Salut !
Cet épisode, j’avais vraiment envie de l’écrire.
La Stratégie de l’Océan Bleu, c’est un de mes sujets préférés.
Celui que je ressors à chaque fois que j’accompagne quelqu’un sur son positionnement, parce qu’il permet d’expliquer en cinq minutes des choses que certains mettent des années à comprendre.
Et en ce moment… je vois beaucoup de freelances et d’agences qui nagent dans un océan rouge : trop de concurrents, peu de différenciation, et tant de devis perdus sur le prix.
Ça, c’était déjà un problème avant.
Avec l’IA qui débarque et produit des sites corrects en quelques heures, c’est devenu urgent.
Au programme de cet épisode :
Les 4 fois où je l’ai appliqué chez Whodunit en 15 ans
Ce qu’est vraiment la Stratégie de l’Océan Bleu
Les questions pour construire ton propre espace de marché
Quelques endroits concrets où chercher ta prochaine idée de différenciation
Installe-toi (avec ou sans café).
C’est parti.
Elle révèle juste ton vrai problème.
Tu regardes les sites des agences et des freelances autour de toi. Le même WordPress, le même SEO, le même « accompagnement sur mesure ».
Et depuis cette année, une nouvelle vague rentre dans la baie : l’IA.
Mais voilà l’IA ne prend pas ton boulot. Elle révèle juste que ton positionnement n’était peut-être pas assez solide pour résister à la prochaine vague de fond.
Ton client ne cherche pas forcément le meilleur technicien. Il cherche quelqu’un qui résout son problème précis mieux que quiconque.
En 2011, quand j’ai repositionné Whodunit sur WordPress uniquement, on est passé de 4 000 concurrents potentiels à… trois agences WordPress en France.
Trois. (Oui, trois. J’ai encore du mal à y croire moi-même.)
Les prospects venaient à nous. On a vécu une belle époque.
Mais voilà … un océan se colore. Inévitablement.
En 15 ans, j’ai repositionné Whodunit quatre fois pour rester dans un espace non saturé. Tous les cinq ans environ.
2009 : le premier océan, presque par hasard.
Mes anciens clients en freelance s’appellent Canal+, 13ème Rue, SciFi. Je me retrouve à faire des sites pour des chaînes TV et des émissions sans l’avoir choisi mais c’est cool.
2011 : l’océan WordPress.
On est trois agences WordPress en France. Quand un prospect cherche un expert WordPress, il tombe forcément sur nous. L’eau est si bleue qu’on s’y baigne sans concurrence pendant des années.
2016 : l’océan de la maintenance.
L’eau commence à rougir. De plus en plus d’agences entrent sur WordPress. On crée la maintenance WordPress structurée : offres claires, engagements de service, revenus récurrents. Personne ne fait ça sérieusement à l’époque. Nouveau souffle, et une nouvelle ligne de chiffre d’affaires
2019 : l’océan de la qualité web.
Encore une fois, l’eau rougit. On se positionne sur l’écoconception, l’accessibilité, la certification Opquast, les « usines à sites » pour les groupes internationaux.
Des clients comme l’Ademe viennent nous chercher pour ces expertises précises. On ne se bat plus sur les prix mais sur la valeur.
2026 : le prochain océan se prépare…
Chaque repositionnement, même recette : ne pas chercher à faire mieux.
Chercher à faire autrement.
L’idée vient d’un livre de 2004 de W. Chan Kim et Renée Mauborgne. Vingt ans plus tard, ses principes sont plus pertinents que jamais.
Le principe tient en une phrase : ne cherche pas à battre la concurrence. Rends-la non pertinente.
Nintendo Wii n’a pas cherché à faire une meilleure PlayStation.
Le Cirque du Soleil n’a pas cherché à faire un meilleur cirque.
Ils ont redéfini les règles du jeu pour un public que personne ne servait encore. Même résultat pour les deux : plus de concurrence directe. Des clients qui venaient les chercher.
Pour toi, en 2026, ça se construit en trois mouvements :
Le mouvement Niche : quel segment est mal servi dans ton marché ?
Le mouvement Valeur : qu’est-ce que tu élèves, qu’est-ce que tu élimines ?
Le mouvement Surveillance : à quelle fréquence vérifies-tu si ton eau rougit ?
Si n’importe quel autre freelance WordPress peut mettre son nom sur ta plaquette sans que ça change quoi que ce soit pour ton client… ton océan bleu n’existe pas encore.
Question 1 : quelle niche personne ne sert vraiment bien ?
Pense aux typologies très spécifiques : artisans, professionnels de santé, acteurs du tourisme, groupes avec plusieurs filiales.
Les meilleurs océans bleus sont souvent invisibles depuis l’extérieur.
Une expertise sur Apidae si tu vises le tourisme.
Une maîtrise des modules de prise de rendez-vous pour les pros de santé.
Une connaissance des solutions RH pour les DRH de grandes entreprises.
Rien de révolutionnaire…. Juste une spécialisation que personne d’autre n’a creusée assez profond.
Question 2 : sur quoi peux-tu être excellent au lieu d’être bon partout ? Concentre toute ton énergie sur un seul point.
Pour Whodunit, c’est devenu les usines à sites pour les groupes internationaux.
Tu n’as pas besoin d’être bon partout. Tu as besoin d’être inarrêtable sur une chose.
Question 3 : que peux-tu simplifier, standardiser, packager ?
La maintenance WordPress, on en a fait des offres claires avec des process millimétrés. Moins de temps par dossier, meilleure qualité de service, marges préservées.
Question 4 : qu’est-ce que tu peux supprimer de ton offre ?
Quelles étapes traînes-tu par habitude du métier, parce que « c’est comme ça que ça se fait » ? Ce que tu élimines finance ce que tu améliores. Et ça allège aussi ta tête.
Trouver une idée d’océan bleu ne tombe pas du ciel.
Voici où je creuse depuis 15 ans.
Dans d’autres secteurs.
Comment les grands hôtels gèrent-ils l’expérience client ? Qu’est-ce que Trainline a inventé dans le ferroviaire ? Prends ce qui marche ailleurs, adapte-le à ton terrain.
Dans les émotions de tes clients.
Les décisions d’achat se valident toujours avec une émotion. Chez Whodunit, on a tout misé sur la transparence. Nos clients ne se sentent jamais manipulés.
Dans la vraie utilité de ce que tu fais.
Quel problème concret résous-tu ? Réponds en une phrase. Tu seras souvent surpris par ce qui apparaît.
Dans le mélange.
Brainstorme avec des profils qui ne te ressemblent pas. Les meilleures idées ne viennent presque jamais des experts du sujet. (Oui oui, j’ai testé. Plein de fois.)
À l’international.
Chaque WordCamp US, chaque WordCamp Europe, chaque voyage m’a ramenée avec une idée que je n’aurais jamais trouvée depuis Paris. Ce qui se fait ailleurs deviendra peut-être ton avantage demain sur ton marché local.
Chez tes clients actuels.
La source la plus précieuse et la moins utilisée.
Demande-leur ce qu’ils aimeraient voir évoluer. Tu tiens probablement déjà la première pierre de ton prochain océan.
Prends 30 minutes.
Ferme tes onglets.
Regarde tes trois dernières propositions commerciales.
Et demande-toi sincèrement : est-ce que je vends ce que tout le monde vend, ou est-ce que je vends quelque chose qu’on ne trouve que chez moi ?
Si tu hésites, tu connais déjà la réponse.
Et tu connais aussi ton prochain mouvement.
À mercredi prochain,
Emilie

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