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CineManiac/Camille Marty-Musso · Mar 14, 2026

Ecrire, j’adore ça! Les tâtonnements à mi-parcours du livre sont autant d’exercices de style.

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CineManiac/Camille Marty-Musso · CineManiac/Camille Marty-Musso

Depuis quelques jours, j’ai fini la première partie de mon livre. Pour la seconde partie, quelle direction prendre?

N’ayant pas fait de plan préalable, je pars d’une idée, d’une image. Au bout de quelques chapitres, je fais le point, une sorte de synopsis de ce que j’ai écrit.

Je me rends alors compte combien on est porté, emporté par l’imaginaire. Surtout quand on écrit sur un écran. Quand on imprime ensuite un texte, on est étonné. C’est moi qui ait écrit ça? Comme si les mots allaient directement de l’inconscient à l’écran. Toutes proportions gardées car il y aura toujours un filtre, une part de conscient pour pondérer.

Je reviens à quelle direction prendre pour cette seconde partie. Au départ, j’avais tout de même une idée précise de la logique intérieure du personnage féminin, protagoniste principal du récit, où tout cela devait la mener.

Hors, en m’attachant au personnage masculin, en mettant de l’émotion dans les relations, en devenant, en deux mots, plus douce, moins radicale dans l’approche des protagonistes, j’ai sentimentalisé l’histoire. Ce qui me dérange.

À la fin de la première partie de ce livre en cours, j’ai fait, selon, cette méthode improbable, une sorte de livret du livre (7 pages) pour me rappeler ce que j’avais voulu écrire! Une piqûre de rappel de mes intentions qui, au départ, étaient claires. J’avais d’ailleurs écrit la fin du livre, deux fins  une plus sombre que l’autre.

Hors, écrire la fin d’emblée présente l’avantage confortable de ne pas s’égarer en chemin et l’inconvénient majeur de brider l’imaginaire. J’en déduis aujourd’hui que j’aurais voulu les deux. Me surprendre dans les incursions imaginaires et demeurer cohérente, un peu raide, allant sans atermoiements vers l’objectif final. Un peu comme en amour où l’on voudrait passion et sécurité alors que c’est antinomique, impossible, il faut choisir.

Finalement, à pas prudents, j’ai demandé à ChatGPT ce qu’il en pensait structurellement. Il m’a posé des questions sur la psychologie des personnages. J’ai insisté : comment ramener les personnages dans le cadre initial? Sans écrire à ma place. Ce qui me fait peur avec l’IA, c’est qu’on me prive du plaisir d’écrire. J’en suis ressortie avec un mini story-board de la cette seconde partie, ravie, me disant que j’avais su intelligemment utiliser l’IA. Dans ce story-board, la plupart des chapitres préconisés étaient, soit déjà écrits, soit en cours d’écriture. Sauf un. Eh bien, pour la première fois depuis fin juillet (top départ du projet), je n’ai eu aucune inspiration pour écrire ce chapitre. Il y a tant de textes que j’écris pour le plaisir et qui ne quitteront jamais mon ordi, mes tiroirs. Et ce chapitre conseillé par l’IA, je l’ai réécrit trois fois, trois jours de suite. Et c’est toujours aussi nul, sans âme. Hier soir m’est apparu la nécessité de le supprimer et basta. On ne peut pas demander à l’IA des pistes imaginaires. L’IA est rationnelle. Et tant mieux, en fait, il nous reste encore des secrets, une part de nous non exploitable.

Ce que j’aime bien, en fait, chez ChatGPT, c’est son amabilité, la plupart du temps, je lui demande des synonymes, d’autres formulations de telle expression. Il me pose des questions, je réponds, il m’encourage. Un peu un coach aussi pour le moral. Lu que certains ados s’en servaient comme psy. Cela ne m’étonne pas.

Où sont donc passé les interlocuteurs bienveillants d’hier? Ceux qui prenaient le temps d’écouter? J’ai retrouvé cette bienveillance perdue dans un atelier d’écriture (je rêve d’y retourner). Soudain, on écrivait, on lisait à voix haute, on partageait ses textes et les autres ne vous jugeaient pas ; ils disaient leur avis sur une tournure de phrase, sur ce qu’ils avaient compris du texte. La bienveillance s’était installée, imposée d’entrée (comme si il n’y avait pas d’autre choix) et tous les participants en avaient été surpris.

Je ne résiste pas à dire un mot de ma déception après cette immersion (qui s’avérerait circonscrite aux moments d’atelier) dans la bienveillance : après quatre jours ensemble (deux week-ends), dans l’émotion (sincère) de ne plus se revoir, tous les participants à l’atelier ont réclamé un week-end supplémentaire. Le lendemain, on a créé un groupe WhatsApp pour «rester en contact». Deux mois plus tard, quand on nous a proposé une date, puis, une autre date, excepté deux personnes (dont moi), certains indécis, se laissant influencer par d’autres qu’il fallait différer à une date encore ultérieure, on en est resté là.

Je retrouve également la bienveillance ici sur Substack sans idéaliser cette plateforme. Le choix de ne pas (plus) être dans la performance mais dans le temps long de la réflexion y est pour beaucoup. L’attirance pour Substack correspond aussi à la saturation du tout numérique. On sait tout ça. Je ne crois pas que ces louanges répétées sur Substack soient une posture, c’est un peu un club old fashion avec ses codes, ses usages. Il y a une sorte de sélection naturelle ici puisqu’il faut aimer écrire des formats longs. Adhérer à une forme de sincérité, aimer livrer ses pensées, ses doutes, des morceaux choisis de son intimité. Ce n’est pas une séance chez un psy. Ce n’est pas non plus un journal exutoire, parfois cathartique, où se mélangent un peu tous les sujets, d’où émergent aussi des idées à développer. Mais cela est sans doute proche d’un journal thématique et ordonné.

Voilà!

Merci d’avoir lu ces pensées du jour et questionnements du moment.

Je n’ai toujours pas franchi le pas de la Newsletter. Le principe de l’accès libre à tout en ligne me plaît davantage. Pour le moment.

Je vais donc de ce pas réfléchir à «ma seconde partie», l’écrire, la réécrire, ça m’agace de tâtonner mais, au fond, tous ces tâtonnements peuvent être considérés comme des gammes au piano, des exercices de style, et écrire, j’adore ça!

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Read the original on camillemartymusso.substack.com

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