Vous lisez Cause(s), la newsletter qui s’intéresse aux assos, aux entreprises de l’ESS et à leurs contenus engagés.
Bonjour,
En France, chaque année, on estime que plus de 370 000 femmes subissent des violences de la part de leur conjoint ou ex-conjoint.
Violences conjugales, sexuelles, mariages forcés, mutilations sexuelles, violences au travail… La Fédération nationale Solidarité Femmes prend en charge toutes les violences, partage les valeurs féministes et met en avant les combats de toutes les femmes.
Parce que son rôle est essentiel, parce que ses contenus sont au cœur de sa mission de sensibilisation, j’ai eu envie de questionner sa stratégie éditoriale.
Maïa Vernois, chargée de projet digital et community manager de l’association, nous en dit plus !
Je vous laisse avec un condensé de cet échange inspirant. 👇
La Fédération nationale Solidarité Femmes est née à la fin des années 70 d’une coordination d’associations. Son ambition : dénoncer les violences qui s’exercent à l’encontre des femmes, et en particulier les violences conjugales.
Elle fédère aujourd’hui un réseau de plus de 80 associations partout en France, qui accueillent, accompagnent et hébergent les femmes victimes de violences et leurs enfants. Depuis 2014, elle a créé et anime le 3919, la ligne d'écoute destinée aux femmes victimes de violences, à leurs proches et aux professionnel·les.
En 2024, Solidarité Femmes a accueilli une toute nouvelle équipe de communication. L’occasion de changer en profondeur sa ligne éditoriale, en s’affranchissant des contenus “chocs” produits depuis plusieurs années.
“Cette communication était nécessaire pour que les citoyen·nes prennent conscience des violences physiques que subissent les femmes. Mais désormais, nous avons envie de nous adresser directement aux victimes, et de leur montrer qu’elles ne sont pas seules.”
Avec cette nouvelle stratégie, l’asso prend la parole sur les violences psychologiques, le cyberharcèlement, et d’autres formes plus méconnues de violences, au-delà des violences physiques. Chaque contenu mentionne une solution, rappelant l’existence des associations locales ou du 3919.
Pour communiquer sur un sujet aussi sensible que les violences faites aux femmes, l’équipe com’ adopte plusieurs points de vigilance. Elle s’astreint par exemple à ne faire apparaître aucune image choquante, ni aucun détail dans les témoignages.
“Nous faisons en sorte que les femmes puissent se reconnaître dans nos contenus, avec des messages doux et bienveillants comme les phrases prononcées par les écoutantes.”
L’équipe mise sur des images soignées et des textes clairs, pour une communication accessible à toutes et tous. Rien que sur les réseaux, elle rassemble une communauté de près de 60 000 personnes. “Il en faudrait plus”, tempère Maïa.
Sur l’ensemble des réseaux sociaux, Solidarité Femmes joue la carte de l’expertise. Infographies et chiffres clés mettent en avant le travail effectué par la Fédération, et notamment par le pôle justice et l’observatoire des violences conjugales.
“Nous faisons également beaucoup de veille et de curation, notamment au sujet des lois et des actions menées par d’autres associations. C’est une façon de légitimer notre action et de faire vivre notre stratégie de plaidoyer.”
Sur son site web, la Fédération a créé un espace ressources, destiné aux associations locales, mais aussi à tous les lieux publics qui souhaitent relayer ses contenus : cabinets médicaux, centres d’animation, mairies, etc.
Depuis décembre, Solidarité Femmes déploie une campagne autour des enfants victimes des violences conjugales, en lien avec une pétition lancée par l’association.
“Nous avons réfléchi à une identité à part pour cette campagne qui va durer toute l’année 2025. Résultat : des visuels facilement reconnaissables, assez doux et enfantins pour évoquer un sujet difficile. L’objectif ici, c’est de déconstruire les mythes, d'acculturer les citoyens et leur donne envie de signer notre pétition. C’est une première pour l’association, et ça nous tenait à cœur d’en faire quelque chose de spécial.”
La Fédération nationale Solidarité Femmes compte 90 salarié·es. Le pôle communication se compose d’une responsable, d’une chargée de projet digital et community manager, d’une chargée de plaidoyer, d’un webmaster - et actuellement d’une stagiaire.
L’équipe produit l’ensemble des supports de communication, et notamment ceux destinés aux associations locales, en lien avec le pôle animation réseau.
“Chacune porte ses propres canaux de communication, mais nous les aidons à gagner en visibilité. Nous projetons de leur fournir un kit de communication et des posts à relayer sur leurs réseaux.”
Si vous aussi, vous devez communiquer sur une cause féministe, Maïa le répète :
“Soyez bienveillant dans votre prise de parole. Il faut montrer aux victimes qu’elles ne sont ni seules, ni responsables, et représenter tout type de violence pour qu’aucune d’elle ne se sente exclue.”
J’ai passé un beau moment avec Maïa et j’espère que vous aussi. Je vous invite à suivre les contenus de Solidarité Femmes et à faire connaître largement le 3919 !
Et n’oubliez pas de faire voyager cette newsletter auprès de votre réseau de communicant·es engagé·es.
Je vous donne rendez-vous dans un mois pour le prochain numéro de Cause(s) !
Claire
Moi, c'est Claire, freelance en communication éditoriale spécialisée dans le champ de l’ESS. Je vous accompagne pour :
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