Remontons une bonne quinzaine d'années en arrière, entre le CE2 et le CM1, dans une école primaire parisienne. Je suis baptisée, j'évolue dans un univers catholique, mes parents ne sont pas vraiment pratiquants et je déteste la confession où je répète inlassablement que "je commande trop mes frères et soeur" à un monsieur chauve en toge qui ne m'inspire vraiment pas confiance.
J'avais beau être aux SUF (scouts de la branche catholique), admirer l'architecture des lieux de culte, l'art des vitraux, la beauté des chants et apprécier les moments de communion (tels que les embrassades au milieu de la messe) ; les remontrances de la religion, les si pauvres images de femmes, la culpabilité qui suintait de partout, le purgatoire, le paradis et l'enfer ne m'ont jamais rien inspiré qu'un profond ennui et un désaveu un peu surprenant à ce jeune âge.
Vers mes 12 ans, alors que je traînais un midi au CDI de mon école, je suis tombée sur un livre tout en dorures qui racontait le bouddhisme. Une rencontre aux allures de coup de foudre, au hasard d'un rayon de bibliothèque. Mon premier éveil spirituel, ma vie qui prenait sens ce jour-là.
Il y avait le Samsara qui jouxtait nos existences, le karma qui cumulait nos actions, les mosaïques tout en labyrinthes et les sourires un brin moqueur de ces grands maîtres paisibles, perchés en haut des montagnes. J'aimais l'idée des vies antérieures, d'une discipline dont on porte la responsabilité, de notre présence au monde au milieu des autres, de notre force intrinsèque à construire en soi un lieu à l'abri des tempêtes.

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