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TLDR par Benoit Zante · Jul 7, 2026

Comment l'IA a changé ma façon d'écrire...

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Benoit Zante · TLDR par Benoit Zante

À force de lire des contenus générés par l’IA (et il y en a de plus en plus, sur Linkedin et ailleurs), je commence à développer une allergie pour certaines tournures, à commencer par le classique "Dans un environnement/monde/marché en constante évolution..." (tournure que j’ai retrouvée une quarantaine de fois dans les communiqués de presse que j’ai reçus en juin !).

Est-ce que je suis le seul que ça irrite ? De nombreux marqueurs sont caractéristiques d’une écriture IA et leur accumulation me fait dresser le poil : ce sont entre autres les énumérations en trois temps, les antithèses, les exagérations (“ce n’est pas…”, “Il ne s’agit pas seulement de...”, “Plus qu’un simple...”) et, bien sûr, les fameux tirets cadratins.

La version anglophone de Wikipédia en a d’ailleurs dressé toute une liste extrêmement documentée.

Il est probable que d’ici quelques mois, la question ne se posera plus : les nouvelles itérations des différents modèles auront gommé la plupart de ces “tics” et il sera encore plus difficile de discerner un texte rédigé par une IA d’un texte “original”.

Mais en attendant, la conséquence est là : j’en arrive maintenant à m’auto-censurer lorsque je m’apprête à écrire sur un rythme ternaire ou à utiliser un tiret cadratin (que je trouve pourtant plus élégant qu’une parenthèse, même si la fonction est à peu près la même), de peur d’être assimilé à une IA…

Pour autant, je ne rejette pas en bloc l’usage de l'IA dans l’écriture, bien au contraire ! Paradoxalement, je suis peut-être même parmi ceux qui l’utilisent le plus.

C’est d’ailleurs un sujet qui m’interroge depuis pas mal de temps. Quelques semaines avant la sortie de ChatGPT, avec Marie Dollé, on se demandait “Comment écrirons-nous en 2030”. Et début 2023, quelques mois à peine après la sortie de ChatGPT, je disais déjà m’interroger sur l’avenir de mon métier

Dans mon quotidien aujourd’hui, les différents outils IA sont de formidables “assistants” (j’en ai toute une “armée” comme je le racontais récemment) : pour corriger, améliorer, rebondir, etc. (oups un rythme ternaire !).

Ils me permettent par exemple de trouver des idées, des axes d’écriture ou des pistes auxquelles je n’aurais pas spontanément pensé, de vérifier des informations ou des citations, de synthétiser et de croiser des sources, de trouver des synonymes, d’améliorer certaines tournures, de “challenger” une approche…

La liste peut encore se poursuivre, tant mon écriture s’est progressivement trouvée “augmentée” par tous ces assistants au fil des derniers mois. Forcément, mon écriture s'en est donc trouvée changée : elle est plus rapide sur certaines étapes, plus attentive sur d'autres.

Par exemple, à la lecture d’une première version de la newsletter de la semaine dernière, mon assistant “TLDR/Substack” m’a souligné que le texte ne me ressemblait pas assez et que je devais ajouter plus d’engagement personnel, ce qui m’a conduit à revoir la structure du texte et ajouter plus de “je”.

Néanmoins, il y a une limite que j’essaye de tenir : je m’efforce toujours de considérer ces assistants comme des outils de plus (comme le correcteur d’orthographe ou le traducteur automatique), et non comme des substituts.

Sauf dans le cadre d’une expérimentation, il est donc tout à fait inenvisageable pour moi de déléguer à une IA l’écriture d’un contenu (un article, une newsletter, un post Linkedin… et même un e-mail) de A à Z ! Pourtant, c’est une tendance qu’on observe de plus en plus… Y compris dans le monde des médias, ou de ceux qui s’en réclament.

Entendons-nous : avec l’IA, l’écriture se démocratise, et c’est formidable. Mais il ne faudrait pas qu’on y perde plus que ce que l’on y gagne. Car ce que j’observe, c’est que déléguer entièrement l’écriture, c’est aussi, souvent, déléguer la réflexion qui va avec…

Benoit Zante

PS. Sauf changement d’avis de dernière minute, cette newsletter (et moi avec) va prendre une petite pause estivale. Rendez-vous à la fin du mois d’août ! Mais avant de partir, je voulais vous partager un de mes articles qui vient d’être publié sur Socialrama, fruit d’une immersion parmi des créateurs de contenus : “Festival Déclic : des créateurs de contenus engagés troquent l’algorithme contre le collectif”. Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce sujet et ce reportage, peut-être que je m’y mettrai pendant l’été !

Je suis Benoit Zante et depuis plus de 15 ans, j'observe et analyse les transformations (tech, IA, média, RSE) en cours. Je collabore avec différents médias grand public et B2B et j’accompagne des acteurs de ces transformations à travers des missions de veille, la production de contenus ou l’organisation et l’animation de table-ronde, webinaires et conférences. Dans la newsletter “TL;DR”, je partage les sujets qui me tiennent à cœur, en fonction de mes lectures, rencontres et découvertes.

Read the original on benoitzante.substack.com

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