Il y a une chose que Caroline dit vers la fin de l’épisode, quand je lui demande ce qu’elle dirait à la Caro d’il y a dix ans, celle qui s’apprête à se marier en sachant que ce n’est pas la bonne décision.
“N’aie pas peur. Le mieux reste à venir.”
C’est arrivé comme ça, simplement, après plus d’une heure à raconter ce que ça avait coûté de tout chambouler.
Élodie et Caroline sont amies depuis 18 ans. Elles étaient chacune avec un homme. Dans l’épisode 242, elles sont venues raconter comment une amitié de dix ans a basculé, ce que ça fait de quitter une vie qu’on avait construite, et ce qu’on transmet à des enfants quand la famille ne ressemble pas au modèle attendu.
Dix ans avant
Il y a dix ans d’amitié avant que quoi que ce soit se passe. Des dîners à quatre, des maisons à 500 mètres l’une de l’autre. Et un moment, sur un lit, coude à coude, un regard qui dure une fraction de seconde.
Caroline me raconte ça avec une précision un peu étrange. Ce moment qui n’a duré qu’une demi-seconde et qu’elle a mis des années à nommer. Elle dit : je l’aimais avant d’être attirée par elle.
Ni l’une ni l’autre ne se projetait dans une relation avec une femme. Élodie était mariée depuis dix ans. Caroline allait se marier. Elles décrivent toutes les deux un cheminement très lent vers quelque chose qu’elles savaient sans se l’avouer.
La peur de tout plaquer
Caroline se marie en sachant que ce n’est pas la bonne décision. Elle le dit sans détour. Elle avait peur de faire du mal, peur de se retrouver seule, toutes les raisons habituelles qu’on se donne pour rester là où on est.
Quand tu colles au chemin tracé, c’est plus facile. Pas plus juste.
Elles se font griller à cause d’une lettre d’amour rangée sous une pile de vêtements, trouvée par un mari qui cherchait de la place dans l’armoire. Ce n’était pas le plan. Mais parfois c’est comme ça que les choses se règlent.
Ce que ça change, élever des enfants à deux femmes
Elles ont fait deux PMA. Chacune a porté un enfant. Et ce qu’elles décrivent sur la coparente qui n’a pas porté, le sentiment d’illégitimité, la peur que quelque chose dans le sang fasse une différence, la belle-mère qui dit une phrase maladroite, je l’ai entendu dans beaucoup d’épisodes de ce podcast, dans des configurations très différentes.
Il y a quelque chose dans cette partie de la conversation qui dépasse leur histoire. Pas parce qu’ils sont universels au sens poli du terme, mais parce qu’ils touchent à ce qu’on fait avec l’amour qu’on a pour un enfant quand le cadre ne correspond pas à ce qu’on attendait.
Leurs filles trouvent tout ça très normal. Ce sont leurs filles.
La fin
Je demande à Élodie ce qu’elle dirait à Caroline si elle devait lui dire quelque chose, maintenant, après tout ça.
“Merci d’être venue me chercher.”
L’épisode est disponible sur toutes les plateformes. Les liens sont juste en dessous.
Adelphiquement,
Cédric
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