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De toutes les plan�tes du syst�me solaire, Mars est celle qui hante le plus les esprits des hommes.
Lorsque l'on �voque les extraterrestres, on pense d'abord et avant tout aux
petits hommes verts. Cr�atures visqueuses et d�go�tantes, �tres
filiformes � la t�te hypertrophi�e et aux yeux globuleux, monstres de m�tal
cracheur de feu, on leur pr�te des apparences
multiples. Mais tout le monde s'accorde sur un point. Quelle que soit leur
apparence, ils viennent tous de la plan�te rouge. Les extraterrestres sont
d'abord des martiens, et bien peu viennent de la plan�te aux anneaux, ou
de la lointaine Pluton. Dans l'inconscient collectif, Mars semble
cristalliser nos espoirs les plus fous et nos craintes les plus vives,
d�s lors que l'on aborde l'�ternelle question de l'existence d'une
autre vie, intelligente ou non, dans l'Univers. D�s qu'ils ont lev� les yeux vers la vo�te c�leste, les hommes ont �t� frapp�s par la plan�te Mars. Sa couleur rouge sang, exacerb�e par des variations brutales d'�clat terrifiaient les anciens, qui voyaient dans Mars un dieu courrouc� et belliqueux. Au XVII� si�cle, � une �poque ou les instruments optiques ne permettaient pas d'apercevoir grand chose de la surface martienne, hormis un disque flou et quelques taches, Mars n'�tait plus d�ifi�e, et la plan�te va m�me retomber dans une banalit� toute terrestre. En 1686, dans son ouvrage Entretien sur la pluralit� des mondes (�crit sous la forme d'un dialogue), Fontenelle estime que Mars n'a rien de curieux, et qu'elle ne m�rite gu�re d'attention. La premi�re carte de la plan�te est dress�e en 1840 par Beer et M�dler, mais elle ne montre rien qui pourrait exciter l'imagination. Tout commence v�ritablement avec l'histoire des canaux martiens. En 1877, profitant d'une belle opposition martienne (un passage de Mars au voisinage de la Terre), l'astronome italien Giovanni Schiparelli va �tablir une carte incroyablement d�taill�e de la surface martienne. Cette derni�re semble stri�e par des dizaines et des dizaines de lignes noires tr�s fines, qui dessinent un maillage �tonnamment g�om�trique. Pour baptiser ces lignes, Schiaparelli utilise le terme canali (chenal en italien). Canali sera cependant traduit ult�rieurement par le terme canal, qui �voque indubitablement un ouvrage artificiel. Les canaux font fasciner deux astronomes de renoms. Le premier n'est autre que le fran�ais Camille Flammarion. Passionn� depuis son adolescence par la question de l'existence d'une vie extraterrestre, Flammarion va se lancer dans une �tude de la plan�te Mars, depuis un observatoire qu'il a install� � Juvisy-sur-Orge. Dans son c�l�bre ouvrage la plan�te Mars - une compilation comment�e de toutes les connaissances accumul�s depuis lors sur Mars -, il �met l'hypoth�se que les canaux ont �t� construits par des martiens. Cette id�e quelque peu audacieuse va enflammer l'imagination un am�ricain, Percival Lowell, � tel point que ce riche diplomate va abandonner sa carri�re pour se vouer corps et �me � l'�tude de la plan�te rouge. Gr�ce � sa fortune personnelle, il fait construire un observatoire � Flagstaff (Arizona) � 2000 m�tres d'altitude et rassemble une solide �quipe d'astronomes. Depuis ce belv�d�re, il va scruter les moindres d�tails de la surface martienne pendant plus de 15 ans. Lowell d�nombre les canaux martiens par centaines, et affine l'hypoth�se de Flammarion. Non seulement les canaux sont l'�uvre des martiens, mais ils ont �t� mis en place pour lutter contre une d�sertification catastrophique de la plan�te. Pour acheminer vers les terres �quatoriales dess�ch�es l'eau des calottes polaires et sauver leur civilisation d�clinante, les martiens se sont lanc�s avec ferveur dans un ouvrage d'ing�nierie gigantesque. Sur Terre, � la m�me �poque, les ing�nieurs planchent sur le canal de Panama ... Il ne fait aucun doute que les activit�s humaines influencent notre vision de l'Univers. Au XIX� si�cle, les canaux �taient d'une importance cruciale pour le commerce international. La construction du plus grand d'entre eux, le canal de Suez (qui relie Port-Sa�d, sur la Mer M�diterran�e, � Suez, sur la Mer Rouge), fut compar�e � celles des Pyramides. Commenc�e en 1859, sa r�alisation prendra 10 ans et ne se terminera qu'en 1869. A l'�poque, ces ouvrages monumentaux constituaient une signature de l'intelligence humaine. Une civilisation puissante se devait de tracer des voies de navigation aussi larges qu'�tendues. Il n'�tait donc pas surprenant que les martiens fassent de m�me ... La d�couverte de Lowell fait sensation, et l'astronome devient c�l�bre du jour au lendemain. Certains astronomes restent cependant dubitatifs. Lorsqu'ils pointent leurs t�lescopes vers la plan�te Mars, ils sont loin d'apercevoir le r�seau g�om�trique de Lowell. On attend avec impatience les premi�res photographies de la plan�te, mais ces derni�res ne permettent finalement pas de trancher. Il faudra attendre 1909, et les travaux d'Eug�ne Antoniadi, pour que la controverse prenne fin. Antoniadi, � l'aide de la lunette de 81 cm de l'observatoire de Meudon, d�montrera le caract�re illusoire des canaux, du � la pi�tre qualit� des instruments optiques utilis�s pour l'observation. Malgr� cette mise � mort, le mythe des canaux aura la vie dure. On le d�couvrira encore sur les cartes de la plan�te Mars utilis�es par les premi�res sondes spatiales am�ricaines lanc�es � destination de Mars ... Allo Mars, ici la TerreEn �rigeant des constructions pharaoniques � la surface de Mars, les martiens se montraient l'�gal de l'homme, et devenaient ainsi des �tres tr�s int�ressants � c�toyer. La communication avec ces habiles b�tisseurs de l'espace est soudain une imp�rieuse n�cessit� ... Les id�es pour entrer en relation avec les martiens ne manquent pas. L'une d'elles, sugg�r�e en 1869 par le savant fran�ais Charles Cros (co-d�couvreur du phonographe et de la photographie en couleurs) dans un article intitul� "Etudes sur les moyens de communication avec les plan�tes", est remise au go�t du jour en 1908 par William Pickering. Ce dernier propose d'utiliser d'immenses miroirs paraboliques pour focaliser la lumi�re �mise par de puissantes lampes �lectriques sur la surface martienne. Ainsi aveugl�, les martiens ne pourraient pas manquer de nous apercevoir dans leurs t�lescopes et lunettes. Selon Pickering, un tel syst�me de signalisation pourrait �tre construit pour 10 millions de dollars. Le m�t�orologiste et statisticien Francis Galton avait lui aussi recommand� d'utiliser des jeux de miroirs pour communiquer avec les martiens en 1892, tout comme le fran�ais Francis Mercier au d�but du XX � si�cle. D'autres esprits enflamm�s proposent d'adresser des messages aux petits hommes verts en utilisant d'immenses �tendues d�sertiques comme parchemin. Form�s de lettres g�antes trac�es dans les sables du Sahara, ces messages seraient suffisamment voyants pour que les martiens n'aient aucune difficult� � les lire. Inspir� par cette id�e, l'astronome Edward Emerson Barnard �crivit une nouvelle � la chute amusante : lorsque, apr�s bien des efforts, les terriens arriv�rent finalement � demander aux martiens "pourquoi vous envoyez-nous des signaux ?", ces derniers r�pondirent tr�s s�rieusement "ce n'est pas � vous que nous parlons, mais aux saturniens !". L'id�e de communiquer avec les astres est tr�s populaire, et en 1891, une riche veuve fran�aise, Clara Goguet Guzman, offre m�me un prix de 100 000 francs � quiconque parviendra dans les 10 ann�es � venir � communiquer avec une plan�te ou une �toile, et � recevoir une r�ponse. Baptis� Prix Pierre Guzman (Madame Guzman souhaitait ainsi rendre hommage � son fils d�c�d�), ce prix avait re�u l'aval de l'Acad�mie Fran�aise des Sciences. Les tentatives de communication avec Mars sont cependant exclues : �tant tr�s proche de la Terre, la plan�te Mars est effectivement un objectif bien trop facile ! Malgr� leur extravagance, tous ces projets peuvent �tre consid�r�s comme les anc�tres des programmes de recherches d'intelligences extraterrestres de type SETI. La Terre n'est cependant pas la seule � essayer d'�tablir des relations. Dans les ann�es 1890, des observateurs attentifs rep�rent des sortes de flashs � la surface de Mars, qui sont rapidement interpr�t�s comme des "signaux de fum�e" �mis par les martiens (ce ph�nom�ne spectaculaire mais assez rare, encore observable de nos jours, est probablement du � la r�flexion des rayons du Soleil sur des nuages compos�s de fins cristaux de glace, ou sur une surface gel�e). En 1895, le New York Herald annonce que d'immenses signes, formant le mot Shajdai, - Dieu en H�breu -, ont �t� mis en �vidence dans un dessin de la surface martienne r�alis� en 1890 par Keeler. Le San Francisco Chronicle rapporte que ce dernier �tait un agnostique, et que ses observations n'�taient donc pas biais�es par une quelconque passion religieuse ! Question communication, les martiens semblent en tout cas avoir eu les m�mes id�es que les Terriens ... Avec la d�couverte des ondes radios, les tentatives reprennent de plus belle. Le c�l�bre physicien Serbe Nikola Tesla (1856-1943) intercepte en 1901 des signaux en provenance de Mars, et propose de construire un poste radio interplan�taire pour dialoguer avec les martiens. En 1919, son concurrent direct, le physicien Guglielmo Marconi (prix Nobel de physique en 1909 pour l'invention de la radio) capte des �missions radios semblant provenir de l'espace. Deux ann�es plus tard, en 1921, il annonce que ces signaux ext�rieurs provenaient de la plan�te Mars, rejoignant ainsi les id�es de Tesla. Le 22 ao�t 1924, l'arm�e et la marine am�ricaine maintiendront m�me un silence radio total au moment de l'opposition (le passage de Mars au plus proche de la Terre), pendant 3 jours entiers, pour faciliter l'�coute des signaux radios martiens ! Une autre forme tr�s originale de communication va �tre mise en oeuvre pour atteindre Mars. Dans les ann�es 1850, le spiritisme fait fureur, et nombreux sont ceux qui pensent que les martiens sont m�diums ou t�l�pathes. Ces th�ories sont d'ailleurs cautionn�es par Camille Flammarion lui-m�me. Le cas le plus int�ressant est sans contexte celui d�crit par le psychiatre suisse Th�odore Flournoy dans son ouvrage intitul� "Des Indes � la plan�te Mars". L'ouvrage relate les transports spectaculaires d'une voyante hors du commun. En pratiquant des s�ances de spiritisme, une jeune genevoise de 30 ans, H�l�ne Smith (Catherine Elise Muller de son vrai nom) rentre effectivement en communication avec des martiens ! Elle est non seulement capable de d�crire avec un luxe de d�tails les paysages qui s'offrent � elle lorsqu'elle visite Mars par les voies de l'esprit, mais elle donne aussi de nombreuses pr�cisions sur les martiens eux-m�mes (physionomie, v�tements, pratiques sociales, langage). Au bout d'un certain temps, H�l�ne Smith parvient � ma�triser la langue martienne, qui poss�de son propre alphabet et sa propre syntaxe, m�me si, comme le note Flournoy, ce dernier ressemble �tonnamment au fran�ais. H�l�ne Smith, qui pouvait aussi se r�incarner en Marie-Antoinette ou prendre la vie d'une princesse indienne, �tait atteinte d'un trouble de personnalit�s multiples. Fortement influenc�e par les travaux �vocateurs de Camille Flammarion, la jeune femme avait assur� � la plan�te Mars une place de choix dans les profondeurs tourment�es de son inconscient. Le c�l�bre psychologue Carl Gustav Jung, a qui l'on doit notamment la notion d'inconscient collectif, s'est lui aussi pench� sur un cas similaire � celui d'H�l�ne Smith. En 1902, dans une th�se intitul�e "Psychologie et pathologie des ph�nom�nes dit occultes", Jung d�crit les transes m�diumniques d'une de ses cousines �g�e de 15 ans, Helen Preiswerk (les H�l�nes sont-elles pr�destin�es � se d�placer sur Mars par la seule force de l'esprit ?). Au cours de ses transports, la jeune femme voit de nombreux canaux, ainsi que des martiens mont�s sur d'�tonnantes machines volantes. Jung expliquera ce comportement en �voquant une nouvelle fois une dissociation de la personnalit�. La plan�te Mars semble donc vouloir s'enraciner au plus profond de l'inconscient, et pour beaucoup, ce monde rouge se confond avec soucoupes volantes et envahisseurs extraterrestres. Sa seule �vocation r�veille parfois des terreurs primitives, comme le montre le fameux canular d'Orson Welles. Les martiens d'Orson WellesNous sommes le 30 octobre 1938, � la veille d'Halloween. Ce dimanche apr�s-midi, Orson Welles rencontre l'�quipe de CBS, pour finaliser le contenu d'une �mission hebdomadaire intitul�e Mercury theather on the Air. Halloween oblige, l'�mission devra avoir quelque chose d'effrayant. Plut�t que d'�voquer de traditionnels revenants � la t�te de citrouille, Welles d�cide de donner vie � des entit�s tout aussi terrifiantes, mais bien plus originales : il va r�aliser une courte adaptation radiophonique du roman de Herbert Wells, la Guerre des Mondes. Quand l'�mission d�bute � 8 heures du soir, les auditeurs savent � quoi s'en tenir. L'ouverture indique clairement qu'il va s'agir d'une fiction dramatique. Reste que les gens branch�s sur CBS sont encore peu nombreux. Une radio concurrente, NBC, diffuse au m�me moment une �mission plus populaire que celle de CBS. Le programme de NBC d�bute avec une forte audience, jusqu'au moment ou le pr�sentateur donne l'antenne � un musicien peu connu. De nombreux auditeurs changent alors de fr�quence et rattrapent en cours de route l'�mission de CBS. En peu de temps, l'audience de la radio double. Lorsqu'ils arrivent sur CBS, les retardataires tombent sur un show entrecoup� de plus en plus r�guli�rement de bulletins d'informations faisant �tant d'un ph�nom�ne inqui�tant. L'�mission a effectivement d�but� comme un programme musical, les auditeurs �tant invit�s � �couter Ram�n Raquello et son orchestre, qui se produisent au moment m�me � l'h�tel Park Plaza, en plein centre de New York. Les notes de Tango sont cependant bient�t interrompues pour laisser place � un bulletin d'information �mis par l'Intercontinental Radio News. A 19h40, le professeur Farrell de l'observatoire du Mont Jennings � Chicago aurait aper�u plusieurs explosions � la surface de Mars, une observation aussit�t confirm�e par l'illustre professeur Pierson de l'observatoire de Princeton. Les auditeurs sont � nouveau convi�s � faire quelques pas de tango, mais leur r�pit est de courte dur�e. Jugeant l'�v�nement important, CBS a estim� n�cessaire d'interviewer le professeur Pierson par l'interm�diaire d'un journaliste, Carl Phillips. Sur les ondes, l'astronome se veut rassurant. S'il se montre incapable de fournir une explication pour l'explosion ayant eu lieu � la surface de Mars, Pierson estime que Mars ne pr�sente pas de dangers, la plan�te �tant en toute logique inhabit�e (Welles et son �quipe commettent d'ailleurs une erreur � ce moment l� : Pierson indique que la plan�te Mars est tr�s proche de la Terre, en opposition, alors que ce n'�tait absolument pas le cas en octobre 1938). Au beau milieu de l'interview, Pierson re�oit un t�l�gramme annon�ant qu'un tremblement de terre, vraisemblablement d� � l'impact d'un m�t�ore, vient d'avoir lieu � proximit� de Princeton, pr�s d'une ferme situ�e � Grovers Mill dans le New Jersey. Stup�faits, les auditeurs apprennent alors par le biais du journaliste Carl Phillips, envoy� sur place, que la violente d�flagration �tait due non pas � la chute d'une m�t�orite comme on l'avait alors suppos�, mais � l'atterrissage d'un �trange vaisseau de m�tal. Tandis que les badauds se pressent autour de l'engin, ce dernier, apr�s avoir laiss� entendre un �trange bourdonnement, se d�visse soudain par le haut. Des tentacules mena�antes se hissent bient�t � travers l'ouverture. Peu apr�s, dans l'incr�dulit� g�n�rale, le martien mitraille la foule avec un rayon ardent, transformant son site d'atterrissage en brasier. Aucun doute n'est plus possible quant aux intentions de ces visiteurs venus de l'espace, qui atterrissent maintenant les uns apr�s les autres. Apr�s avoir sem� la terreur � Grovers Hills en d�truisant tout sur leur passage, des tripodes martiens, sortes de tanks mont�s sur trois pattes, mettent le cap sur New York. L'artillerie et l'avion, malgr� des efforts acharn�s, ne parviennent pas � stopper leur inexorable progression ... Paniqu�s, des milliers d'auditeurs abandonnent leur maison et se lancent sur les routes pour tenter de fuir les martiens et leur folie meurtri�re. Quand Welles annoncent que les martiens commencent � succomber les uns apr�s les autres d'un mal terrestre contre lequel ils n'ont d�velopp� aucune r�sistance, il n'y a plus grand monde pour l'�couter. Sur les six millions d'auditeurs que comptait l'�mission, un million croira � une invasion martienne. Certaines anecdotes donnent une id�e de l'ampleur de la psychose cr�e par l'�mission de Welles : des gens arm�s d'un fusil ont par exemple vid� leur tromblon sur des ch�teaux d'eau, croyant qu'il s'agissait de tripodes g�ants ! Orson Welles termine son �mission en souhaitant un joyeux halloween � ses auditeurs, sans se douter un instant de ce qu'il a d�clench�. Durant toute la nuit, CBS diffusera des d�mentis. Le lendemain matin, au cours d'une conf�rence de presse, Welles insistera sur le fait qu'il n'avait jamais eu l'intention de cr�er une telle panique. Des rappels de la nature fictive de l'�mission avaient d'ailleurs �t� diffus�s avant, pendant et apr�s la prestation de Welles (certaines personnes croiront d'ailleurs que les flashs indiquant la v�ritable nature de l'�mission �manaient d'un gouvernement d�sireux d'�touffer l'affaire !). S'il parait aujourd'hui difficile de croire qu'une simple �mission radio puisse g�n�rer pareil affolement, il faut replacer les choses dans leur contexte. En 1938, la plan�te rouge �tait un monde entrelac� de canaux g�ants vraisemblablement creus�s par des intelligences sup�rieures. Dans l'esprit du public, une invasion martienne appartenait donc au domaine du plausible, d'autant plus qu'une terrible menace, bien r�elle cette fois, se profilait � l'horizon. Un an environ apr�s l'�mission de Welles, les allemands envahissaient effectivement la Pologne ... Welles et son �quipe avaient �galement apport� un soin tout particulier au r�alisme. Welles s'�tait par exemple inspir� des flashs d'information diffus�s en 1937 lors de la destruction spectaculaire du zeppelin Hindenburg au-dessus de la base a�rienne de Lakehurst le 6 mai 1937, catastrophe qui avait d'ailleurs eu lieu dans le ... New Jersey ! L'�mission comportait des interviews de diff�rentes personnes, depuis le t�moignage d'un fermier ayant aper�u le premier engin, jusqu'aux avis d'illustres scientifiques en passant par des militaires faisant le point sur les attaques en cours. Certains intervenants, comme le professeur Pierson, affichaient d'ailleurs une bonne dose de scepticisme, ce qui rendait l'ensemble d'autant plus cr�dible. Si les bulletins d'informations paraissaient plus vrais que nature, la deuxi�me partie de l'�mission, un long monologue du professeur Pierson, racontant sa fuite de Grovers Hills jusqu'� la d�confiture inattendue des martiens � New York, �tait d�j� plus proche du r�cit que d'une couverture journalistique, et aurait du mettre la pouce � l'oreille des auditeurs ayant manqu� le d�but ou le rappel en milieu d'�mission. Malheureusement, de nombreuses personnes avaient vraisemblablement d�j� quitt� leur poste de radio � ce moment l�. Welles a donc b�ti son �mission en s'appuyant sur les croyances et les peurs de l'�poque. Son g�nie, et le vernis de v�racit� dont �taient recouverts les bulletins d'information fictifs ont fait le reste ... Aujourd'hui, il semble impossible qu'un canular puisse d�clencher une hyst�rie collective comparable � celle de 1938. D'abord parce que la radio est d�sormais un m�dia de second plan, loin derri�re la t�l�vision ou Internet. Un flash diffus� par ce moyen serait aussit�t d�menti par les autres m�dias. Ensuite, la popularisation de la science-fiction et les effets sp�ciaux du cin�ma ont plac� la barre tr�s haut. Les moyens � mettre aujourd'hui en �uvre pour rendre cr�dible une invasion extraterrestre semblent donc dissuasifs. Gr�ce aux missions spatiales, nos connaissances sur la plan�te rouge ont �galement fait un bond de g�ant, et le public, qui peut d�couvrir chaque jour sur Internet de nouvelles images de Mars, serait beaucoup plus difficile � convaincre. Celui-ci a parall�lement d�velopp� une certaine m�fiance vis � vis des m�dias, et les d�clarations officielles n'auraient plus valeurs d'autorit� comme au temps de Welles. Enfin, comme si cela ne suffisait pas, les plaisantins qui voudraient reproduire l'exploit de Welles prendraient le risque, comme CBS, de s'exposer � de co�teux proc�s. Peut-�tre jaloux du g�nie de Welles, certains mettent aujourd'hui en doute l'hyst�rie de masse d�clench�e par son adaptation radiophonique de la Guerre des Mondes. Dans un article paru en octobre 2003 dans le Toronto Star, un journaliste a estim� que le v�ritable canular n'�tait pas l'arriv�e des martiens, mais bien le fait que l'on ait cru qu'un million de personnes avaient paniqu�. Il est donc possible que les cons�quences de l'�mission de Welles aient �t� exag�r�es, et que l'exode n'ait pas �t� massif. En lieu et place des milliers de personnes qui se seraient press�es sur les routes pour �chapper aux martiens, seuls quelques-unes seraient v�ritablement sorties de chez elles ... Les romans de science-fictionComme nous l'avons signal�, le c�l�bre canular radiophonique d'Orson Welles �tait bas� sur un roman de Herbert George Wells, la Guerre des Mondes. Ce roman, paru en 1898, d�crit l'invasion de la Terre par des martiens aux appendices tentaculaires mont�s sur des tripodes de m�tal. Au-del� d'un r�cit passionnant de science-fiction, la Guerre des Mondes �tait aussi une vigoureuse d�nonciation des vell�it�s colonialistes de l'Angleterre victorienne. Apr�s la Guerre des Mondes, les martiens et leur plan�te vont devenir de plus en plus pr�sents dans les r�cifs d'anticipation. Edgar Rice Burroughs (le p�re de tarzan) publiera en 1917 le premier d'une s�rie de 11 romans consacr� � Mars. Le premier opus, "une princesse de Mars", se d�roule en 1866. Pour �chapper � des indiens, le capitaine conf�d�r� John Carter trouve refuge dans une grotte de l'Arizona. Il est alors myst�rieusement transport� sur la plan�te rouge, baptis�e Barsoon. Il d�couvre une plan�te habit�e par des cr�atures extraterrestres (dont des �tres dot�s de quatre bras et d'une peau verte) et des �tres humains. John Carter m�nera de nombreux combats aux c�t�s des martiens, et gagnera l'amour de la belle princesse Dejah Thoris. Le cycle de Mars de Burroughs inspirera Ray Bradury, l'auteur des chroniques martiennes, probablement l'un des romans les plus �mouvants et po�tiques jamais �crit sur Mars. Dans cete merveille publi�e en 1950, les martiens sont confront�s � un effroyable cataclysme. Une nouvelle fois, il est possible de faire un parall�le avec la situation sur Terre. A cette �poque, nous sommes en pleine guerre froide, et les esprits sont terrifi�s par les possibilit�s d�vastatrices de l'arme atomique ... Bradury inspira en retour Arthur C. Clarke. Dans son roman les Sables de Mars, paru en 1951, il sera l'un des premiers � aborder le concept de terraformation. Encore aujourd'hui, la plan�te rouge continue � inspirer de nombreux auteurs de science-fiction. L'histoire du premier d�barquement humain sur Mars fait bien sur l'objet de nombreux r�cits, comme le Mars de Ben Bova (1992) qui d�crit les probl�mes technologiques, humains et politiques d'une telle aventure. Dans son uchronie Voyage (1996), Stephen Baxter r��crit l'histoire de l'aventure spatiale et sp�cule sur la mission martienne que la NASA aurait pu lancer en 1985, si les am�ricains ne s'�taient pas content�s de poser le pied sur la lune. La colonisation de la plan�te, ainsi que la controverse de sa terraformation, sont �galement des sujets de pr�dilection. Dans ce domaine, l'�uvre phare est sans contexte l'�tonnante trilogie de Kim Stanley Robinson (Mars la rouge, Mars la verte, Mars la bleue, 1993-1996). L'envol de Mars de Greg Bear (1993), qui fait suite � la Reine des Anges, est �galement un petit chef d'oeuvre, au croisement de la hard-science et du space op�ra. Soucoupes volantes martiennesSur les murs de la petite pi�ce encombr�e qui lui sert de bureau, le c�l�bre agent Fox Mulder de la fameuse s�rie X-Files a punais� une affiche singuli�re : une image repr�sentant une soucoupe volante survolant une r�gion bois�e, accompagn�e de cette petite phrase en apparence anodine : "je veux y croire". Une image vaut mieux qu'un long discours, et ce poster illustre � merveille la nature du ph�nom�ne OVNIs. Dans un monde aussi peu rationnel que celui des soucoupes volantes, tout n'est que croyance et suggestion. Comme nous allons le voir, � l'origine d'une vague d'OVNIs, on trouve souvent une r�volution technologique, ou un changement historique majeur. La perception sur tel ou tel point s'en trouve modifi�e, et ce qui �tait auparavant inconcevable devient soudain tangible. Les premiers OVNIs n'�taient pas des soucoupes volantes, mais des dirigeables fant�mes, les airships. Les premi�res rumeurs remontent en 1848, au moment de la ru�e vers l'or californienne. A cette �poque, les chevaux et les diligences constituaient les principaux moyens de transports, et n'importe quel d�placement prenait du temps. Et c'est bien connu, le temps, c'est de l'argent, surtout lorsqu'il s'agit d'aller chercher de l'or ! Une compagnie New-yorkaise peu scrupuleuse annon�a alors pouvoir mettre � disposition de ses heureux clients un nouveau moyen de transport : un dirigeable. Selon cette soci�t�, le vol inaugural, sens� rallier New-York � la Californie en 7 jours, �tait pr�vu pour le mois d'avril 1849. Une d�claration quelque peu mensong�re, puisqu'il faudra attendre encore trente ans avant que le premier dirigeable digne de ce nom ne voit le jour en Europe. Quant aux premiers vols commerciaux, ils n'auront lieu qu'au d�but du XX� si�cle. Reste que la publicit� de la compagnie New-yorkaise a frapp� les esprits, et que des rumeurs de ballons fant�mes �voluant dans le ciel commencent � courir. La premi�re grande apparition des dirigeables fant�mes a lieu en 1896 et 1897 en Californie, et les t�moignages arrivent par centaines. Dans l'Iowa, un homme est happ� vers le ciel par une ancre largu�e d'un dirigeable. Des t�moins aper�oivent � plusieurs reprises les occupants des vaisseaux, qui ressemblent � s'y m�prendre � des �tres humains. L'incident le plus remarquable � lieu au Texas, le 17 avril 1897. Un dirigeable fant�me heurte un moulin � vent et explose, tuant son occupant. Ce dernier, qualifi� de "martien", est inhum� dans un cimeti�re local. Pour certains, la plan�te rouge ne pouvait �tre que le port d'attache de ces cigares volants. Au moment de ces �tonnantes apparitions, le dirigeable devait une r�alit� et deux ans avant cette premi�re grande vague d'OVNIs, Percival Lowell avait publi� son livre "Mars" ... Aucun �v�nement majeur n'a lieu pendant la premi�re moiti� du XX� si�cle. Les soucoupes volantes font v�ritablement leur entr�e en 1947, apr�s la seconde guerre mondiale et l'invention des avions � r�actions. Le 24 juin, un pilote am�ricain du nom de Kenneth Arnold s'envole � bord de son avion personnel pour rechercher un appareil militaire qui s'est ab�m� dans la cha�ne montagneuse des Cascades. Il aper�oit alors 9 objets brillants volants en formation. Le journaliste qui relatera cette observation utilisera le terme de soucoupes volantes, qui depuis fait partie du vocabulaire courant. Quelques jours plus tard, le 2 juillet 1947, un engin volant non identifi� explose au-dessus du d�sert de Roswell au nouveau Mexique. L'affaire de Roswell est lanc�e ... Les soucoupes volantes referont parler d'elles peu apr�s le survol de la sonde Mariner 4 en 1965. Les images historiques de Mariner 4 ne montrent pourtant qu'une surface plan�taire grise et constell�e de crat�res, sans canaux ni cit�s extraterrestres. Avec une grande d�ception, on d�couvre que la plan�te rouge, ce monde de promesses, n'est finalement qu'un astre mort et froid, similaire � la Lune. Les images de Mariner 4 auraient du mettre un terme aux fantasmes martiens. Pourtant, malgr� leur c�t� aust�re, les premi�res images de Mars ont fascin�. Gr�ce � Mariner 4, les hommes s'�taient rapproch�s de la plan�te rouge, et celle-ci devenait par la m�me occasion plus pr�sente, plus r�elle dans les esprits. Comme par magie, les soucoupes ont de nouveau obscurci le ciel. En guise de conclusionAujourd'hui encore, alors que de nombreuses sondes spatiales violent en permanence l'intimit� de la plan�te rouge en nous faisant d�couvrir son v�ritable visage dans le domaine du visible, de l'infrarouge et de l'ultraviolet, Mars ne cesse de nous fasciner. L'affaire du visage de Mars suscite encore bien des passions et m�me apr�s l'acquisition de nouvelles photographies � haute r�solution par la sonde Mars Global Surveyor en 1998, certaines personnes refusent d'y voir autre chose qu'un monument b�ti par une intelligence extraterrestre. Leur obsession est telle que rien ne peut les convaincre , et il est fort probable que si la NASA avait le pouvoir de les envoyer sur place, ils refuseraient encore de prendre le visage pour ce qu'il est vraiment, � savoir une colline banale perdue dans une plaine tourment�e. Une histoire hautement rocambolesque, relat�e dans le journal l'Est Republicain, illustre bien cette fascination pour Mars et ce besoin de croire qui sommeille en chacun de nous. L'article raconte l'histoire d'un nanc�en de 37 ans qui s'est endett� � hauteur d'un million de francs pour participer � la construction d'un engin spatial capable de le propulser sur l'astre rouge ! Le doux r�veur avait �t� contact� par un agent d'une organisation aussi secr�te que puissante, une organisation qui s'�tait engag� depuis longtemps dans le clonage humain et la colonisation de Mars. En guise de d�monstration, le futur martien est emmen� par un agent "ami" � Euro Disney, l'attraction Space Moutains �tant une repr�sentation plus ou moins fid�le du v�ritable astronef. Un voyage au Portugal lui permet d'assister � un rassemblement de clones cagoul�s. Bien entendu, cette initiation est loin d'�tre gratuite, et le nanc�en re�oit r�guli�rement la visite d'un clone m�chant. Ce dernier, bien qu'habill� diff�remment, est une copie conforme de l'agent "ami". Sa m�chancet� et son incroyable ressemblance avec l'agent ami effraye quelque peu le voyageur, qui, sous la menace, s'empresse de signer un ch�que de 50 000 F. Ce sera le premier versement d'une longue s�rie, puisque le clone m�chant soulagera d'un million de francs le portefeuille de son client. On l'aura devin�, toute l'affaire n'�tait qu'une v�ritable escroquerie. Les deux clones n'�taient qu'une seule et m�me personne jouant deux jeux diff�rents, suivant qu'elle endossait l'habit du gentil ou du m�chant. Certes, la victime de cette arnaque �tait psychologiquement fragile, et constituait une cible de choix pour des personnes vers�s dans l'art de la manipulation et de la suggestion. Reste que l'on ne peut manquer de se poser une question. Les escrocs auraient-ils r�ussi � soutirer autant d'argent s'ils avaient propos� un voyage vers Venus ou Jupiter ? |
Percival Lowell a largement contribu� au mythe d'une plan�te rouge habit�e. Depuis son observatoire de Flagstaff dans l'Arizona, l'oeil riv� sur son t�lescope, il n'aura de cesse d'observer Mars et de cataloguer les nombreux canaux qu'il aper�oit � sa surface. Pour Lowell, ces canaux sont de gigantesques constructions artificielles, dress�es par les martiens pour lutter contre l'ass�chement in�luctable de leur plan�te (Cr�dit photo : droits r�serv�s).
Au d�but du 20e si�cle, le c�l�bre physicien serbo-am�ricain Nikola Tesla affirma avoir capt� des signaux radios en provenance de la plan�te Mars. Parlant 12 langues et comprenant comme personne les lois de l'�lectromagn�tisme, Tesla �tait fermement convaincu que les ondes radios �tait le moyen le plus efficace pour communiquer avec les martiens. Ce v�ritable g�nie, r�cipiendaire de nombreux prix (dont le Nobel) et d�tenteurs de plusieurs centaines de brevets, n'a malheureusement jamais re�u de son vivant la reconnaissance qu'il m�ritait. Critiqu�, d�nigr� ou ignor�, l'homme qui jouait avec les �clairs mourut dans l'indiff�rence g�n�rale le 7 janvier 1943 (Cr�dit photo : droits r�serv�s).
Les tripodes de la Guerre des Mondes s�ment la terreur dans un village terrien. Ce roman de Herbert Wells publi� en 1897 �tait une satire vigoureuse du colonialisme anglais (Cr�dit photo : droits r�serv�s).
Voici le seul martien ayant jamais march� sur la petite ville de Woking ! Pour comm�morer le centenaire de la publication de la Guerre des Mondes de H.G. Wells, l'artiste Michael Condron a r�alis� cette superbe statue repr�sentant un tripode martien. Dans la guerre des Mondes, la premi�re capsule martienne se crashait effectivement � Woking. Le tripode est accompagn� de deux autres superbes �uvres d'art. La premi�re est une capsule martienne, qui, lors de son impact, a retrouss� des couches g�ologiques. La seconde comporte onze disques, inclus dans les chauss�es pi�tonnes, et sur lesquels ont �t� dessin�s des bact�ries. Totalement impuissants face aux martiens, les terriens ne doivent effectivement leur salut qu'aux bact�ries, contre lesquelles les envahisseurs n'ont d�velopp� aucune r�sistance ... (Cr�dit photo : Michael Condron).
Le 30 octobre 1938, le grand Orson Welles r�alise l'adaptation radiophonique de la Guerre des Mondes, le roman de Herbert Wells. Les auditeurs de CBS apprennent bient�t que d'�tranges explosions ont �t� observ�es � la surface de Mars, tandis que de fortes secousses sont ressenties � proximit� de Grovers Mill, une petite ville situ�e pr�s de Princeton, dans le sud du New Jersey. La situation, d'abord confuse, se pr�cise � chaque nouveau bulletin ... L'�mission va d�clencher une panique g�n�rale : un million d'auditeurs va croire � une v�ritable attaque de martiens, et de nombreuses personnes terrifi�es vont fuir leur domicile pour tenter d'�chapper � un an�antissement quasi-certain ! La photographie ci-dessus, prise pendant l'enregistrement de l'�mission, montre un Orson Welles concentr� et habit� par son r�le de pr�sentateur (Cr�dit photo : droits r�serv�s).
La plan�te rouge hante tellement les esprits qu'elle a sa place en psychanalyse. Dans son ouvrage intitul� "des Indes � la plan�te Mars", le psychiatre suisse Th�odore Flournoy relate les transes d'une de ses patientes, H�l�ne Smith. Au cours de ses d�lires, la jeune femme visite la plan�te Mars et rencontre ses habitants. Elle ira jusqu'� ma�triser leur langage (bien qu'extraterrestre, ce dernier pr�sente d'�tranges ressemblances avec le fran�ais !). Psychiatre de g�nie, Flournoy avait pressenti, juste avant l'invention de la science freudienne, l'importance de l'inconscient dans les troubles de sa patiente.
Un ballon au-dessus de Paris en 1903. Avant de ressembler � des soucoupes, les premiers OVNIs �taient des dirigeables (les airships). Mais dans les deux cas, les martiens sont bien souvent aux commandes ! (Cr�dit photo : droits r�serv�s).
En 1895, Percival Lowell publie son premier ouvrage, Mars, dans lequel il expose avec passion sa th�orie des canaux. Un an apr�s, on assiste au premier d�barquement de soucoupes volantes. Ces engins de locomotions typiquement extraterrestres vont refaire r�guli�rement leur apparition � des moments cl�s de l'Histoire, souvent caract�ris�s par la d�couverte ou la ma�trise de technologies aussi prometteuses qu'inqui�tantes. Ainsi, en 1947, soit deux ann�es apr�s la seconde guerre mondiale, les OVNIS envahissent � nouveaux les cieux. La d�mocratisation du moteur � r�action, combin�e aux d�buts de la guerre froide, n'est sans doute pas �trang�re aux survols de soucoupes volantes. Tr�s rapidement, on va chercher l'origine de ces derni�res du c�t� de la plan�te Mars, comme le montre cet article de l'�dition du 8 juillet 1947 du journal France Soir. Notez qu'une origine russe est aussi evoqu�e. Arm�e rouge ou martiens, m�me combat ? (Cr�dit photo : droits r�serv�s).
Peu apr�s la publication des premi�res images de Mars obtenues par la sonde am�ricaine Mariner 4, on assiste � une recrudescence des observations de soucoupes volantes et autres OVNIS. Les images de Mariner 4 n'ont pourtant rien d'excitant : d�sol�e et cribl�e de crat�res d'impact, la surface de Mars ressemble � s'y m�prendre � celle de la Lune. On est loin des oasis fleurissants et des canaux majestueux de Lowell. Malgr� la d�ception qu'inspirent ces clich�s, la plan�te rouge se fait plus pr�sente dans les esprits, et les soucoupes volantes se multiplient comme par magie ... (Cr�dit photo : droits r�serv�s).
Pendant la premi�re moiti� du XX� si�cle, l'int�r�t pour Mars d�cline. Les martiens continuent cependant � vivre dans les romans d'anticipation, et font souvent la couverture des revues de science-fiction (Cr�dit photo : droits r�serv�s).
Cr�� par le dessinateur Chuck Jones, le Commander X-2 (plus connu sous le nom de Marvin le martien) lorgne la Terre d'un oeil int�ress� (notez la petite brosse de son casque, particuli�rement utile sur une plan�te aussi poussi�reuse que Mars). Malgr� son c�t� adorable, Marvin est un envahisseur intelligent et coriace, comme tout martien qui se respecte ! (Cr�dit photo : droits r�serv�s). |
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