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TLDR par Benoit Zante · Jan 8, 2026

Une génération "en désarroi"

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Benoit Zante · TLDR par Benoit Zante

Bonjour,

J’espère que vous avez passé de bonnes fêtes de fin d’année !

De mon côté, j’ai profité de cette pause pour regarder les replays de la (toujours très intéressante) conférence USI. Je vous avais déjà parlé ici de Pascal Chabot et sa charge contre les “machinoïdes”.

J’aurais pu vous parler de cette championne du monde de poker, Vanessa Hellebuyck, venue raconter tout ce que sa passion lui avait appris en termes de décryptage de la communication corporelle et émotionnelle.

Mais c’est du travail de Marion Cina, docteure en sciences de gestion et enseignante-chercheuse à l’ISC Paris dont je vais vous parler aujourd’hui. Avec ses collègues Thomas Simon et Xavier Philippe, elle s’est intéressée “au désarroi des jeunes diplômés d’aujourd’hui”, en s’appuyant sur 35 entretiens avec des jeunes diplômés de Grandes Écoles (commerce et ingénieurs) - un sujet qui me touche assez particulièrement, à l’issue d’un nouveau semestre d’enseignement à Sciences Po, auprès d’étudiants en fin d’études.

Sa présentation est un peu brouillonne (elle est visible ici), mais voici ce que j’en retiens.

Marion Cina et ses co-auteurs pointent du doigt tout le paradoxe de cette génération marquée par une surstimulation constante via les écrans, les mails, les notifications. Bref un “flow” informationnel constant qui fragmente l’attention, empêche la concentration sur des tâches de fond et génère un sentiment d’urgence constant… tout en menant à un ennui profond.

Dans le même temps, les diplômés sont sidérés par la nature répétitive et peu stimulante des tâches qui leur sont confiées (gestion de mails, création de présentations PowerPoint, remplissage de tableurs).

Autre conclusion intéressante de l’étude : ces jeunes ne sont pas fondamentalement différents des générations précédentes. C’est le monde auquel ils font face qui l’est radicalement.

Les entreprises - notamment, puisque c’est le champ d’études de ces chercheurs - doivent prendre conscience de cette réalité pour y apporter des réponses. Ainsi, plutôt que de se demander “comment fidéliser les jeunes ?”, celles-ci devraient plutôt se demander : “Quelles sont leurs problématiques actuelles et comment y répondre ?

Car contrairement aux clichés sur une génération “Z” comme “zappeur” ou “désengagée”, l’étude montre des jeunes qui désirent s’impliquer véritablement dans l’entreprise, pas avoir un “rôle en trompe-l’œil”. En particulier, cette génération veut comprendre les enjeux stratégiques et accéder aux vraies problématiques de l’entreprise.

Plus encore que leurs prédécesseurs, ils accordent aussi une grande importance à la légitimité de leurs managers : l’autorité pure ne fonctionne pas, ils recherchent des mentors qui sont passés par les mêmes étapes qu’eux et peuvent justifier leurs demandes…

Il ne s’agit là de rien de moins qu’un besoin de sens au travail, un sujet hautement transgénérationnel, que l’hyperconnexion, l’accélération de l’IA et la crise climatique rendent plus pressant que jamais…

Je vous souhaite d’ailleurs pour 2026 de trouver ce “sens”, que ce soit au travail ou ailleurs !

Benoit Zante

Read the original on benoitzante.substack.com

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