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La quête de l’événement parfait · Apr 24, 2026

[21/52] Votre événement a eu 4,8/5 au questionnaire. Pourquoi personne n’en parle plus trois semaines après ?

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Benoît Trystram · La quête de l’événement parfait

Salut,

Numéro 21 de mon exploration de l’événement parfait.

Ce dont je suis sur, c’est que

“Un événement ne vaut pas ce qu’il a coûté. Il vaut ce qu’il a changé.”

C’est la conviction qui guide tout mon travail depuis 21 ans. Et c’est elle qui m’a fait regarder différemment un chiffre que beaucoup considèrent comme un succès.

4,8/5.

Vous avez reçu les résultats de l’enquête de satisfaction. Quelques verbatims chaleureux. Votre DG vous a félicité.

Vous avez rangé le fichier.

Et trois semaines plus tard, dans un couloir, vous avez entendu une conversation entre deux collaborateurs qui étaient présents ce jour-là.

Ils ne parlaient pas de l’événement.

Vous n’avez rien dit. Mais vous avez noté quelque chose.

Ce score ne dit pas ce que vous pensiez qu’il disait.

Cette question, je me la suis posée sur des dizaines d’événements. En tant que concepteur et scénariste de plénière, j’ai fini par comprendre où était le vrai problème. Je le partage avec vous aujourd’hui.

L’enquête de satisfaction à chaud mesure une chose précise.

Le confort.

Et c’est tout.

Elle note :

  • Est-ce que les gens étaient bien assis ?

  • Est-ce que le son était bon ?

  • Est-ce que le repas était à la hauteur ?

  • Est-ce que l’organisation était fluide ?

Ce sont des questions légitimes. Elles ont leur utilité.

Mais elles ne mesurent pas si quelque chose a changé dans la tête des participants. Si quelqu’un a décidé de faire différemment dès le lundi matin. Si une conviction a été ébranlée ou renforcée.

En vérité, elle ne prouve en aucun cas que votre événement a eu de la valeur pour l’entreprise. Si cela se trouve, vous avez dépensé 300 000, 500 000 ou même 1 million d’euros pour rien.

Un événement peut avoir 4,8/5 et ne rien avoir transformé du tout.

Et un événement peut être imparfait sur le plan logistique (bon, il ne vaut mieux pas) et laisser une trace durable.

Le score et l’impact sont deux choses différentes. On les confond parce qu’on mesure ce qui est facile à mesurer. Pas ce qui compte vraiment.

Il y a une recherche que j’utilise souvent pour expliquer ce phénomène à mes clients.

Daniel Kahneman, prix Nobel d’économie, a montré quelque chose de contre-intuitif sur la mémoire des expériences.

On ne se souvient pas de la moyenne d’une expérience. On se souvient de deux moments précis : le pic émotionnel le plus intense, et la fin.

C’est ce qu’il appelle la Peak-End Rule.

Ce que ça veut dire pour un événement : si votre pic émotionnel était un bon repas et que votre fin était une remise de prix sans tension, vos participants garderont une impression agréable. Mais rien qui les pousse à agir.

Le 4,8/5 mesure la moyenne.

La mémoire ne garde que le pic et la fin. (La fin, c’est bien l’aprés)

Et la plupart des événements ne conçoivent ni l’un ni l’autre.

Depuis 21 ans et plus de 650 événements scénarisés et 250 événements produits, j’ai observé quelque chose de constant.

Les événements dont on parle encore trois semaines après ont presque toujours un point commun.

Il s’est passé quelque chose d’inattendu.

Quelque chose de vrai, que les participants n’avaient pas anticipé.

Sur le dernier congrés des APM (7 000 personnes dans la salle début 2026), une cheffe d’entreprise cantatrice à chanter pendant une coupure technique. Mémorable !

Cela peut aussi être un DG qui nomme ce que tout le monde pensait sans oser le dire.

Un collaborateur de terrain qui prend le micro et dit quelque chose qui arrête la salle.

Ces moments ne s’improvisent pas. Ils se conçoivent. Ils se placent précisément dans le conducteur. Et ils demandent souvent du courage de la part du donneur d’ordre.

Ce sont eux que les participants racontent trois semaines après. Pas le traiteur. Pas le lieu.

J’ai construit ces moments pour les équipes de Picard, pour les roadshows de Dalkia, pour la convention Partenaires de Naval Group. Dans chaque cas, la question n’était pas “comment faire un beau moment.” C’était “qu’est-ce que les participants vont faire différemment le lundi matin.”

C’est cette question qui gouverne tout le reste.

Si vous voulez mesurer autre chose que le confort, ajoutez deux questions à votre prochain questionnaire.

La première : “Qu’est-ce que vous allez faire différemment à partir de lundi ?”

La seconde : “Dans trois semaines, qu’est-ce que vous pensez retenir de cette journée ?”

Posez la même question trois semaines après l’événement. La comparaison entre les deux réponses vous dira tout sur ce que l’événement a vraiment produit.

Ce n’est pas parfait comme mesure. Mais c’est infiniment plus utile qu’un score global sur cinq.

Si vous savez dès le départ que vous allez mesurer l’impact à J+21 et pas seulement la satisfaction à J+1, vous concevez différemment.

Vous cherchez le moment de tension juste, celui qui dérange assez pour rester. Vous soignez la fin, pas seulement l’ouverture. Vous créez une séquence dont les participants repartent avec quelque chose à faire, pas seulement quelque chose à ressentir.

L’événement parfait ne cherche pas à plaire.

Il cherche à laisser quelque chose.

Un 4,8/5 peut très bien coexister avec un événement qui n’a rien changé. Et un événement transformateur peut frôler le 4,2/5 parce qu’il a dérangé quelqu’un.

Le score mesure ce que les gens ont ressenti en sortant.

Pas ce qu’ils font trois semaines après.

Un événement ne vaut pas ce qu’il a coûté. Il vaut ce qu’il a changé.

Votre dernier événement. Qu’est-ce que vos participants font différemment aujourd’hui ?

Si vous n’avez pas la réponse, c’est peut-être la question la plus utile à poser avant de concevoir le prochain.

Envoyez-moi votre réponse. Je vous lis.

Benoît

PS : Si vous voulez construire dès le brief une architecture qui mesure l’impact réel et pas seulement la satisfaction, répondez à cet email. C’est exactement le travail que je fais avec mes clients en amont de leurs événements.

PPS : Numéro 22 : vous avez écrit “motiver les équipes” dans votre brief. Est-ce que votre événement est vraiment conçu ?

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Read the original on benoittrystram.substack.com

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