Avant de passer à l’histoire de Brenda : je suis trop heureux d’avoir interviewé Matthias Baccino et Vincent Grard, les deux boss de Trade Republic, respectivement dans Histoires d’Argent et Histoires de Darons pour parler de : l’histoire d’argent de Matthias, l’histoire de papa de Vincent et d’épargne pour nos enfants ! Des épisodes riches en authenticité et en conseils pratiques.
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Hello tout le monde !
Tu l’as peut-être vu passer sur les réseaux sociaux la semaine passée : Brenda a gagné la loterie au Québec et s’est retrouvée face à un choix cornélien — ou pas :
Soit tu touches 1 million de $ cash, soit tu touches 1000$ par semaine… à vie.
Brenda a choisi la seconde option, celle de toucher 1000$ par semaine pour le restant de ses jours.
Et tout le ptit monde des champions de la finance lui est littéralement tombé dessus (et j’écris champions parce que c’était bien sûr : QUE DES GARS).
“Elle a choisi… la pire connerie possible”.
“Elle s’est condamnée à vivre petit”
À grands coups de posts Linkedin avec des pourcentages, des calculs savants faits sur des tableaux Excel, tous ces p’tits mecs se sont affairés pour prouver au monde qu’ils savaient MIEUX que Brenda.
Sauf que. Tous ces champions du monde de la finance ont juste oublié un truc :
Ça n’est pas que de l’argent, que tu places à x% par an et qui te ramène au bout de x années autant de bénéfices.
Ça n’est pas que des tableaux Excel, des chiffres mis bout à bout.
L’argent c’est avant tout : des émotions.
Entendons-nous, ça ne devrait pas être des émotions. À la base, l’argent est juste un moyen de transaction. L’argent est neutre.
Mais il est devenu le réceptacle de nos émotions.
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Avant d’aller plus loin sur Brenda, une petite anecdote pour illustrer cela.
Ça m’évoque l’une de mes toutes premières clientes. Je commençais à peine à exercer mon activité de coaching dans la relation à l’argent.
Une femme d’une cinquantaine d’années, à la tête d’une direction marketing, une tête bien faite, une carrière couronnée de succès, en plein divorce.
Elle m’explique que les tableaux chiffrés que lui envoie son futur ex-mari la font buguer totalement. Elle est incapable de les lire, de les comprendre.
Je l’interroge :
— Mais… pourtant tu es directrice marketing ? Tu dois avoir l’habitude des tableaux Excel, non ?
— Oui oui j’en manipule toute la journée.
— Mais qu’est-ce qui se passe là pour toi ?
— Ce sont des Euros. Pas des résultats d’enquête d’opinions. Et des Euros qui scellent notre divorce.
Cet argent avait une telle valeur émotionnelle que son cerveau refusait totalement de retranscrire le contenu de ces tableaux.
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Mais revenons à Brenda. Pour bien comprendre le choix de Brenda, il faut avoir en tête plusieurs choses :
Je pose souvent la question du Loto aux participants quand j’interviens dans des ateliers sur la relation à l’argent.
”Si tu gagnais 200 millions d’euros, qu’est-ce que tu ferais avec ?”
Une question simple, dont on pourrait se dire qu’elle ouvre des tas de perspectives, de projets, de possibilités d’investissements, de portes qui s’ouvrent etc.
Et pourtant… de mon expérience, 1 participant sur 3 dit qu’il n’en voudrait pas. Niet. No pasaran. Rends l’argent.
La raison ? “C’est une trop grosse somme d’un coup”, “à quoi je ressemblerais si je devenais si riche d’un coup ?”, “que diraient mes amis ?”, sans oublier tous les emmerdes potentielles que peut amener avec lui un tel jackpot.
Dans le cas de Brenda, ce n’est pas une aussi grosse somme que 200 millions, mais il ne faut pas négliger ce facteur.
Je suis le premier à dire à mes clients que leur sécurité intérieure et/ou mentale ne devrait pas être lié au chiffre sur leur compte en banque.
Que l’argent ne devrait pas régler nos peurs liées à l’existence.
Et pourtant, je comprends TELLEMENT Brenda.
Je crois même que j’aurais pris la même décision qu’elle, tiens. N’en déplaise à mes nouveaux copains champions du monde de la finance.
Ça serait effectivement idiot d’un pur point de vue financier mais je crois que je KIFFERAIS voir 1000$ tomber du ciel comme ça, toutes les semaines pendant le reste de mon existence.
Et surtout, je m’abstiendrai bien de juger Brenda.
Pour une raison simple : je ne connais pas Brenda, je ne connais pas son histoire avec l’argent, mais après 4 ans à interviewer des gens dans Histoires d’Argent, je sais à quel point la psychologie de l’argent peut cacher d’autres choses.
Je sais qu’il y a potentiellement derrière ce choix de recevoir 1000$ par semaine plutôt qu’un million d’un coup des sujets beaucoup plus profonds.
Donc foutez la paix à Brenda. Et chers bros de la finance qui jugez Brenda sans la connaître, faites votre travail d’introspection, voici quelques questions pour vous :
Pourquoi vous êtes à ce point dans le contrôle de votre argent ?
Qu’est-ce que ce besoin de contrôle cache comme peurs ?
D’où viennent ces jugements sur le choix de Brenda ?
D’où vient cette peur de “vivre petit” ?
Peut-être que derrière cette peur se planque d’autres choses bien plus deep, qui vous appartiennent et que vous détesteriez qu’on juge.
(et si ça vous dit, contactez-moi, y’a moyen que vous appreniez deux-trois choses importantes sur votre relation à l’argent qui dépasseront vos tableaux Excel :))
La bise, argent à profusion et abondance sur toi,
Fabrice
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