Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Un monde accessible !
Aujourd’hui au programme : la tant attendue deuxième partie de l’interview d’Aurélia, qui nous avait plongés dans le monde de l’interprétation en langue des signes.
Si vous avez raté la première partie, vous pouvez la retrouver ici.
Aurélia nous avait présenté son métier et son parcours, nous avait expliqué en quoi consistait son métier et comment faire appel à des interprètes en langue des signes.
Dans cette deuxième partie, nous allons plus loin ! Aurélia va nous expliquer plus en profondeur comment fonctionne le marché de la langue des signes, les dessous du métier, comment on devient interprète et bien plus encore !
On fera aussi des ponts entre nos deux métiers, et enfin, on vous citera des phrases clichés que l’on ne veut plus : par exemple, savez-vous pourquoi on ne dit en aucun cas ni '“langage des signes” ni “sourd-muet” ?
Sommaire :
Le marché de la langue des signes
Comment devenir interprète
S’assurer de la qualité de l’interprétation en langue des signes
La communauté des interprètes en langue des signes
La formation continue en tant qu’interprète
La gratitude envers les personnes sourdes
Ces clichés, on n’en veut plus !
De mon côté de la planète
Céline : Toi, personnellement, tu travailles en indépendante ou tu travailles aussi pour des grosses structures ?
Aurélia : Oui, moi je travaille en indépendante et je suis rattachée à une grande structure qui gère un vivier d’interprètes indépendantes : l’agence i LSF. Ils ont une super série de portraits d’interprètes au passage, que je recommande fortement.
Il y a moins d’efforts de prospection de mon côté puisque l’agence me donne du travail. C’est un avantage du côté interprète.
Céline : Au niveau du marché, est-ce que les clients vont plutôt généralement faire appel à des interprètes indépendantes ou à ces grosses structures ?
Aurélia : Ça va dépendre, mais souvent ça marche par appels d’offres, par exemple pour la mairie de Bordeaux, la mairie de Paris, etc. On commence à voir des groupements de cinq ou six interprètes indépendantes qui n’ont pas une entité à elles mais qui se regroupent pour pouvoir postuler à des appels d’offres.
Sinon, de façon générale, ce sont des agences d’interprètes, que l’on appelle des « services » qui postulent à ces appels d’offres, et ensuite une fois qu’ils les remportent, ça passe obligatoirement par eux.
C’est aussi pratique pour les entreprises de passer par ces structures afin d’éviter de taper à 10 000 portes.
Après, nous en tant qu’interprètes indépendantes, on peut avoir des clients professionnels en direct, mais on a aussi beaucoup de particuliers ; là où les agences, les services d’interprètes, ont surtout des professionnels.
Céline : Les particuliers, ce sont des personnes sourdes signantes qui font appel à vous dans le cadre de rendez-vous, etc. ?
Aurélia : Oui et qui galèrent à trouver des interprètes.
Il y a quelque chose que l’on observe, surtout dans les grandes villes comme Paris, c’est que les prestations qui vont être les mieux rémunérées, ce sont des prestations d’interprétation de conférence pour un professionnel.
Ensuite, tout en bas de l’échelle, il y a l’interprétation d’un rendez-vous de liaison, donc un rendez-vous chez le médecin ou l’avocat par exemple, pour un particulier. En tant qu’interprète, c’est plus avantageux pour moi d’aller interpréter des réunions, des formations ou des conférences chez un professionnel que d’interpréter pour un particulier.
Donc souvent, les particuliers galèrent un peu à trouver des interprètes car on est occupées à travailler pour des entreprises. Ça va devenir un positionnement, disons, philosophique ou politique, en tout cas au niveau des valeurs, de continuer d’intervenir pour les particuliers et de réserver du temps pour eux. C’est un choix, on en est là.
Céline : Je comprends, il y a un petit peu ça aussi dans le sous-titrage en direct. Personnellement, j’ai un tarif associatif et un tarif entreprise puisque les assos, même si elles veulent rendre leurs événements accessibles, n’ont pas un budget extensif.
Et je pense que c’est effectivement un choix, quelque part, puisque c’est le même travail techniquement, mais à des moments ce sera moins bien payé pour peut-être toucher plus de monde, par exemple.
Céline : Sinon, comment est-ce qu’on devient interprète ? Qu’est-ce qui t’a donné envie de devenir interprète, quel a été ton parcours pour y arriver et avoir ton diplôme ?
Aurélia : Je suis devenue interprète un peu par hasard.
Ma mère adorait chanter. Et un jour, elle a assisté à une conférence où il y avait du chansigne. Elle a trouvé ça magnifique et elle m’a dit : « Je veux chanter en langue des signes, mais je n’ai pas le temps de prendre des cours car je travaille à temps plein, est-ce que toi, ma fille, tu pourrais prendre des cours de LSF et m’enseigner à la maison à mon rythme ? »
J’étais au lycée, j’avais 17 ans, j’étais une adolescente sans crise d’adolescence et donc j’ai accepté. Je suis partie prendre des cours dans l’objectif d’enseigner à ma mère.
Lors du premier cours, j’ai vu un professeur sourd qui signait et j’ai été émerveillée. On communique, il nous transmet des choses, et à la fin, sa femme et ses filles (qui sont entendantes) arrivent et je vois toute la famille communiquer en langue des signes. Il y a de la vie, je suis impressionnée !
J’ai donc mis un pied dedans puis j’ai rapidement mis tout le corps.
Je voulais donc apprendre la langue, mais surtout j’avais envie de comprendre comment ça fonctionnait. J’avais tellement de questions ! Comment peut-on tout dire avec les mains ? Et en fait, on me dit rapidement que je devrais étudier la linguistique de la langue des signes.
Me voilà donc inscrite en licence de linguistique des langues des signes, mais je ne savais pas quoi faire comme métier après. On me parle alors du métier d’interprète. Ça m’a parlé, car je voulais vraiment maîtriser la langue et aller au bout, ce que me permettrait ce métier.
J’ai alors tenté les concours d’école d’interprète, etc.
En France, si tu veux devenir interprète, tu dois faire une licence, n’importe laquelle, et en parallèle, tu dois apprendre la langue des signes.
En licence de linguistique, j’ai pris l’option langue des signes. Mais ça ne suffit pas, il faut prendre des cours aussi, rencontrer des personnes sourdes signantes, etc.
Ensuite, tu peux tenter le concours pour rentrer en Master d’interprète. C’est une évaluation de français, de langue des signes, de culture générale et de culture Sourde.
Donc pour entrer en Master, il faut déjà être bilingue. Ensuite, en Master, on va approfondir les langues, mais surtout, on apprend les techniques de traduction.
Cinq universités en France proposent cette formation. Il y en a deux à Paris, une à Rouen, une à Lille et une à Toulouse.
Ensuite, à la fin du Master 2, tu es interprète.
Céline : Je crois avoir entendu quelque part que tu ne pouvais pas interpréter, légalement, sans ce diplôme d’interprète. Est-ce que ça fonctionne effectivement comme ça ?
Aurélia : Tu peux légalement interpréter sans ce diplôme, car l’interprétation n’est pas une profession réglementée. Si tu veux vendre tes services d’interprétation même sans diplôme, tu peux ! Tout le monde peut se dire interprète !
Après, le client va juger de ta qualité. Par contre, si en tant que client, on ne s’y connaît pas, je conseille toujours de demander le diplôme ou la carte d’affiliation à l’AFTILS, car il faut absolument être diplômée pour l’obtenir.
En tout cas, c’est bien de vérifier car tout le monde peut se dire interprète et la qualité n’est pas toujours au rendez-vous.
Même les prix sont libres, c’est un marché privé. On regarde ce que l’autre fait pour rester cohérente au marché mais chacune fait comme elle veut.
Céline : Justement, pour l’interprétation en langue des signes, quand le commanditaire n’est pas sourd signant, ça peut être difficile pour lui de s’assurer de la qualité de l’interprétation.
Donc tu as dit qu’il fallait vérifier que la personne était diplômée, et qu’est-ce qu’on pourrait mettre en place d’autre pour s’assurer que notre prestataire a été à la hauteur et que les personnes sourdes signantes ont bien pu comprendre l’événement ?
Aurélia : Souvent, l’évaluation est le parent pauvre de l’événement. C’est rare qu’après un événement, les gens reçoivent un questionnaire de satisfaction.
Donc souvent, quand il y a des problèmes, ça remonte naturellement : quand les personnes sourdes se rendent compte que ce n’est pas au niveau, elles vont généralement le dire, mais on peut être proactif et faire tourner un questionnaire de satisfaction.
Dans l’idéal, il vaut mieux communiquer en langue des signes avec les personnes sourdes signantes parce qu’il y a souvent un problème de bonne compréhension du français écrit, qui est leur deuxième langue.
Mais vous pouvez de toute façon transmettre un questionnaire de satisfaction avec des questions simples et des réponses simples.
Vous pouvez également aller voir les interprètes pour leur demander comment ça s’est passé, quelles ont été leurs difficultés et comment faire mieux pour la prochaine fois.
Céline : Je travaille beaucoup avec des interprètes, on travaille souvent côte à côte, moi au sous-titrage en direct et elles à l’interprétation, et souvent, les clients me disent qu’ils ont vérifié de temps en temps mon sous-titrage car il est en français, mais qu’ils aimeraient aussi vérifier l’interprétation en langue des signes, pour voir si tout se passe bien.
Aurélia : Je vois, mais quand tu connais pas la langue des signes, c’est compliqué. Après, pas besoin de faire trop compliqué, on peut simplement signer « interprète, OK ? » aux personnes sourdes signantes ou leur demander si tout s’est bien passé.
Mais franchement, généralement, quand il y a des problèmes, ça sort tout seul.
Céline : On comprend donc que comme la profession n’est pas réglementée et que la plupart des interprètes sont indépendantes, elles pouvaient parfois se retrouver un peu dans « leur coin ». Est-ce que ton intention était de vous rassembler en communauté, quand tu as créé ta newsletter ?
Aurélia : Au départ, non. Je voulais simplement partager des bonnes infos, des bons plans, briser les tabous… Et dès les premiers mois, à chaque fois que j’envoyais une newsletter, quelques collègues me répondaient et on continuait la conversation : elles me remerciaient, me donnaient des infos, me partageaient d’autres réflexions…
A l’époque, j’envoyais une newsletter à 150-200 personnes, mais on a commencé à me dire « Merci de nous fédérer ». Mais je me suis dit : « Je ne fédère pas, j’envoie juste une newsletter à 150 ou 200 personnes et je leur parle ». Aujourd’hui, nous sommes 700 et quelques.
Je me suis alors dit que c’était trop dommage que personne ne se parle. J’ai alors créé un Discord pour que toutes les personnes abonnées puissent se parler et aient accès aux conversations que moi, j’avais en one-to-one.
Céline : Tu as donc créé une communauté autour de ta newsletter qui a grossi au fur et à mesure. Je trouve qu’une grosse composante de ta newsletter, c’est le côté apprentissage et formation continue. En quoi cet apprentissage continu est important pour les interprètes ? Pourquoi est-ce qu’il ne s’arrête pas à la fin de ce fameux diplôme ?
Aurélia : Déjà, comment peut-on croire que deux ans de formation, donc le Master disons, va suffire pour tenir 40 ans de carrière ?
Ensuite, on est au cœur de la communication, on doit interpréter pour des jeunes, pour des vieux, pour des personnes avec déficience mentale, pour des personnes ultra qualifiées, moins qualifiées… Le monde va tellement vite, et moi, je reste bloquée en 2010-2012, date de mon Master ?
Un exemple tout bête, mais quand j’ai été diplômée en 2012, on m’avait dit qu’il ne fallait pas de tatouage visible quand on interprétait. Aujourd’hui, si tu dis ça, on va te regarder bizarrement !
Le monde va vite.
On dit souvent aussi que c’est comme le permis : on va apprendre en pratiquant. OK, tu as le permis de conduire, et ensuite à force de pratiquer, tu vas gagner de l’expérience. C’est vrai que pratiquer fait gagner en expérience, mais si tu ne te poses jamais pour prendre du recul, te demander si tu as perdu des bonnes habitudes, si tu en as des mauvaises, si tu n’observes pas tes collègues avec un regard critique pour voir ce qu’il y a à prendre et à laisser, tu ne progresses pas.
C’est pour ça que la formation continue est très importante pour moi, mais l’offre a mis du temps à se développer.
C’est le parent pauvre de l’interprétation, la formation continue, car pour avoir des formateurs, il faut des gens qui ont beaucoup de recul, de l’expérience, des choses à transmettre… Et pendant des années, les gens voulaient le faire mais se disaient : « Mais qui suis-je pour former mes collègues ? »
Céline : Le syndrome de l’imposteur…
Aurélia : Oui. Même moi, c’est vrai qu’au départ quand j’ai lancé le 15-15, je me suis dit : « Mais qui suis-je ? Je vais pas envoyer cette newsletter à une interprète qui a 35 ans d’expérience ! ». Mais je voulais quand même le faire pour les collègues qui arrivent derrière moi, qui se posent les mêmes questions aujourd’hui que je me posais il y a 15 ans, quand j’ai commencé.
Finalement, des interprètes avec 35 ou 40 ans d’expérience se sont inscrites et m’ont dit que mes newsletters étaient super.
Il y a tous les jours de la recherche, des articles qui sortent, sur des sujets techniques d’interprétation pure mais d’autres parfois plus philosophiques, éthiques, sociétaux. Il y a aussi de la recherche sur les néologismes de certains milieux comme les milieux queers parce que beaucoup de personnes sourdes signantes en font partie.
Si j’étais bloquée en 2012, j’aurais beaucoup de trains de retard ! On doit se poser, faire un pas de recul et se former en continu.
Aussi, comme j’ai un parcours académique, j’ai vu que souvent, on présente les recherches dans des conférences académiques ou dans des journaux académiques, et seuls les chercheurs y ont accès !
C’est dommage car la communauté sourde et celle des interprètes en auraient besoin. Donc l’idée était de partager ces recherches, via la newsletter mais aussi au format workshop, qui est très pratique pour les interprètes. J’ai aussi fait des conférences pour présenter mes recherches de doctorat au grand public.
Céline : Et justement, tu abordes dans ta newsletter des sujets éthiques ou philosophiques et il y en avait un particulièrement qui m’avait vraiment intéressée, c’était le sujet de la gratitude des interprètes envers la communauté sourde signante. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ?
Aurélia : Bien sûr ! C’était un débrief d’une conférence. En gros, le sujet, c’est qu’en tant qu’interprète en langue des signes, oui, on fait un travail, on fait passer la communication entre sourds signants et entendants, on est formé, on est payé, ça doit être valorisé, etc.
Et en même temps, l’un des privilèges que l’on a dans notre travail, c’est qu’on va dans des endroits auxquels on n’aurait jamais eu accès sinon.
Tu peux aller à l’Elysée, tu peux aller dans les coulisses d’Air France, tu peux aller dans une tour à la Défense et tout, être au cœur même avec la RH, avec le PDG parce que tu vas les interpréter.
On interprète des concerts avec des fois des stars très connues. J’ai fait des voyages à l’étranger, dans des pays où je ne serais pas allée de moi-même, parce qu’il y avait des personnes sourdes qui partaient en vacances.
Souvent, à la fin des grandes conférences ou d’un spectacle, la personne qui a organisé ou l’artiste vient voir l’interprète pour la remercier de son travail et on peut avoir un échange. J’ai alors la chance d’avoir un entretien avec l’artiste alors que ce n’est pas vraiment moi qui suis venue au concert, c’est la personne sourde qui est dans la salle.
Et elle, on ne la calcule pas ?
C’est l’idée d’essayer de remettre de la lumière qu’on reçoit sur la personne sourde. Par exemple, lors d’un concert avec un artiste très connu, j’étais dans les coulisses, la personne était super sympa.
Elle attendait un peu avant de sortir pour rencontrer son public, signer des autographes, le temps qu’il y ait moins de foule. Et là, je lui ai demandé si c’était possible de faire venir les trois personnes sourdes qui étaient dans le public dans les loges pour pouvoir interpréter la rencontre avant de partir.
On peut me dire : « Ce n’est pas ton rôle en tant qu’interprète ». Oui, mais il faut voir aussi pourquoi je fais les choses, et c’est vrai que c’est chouette de remettre un peu de la lumière sur les personnes sourdes.
Il ne faut pas oublier que si on est là, en tant qu’interprète, c’est qu’il y a des personnes sourdes signantes derrière.
Céline : Je m’identifie beaucoup car effectivement, depuis que je fais du sous-titrage en direct, j’ai fait des choses exceptionnelles, comme tu disais, on va dans des tours à la Défense, on voit des coulisses de spectacles et tout, et je trouve ça très intéressant que tu aies partagé cette réflexion : comment montrer cette gratitude et remettre la personne sourde au centre ?
Céline : Pour finir, est-ce que tu aurais des clichés à débunker sur la profession d’interprète ou sur la langue des signes, de manière générale ?
Aurélia : Alors déjà, on a les classiques : on dit « langue des signes » et non « langage des signes », c’est une langue à part entière !
Ensuite, on ne dit pas « sourd-muet », mais simplement « sourd ». Muet, ça veut dire que les cordes vocales ne fonctionnent pas, ici, en l’occurrence, c’est juste que la personne n’entend pas, même si être sourd ne veut pas dire ne rien entendre, il y a différents degrés de surdité.
Être sourd ne veut pas forcément dire parler en langue des signes. Il y a aussi des sourds oralistes. Des fois, ça m’est arrivé d’intervenir et en fait, la personne était sourde oraliste et non signante, et donc je ne pouvais rien faire pour elle !
L’interprétation est un métier, ce n’est pas une activité bénévole. L’interprète n’a pas le cœur sur la main ! Non, il y a des méchants, des gentils, etc. Il y a de tout. On est pas forcément militant, de gauche, etc. On choisit notre parcours sur Parcoursup comme tout autre métier.
Les interprètes ne sont pas qu’à la télé ! La plupart, on est sur la route, à gauche et à droite !
Céline : Vous êtes combien d’interprètes, en tout ?
Aurélia : Selon les derniers chiffres de l’AFTILS, il y a 700 interprètes en activité. Je crois que plus de 50 % sont à temps plein et le reste, ça varie.
Céline : Et sur l’aspect bénévolat, est-ce que tu as encore souvent des demandes d’interprétation bénévole, ou alors des demandes où on ne pense même pas que ça peut être payant ?
Aurélia : Même encore très récemment, j’ai été contactée par une très grande entreprise qui pensait qu’on allait intervenir gratuitement. J’ai dû garder mon calme, expliquer et tout ça. Mais ça arrive de moins en moins souvent.
Parfois, ça m’arrive aussi qu’une personne sourde signante soit dans une entreprise depuis 10 ans, et c’est la première fois qu’ils font appel à une interprète, enfin.
Céline : Oui, ça m’arrive très souvent aussi pour le sous-titrage en direct. Et donc, qu’est-ce que tu réponds à ces entreprises qui ne considèrent pas l’interprétation en langue des signes comme un vrai métier ?
Aurélia : Déjà, j’explique que j’ai un Master 2, un Bac +5. Ensuite, j’explique en quoi ça consiste : le fait de traduire du sens et pas des mots, etc.
Céline : C’est tout un travail de sensibilisation au niveau client. Un dernier cliché à débunker ?
Aurélia : La différence entre interprète et traducteur.
Les interprètes travaillent en simultané : les conversations à l’oral, en face à face, en présentiel ou en visio. Quand on traduit, on a un temps de réflexion, un délai, on peut se corriger, etc. Ce peut être de l’écrit ou une vidéo en langue des signes. Et donc moi, je suis interprète et non traductrice !
Merci beaucoup à Aurélia NGG d’avoir répondu à mes nombreuses questions et de nous avoir bien éclairé sur le métier d’interprète en langue des signes. Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à lui poser en commentaire !
Et pour aller plus loin sur le sujet, direction sa newsletter :
Ce mois-ci, mon temps a été partagé entre plusieurs gros projets de sous-titrage et un grand projet personnel 👀
Le sous-titrage du dernier épisode d’une série médicale sur la santé des femmes. Série commencée en 2024 ! Assez irréel, et satisfaisant aussi, de conclure ce projet au si long cours.
Le sous-titrage SDH d’un super documentaire qui met en avant la sororité et la joie de faire du sport entre femmes. Hâte de vous en parler plus longuement 👀
Le début du sous-titrage anglais-français d’une longue formation de 400 minutes sur les droits humains à travers le monde. Sujet très technique mais qui élargit mon domaine de spécialité et j’apprends plein de choses. L’avantage de sous-titrer une formation, c’est qu’on la suit également !
Ma formation complète au sous-titrage se poursuit avec bientôt la fin de la session de janvier-février. D’ores et déjà bravo à Florian, Alexandra et Angélique pour leur travail acharné ! La session de mars-avril a déjà commencé début février car en mars…
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Mais pour l’heure, direction la Suisse cette semaine pour donner une formation au sous-titrage de vidéos réseaux sociaux au sein du Département fédéral de l’intérieur suisse. L’objectif ? Rendre accessible les vidéos de la ministre dans les trois langues officielles du pays ! Je vous raconterai tout dans la prochaine newsletter 💜
C’est tout pour aujourd’hui, j’espère que cette édition vous a plu ! Comme d’habitude, je réponds à vos questions par mail et par message et si vous souhaitez aller plus loin :
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