l’écoute du patient — son ressenti est une donnée centrale. Elle suit des patients de tout âge, de tout milieu : des mamies, des athlètes, des enfants… Et à partir de cette matière foisonnante, elle investigue, elle ruse et use de méthodes parfois très originales, et des résultats remarquables.
Voici les contours de ma vision de la médecine de la longévité idéale, celle que je recherche pour moi :
Des analyses/prélèvements précis et ciblés en fonction de la clinique du patient. Certaines approches en médecine fonctionnelle peuvent conduire à multiplier les analyses, parfois contraignantes et coûteuses. À l’inverse, la médecine conventionnelle se limite souvent à quelques marqueurs insuffisants pour une investigation fine.
Une prescription précise et personnalisée faisant la part belle à l’alimentation et à la micronutrition, à l’exercice physique, aux activités cognitives et sociales, ainsi qu’à la régulation du stress — tout en respectant une grande sobriété dans l’usage du médicament.
Une priorité donnée à la prévention : en cas de déséquilibre ou de carence, le corps s’adapte. Des années peuvent passer avant de ressentir les premiers symptômes. Ce stade de pré-maladie asymptomatique est un moment crucial où un ajustement du mode de vie ou de la supplémentation peut rétablir la pleine santé.
Un suivi curieux et ingénieux pour chaque personne. Chaque cas est une enquête passionnante et gratifiante ; l’impact sur la qualité de vie est souvent fulgurant, en particulier sur les plus fragiles : enfants et personnes âgées (selon le Dr Merran).
L’idée est que cette médecine s’applique au parcours public de soins. Nous en sommes encore très loin aujourd’hui. Le frémissement vient d’entreprises privées qui participent, j’en suis convaincue, à initier le mouvement :
Zoï est un centre médical de santé préventive à Paris qui propose un check-up nouvelle génération, combinant analyses biologiques, consultation médicale et une expérience de soin sophistiquée : une jolie suite design, un peignoir de créateur, une collation signée Alain Ducasse, le tout clôturé par un passage dans un onsen d’une dizaine de bains.
Je pensais que l’étude des stress contrôlés (chaud/froid), sur la plasticité cérébrale et l’adaptation au stress, justifiait cette installation majestueuse, voire intrigante. Le Dr Alaedine Benani, directeur de la recherche chez Zoï, m’a en fait révélé que le parcours de bains, guidé par un praticien, avait pour unique soin d’aider les patients à se relaxer après la journée de check-up. Irrésistible !
L’ambition de Zoï de rendre la médecine préventive désirable a fait évoluer mon rapport au soin médical et à l’intérêt d’identifier les maladies avant l’apparition des symptômes.
*Dr Alaedine Benani était mon invité dans le premier épisode du Miroir
Sur la partie prélèvements, Lucis life - que j’ai testé, propose une analyse de 100 biomarqueurs des systèmes cardiovasculaire, métabolique, inflammatoire, hormonal etc.
Lucis note chaque catégorie, propose un plan d’action - et donne en sus un “âge métabolique” flatteur.
C’est une option pratique, il suffit de faire quelques prélèvements à la maison et de se rendre dans un laboratoire partenaire. Les résultats mettent un peu de temps à arriver (plus d’un mois) mais offrent un panorama très large et précis à la fois. Un accompagnement par un praticien capable d’interpréter ces données et de cibler les analyses à approfondir est essentiel ; mon médecin généraliste était déconcerté - voire critique face à ces analyses poussées.
Lucis propose une consultation par un médecin à distance mais à ce stade, j’avais envie de coupler les analyses à une clinique “IRL”.
Ces deux acteurs sont de puissants initiateurs en santé préventive. Ils donnent envie de prendre soin de soi de façon plus engagée, grâce à des données précises et une expérience de soin agréable.
Pour un suivi au long cours, la quête d’un praticien formé et ouvert est aussi indispensable que complexe — en attendant que ce basculement touche un plus grand nombre de médecins.
My new brand - or movement* - Bacca Bacca combines science, data and the discipline of pleasure in the service of longevity.
What kind of medicine do I want to support?
*I allow this vision to evolve - hence this idea of a moving territory, as opposed to the fixed rules, frameworks and targets of conventional branding.
I have always had the intuition that one should (i) reflect on how one wants to be treated or supported, and (ii) find a practitioner one relates to and trusts.
These processes take time, and we don’t always have the opportunity to choose, understand or question. In the case of an accident, curative (or “reactive”) emergency medicine is essential. Today, in France, this life-saving emergency medicine - often at the expense of quality of life - is highly efficient.
The idea here is not to oppose preventive and reactive (or curative) medicine, but to combine both approaches.
In other situations, such as pregnancy or longevity - which is our focus here - adopting a proactive and preventive approach is essential.
If we wait passively for disabling symptoms to appear, entering the system in a vulnerable, reactive state, we can expect (i) difficult treatments and (ii) a rapid decline in full health, including our healthy lifespan (healthspan).
I have had difficult experiences with “reactive” medicine. I felt weakened, dominated, silenced. This history - despite having been relatively healthy over 41 years - has shaped my relationship to medical care. I postpone appointments, I dread them. I need to reprogram this relationship to imagine a form of medicine that feels good - before, during and after care.
I want to take part in this shift, alongside those - practitioners and patients alike - who are seeking a different way of caring for health over time.
This year, I am enrolled in the MAPS University Diploma (Micronutrition, Nutrition, Prevention, Health) at Université Paris Cité, surrounded by doctors and researchers - both teachers and students.
These studies immerse me in the biochemical processes that govern the human body. I am learning to study clinical cases, to understand how we prevent and treat.
Detoxification, digestion, energy, exhaustion, burnout - I explored these physiological manifestations during my first venture in wellness*, in an empirical, experiential, sensory way.
*see article “From Detox to Longevity”
Today, I investigate and understand the mechanisms of the living. I refine my vision of an ideal longevity medicine, accessible to anyone willing to engage with it.
Two voices and practices have shaped my vision: Dr Peter Attia, author of Outlive, and Dr Sarah Merran, a functional medicine physician and MAPS lecturer.
Dr Peter Attia defines Medicine 3.0 - preventive and individualized - in contrast to Medicine 2.0, i.e. modern curative medicine focused on diagnosing and treating disease.
Medicine 2.0 has significantly extended lifespan, but often intervenes too late, with heavy (surgery/drug-based) and standardized treatments.
Medicine 3.0 aims to intervene earlier and more precisely, relying on lifestyle (exercise, nutrition, mental health), biomarkers, and individual genetic specificities (polymorphisms).
Reading Outlive was decisive in shaping my thinking. Dr Merran’s teaching and practice have grounded and reinforced it.
At the core of Dr Merran’s practice is listening to the patient — their experience is a central piece of data. She works with patients of all ages and backgrounds: elderly women, athletes, children… From this rich material, she investigates, adapts, and uses sometimes unconventional methods — with remarkable results.
Here are the contours of my vision of an ideal longevity medicine:
Targeted and precise testing based on the patient’s clinical picture. Some functional approaches can lead to excessive, costly testing, while conventional medicine often relies on too few markers for a refined understanding.
A precise and personalized approach, prioritizing nutrition and micronutrition, physical activity, cognitive and social engagement, and stress regulation — while maintaining restraint in the use of medication.
A strong focus on prevention: in cases of imbalance or deficiency, the body adapts. Years can pass before symptoms appear. This asymptomatic pre-disease stage is crucial — where lifestyle or supplementation adjustments can restore full health.
A curious and resourceful follow-up for each individual. Each case becomes a meaningful investigation, with often rapid and tangible impact on quality of life — especially in more vulnerable populations such as children and the elderly (according to Dr Merran).
The goal is for this form of medicine to integrate into public healthcare systems. We are still far from that point. Early signals are emerging from private initiatives that, I believe, are helping to initiate this shift.
Zoï is a preventive health center in Paris offering a next-generation check-up combining biological analyses, medical consultation, and a highly refined care experience: a beautifully designed suite, a designer bathrobe, a meal curated by Alain Ducasse, and a final immersion in an onsen with around ten baths. Irresistible.
I initially thought that the study of controlled stress (heat/cold), in relation to brain plasticity and stress adaptation, justified this installation — majestic, even intriguing. Dr Alaedine Benani, Head of Research at Zoï, revealed to me that the bath journey, guided by a practitioner, had for unique purpose to help patients relax after the check-up.
Zoï’s ambition to make preventive medicine desirable has shifted my relationship to healthcare, and my interest in identifying diseases before symptoms appear.
*Dr Alaedine Benani was my guest on the first episode of Le Miroir
On the testing side, Lucis Life — which I tried — offers an analysis of 100 biomarkers across cardiovascular, metabolic, inflammatory and hormonal systems.
Lucis scores each category, provides an action plan — and even assigns a flattering “metabolic age”.
It is a convenient option: a few at-home samples, followed by a visit to a partner lab. Results take time (over a month), offer a very broad overview, and make it essential to work with a practitioner able to interpret the data and prioritize follow-up testing. My general practitioner, however, was puzzled — even critical — of these analyses.
Lucis offers remote medical consultations, but at this stage, I felt the need to pair testing with in-person clinical guidance.
These two players are powerful initiators in preventive health. They make you want to take a more engaged approach to your health, through precise data and a genuinely pleasant care experience.
For long-term follow-up, finding a well-trained and open-minded practitioner is as essential as it is complex — as we wait for this shift to reach a broader number of physicians.
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