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Cause(s), la newsletter des contenus engagés · Feb 10, 2026

Un autre regard sur les personnes réfugiées

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Claire Guichard · Cause(s), la newsletter des contenus engagés

Vous lisez Cause(s), la newsletter qui s’intéresse aux assos, aux entreprises de l’ESS et à leurs contenus engagés.

Bonjour,

Depuis des décennies, en France, on parle de réfugiés.
Souvent en chiffres, parfois en slogans, trop rarement en histoires.

Derrière les débats et les polémiques, il y a pourtant des parcours de vie.

Des personnes qui cherchent à se reconstruire, à travailler, à retrouver une place dans la société.

C’est de ce constat qu’est né le projet Kodiko.

En mettant en lien des personnes réfugiées avec des salarié·es en France, l’association crée des binômes qui changent durablement les trajectoires de chacun·e.

Vous voulez savoir comment elle fait vivre cette vision dans sa communication ?

J’ai eu la chance d’en parler avec Lucie Mely, responsable communication et digital.

Je vous laisse avec un condensé de cet échange inspirant. 👇

L’association Kodiko a été créée en 2015 par deux femmes, Cécile et Maylis. L’une était entrepreneuse, l’autre économiste. Frappées par l’arrivée des réfugié·es syrien·nes, elles ont toutes deux décidé de rejoindre l’incubateur SINGA. Comment contribuer à leur accueil durable en France ? Comment leur permettre de reconstruire une vie alors qu’ils et elles ont tout quitté ?

Pour y répondre, elles ont eu l’idée de créer la rencontre entre personnes réfugiées et professionnels en activité en France. Depuis, Kodiko a accueilli 3 000 binômes, et s’est développé dans huit villes en France, de Paris à Strasbourg en passant par Valence.

“Complémentaire des structures institutionnelles, le programme de mentorat permet aux réfugié·es de se réaliser, de contribuer à leur pays d’accueil, de mettre en pratique leurs compétences.”

Pour mobiliser les professionnel·les susceptibles de s’intéresser à son action, Kodiko a construit une stratégie B2B. Sur LinkedIn, l’association présente ses activités et sensibilise à l’inclusion des personnes réfugiées et à leur pouvoir d’agir. Le ton se veut pédagogique, pour détricoter les idées reçues et pallier le manque d’information (voire la désinformation) sur le sujet.

“Malheureusement, nous faisons face à de plus en plus de commentaires xénophobes. Notre parti pris : répondre aux questions et signaler les commentaires haineux ou déplacés.”

Des actions dans les entreprises partenaires permettent de rencontrer de potentiels mentors.

“Nous avons également mis en place un jeu de sensibilisation dans lequel on suit le parcours d’une personne réfugiée soudanaise, depuis son départ jusqu’à son arrivée en France. Nos entreprises partenaires l’ont déjà testé et approuvé.”

Pour sa communication grand public, essentiellement sur Instagram, Kodiko a choisi de mettre en avant l’impact de la rencontre. Interviews de binômes, mise en lumière des parcours… Derrière chaque visage se raconte l’histoire de deux personnes qui s’apportent mutuellement.

Les témoignages de salarié·es permettent aussi de lever les doutes des futurs mentors et de leur montrer qu’il n’y a pas besoin de compétences spécifiques pour s’engager.

“Pour toucher les personnes réfugiées, nous comptons sur les partenaires de terrain et sur notre présence lors d’événements dédiés. Nous avons par ailleurs ciblé quelques mots-clés pertinents pour notre site web. Quant aux bénévoles, ils viennent à nous spontanément, essentiellement grâce aux plateformes de bénévolat.”

Parce que le regard de la société sur les personnes réfugiées doit évoluer, Kodiko a décidé de lancer une stratégie d’influence, notamment via sa newsletter. Aujourd’hui utilisée dans les territoires pour diffuser l’actualité opérationnelle, elle servira désormais, en alternance, à partager des prises de position, de la veille et de l’expertise.

LinkedIn joue aussi un rôle majeur : Cécile, présidente de l’association, y est très active. Elle en est la représentante et la porte-parole.

“Le plaidoyer est un axe stratégique que nous avons identifié collectivement. L’idée étant qu’il se décline dans l’ensemble de nos supports et actions dans les 10 prochaines années.”

Au printemps 2025, Kodiko a publié une vidéo de Karam, originaire du Soudan et chef de projet chez L’Oréal. Sur Instagram comme sur LinkedIn, le post a suscité de nombreuses réactions.

“On ne s’attendait pas à ce que la vidéo ait une aussi belle visibilité. Cela dit, l’histoire de Karam est plutôt singulière : il a créé sa propre association pour aider les personnes réfugiées à créer du lien social. Il a aussi été accompagné avant de devenir lui-même mentor. Nous ne l’avions pas briefé et il a fait passer tous les messages importants dans sa prise de parole ! Son histoire et la façon dont il parle nous rappellent la nécessité d’accueillir de manière inconditionnelle les personnes venues de l’étranger.”

Chez Kodiko, le lundi matin, c’est réunion d’équipe autour des sujets de la semaine. Chacun·e est force de proposition sur les contenus et apporte ses idées, ensuite consignées dans un simple planning partagé. Lucie travaille à 70 % pour la communication et à 30 % pour le suivi des programmes et des outils digitaux. Elle s’est entourée d’une alternante journaliste, ainsi que d’un bénévole photographe.

Présente dans huit villes, l’association doit composer avec une communication décentralisée :

“Chaque ville a créé sa communauté autour de son équipe et possède sa propre page LinkedIn. Nous avons mis en place un travail de formation, de suivi et de coordination des équipes. Chacune connaît la ligne éditoriale de l’association et travaille avec les mêmes modèles sur Canva. Nous partageons des moments forts et des posts à relayer en local.”

Pour Lucie, dans une association implantée partout en France, il est essentiel que la communication soit en lien avec l’ensemble des équipes opérationnelles.

“Pour diffuser des histoires sur l’association où les personnes accompagnées, il nous faut tisser un lien de confiance et de proximité avec les équipes. J’essaie d’être présente au moins sur les premiers moments de rencontre et nous échangeons régulièrement sur les parcours et les actualités.”

Lucie souligne également l’importance d’être en lien avec d’autres responsables de communication associatifs, pour des temps de partage et de co-développement.

J’ai passé un super moment avec Lucie et j’espère que vous aussi. N’hésitez pas à suivre l’actualité et les contenus de Kodiko !

Et n’oubliez pas de faire voyager cette newsletter auprès de votre réseau de communicant·es engagé·es.

Je vous donne rendez-vous dans un mois pour le prochain numéro de Cause(s),

Claire

PS : N’oubliez pas, je peux vous accompagner pour :

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