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Chloé Van Dooren · Mar 6, 2026

À la recherche de ma Phoebe

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Chloe Van Dooren · Chloé Van Dooren

Ça y est, nous avons chanté le premier refrain. Notre choeur est positionné en cercle, au centre de la pièce. Les yeux curieux du public se trouvent partout autour de notre collectif. Certains sont derrière nous, d’autres devant, d’autres encore à nos pieds (un peu bizarre, dit comme ça 🤪).

Portée par le moment, par la joie de chanter et celle de partager ce moment avec les autres, je fais mine de brandir un briquet et lance mon bras vers le haut, l’agitant d’un côté et de l’autre de mon corps. Le chant que nous entonnons est plutôt mélancolique, et ce moment “briquet” se prête bien à l’ambiance de notre performance.

Victoire : une partie du public imite mon geste. Je suis galvanisée. J’adore cette connexion créée par ce mouvement commun.

… L’espace d’une micro-seconde, juste avant qu’Ursula (aka la vilaine méchante qui vit en moi) ne vienne me susurrer à l’oreille “Mais pour qui tu te prends ? Les gens vont se dire que tu fais ta maligne, que tu veux orienter le spotlight vers toi. Personne ne t’a demandé d’ambiancer le public. Et puis, tu vois bien que la plupart des gens ne bougent pas.”

J’ai choisi de partager ce moment avec vous car il représente une dynamique interne/externe qui vit en moi depuis des années. Depuis l’adolescence, plus précisément.

Une part de moi est pleine d’élan et de témérité (appelons-la Phoebe). Elle adore se mettre en avant, créer des réactions auprès des gens. Elle est plutôt spontanée - certains mêmes diraient qu’elle est impulsive. Elle rigole fort, elle fait des blagues pas toujours drôles, elle prend le lead.

Avec elle, ça passe ou ça casse. Tantôt ses interventions provoquent de grands éclats de rire, des sourires, de l’enthousiasme. Tantôt sa manière de s’exprimer occasionne des moments de gêne, de flop. Phoebe est si radicale dans sa joie de vivre qu’elle ne laisse personne indifférent. À chaque fois qu’elle prend possession de moi, elle me fait courir le risque de me faire juger, voire mépriser.

Ce risque est tellement coûteux que mon système interne a trouvé des parades pour ne pas laisser Phoebe sortir.

Il a modelé une autre version de moi, une version consensuelle, discrète et timide. Appelons-la Bella. En général, les gens aiment bien Bella. Elle est sympa, elle écoute les autres, elle est calme. Elle est, comme le dit l’adage, “sage comme une image”.

Étant donné qu’elle ne fait pas de vague, elle n’est pas forcément mémorable non plus. Elle est un peu tiède, un peu “vanille”, un peu coinssos.

Je ne suis pas fan de Bella. J’ai l’impression que quand elle prend possession de moi, les personnes que je côtoie n’apprennent pas à connaître la “vraie Chloé”.

J’ai envie que Phoebe sorte plus souvent. Mais c’est difficile - elle est enfermée dans une tanière à l’intérieur de mon cerveau, soigneusement gardée par Ursula.

Les seuls moments où elle arrive à s’échapper ? Quand j’ai tellement besoin d’elle que même Ursula n’arrive pas à la retenir. Quand je suis responsable d’un projet et que je n’ai personne sur qui me reposer - lorsque j’anime un food tour ou un atelier, par exemple.

Avoir un rôle de leadeuse bien défini permet à Phoebe de sortir de sa cachette.

Et puis… il y a ces moments de grâce comme celui que je vous ai conté plus haut. Des moments d’élans lors desquels mon coeur connecte directement avec mon corps, sans passer par ma tête.

J’ai décidé de faire de cette envie de libérer Phoebe la quête la plus importante de ma vie. Ursula représente la voix de la société qui trouve les personnes libres dangereuses, les personnes qui osent embarrassantes. En particuliers les femmes. Et je n’ai pas envie de m’y plier.

Cette part de moi qui était si omniprésente quand j’étais enfant a envie de reprendre sa place, et j’ai l’intention de l’y aider.

Pour ce faire, voici mon plan d’action :

  • Provoquer davantage de situations qui me mettent dans le spotlight : créer mes propres ateliers et food tours, retrouver un groupe avec qui chanter, reprendre de la place sur les Internets (ce qui est déjà le cas en ramenant cette Newsletter à la vie ! 😃)

  • Écouter davantage de chansons qui me mettent dans un mood “powerful”, de préférence en débuts de journée pour me mettre dans le mood (exemples : “Watch out for this” de Major Lazor “Big Energy Remix” de Mariah Carey et Latto).

  • Noter un souvenir par jour qui a fait ressortir cette part de moi.

  • Tenter un max de ne pas réprimer mes élans quand ils montent (quand j’ai envie de dire quelque chose au sein d’un groupe, par exemple).

  • Ne pas hésiter à m’habiller et à me maquiller comme je l’entends, même quand ça peut paraître “trop habillé” ou “trop coloré”.

  • Trouver une pratique de danse qui permette à Phoebe de s’amuser.

  • M’exercer à recevoir des critiques et à ne pas les laisser m’arrêter (à faire en séances avec ma coach).

  • Noter tous les risques associés au fait de laisser Phoebe sortir et trouver des antidotes.

… affaires à suivre ;)

Évidemment aussi, si c’est la quête de ma vie de libérer ma Phoebe, c’est aussi ma mission d’aider VOS Phoebe à davantage s’exprimer.

C’est ce que je fais avec mes client·e·s.

“Ce qui m’a le plus marquée dans le coaching ? L’empowerment que je ressentais à la fin de chaque séance comme si je pouvais accomplir n’importe quoi !!!” - B.

Si tu as aussi envie de ressentir cet empouvoirement, prends rendez-vous pour une première séance et paf, on concoctera ton propre plan d’action de libération 🌞

Bisous les lardons, et à la semaine prochaine 🔥

C'EST PARTI !

Read the original on chloevandooren.substack.com

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