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CineManiac/Camille Marty-Musso · Mar 3, 2026

La Première fois : se lancer dans une Newsletter?

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Au fond, je je n’ai jamais vraiment quitté le monde des blogs, mis en lumière (de façon excessive) à une époque qui s’éloigne.

Au fond, je je n’ai jamais vraiment quitté le monde des blogs, mis en lumière (de façon excessive) à une époque qui s’éloigne. J’ai conservé mon blog (pour des raisons plus affectives que pratiques), mis à jour de manière intermittente, avec, parfois, de longs moments sur pause mais il existe toujours. C’en est évidemment terminé des événements, des invitations, de l’agitation, etc. Et tant mieux.

Un jour, je reviendrai sur cette période où les bloggers sont passés de la paisible ombre de leur écran d’ordinateur à la lumière éblouissante de soirées, de photos, d’obligations implicites de promo en retour. On appelait ça l’économie de la gratitude : du contenu en échange de visibilité. On a plongé.

Bref!

Par l’intermède de Substack, on retrouve cette ambiance un peu artisanale des premiers blogs, et, surtout, les formats longs, pensés en amont. Pas l’espace de réaction que sont les Réseaux Sociaux mais un lieu de réflexion (ce que n’étaient le cas de tous les blogs, loin de là, n’idéalisons pas).

Quid des Newsletters?

C’était donc le concept de départ de Substack, bien qu’on y ait ajouté Notes (pour des mini-posts, un peu l’humeur du jour, une info, tendance Twitter). C’est drôle parce-que je me souviens qu’avant «l’avènement» des RS, j’avais créé une rubrique mini-posts sur mon blog (par manque de temps de tout chroniquer, par paresse).

Tout en lisant les Newsletters qui m’attirent (l’importance du titre!), j’ai fini par inévitablement me dire : pourquoi par moi? Mais une Newsletter qui parlerait de quoi, au juste?

Personnellement, je n’envisage ni de donner des conseils (je ne me sens pas de légitimité, d’expertise pour le faire), ni de proposer un modèle payant (sans doute nostalgique de l’époque de l’Internet gratuit).

Comme je suis actuellement en cours d’écriture d’un livre, que cela occupe une partie de mes journées et de mes pensées, j’avais, de fait, le thème de ma future Newsletter sous le nez.

Joignant le geste à la pensée, j’en ai écrite une, puis, je l’ai retouchée, relue telle que je comptais la poster. Écrite en m’appliquant bien davantage qu’ici où je corrigerai ensuite surtout les fautes d’orthographe, voire, allègerai en supprimant un paragraphe. Toute la spontanéité avait alors disparu (ce qui est, au passage, le problème des corrections, ne pas aplatir le style, ne pas trop lisser, affadir, etc.)

A présent, je suis bloquée. Je suis d’ailleurs étonnée de ne pas l’avoir été avant… Mais cela devait arriver. Malgré que je travaille à prendre de la distance sur les choses, et, surtout que je m’astreigne à ne pas écrire avec, en filigrane, le désir de plaire (ou la peur de déplaire), il en reste toujours un résidu. Voila que le doute s’invite : la crainte que cela ne s’intègre pas au schéma Substack me bloque.

Et, aussi, ce ressenti qui échappe à ceux qui n’écrivent pas pour le plaisir ou le besoin d’écrire (mais à d’autres fins, louables en soi) : le désir complexe, paradoxal, en simultané, d’être lu et pas lu, pas trop, je dirais.

Cela dépend certainement du genre de livre. Dans un livre historique, il y a peu de chance qu’on livre beaucoup de soi. En revanche, dans l’auto-fiction, on a toujours cette peur d’en dire trop, de le dire mal, de ne pas être compris. L’auto-fiction, ce n’est pas ma séance chez le psy. C’est, en deux mots, une création où l’on utilise des éléments de soi, de l’intime. Et qui dit intime dit limites.

Je lis souvent ici : stop à l’hypocrisie, pourquoi s’inscrire sur cette plateforme si on ne veut pas être lu? Bien entendu que cela fait plaisir, que cela motive pour poursuivre, mais pas au prix de renoncer à la sincérité. Et je passe sur l’idée (assez psy) qu’on écrirait pour un seul lecteur de référence, son père par exemple, même si, dans la réalité, il n’est plus sur cette terre depuis bien longtemps.

En pratique, quand j’aurais tourné en rond à peser le pour et le contre, je publierais sans doute cette redoutable Newsletter, probablement expurgée ou ré-écrite.

À la relecture de ce brouillon de Newsletter, enfin, une dernière chose et pas la moindre, m’a interpellée : alors que j’avais à l’esprit d’écrire la genèse de l’élaboration du livre, c’était devenu le journal intime du livre. Peut-être est-ce cela que je voulais partager? (Mystère de l’inconscient).

Et tant qu’on y est, d’un doute à l’autre, est-ce que ce livre, en cours d’écriture, est tellement intéressant?

Read on camillemartymusso.substack.com

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