Newsletter #25 — La franchise fait +4,9% pendant que 68 000 boîtes coulent. Ce que j’en pense.
Bienvenue dans la seule newsletter française dédiée aux “Boring Business”. Chaque semaine, je décortique les opportunités rentables boudées par la Tech, et je te donne le plan d’action pour les lancer.
J’ai passé 4 ans à accompagner des startups chez WILCO (1er accélérateur de startup européen).
+150 boîtes coachés. Des pitchs deck de 40 slides. Des fondateurs qui levaient des millions sur des hypothèses. Des équipes entières construites autour d’un produit que personne n’avait encore acheté.
J’ai vu des gens brillants (vraiment brillants) se planter sur des marchés parfaitement documentés, avec des équipes solides et des investisseurs au dos.
Et à côté de ça, j’ai regardé mon oncle gérer sa franchise de services depuis 15 ans. Pas de pitch. Pas d’investisseur. Pas de “disruption”. Juste des clients, un système qui tourne, et un revenu prévisible tous les mois.
Il y a quelques semaines, la Fédération Française de la Franchise publiait son bilan 2025.
68 564 défaillances d’entreprises en France. Record historique. PIB : +0,9%.
Le secteur franchise : +4,9%. 93,71 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
Cinq fois plus vite que l’économie nationale. En pleine récession.
Moi qui ai vu l’envers du décor des deux côtés, je ne suis pas surpris.
PS : J’ai créé une mini formation de 45 min pour les personnes qui veulent développer leur visibilité pour le business.
Et si tu souhaites aller plus loin, il y a toujours mon accompagnement individuel. 6 mois où je mets les mains dans le cambouis avec toi. Je t’explique tout dans cette vidéo.
Créer une entreprise en France, c’est statistiquement jouer à pile ou face sur tes 5 premières années. Selon l’INSEE, exactement 50% des boîtes ne passent pas ce cap. En auto-entrepreneuriat : à peine 33% de survie à 5 ans.
La franchise affiche +90% de survie à 5 ans selon l’étude Kantar/Banque Populaire/FFF de mars 2026.
Presque le double. En pleine récession.
Je connais la réaction instinctive : “Ouais mais c’est pas de la vraie liberté, t’es dans un système.” Je l’ai eu aussi. Et je comprends. Mais ça, c’est l’ego qui parle, pas les chiffres.
La réalité, c’est que l’immense majorité des gens qui veulent se lancer ne cherchent pas à “disrupter un marché”. Ils veulent un business solide, finançable, qui tourne sans tout réinventer. Et pour ça, la franchise est structurellement mieux équipée que la création pure.
Voilà pourquoi en détail.
Les 3 modèles en face à face :
Création classique : 50% de survie à 5 ans. Financement bancaire difficile (aucune référence, modèle non prouvé). Zéro notoriété au démarrage. Tu apprends tout sur le tas.
Auto-entrepreneur : 33% de survie à 5 ans. Financement quasi-impossible. Revenus volatils. Tu es seul face à tout.
Franchise : +90% de survie à 5 ans. Financement bancaire à plus de 80% de taux d’accord. Marque connue dès le J1. Formation incluse. Réseau actif.
Ce que tu achètes vraiment quand tu signes un contrat de franchise, c’est quatre choses que personne n’a en créant seul.
Premièrement, la marque. Les syndics de copropriété connaissent PPF. Les DRH connaissent O2. Tu n’as pas à prouver que tu existes (c’est déjà fait).
Deuxièmement, la banque. J’ai vu des dizaines de fondateurs de startups se faire refouler par leur banquier. Un franchisé qui arrive avec son contrat, les chiffres moyens du réseau et un DIP (Document d’Information Précontractuel), le banquier dit oui. Ce n’est pas de la générosité. C’est parce qu’il a déjà financé 40 franchisés du même réseau.
Troisièmement, la formation (2 à 6 semaines incluses dans le droit d’entrée). Tu n’apprends pas le métier dans ton garage.
Quatrièmement, le réseau. Une centrale d’achat. Des outils développés collectivement. Des franchisés qui répondent à tes questions. Tu n’es jamais seul.
Un dernier chiffre qui me parle : 85% des franchisés sont d’anciens salariés. 86% renouvellent leur contrat au terme. 92% recommandent le modèle à leur entourage.
Ces chiffres racontent quelque chose que l’ego entrepreneurial a du mal à entendre : des fois, le système qui marche, c’est celui que quelqu’un d’autre a déjà construit.
Le financement concrètement (ce que personne ne t’explique)
L’obstacle qui bloque tout le monde : “J’ai pas les fonds.”
Souvent à tort. Le schéma classique pour une franchise à 50 000€ d’investissement total :
→ 15 000€ d’apport personnel (30%)
→ 25 000€ de prêt bancaire sur 5 à 7 ans
→ 10 000€ de prêt d’honneur à 0% d’intérêts, sans garantie, via Initiative France ou Réseau Entreprendre
Ce dernier outil, je l’ai vu fonctionner à plusieurs reprises.
Son vrai rôle : convaincre la banque. Selon BPI Création, chaque euro de prêt d’honneur génère jusqu’à 13€ de financement complémentaire. C’est un signal de sérieux qui débloque tout le reste.
Ajoute Bpifrance Garantie PME (couvre 50% du risque bancaire) et l’ACRE (exonération partielle de charges la 1ère année). L’obstacle financier est beaucoup plus perméable qu’il n’y paraît.
37% des franchisés se lancent avec moins de 100 000€ d’apport. Du DIP (Document d’Information Précontractuel) signé à l’ouverture : 3 à 6 mois. Contre 18 à 24 mois pour atteindre la rentabilité en création classique.
Avant de signer quoi que ce soit : réclame le DIP (obligatoire légalement), demande à parler à 5 franchisés en activité que le réseau n’a pas sélectionnés pour toi, et vérifie l’EBE moyen réel (pas le CA). Tout le reste découle de là.
Tout le monde pense franchise = restaurant, mode, immobilier. Ce sont les marchés les plus saturés (souvent 200K€ et plus de droit d’entrée) et les plus exposés aux crises de consommation.
Ce que j’observe dans les chiffres FFF 2025 : la croissance est ailleurs.
📚 Formation : +18,6% de CA (n°1 toutes catégories)
👴 Services aux personnes : +9,6% (vieillissement démographique structurel)
🧹 Nettoyage : +7,5% (B2B récurrent, contrats 6 à 36 mois)
🏗️ Bâtiment/rénovation : +7,4% (obligation légale = demande captive)
Avec des apports entre 10 000€ et 70 000€ dans ces 4 secteurs. Pas 300K€.
Ce sont exactement les secteurs que personne ne regarde (des business bien Boring comme on aime). Et c’est exactement pour ça qu’ils m’intéressent.
Dans cette famille, tes clients sont des entreprises et des gestionnaires d’actifs. Ce qui change tout, c’est la nature de la décision d’achat : rationnelle, budgétée, récurrente.
Personne ne renégocie son contrat de nettoyage d’entrepôt en période de récession. Personne ne reporte la réfection d’une toiture industrielle quand l’eau rentre. C’est non-optionnel par nature.
Ce que la franchise t’apporte ici : une marque nationale qui rassure les décisionnaires B2B. Le gestionnaire d’immeuble ne veut pas chercher un prestataire sur Google, il veut un réseau structuré avec des références. C’est ce que l’artisan indépendant ne peut pas offrir. Toi, si.
1/ ATTILA — Toiture industrielle
Tu ouvres une agence de réfection de toitures industrielles (entrepôts, usines, centres commerciaux). Tu ne montes pas sur les toits : tu signes les contrats. CA moyen après 2 ans : 750 000€ HT (Observatoire de la Franchise). Les property managers veulent un prestataire national fiable (contrats récurrents 1 à 3 ans = trésorerie prévisible dès le mois 1).
Niveau ▲▲ | Budget : ~70 000€
2/ Jeanett’services — Nettoyage B2B
Tu ouvres une agence de nettoyage de bureaux et locaux professionnels. Tu ne nettoies pas : tu gères les équipes. CA moyen 300 000 à 700 000€ par an, apport dès 10 000€, break-even en 6 à 12 mois.
Niveau ▲ | Budget : ~25 000€
Ce qui unifie cette famille, c’est une logique simple : la demande n’est pas conjoncturelle. Elle est démographique et institutionnelle.
14,7 millions de Français ont plus de 65 ans aujourd’hui. Ils seront 21,5% de la population d’ici 2030. La reconversion professionnelle explose post-Covid. Et dans les deux cas, l’État finance une partie de ta prestation à ta place (l’APA pour les seniors, le CPF pour la formation). L’objection prix disparaît presque entièrement.
C’est le type de marché qui, dans mes analyses de startups, était toujours coché comme “marché structurellement porteur”. Sauf qu’ici, pas besoin de lever des millions pour y accéder.
3/ O2 Care Services — Maintien à domicile
Tu ouvres une agence d’aide à domicile pour personnes âgées. Tu recrutes des intervenants, tu gères les plannings. CA moyen 400 000 à 900 000€ par an, apport dès 15 000€, 95% des clients reviennent chaque mois. Demande verrouillée pour 30 ans (aucune app ne remplace l’aide humaine à domicile).
Niveau ▲ | Budget : ~30 000€
4/ Formation professionnelle (Acadomia / Cours Legendre)
Secteur n°1 en croissance franchise 2025 : +18,6%. Tu ouvres un centre local, tu recrutes des formateurs indépendants, tu fais le commercial. Tu n’enseignes pas. CA moyen 300 000 à 700 000€ par an, apport dès 20 000€, le CPF finance les adultes (friction d’achat quasi nulle).
Niveau ▲▲ | Budget : ~50 000€
Deux logiques très différentes, mais un avantage commun : tu n’as pas à convaincre que le besoin existe.
Dans le bâtiment et la rénovation, la demande est légalement contrainte. Un ravalement de façades est une obligation pour les copropriétés tous les 10 à 15 ans. Ce n’est pas un “nice to have” (c’est une échéance légale avec pénalités).
Dans la reprise de franchise, tu n’attends pas que le business décolle. Il tourne déjà le jour 1. Les clients existent, le personnel est en place, les contrats sont signés. Et le franchiseur a tout intérêt à trouver un bon repreneur pour maintenir son maillage territorial (il devient prescripteur actif).
5/ Reprendre une franchise existante
Au lieu de partir de zéro, tu rachètes une franchise à un franchisé qui part à la retraite. Les franchiseurs cherchent activement des repreneurs pour maintenir leur maillage territorial. Cas réel de mars 2026 : PPF Troyes, 1M€ de CA, repris à 25 ans (Franchise Magazine).
Pourquoi ça marche : Tu achètes un business qui tourne, pas une idée à prouver. La banque adore : actif tangible, historique comptable, marque connue. Pour trouver les opportunités : Cession PME ou directement auprès des têtes de réseau.
Niveau ▲▲▲ | Budget : ~50 000€ d’apport
Quand j’accompagnais des startups, on valorisait beaucoup l’”ownership” : l’idée de construire quelque chose de zéro, de trouver un modèle, de pivoter.
C’est excitant. Et c’est aussi pour ça que 50% ferment avant 5 ans.
La franchise, c’est le modèle inverse. Tu renonces à un peu d’autonomie pour gagner beaucoup de probabilité de survie. C’est pas sexy à dire. Mais +90% de survie contre 50%, ce n’est pas une nuance, c’est une rupture.
Mon avis d’ingénieur : si ton objectif c’est de construire un revenu solide, prévisible et finançable sans risquer tes économies sur une idée non prouvée, la franchise boring dans le bâtiment ou les services aux personnes est probablement l’option la plus rationnelle disponible aujourd’hui pour un salarié de 30 ans avec 15 à 50K€ d’épargne.
Pas glamour. Mais solide.
Bonne semaine de build.
Mathias
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