Le visage de Mars

Le 25 juillet 1976, au cours de sa 35�me orbite, l'orbiteur Viking 1 survole vers 41� de latitude nord la fine bande de terrain qui s�pare les hauts plateaux crat�ris�s de l'h�misph�re sud des terrains bas et lisses de l'h�misph�re nord. Dans ce secteur, connu sous le nom de Cydonia Mensae, la surface est disloqu�e en un grand nombre de collines, de buttes et de plateaux.

L'objectif de l'orbiteur �tait de certifier le site d'atterrissage de l'atterrisseur Viking 2. Si les scientifiques et les ing�nieurs avaient bien s�lectionn� � l'avance des sites d'atterrissage pour les engins de la mission Viking, les orbiteurs devaient les certifier avant que les atterrisseurs n'entament leur descente vers la surface martienne. Cette pr�caution a largement contribu� au succ�s de la mission, puisque les deux sites principaux choisis pour les atterrisseurs Viking 1 et Viking 2 se sont r�v�l�s au final bien trop accident�s.

Parmi les centaines d'images recueillies, l'une d'elles (le clich� 35 A 72, d'une r�solution de 47 m�tres/pixel) attire assez vite l'attention : on peut y voir une butte qui ressemble �trangement � un visage humain. Le scientifique Tobias Owen, alors membre de l'�quipe charg�e du traitement des images, se serait �cri� "Oh mon dieu, regardez-moi �a !" en d�couvrant le visage sur la photographie de l'orbiteur Viking. L'image est suffisamment int�ressante pour que le Jet Propulsion Laboratory (JPL) la rende publique au cours d'une conf�rence de presse le 31 juillet 1976. Pour les scientifiques, il ne s'agit que d'un caprice de la nature, une colline ayant pris une apparence humaine sous un jeu d'ombre et de lumi�re (le clich� a �t� pris aux alentours de 18h00 heure locale : le soleil �tait alors � 20� au-dessus de l'horizon et les ombres �taient d�j� tr�s allong�es). L'image est pr�sent�e comme un exemple des formes famili�res auxquelles les plan�tologues sont parfois confront�s lorsqu'ils examinent les clich�s de la surface des plan�tes du syst�me solaire. Le visage a valeur d'anecdote et pour les scientifiques qui commentent l'image, il est impensable d'y voir autre chose qu'une amusante illusion d'optique.

Un �v�nement troublant et regrettable, qui va jouer par la suite en d�faveur de la NASA, va avoir lieu au cours de cette conf�rence. Selon une rumeur persistante, Gerald Soffen (l'un des principaux scientifiques de la mission Viking) aurait confirm� la nature illusoire du visage en �voquant un deuxi�me clich� pris quelques heures plus tard, et sur lequel la formation humano�de aurait tout bonnement disparu. Or il se trouve que ce fameux clich� n'existe pas, et pour une bonne raison : quelques heures apr�s l'acquisition de la premi�re photographie (prise, comme nous l'avons vu, � 6 heures du soir), le secteur de Cydonia �tait plong� dans la nuit ! Intentionnelle ou non, cette maladresse va apporter de l'eau au moulin des parano�aques qui accuseront plus tard la NASA de dissimulation.

Avec l'explication de la NASA, le visage de Mars va tomber dans l'oubli, un simple jeu d'ombre et de lumi�re ne pouvant rivaliser avec les donn�es que les orbiteurs et les atterrisseurs Viking transmettent chaque jour aux scientifiques �merveill�s. Il faudra attendre trois ans avant qu'il ne soit red�couvert par hasard.

Vincent DiPietro, un ing�nieur �lectricien, fait connaissance pour la premi�re fois avec le visage dans un magazine "d'arch�ologie extraterrestre". A ce moment, il n'y pr�te gu�re d'attention. C'est seulement deux ann�es et demi plus tard, alors qu'il fouille dans les archives photographiques du centre Goddard de la NASA dans le Maryland, que sa curiosit� s'�veille. A nouveau confront� avec ce visage parfaitement dessin�, DiPietro trouve que l'explication officielle des scientifiques est finalement aussi d�cevante que peu convaincante. Un ami et coll�gue de DiPietro, Gregory Molenaar, est lui aussi frapp� par le visage, � tel point qu'il propose � DiPietro de se livrer � une recherche priv�e.

Pour cela, les deux comp�res soumettent le fameux clich� 35 A 72 � diff�rentes techniques de traitement d'image, dans le but de nettoyer la photographie et d'en extraire le maximum d'information. Devant le manque de r�sultats obtenus avec les techniques standards, ils con�oivent un programme informatique sp�cialement adapt� � leur investigation, SPIT (Starburst Pixel Interleaving Technique). Sous l'�cran de l'ordinateur, tandis que les ombres s'effacent et que de nouveaux contours se dessinent, le visage devient de plus en plus sym�trique, et de moins en moins naturel.

Tout en �tudiant le visage, DiPietro et Molenaar d�cident �galement de jeter un oeil sur les terrains alentours, au cas ou d'autres structures du m�me type feraient leur apparition. Inconsciemment sans doute, ils savent ce qu'ils veulent trouver et ils n'ont pas � chercher bien longtemps. Ils sont rapidement r�compens�s par la d�couverte au sud-ouest du visage d'une pyramide � cinq faces sur l'image 70 A 13 (43 m�tres/pixel), prise 35 jours apr�s le premier clich� du visage, le 30 ao�t 1976. La formation est baptis�e tr�s modestement "D & M Pyramid".

En 1981, pour r�pondre � l'indiff�rence de la NASA, DiPietro et Molenaar publient leurs investigations � compte d'auteur dans un ouvrage intitul� "Unusual Mars Surface Features" (�l�ments insolites � la surface de Mars). Un exemplaire tombe bient�t dans les mains de Richard Hoagland, un chroniqueur qui avait justement assist� � la conf�rence de presse de la NASA (il couvrait alors la mission Viking pour le compte du magazine american way). Hoagland va se charger de populariser les travaux de DiPietro et Molenaar, tout en apportant sa pierre � l'�difice. Le mythe du visage peut commencer.

Au fur et � mesure de l'examen de nouvelles images, la fine �quipe d�couvre bient�t d'autres structures �tonnantes qui, selon eux, ne peuvent pas s'expliquer g�ologiquement. A l'ouest du visage, ils mettent � jour une v�ritable ville, constitu�e de plusieurs �difices g�om�triques qui entourent une place centrale, sur laquelle sont �rig�s quatre petits monuments. L'ensemble est rapidement baptis� la Cit� (the City) et la place centrale l'esplanade (the City Square). A proximit� de cette ville, une autre structure semble ceintur�e par une �paisse muraille. A cause de son aspect, cette structure re�oit naturellement le nom de forteresse (the Fort). A l'est du visage s'�tend aussi une �trange falaise isol�e de 3 kilom�tres de longueur (the Cliff). Un peu plus loin, une pyramide � trois c�t�s flanque tel un mirador la muraille d'un crat�re d'impact. En portant le regard au sud de la falaise, les enqu�teurs tombent sur une colline aux formes arrondies, le D�me (the Tholus). Un coup d'�il plus approfondi r�v�le bient�t une sorte de rampe qui monte sur un versant pour conduire � un balcon circulaire ceinturant l'�difice.

Apr�s l'interpr�tation photographique, l'�quipe s'attelle � la dissection math�matique des anomalies de Cydonia. En mesurant tous les angles possibles entre les diff�rents b�timents, ils mettent � jour des constantes math�matiques universelles, comme le chiffre p (3,14), l'exponentielle e (2,72) et des racines carr�es remarquables (�2 �3 �5).

Certains angles semblent �galement revenir constamment, comme l'angle 19,5�. Si l'on prolonge la Falaise jusqu'au sommet du D�me de mani�re � obtenir une ligne droite, si l'on trace ensuite une autre ligne droite entre le sommet du D�me et le "Mirador" du crat�re, et si on mesure enfin l'angle entre ces deux lignes imaginaires, on obtient effectivement la valeur de 19,5�. Ce chiffre, en l'apparence banal, se retrouve un peu partout � l'int�rieur du complexe de Cydonia.

Les chercheurs ind�pendants semblent v�ritablement obs�d�s par cette valeur d'angle. Selon eux, il s'agirait non pas d'une valeur quelconque, mais d'un angle tr�s important dans la th�orie math�matique �nerg�tico-synergique, qui prend pour unit� de base le t�tra�dre (une pyramide � quatre c�t�s dont chaque face est constitu�e par un triangle �quilat�ral). Lorsqu'un tel triangle est plac� dans un cercle qui le circonscrit totalement (l'un des sommets touchant alors le p�le nord ou le p�le sud), les trois autres sommets se trouvent � la latitude de 19,5� (nord ou sud, selon le cas). Cette observation biscornue est apparemment d'une importance majeure pour la recherche d'anomalies extraterrestres sur les autres plan�tes, et les chercheurs ind�pendants vont fr�n�tiquement chercher le motif du t�tra�dre ou l'angle de 19,5� dans les structures de Cydonia. En effectuant d'autres corr�lations math�matiques, ils d�couvriront aussi une repr�sentation du syst�me solaire cach�e dans les alignements des artefacts.

Devant un tel faisceau de preuves, il n'est plus possible de nier l'�vidence. L'�rosion �olienne ou fluviale ne saurait rendre compte des reliefs � la beaut� architecturale de Cydonia. Aucun �v�nement g�ologique ne peut placer des structures avec une telle pr�cision math�matique. L� bas, nul m�canisme naturel n'a �t� � l'�uvre. B�tis par une ancienne civilisation aujourd'hui disparue, les �difices de Cydonia sont tout simplement artificiels !

Le point de vue de la NASA

Pour la NASA, la th�orie selon laquelle les structures de Cydonia seraient artificielles n'est rien d'autre qu'une �lucubration d'illumin�s. L'agence spatiale am�ricaine va camper fermement sur ses positions et s'appuyer sur la premi�re interpr�tation donn�e pendant la conf�rence de presse, � savoir un jeu d'ombre et de lumi�re sur un monticule rocheux.

Les donn�es concernant la r�gion de Cydonia comprennent juste 18 clich�s � basse ou moyenne r�solution (de 43 m�tres par pixel � 889 m�tres par pixel), et pour les scientifiques, elles sont bien insuffisantes pour pouvoir conclure � une pr�tendue origine artificielle. D'apr�s les g�ologues, les reliefs de Cydonia et les formes adoucies du visage peuvent tr�s bien s'expliquer par l'�rosion �olienne, l'�rosion fluviale, ou une activit� tectonique (tremblement martien). Les g�ologues rappellent que les reliefs familiers sont tr�s courants � la surface des plan�tes du syst�me solaire. Sur les photographies de la surface terrestre renvoy�es par les satellites d'observation, il est habituel d'entrevoir des figures humaines ou animales.

Devant un paysage inconnu, l'�il humain excelle � rep�rer ce qu'il a d�j� vu ailleurs. Tout le monde peut en faire l'exp�rience en s'allongeant sur une pelouse et en regardant les nuages d�filer. Apr�s cinq minutes, il n'est pas rare d'apercevoir une forme famili�re. Celle-ci appara�t nettement pendant quelques instants, puis dispara�t progressivement tandis que les contours du nuage continuent � �voluer. Le ph�nom�ne qui consiste � voir des visages ou des formes famili�res sur des surfaces ou des objets est d'ailleurs bien connu en psychologie : il porte le nom de pareidolia.

La surface martienne n'�chappe pas � cette r�gle et les hommes, � force de la scruter, y ont aper�u des figures terrestres. Des pyramides similaires � celles de la r�gion de Cydonia ont par exemple �t� localis�es dans les exutoires qui ferment � l'est le canyon de Valles Marineris ou dans la r�gion d'Elysium Planitia. La sonde Mars Global Surveyor a mis r�cemment en �vidence des reliefs amusants comme une d�pression en forme de c�ur ou un crat�re souriant. La nature n'a aucun mal � sculpter des reliefs g�om�triques ou des formes qui para�tront famili�res au cerveau humain (le monde min�ral offre quelques beaux exemples). L'homme a simplement la sale manie d'interpr�ter l'inconnu selon ses propres valeurs et int�r�ts.

On nous cache quelque chose !

L'affaire aurait sans doute pu s'arr�ter l� si quelques scientifiques n'avaient pas tourn� en d�rision les inepties d�bit�es par les fans du visage martien. Piqu�s au vif, ceux-ci commencent � se plaindre ouvertement de n'�tre pas pris au s�rieux en d�pit de la rigueur apparente de leurs travaux. Comme rien n'y fait, ils finissent par se retourner en d�sespoir de cause contre la NASA, dont l'honn�tet� doit �tre mise en doute. Les scientifiques sont-ils seulement na�fs ou aveugles, ou cherchent-ils � cacher quelque chose ? Petit � petit, de nombreuses personnes vont se convaincre que le gouvernement cherche � masquer la v�rit�.

La th�se de la conspiration, un grand classique dans les histoires d'extraterrestre, donne du piment � l'affaire de Cydonia. Le combat d'un petit groupe de chercheurs ind�pendants, m�pris�s et discr�dit�s, mais n�anmoins pr�t � tout pour faire �clater la v�rit�, contre la masse imposante et �touffante d'un gouvernement, va cristalliser les passions. Un �trange visage � la surface de Mars, des vestiges d'une ancienne civilisation extraterrestre disparue, un gouvernement qui nie la v�rit�, m�me Hollywood n'a jamais imagin� meilleur sc�nario.

Retour sur Cydonia

Apr�s les sondes Viking en 1976, la NASA va attendre 15 ans avant de mettre sur les rails une nouvelle mission martienne. En 1992, la sonde Mars Observer prend son envol et s'�lance vaillamment vers la plan�te rouge. Ce v�ritable monstre, dot� d'une foule d'instruments scientifiques, doit r�volutionner notre connaissance de la plan�te Mars, comme Viking l'a fait en son temps. Mais le 21 ao�t 1993, alors qu'elle allait se placer en orbite autour de la plan�te rouge, Mars Observer dispara�t sans laisser de trace. A la NASA, c'est la consternation, d'autant plus que les ing�nieurs sont incapables d'expliquer le pourquoi de l'accident. Le rapport d'enqu�te qui sera publi� apr�s le drame dresse une liste impressionnante de 60 causes qui chacune peuvent expliquer la perte de Mars Observer.

Devinez quoi ? Pour certaines personnes, la perte de Mars Observer n'est pas due � un probl�me technique, et deux autres explications doivent �tre envisag�es le plus s�rieusement du monde. Premi�rement, la sonde aurait tr�s bien pu faire les frais de la d�fense anti-a�rienne martienne, les martiens ayant largement eu le temps de s'entra�ner depuis 1960, date des premi�res missions et des premiers �checs ! Mais une deuxi�me hypoth�se, qui s'inscrit mieux dans le climat de parano�a qui entoure le visage martien, commence � se r�pandre. Mars Observer aurait �t� volontairement d�truite par la NASA. Alors qu'elle �tait tr�s proche de la plan�te Mars, sa cam�ra haute r�solution aurait d�couvert les preuves d�finitives de l'existence d'une civilisation extraterrestre. Apr�s concertation, le gouvernement am�ricain, paniqu� par les cons�quences que pourrait avoir l'annonce d'une telle d�couverte sur le public, d�cide de sacrifier Mars Observer malgr� son co�t exorbitant.

En 1960, un rapport pr�par� par l'Institut Brookings � Washington avait �valu� les cons�quences de la d�couverte d'une civilisation extraterrestre sur l'opinion publique. Parmi les choix auxquels pouvait �tre confront� un gouvernement, on trouvait la dissimulation pure et simple de la v�rit� pour �viter des soubresauts d�vastateurs. Dans l'affaire du visage de Mars, la NASA avait tr�s bien pu appliquer � la lettre cette recommandation ...

Bien entendu, l'hypoth�se de la destruction volontaire de Mars Observer est aussi fragile que les analyses men�es sur le visage de Mars. Si la NASA avait jug� l'image du visage compromettante, elle avait parfaitement les moyens de la garder secr�te. De plus, le scoop de la d�couverte des ruines d'une ancienne civilisation sur Mars aurait pu lui valoir un financement substantiel de la part du Congr�s am�ricain. Pourquoi cacher la v�rit�, alors que des milliards �taient � la cl� ? Enfin, on peut aussi se demander pourquoi la NASA s'est empress�e de lancer une mission de rechange quelques ann�es apr�s la disparition de Mars Observer.

En 1996, Mars Global Surveyor s'�lance effectivement sur les traces de Mars Observer, avec une partie des instruments de cette derni�re. Une ann�e plus tard, la sonde se place correctement en orbite autour de la plan�te rouge, au grand soulagement des scientifiques. Mais les admirateurs des petits hommes verts n'ont pas l�ch� prise. Ils sont toujours bien d�cid�s � se faire entendre et ils vont trouver  bien vite un nouveau pr�texte pour protester contre les agissements inacceptables de la NASA.

Nous l'avons vu, parmi la communaut� scientifique, personne ne doute que le visage soit autre chose qu'une formation naturelle. Personne ne conteste non plus que la d�couverte d'un artefact extraterrestre sur Mars serait d'une importance capitale pour l'Humanit� mais malgr� tout, les preuves sur Cydonia sont jug�es trop maigres pour justifier le co�t d'une mission d'exploration, robotique ou habit�e.

Cette conclusion offusque les fans du visage. Pour certains, cette construction forc�ment artificielle est la preuve d�finitive que les ovnis et les petits hommes verts existent bel et bien. L'exploration du complexe de Cydonia devrait en toute logique devenir la priorit� n�1 du programme martien am�ricain de la NASA. Maintenant qu'une sonde spatiale est de nouveau en orbite autour de la plan�te rouge, le secteur de Cydonia doit imp�rativement �tre observ�.

Les r�gles du jeu ont cependant chang� entre la mission Viking et la mission Mars Global Surveyor, et les fans du visage vont �tre confront�s � un obstacle inattendu. Au temps des Viking, les images �taient imm�diatement mises � la disposition du public (sans Internet, la consultation �tait cependant moins ais�e qu'aujourd'hui). Pour Mars Global Surveyor, la construction de la cam�ra haute r�solution (MOC) a �t� confi�e � un entrepreneur qui a re�u toute autorit� sur son instrument et les donn�es qu'il produira. Celui-ci peut conserver les images pendant une p�riode de six mois avant de les rendre publique, une disposition l�gale qui, d'apr�s les fans du visage, lui permettrait d'escamoter facilement un clich� compromettant.

Cette histoire de d�lai dans la publication des donn�es n'est gu�re plaisante pour nos chercheurs ind�pendants, mais il y a pire. Les images � haute r�solution prennent beaucoup de place et la sonde ne peut en transmettre qu'un nombre limit� � la Terre. Devant les restrictions impos�es par la technique, seule une partie de la surface martienne pourra �tre examin�e � haute r�solution, ce qui signifie qu'une liste de cibles prioritaires devra �tre �tablie.

L'entrepreneur de la cam�ra n'est autre que Michael Malin. Malin est d�sormais c�l�bre puisque son instrument a permis � la sonde Mars Global Surveyor d'engranger quelques jolies d�couvertes (dont la moindre n'est pas l'observation de traces d'�coulements liquides r�cents � la surface de Mars). Cette situation �tait facilement pr�visible. Conform�ment � ses pr�rogatives, Michael Malin s'est bien gard� de distribuer imm�diatement les clich�s de sa cam�ra � la communaut� scientifique. En se r�servant les meilleures images et en ne laissant aux autres que quelques miettes, il �tait pratiquement certain de r�aliser des d�couvertes majeures. D'un autre c�t�, Malin s'est battu comme un diable pour faire accepter sa cam�ra. Apr�s la mission Viking, de nombreux scientifiques �taient convaincus que la reconnaissance photographique de la plan�te Mars �tait termin�e et que des images � haute r�solution n'apporteraient rien de nouveau. Mais revenons � nos moutons.

Michael Malin �tait bien d�cid� � tirer le maximum de son instrument et pour lui, il �tait hors de question de g�cher de la pellicule num�rique. Fermement oppos� � l'hypoth�se artificielle du visage, il estime que la photographie � haute r�solution des formations de Cydonia est tout � fait secondaire, sans compter qu'il n'est pas �vident techniquement de cadrer parfaitement des reliefs aussi petits. Les aficionados du visage sont enrag�s : non seulement le visage risque de ne pas �tre photographi�, mais si bien m�me des photographies sont prises, celles-ci ne seront pas rendues publiques. Les chasseurs de martiens adressent alors plusieurs requ�tes � la NASA pour la contraindre de mettre fin � la tyrannie de Malin !

Sans doute exc�d�e par ces r�criminations et pour calmer les esprits, la NASA d�cide de se plier aux exigences des fans du visage. Elle annonce que le secteur de Cydonia sera photographi� � haute r�solution d�s que l'occasion se pr�sentera et que les images seront imm�diatement rendues publiques.

L'instant magique a lieu le 5 avril 1998, lorsque, 20 ans apr�s les sondes Viking, Mars Global Surveyor survole � nouveau le visage. La NASA va jouer la transparence absolue et les images sont � peine re�ues sous la forme de bits par les antennes du Deep Space Network qu'elles sont mises en ligne sur Internet. Comme d'habitude, les clich�s ont �t� retrait�s pour �tre pr�sentables, mais pour les septiques, les images brutes non retouch�es sont �galement disponibles. Le premier passage permet � Mars Global Surveyor de recueillir une image du visage. Un simple coup d'�il sur le clich� et le verdict est sans appel : � haute r�solution, le visage de Mars a disparu et a laiss� la place � une vieille colline �rod�e. Ce n'�tait finalement qu'une formation naturelle, comme les autres structures.

Deux passages suppl�mentaires permettront d'observer la Cit� (14 avril 1998) et l'esplanade (23 avril 1998). Un coin de la pyramide D&M serait �galement visible sur les images de 1998. L'ann�e suivante sera aussi l'occasion pour Mars Global Surveyor d'imager le D�me (juillet 1999) et la Forteresse (ao�t et novembre 1999). A chaque fois les images ne montrent rien d'autre que des buttes et des collines �rod�es et aucune anomalie ne vient pointer le bout de son nez. L'image la plus pr�cise du visage sera prise par Mars Global Surveyor le 8 avril 2001, la falaise (Cliff) �tant aussi immortalis�e pour l'occasion. Une ann�e plus tard, la sonde Mars Odyssey prendra � son tour une image du visage dans le domaine du visible et de l'infrarouge, gr�ce � sa cam�ra THEMIS. En juillet 2006, la sonde europ�enne Mars Express a transmis � son tour de spectaculaires images couleurs en 3D du visage de Mars, apr�s plusieurs essais infructueux d�s avril 2004.

De l'acharnement ...

A l'�poque, j'avais na�vement pens� que les nouvelles images de Mars Global Surveyor allait rapidement conduire � la cl�ture de ce dossier d�j� suffisamment sulfureux. Mais plut�t que d'admettre leur �garement, voici que les pseudo-scientifiques se jettent sur les nouveaux clich�s avec l'�nergie que conf�re le d�sespoir (la survie d'un petit commerce juteux est un jeu, comme nous allons le voir par la suite). Le visage semble effectivement naturel, mais rien n'est encore jou� !

Les pseudo-chercheurs commencent par mettre en doute la qualit� des images brutes et les conditions de prises de vue. En 1976, l'orbiteur Viking avait survol� le visage par un bel apr�s midi d'�t� et les ombres �taient bien marqu�es. Mars Global Surveyor a photographi� le visage dans des conditions bien moins propices. La prise de vue de 1998 a eu lieu en hiver et en fin de matin�e, ce qui a eu plusieurs cons�quences f�cheuses : les ombres au sol n'�taient pas marqu�es, la lumi�re se r�fl�chissait par endroit sur des plaques de givre et, pour couronner le tout, la r�gion �tait aussi recouverte par une fine couche de brune qui a masqu� certains d�tails. De plus, alors que pour Viking la prise de vue s'�tait effectu�e presque � la verticale, Mars Global Surveyor n'est pas pass� exactement � l'aplomb du visage. La sonde est pass�e � c�t� du visage et a du basculer de 45� pour le placer dans le champ de la cam�ra. R�sultat, le visage a �t� photographi� en oblique.

Les arguments que nous venons de citer ont �t� rappel�s plusieurs fois par les experts du visage, sans doute pour avertir la NASA que les images de Mars Global Surveyor n'allaient pas pouvoir se pr�ter � une analyse aussi rigoureuse que celle effectu�e sur les clich�s Viking. Bizarrement, le gain �norme obtenu en r�solution n'est presque jamais mentionn� ...

Les nouvelles images ont bien entendu ensuite �t� pass�es � la moulinette informatique, l'excitant exercice de l'analyse d'image �tant facilit� par le boom de la microinformatique. D'apr�s les pseudo-chercheurs, une �tude d�taill�e du visage montrerait une forte sym�trie lat�rale ainsi que des �l�ments anatomiques nouveaux comme des l�vres et des narines positionn�s le long de l'axe central de sym�trie. La pr�sence de structures lin�aires au niveau de la t�te (coupe de cheveux ?) serait �galement confirm�e par MGS.

Enfin, les investigateurs notent que le relief correspondant au visage est tr�s �rod� et tr�s vieux et que dans ces conditions, il est particuli�rement difficile de faire la distinction entre une formation naturelle et des ruines d'un ancien �difice ! M�me s'ils reconnaissent qu'il aurait �t� pr�f�rable de mettre � jour des routes bien droites et des b�timents rectangulaires dans le secteur de Cydonia, les investigateurs ne se d�montent pas et consid�rent que tout jugement est pr�matur�. Malgr� ce que pourrait laisser croire les nouvelles images de Mars Global Surveyor, les preuves sont insuffisantes pour �carter d�finitivement l'hypoth�se extraterrestre. Certaines anomalies restent inexpliqu�es, et seuls des fouilles arch�ologiques effectu�es sur place permettraient de trancher.

... au ridicule

M�me s'ils affichent une certaine perplexit�, voire une d�ception devant les clich�s de Mars Global Surveyor, les soi-disant experts refusent de consid�rer le dossier comme cl�t en invoquant une certaine prudence. Mais tout le monde n'est cependant pas dans cet �tat d'esprit. Apr�s quelques zooms � la limite du tol�rable, Richard Hoagland n'h�site pas � clamer que les clich�s viennent au contraire confirmer brillamment le caract�re artificiel des anomalies de Cydonia ! Un clich� fortement agrandi (c'est un euph�misme) permet par exemple d'apercevoir des chambres � l'int�rieur de l'un des b�timents de la Cit�. On d�couvre aussi des quartiers r�sidentiels semblables aux banlieues des grandes villes am�ricaines, des pyramides de verre et de nombreuses autres preuves d'une activit� extraterrestre dans la r�gion.

Pourquoi s'arr�ter en si bon chemin ? Apr�s tout, si des extraterrestres ont colonis� Mars, ils ont du �riger d'autres structures sur le reste de la plan�te, et l'on voit mal pourquoi ils se seraient cantonn�s � la r�gion de Cydonia, qui n'est d'ailleurs pas des plus accueillantes. Sur des clich�s Viking, des individus avaient d�j� d�couvert des sortes de tubes, juste de l'autre cot� de la plan�te, � l'oppos� de la r�gion de Cydonia. Il suffirait donc de chercher un peu pour trouver d'autres artefacts.

Mais depuis Viking, les ufologues martiens n'avaient rien eu � se mettre sous la dent. L'arriv�e des sondes Mars Global Surveyor et Pathfinder est donc vue d'un tr�s bon oeil. Apr�s une p�riode de vache maigre, du mat�riau brut va de nouveau couler en abondance et les recherches vont pouvoir reprendre. Les images de la surface martienne prises par la sonde Pathfinder en 1997 sont disponibles sur Internet ? Pourquoi ne pas les examiner avec attention ?

Vous devinez sans peine la suite. Les extraterrestres ont aussi construit des trucs dans Ares Vallis. C'est sans aucune honte qu'un obscur individu vous explique que les deux collines jumelles (les Twink Peaks) sont forc�ment artificielles. Apr�s avoir prouv� dans un simulacre de d�monstration que les traditionnels m�canismes g�ologiques ne peuvent pas �tre responsables de l'aspect singulier de ces deux petites montagnes, le petit g�nie applique � la lettre la th�orie philosophique du rasoir d'Ockam, qui stipule que l'explication la plus simple doit toujours �tre privil�gi�e. Bien entendu, dans le cas qui nous int�resse, l'explication la plus simple est de consid�rer que les collines sont artificielles : ce serait tout simplement le sommet de deux pyramides enfouies sous des tonnes de s�diments !

Nous avons vu pr�c�demment que les chercheurs ind�pendants accordent une grande importance � la figure g�om�trique t�tra�drique et � l'angle de 19,5�, importance qui tourne facilement � l'obsession. Savez-vous pourquoi la sonde Pathfinder a atterri dans le secteur d'Ares Vallis en juillet 1997 ? Si vous posez cette question � des g�ologues, ils vous r�pondront que le site �tait prometteur d'un point de vue scientifique. Les ing�nieurs r�torqueront quant � eux qu'Ares Vallis �tait un site compatible avec de nombreuses contraintes techniques, et qu'il �tait assez s�r pour un atterrissage (pour plus d'informations sur la s�lection des sites d'atterrissage, consultez le dossier correspondant). Hoagland et ses amis ont cependant une autre explication : Pathfinder �tait en fait un accus� de r�ception envoy� par la NASA en r�ponse aux �nigmes g�om�triques de Cydonia ! La sonde avait effectivement une forme t�tra�drique (avec ses panneaux solaires triangulaires �quilat�raux), et son site d'atterrissage est situ� vers 19,5� de latitude (en arrondissant, ce que les chercheurs ind�pendants savent parfaitement faire quand cela les arrange). Poser un objet t�tra�drique � une latitude aussi caract�ristique ne pouvait �tre qu'un acte d�lib�r� !

En analysant les images renvoy�es par Pathfinder et Sojourner gr�ce � des algorithmes � la pointe de la technique (rien de tel qu'un programme d'am�lioration fractal pour se donner une contenance n'est ce pas Richard ?), Hoagland d�couvre aussi que le lit d'Ares Vallis est litt�ralement jonch� d'objets artificiels dont la nature ne fait aucun doute : il ne s'agit ni plus ni moins que de mat�riel de guerre nazi (tanks, tourelles d�fensives, symboles SS et autres objets macabres) et d'artefacts extraterrestres (gyroscope, dispositif anti-gravit�) que la NASA aurait maladroitement essay� d'effacer sur les images officielles. Ce n'est pas les lecteurs assidus des groupes de discussion Internet qui me contrediront si j'annonce que Richard Hoagland a bien m�rit� son point Godwin (sur les newgroups, une discussion qui tombe sous le coup de la loi Godwin est logiquement close, mais je doute fort que Hoagland soit d'avis de stopper ces �lucubrations) !

Au mois d'avril 2000, la NASA rend publique une impressionnante collection de 25000 images captur�es par la sonde Mars Global Surveyor entre septembre 1997 et ao�t 1999 (les fameuses images que Malin avait jalousement gard� pour lui). Cette collection est mise � jour r�guli�rement et au mois d'octobre 2002, elle comptait quelque 112218 clich�s ! Une v�ritable manne pour les passionn�s de la plan�te rouge, et un tr�sor inestimable pour les chasseurs de civilisations martiennes, qui peuvent ainsi continuer la fouille par images orbitales interpos�es. Toutes les images sont donc pass�es au crible, et chaque anomalie est imm�diatement not�e, comment�e, analys�e ... Notons qu'Internet joue ici un r�le pr�pond�rant. Le r�seau offre non seulement un acc�s d'une facilit� d�concertante aux images, mais il sert �galement � diffuser aupr�s du plus grand nombre les derni�res d�couvertes d'anomalies, par le biais de forums ou de sites personnels.

En examinant les clich�s � haute r�solution de la surface martienne, les infatigables chercheurs d�nichent bient�t d'innombrables anomalies : des traces rectilignes et r�guli�res � la surface de Mars, probablement laiss�es par le passage de v�hicules miniers, des verri�res dans le fond d'un crat�re d'impact, des taches brillantes au-dessus de la surface martienne, imm�diatement interpr�t�es comme des soucoupes volantes �voluant seule ou en formation, des vaisseaux �cras�s au sol, dont la superstructure tordue �merge des sables, d'autres engins spatiaux plus chanceux, gar�s sur des hauts plateaux, ou encore d'antiques citadelles, ch�teaux ou usines qui laissent appara�tre par endroit, � l'occasion de perforations, leur agencement interne ...

A chaque fois que les scientifiques annoncent qu'une formation g�ologique les laisse perplexe, les experts du visage ont une explication toute pr�te. Le plancher de Valles Marineris est occup� par des formations difficiles � interpr�ter d'un point de vue g�ologique ? La r�ponse est tout simple ! Il s'agit d'un r�seau de tubes de plexiglas que les extraterrestres utilisaient pour se balader � la surface de Mars ! Les g�ologues d�couvrent des traces d'�coulement liquides ayant eu lieu dans un pass� relativement r�cent ? Inutile de se creuser la t�te pour tenter d'expliquer la pr�sence d'eau liquide dans un sous-sol en permanence frigorifi�. Il s'agit d'anciens pipelines qui ont explos� sous le gel !

Ces recherches ind�pendantes ont connu un nouveau souffle avec l'arriv�e en 2002 des clich�s infrarouges obtenus par l'instrument THEMIS de la sonde Mars Odyssey (pour rechercher des extraterrestres � la surface des plan�tes, quoi de mieux effectivement que la vision nocturne ?). Les investigateurs n'h�sitent plus non plus � faire valoir leurs droits de citoyens am�ricains pour avoir acc�s aux images originales d�s qu'ils suspectent une quelconque r�ticence de la NASA � les rendre publique. L'une de leurs derni�res trouvailles consiste � trafiquer une image (de mani�re � y faire appara�tre des artefacts), avant de clamer � qui veut l'entendre que le clich� est l'image originale, et que les photographies publi�es sur Internet sont des faux forg�s par la NASA. Il ne reste plus qu'� inventer une petite histoire pour expliquer l'apparition quasi miraculeuse de l'image "originale" (en g�n�ral envoy�e par un agent double travaillant au c�ur m�me de la NASA et assailli de scrupules), et le tour est jou� : l'affaire devient assez excitante pour alerter quelques m�dias en manque de sensation, et les faussaires peuvent continuer � vendre des livres et autres cassettes...

L'une des images ayant eu le plus d'impact jusqu'� aujourd'hui est probablement celle captur�e par la sonde Mars Global Surveyor le 21 mai 1999 dans les hautes latitudes de l'h�misph�re nord (263� W de longitude et 79�N de latitude). D�nomm� M01-02950, le clich� montre une surface martienne ponctu�e de petites pyramides noires. Les premi�res analyses effectu�es par un groupe de recherche ind�pendant ont r�v�l� de nombreux alignements : certaines pyramides sont dispos�es en ligne droite, d'autres sont situ�es sur des arcs de cercle. Ces alignements n'ont rien de bien convaincants : vu le nombre d'objets, il est tout � fait naturel statistiquement parlant de trouver des figures d'alignements. Ce qui est plus intrigant, c'est que toutes les pyramides semblent poss�der une forme et une taille similaire. L'artificialit� de ces structures sautant aux yeux, les chercheurs ind�pendants n'ont pas mis longtemps � proposer une solution : ces pyramides seraient en fait de larges monolithes noirs (oui oui, les m�mes que ceux du c�l�bre film 2001 l'Odyss�e de l'espace) enfich�s dans la surface glac�e de Mars, et dont seule la partie sup�rieure d�passerait !

Une image de Mars Global Surveyor montrant une sorte de tunnel vitr� soutenu par des rang�es d'arceaux a �galement d�clench� bien des passions, et a m�me retenu l'attention d'Arthur C Clarke. Bien loin d'�tre un boulevard d'une ancienne cit� martienne ou un ver des sables, le pr�tendu cylindre n'�tait qu'une vall�e obstru�e par des dunes de sable (qui formaient les fameux arceaux), observ�e sous une �clairage particulier.

Les ufologues du monde entier s'en sont �galement donn�s � coeur joie avec les deux rovers am�ricains Spirit et Opportunity. Apr�s leur atterrissage respectifs dans le crat�re d'impact Gusev et la plaine de Terra Meridiani, les deux robots mobiles ont inond� la Terre sous des flots d'images, qui �taient rendues publiques sur Internet presque imm�diatement apr�s leur transmission. Ces images ont �t� scrut�es par des centaines d'internautes passionn�s par la recherche d'�l�ments �tranges ou anormaux.

Parmi tous les trouvailles, le lapin d'Opportunity s'est taill� la part du lion, et a b�n�fici� d'une belle m�diatisation. Ce petit objet jaun�tre de 4 � 5 centim�tres de long, rappelant furieusement la t�te d'un lapin avec ses deux oreilles, est apparu sur les premi�res images transmises par le rover Opportunity apr�s son atterrissage dans un petit crat�re de Terra Meridiani. La nature du rongeur d'Opportunity d�clencha imm�diatement des d�bats passionn�s au sein du public, qui touch�rent � l'hyst�rie lors de sa disparition pure et simple quelques jours plus tard. L'�v�nement ravi les adeptes de complot en tout genre, qui trouv�rent l� de quoi alimenter leur parano�a. Certains n'h�sit�rent pas � affirmer que la pauvre bestiole avait fini �cras�e sous les roues du rover (le robot s'y �tant repris � deux fois, pour �tre sur de ne pas louper son coup !). Les ing�nieurs de la NASA parvinrent cependant � retrouver la trace du lapin : manifestement apeur�, ce dernier s'�tait r�fugi� sous l'un des p�tales de l'atterrisseur. L'analyse spectrom�trique effectu�e gr�ce � la cam�ra panoramique PanCam montra que l'�trange animal n'�tait en r�alit� qu'un fragment d�tach� de l'atterrisseur, vraisemblablement un morceau d'airbag, voltigeant au gr� des vents dans le crat�re Eagle.

Sur l'une des images obtenues par la cam�ra microscopique d'Opportunity, des pal�ontologues en herbe d�couvrirent �galement une structure fossile, qui fut h�tivement assimil�e � un fragment de crino�de (un animal appartenant � la m�me famille que les oursins, poss�dant un squelette calcaire et ressemblant � s'y m�prendre � une fleur). Les images suivantes montr�rent que le soi-disant fossile avait �t� victime de la meule d'Opportunity. Pour les ufologues, il n'y avait plus aucun doute � avoir : le pauvre crino�de avait �t� intentionnellement r�duit en poussi�re par une NASA d�sireuse d'�touffer l'affaire ! L'existence sur Mars de restes fossiles d'organismes multicellulaires est tr�s improbable, mais pas totalement impossible, et il s'agit m�me de l'hypoth�se la plus intelligente jamais d�fendue par les ufologues. Pourtant, aussi s�duisant soit-il pour l'esprit, ce sc�nario se heurte � un probl�me majeur.

Sur Terre, il s'est �coul� pas moins de 2 milliards d'ann�es entre le moment ou les cellules eucaryotes (une version am�lior�e de la cellule bact�rienne) sont apparues et le moment ou elles se sont organis�es pour donner naissance � des organismes multicellulaires (plantes, animaux) suffisamment volumineux pour laisser des traces visibles dans les roches. Les pal�ontologues ne comprennent toujours pas l'origine de cette longue pause dans l'�volution, mais il est possible qu'elle soit li�e au niveau d'oxyg�ne dans l'atmosph�re. Si ce gaz a pu �tre �mis tr�s t�t par des organismes photosynth�tiques, son passage dans l'atmosph�re a �t� fortement retard� (l'oxyg�ne a effectivement du r�agir avec le fer dissous dans les oc�ans, puis avec les roches de surface, avant de pouvoir s'accumuler sous une forme libre, disponible pour les cellules, dans l'air). Il est donc possible que les cellules eucaryotes aient du attendre l'apparition d'une concentration suffisante en oxyg�ne dans l'atmosph�re pour pouvoir former des communaut�s.

Si l'on admet que la vie martienne a suivi un chemin parall�le � celui de la vie terrestre, alors les organismes multicellulaires martiens ont du appara�tre un � deux milliards d'ann�es apr�s les premi�res cellules �volu�es. Or, si les conditions sur la jeune Mars �taient vraisemblablement cl�mentes, elles se sont tr�s vite d�grad�es. Les cellules ont �t� frapp�es de plein fouet dans leur �lan vital. Elles ont disparu, sans avoir le temps de conna�tre une atmosph�re oxyg�n�e, qui leur aurait permis de s'�manciper et de former des �tres pluricellulaires. A moins de consid�rer que sur Mars, les cellules ont imm�diatement saut� le pas en formant tout de suite des organismes multicellulaires, les chances de d�couvrir des fossiles comme tout ceux que les enfants ramassent sur Terre sont pratiquement et certainement nulles. Si des fossiles existent sur Mars, ce sont des fossiles similaires � ceux qui existent dans les roches pr�cambriennes terrestres, c'est � dire les roches form�es avant 550 millions d'ann�es (date de l'apparition de la vie "visible") : des petites sph�res ou des petits b�tonnets microscopiques, qu'Opportunity, malgr� sa cam�ra microscopique, ne pourrait pas voir ...

En observant avec attention les images ramen�es par les deux robots, d'autres personnes ont �galement observ� non pas des fossiles, mais des lettres grav�es sur des roches. L'affaire n'est pas nouvelle, la lettre B ayant d�j� �t� aper�ue sur des images transmises par les sondes Viking il y a plus de 20 ans. A l'�poque, Carl Sagan avait rappel� avec humour qu'il �tait tr�s improbable que les martiens utilisent le m�me alphabet que les occidentaux ! Ce qui n'emp�che pas certaines personnes de continuer � voir aujourd'hui des lettres sur des rochers martiens ...

Ces exemples plus ou moins pitoyables montrent bien le niveau des investigations qui sont men�es par les "scientifiques" ind�pendants. Cette d�bauche de stupidit� nous conduit immanquablement � une r�flexion sur les v�ritables motivations des promoteurs du visage et de son cort�ge d'anomalies. Ceux qui d�fendent corps et �me la th�se artificielle des formations de Cydonia sont-ils juste de joyeux dingues, intimement persuad�s que Mars a �t� colonis� dans un lointain pass� par des intelligences extraterrestres, ou s'agit-il plut�t d'habiles commerciaux qui ont mis la main sur un filon prometteur dont il s'agit de tirer le maximum ? Revenons un peu en arri�re pour cerner les individus et faire connaissance avec les principaux protagonistes.

Naissance d'une escroquerie

Apr�s les premi�res r�v�lations cydoniesques de DiPietro et Molenaar, des individus qui se pr�sentent eux-m�mes comme des chercheurs ind�pendants hautement qualifi�s d�cident de s'attaquer au probl�me du visage. Pour acqu�rir plus de poids, certains forment des groupes ou mettent sur pied des organismes officiels comme la  "Society for Planetary SETI Research" (� ne surtout pas confondre avec le SETI Institute). La plupart du temps, ces soci�t�s ou instituts ne sont qu'une vulgaire fa�ade derri�re laquelle s'abrite une petite foule de charlatans.

Ces enqu�teurs publient d'ann�e en ann�e des soi-disant rapports officiels, accompagn�s d'ouvrages de vulgarisation � destination du grand-public. Sur plusieurs centaines de pages s'�talent des r�sultats scientifiques, acquis le plus souvent avec un double d�cim�tre et un rapporteur achet� au supermarch� du coin. Les travaux se r�sument facilement. Apr�s avoir prouv� par diff�rentes m�thodes l'aspect familier des reliefs observ�s sur les clich�s � faible r�solution des sondes Viking, apr�s avoir appliqu� cette b�tise qu'est la num�rologie aux formations de Cydonia et rejet� en masse toutes les explications g�ologiques, les auteurs se rabattent joyeusement sur l'hypoth�se extraterrestre. Malgr� des titres et une couverture souvent pompeuse, ces livres ne sont qu'une montagne de sp�culations toutes plus invraisemblables les unes que les autres, noy�e dans un charabia scientifique.

La premi�re analyse "rigoureuse" et "scientifique" des artefacts de Cydonia, sign�e par un certain Mark Carlotto, serait parue dans la revue "the Journal of Applied Optics" en 1988. Dans son papier, Carlotto r�fute d�j� clairement la th�se officielle du JPL, qui pr�sente le visage comme une illusion d'optique due � un jeu d'ombre et de lumi�re. Dans la litt�rature am�ricaine, le nom de Mark Carlotto est toujours pr�c�d� du pr�fixe Dr, qui signifie docteur. Pour la plupart des gens, un docteur est forc�ment une personne respectable, dont les dires ne peuvent �tre mis en doute. Les charlatans du visage de Cydonia vont �norm�ment utiliser le titre de Carlotto pour donner une aura de respectabilit� � leurs travaux.

Le deuxi�me document de r�f�rence est le tristement c�l�bre rapport McDaniel, une compilation de toutes les �tudes ind�pendantes men�es sur les constructions extraterrestres de la r�gion de Cydonia. Le document a des allures de rapport officiel et son auteur est un honorable professeur de philosophie dans une universit� californienne. Encore une fois, tout est r�uni pour mettre en confiance un �ventuel lecteur.

Mc Daniel nous explique pourquoi les conclusions des chercheurs ind�pendants doivent absolument �tre prises au s�rieux. Selon lui (et bien d'autres), la NASA ne s'est jamais pench�e s�rieusement sur les anomalies de la r�gion de Cydonia. Sur l'affaire du visage, l'agence spatiale am�ricaine aurait fait preuve d'une mauvaise foi �vidente en faisant croire � tout le monde que la question avait �t� r�gl�e, un consensus scientifique ayant d�cr�t� le visage naturel. Parce qu'ils pouvaient facilement risquer leur carri�re pour avoir oser s'aventurer dans le domaine de la recherche des intelligences extraterrestres ou parce que l'hypoth�se artificielle �tait tellement saugrenue qu'elle ne valait m�me pas la peine d'�tre prise en compte, les scientifiques ne se seraient jamais attaqu�s correctement au probl�me. Musel�e par des id�es pr�con�ues ou la peur du ridicule, la NASA n'aurait donc jamais �valu� selon un processus scientifique rigoureux les formations de Cydonia.

Pour Mc Daniel, l'agence spatiale am�ricaine aurait aussi fait preuve d'un amateurisme condamnable. La NASA aurait par exemple officiellement annonc� l'existence de photographies venant infirmer l'hypoth�se extra-terrestre, sans �tre capable de produire par la suite ces documents. Pour r�sumer, la NASA n'a pas � faire de commentaires sur le visage, car elle ne l'a pas �tudi�.

Fort de cette observation, McDaniel annonce ensuite fi�rement que les seules personnes � pouvoir se prononcer sur la question sont les enqu�teurs ind�pendants. N'ont-ils pas appliqu� � la lettre la m�thodologie scientifique pour percer la v�ritable nature du visage ? N'ont-ils pas consacr� plusieurs ann�es de leur vie � effectuer des analyses fractales, statistiques, math�matiques, photoclinom�triques et m�me anthropom�triques ?

Il faut donc accepter et reconna�tre les conclusions des enqu�teurs ind�pendants. Si les analyses montrent que le visage est artificiel, et bien c'est qu'il l'est ! Bizarrement, l'opinion de nombreux scientifiques de r�putation mondiale - qui ont pass� des dizaines d'ann�es de leur vie � observer des paysages plan�taires - n'est apparemment pas digne d'int�r�t. A ce petit jeu, on peut se demander qui est le plus aveugle ...

Outre les travaux de Carlotto et de Mc Daniel, d'autres torchons brodent all�grement autour de l'affaire du visage. Avec un peu d'imagination, on peut facilement �crire de v�ritables pav�s, d'autant plus que les possibilit�s de d�veloppement ne manquent pas. Devant les �normit�s que l'on rencontre (nous allons en d�tailler quelques-unes), il est clair que certains auteurs ne doivent m�me pas croire � ce qu'ils �crivent.

Quelques �crivains frauduleux tentent d'expliquer le r�le du visage. Celui-ci serait un phare plan�taire, un signe que les martiens nous auraient laiss� pour se faire conna�tre � travers les �ges. L'id�e en elle-m�me est assez vieille et au cours des ann�es 1890, certains avaient d�j� cru apercevoir � la surface de Mars des projections et des �clats de lumi�re, autant de signaux destin�s aux terriens (un individu avait m�me affirm� avoir pu lire le nom de Dieu �crit en h�breu sur les d�serts martiens !). Mais l'id�e de la balise conduit ici aux pires exag�rations. Le visage ne mesure que quelques kilom�tres d'envergure, et il est donc parfaitement invisible depuis la Terre, m�me au travers des plus puissants t�lescopes. Pour expliquer cet �trange paradoxe, certains n'h�sitent pas � clamer que dans un pass� plus ou moins lointain, les orbites de la Terre et de Mars devaient �tre bien diff�rentes de celles que l'on conna�t actuellement. A des �poques recul�es (comme celle de l'ancienne Egypte), les deux plan�tes avaient tr�s bien pu se fr�ler, ce qui aurait permis de distinguer le visage sans l'aide d'une quelconque lunette. Les sp�cialistes de la th�orie du chaos appr�cieront !

Pour Richard Hoagland, v�ritable gourou du visage et fondateur du groupe de recherche "Enterprise", une nouvelle physique serait encod�e dans les artefacts de Cydonia. Correctement d�crypt�e, elle pourrait conduire � la domestication d'une nouvelle forme d'�nergie, � moins qu'elle ne nous ouvre les portes de "l'hyperdimension".

D'autres auteurs essayent encore d'identifier l'esp�ce qui s'est attel�e � la construction des gigantesques monuments. Humains ou extraterrestres ? Certains exploitent le filon de la th�se de la conspiration en inventant des missions de reconnaissances secr�tes que la NASA aurait envoy� vers Mars. Les plus audacieux n'h�sitent pas � s'attaquer � l'histoire de la civilisation qui a laiss� derri�re elle les ruines de Cydonia. N'y aurait-il pas par hasard une connexion avec les pyramides d'Egypte ?

Tout comme l'espace, la connerie humaine est infinie et les livres d�di�s aux myst�res de Cydonia pourraient facilement remplir une petite biblioth�que. Le hic, c'est que cette production minable, devant laquelle tout roman Harlequin est un chef d'�uvre de litt�rature classique, est loin d'�tre gratuite. Si les auteurs ne brillent pas pour leurs comp�tences scientifiques, ils sont n�anmoins de formidables commerciaux. Parfaitement conscients de l'int�r�t du public pour le surnaturel, ils savent que le visage est un produit exceptionnel tr�s facile � vendre. Il suffit de remonter d'un si�cle en arri�re pour s'en persuader.

En 1895, Percival Lowell publie un ouvrage, intitul� tout simplement "Mars", dans lequel il explique l'origine des fameux canaux d�couverts par Schiaparelli. Ceux-ci seraient des ouvrages artificiels, creus�s par une civilisation martienne au bord du d�clin. Un ass�chement ayant frapp� la plan�te, les martiens ont �t� contraints d'irriguer les terres des r�gions �quatoriales avec l'eau des glaces polaires. La th�se de Lowell captive le public et l'ouvrage devient vite un best-seller.

Si Lowell croyait fermement � sa th�orie, des individus bien moins scrupuleux tentent aujourd'hui de lui embo�ter le pas. Attir�s par l'app�t du gain, les escrocs du visage sont bien d�cider � forger un v�ritable mythe, aussi �vocateur et puissant que celui des canaux martiens. De ce point de vue, il faut reconna�tre qu'ils ont parfaitement r�ussi. Le visage a fait la une de nombreux magazines, revues ou tablo�ds. Depuis quelques ann�es, des sites d�di�s � Cydonia fleurissent sur Internet. Nous l'avons vu, les nouvelles images de Mars Global Surveyor, bien loin d'avoir apport� une conclusion d�finitive � l'affaire du visage, ont plut�t attis� de nouveaux foyers. Des chercheurs ind�pendants appartenant au groupement SPSR reconnaissent d'ailleurs qu'ils ne s'arr�teront jamais :

"Aucun clich� du visage ne mettra fin � la controverse, car il existe dans la r�gion une vingtaine de formations anormales sur lesquelles s'appuient bon nombre de nos conclusions statistiques".

Il serait tentant d'attribuer ce comportement � un refus de courber l'�chine devant une r�alit� parfois d�cevante, la qu�te d�sesp�r�e d'une intelligence extraterrestre dans le syst�me solaire �tant en soi assez romantique. Mais les motivations qui contraignent ces individus � ne pas l�cher prise sont bien plus terre � terre. On ne le r�p�tera jamais assez, le visage de Mars c'est d'abord un business. Depuis de nombreuses ann�es, Richard Hoagland ne cesse par exemple de multiplier les apparitions � la t�l�vision ou � la radio pour clamer � qui veut l'entendre ses th�ories sur le visage et la conspiration de la NASA, ou faire de la publicit� � son livre, ses cassettes vid�os ou ses s�minaires. Sachant se montrer convaincant, dot� d'un esprit cr�atif et surfant sur la fascination que Mars exerce sur les hommes depuis des mill�naires, Hoagland a parfaitement compris que les anomalies martiennes pouvaient le faire vivre et lui assurer une certaine renomm�e, au moins dans certains cercles soit disant avant-gardistes. Certes, l'aspect commercial n'explique peut-�tre pas tout. Alors que Lowell tirait son �nergie et sa cr�ativit� d'une hypomanie, il est probable que Hoagland soit un individu parano�aque et narcissique, ces traits de caract�re trouvant parfaitement � s'exprimer dans le complot du visage. Au travers de ses activit�s, Hoagland est peut-�tre � la recherche d'une reconnaissance qu'il n'a pas eu quand il �tait journaliste. Dot� d'une imagination d�bordante, il refuse certainement d'affronter la r�alit�, et pr�f�re s'�chapper dans une fantasmagorie rassurante (sur son site web, baptis� Enterprise en hommage au c�l�bre vaisseau de Star Trek, il s'adresse au lecteur � la fa�on du capitaine Kirk, dans un style parfois plus qu'enfantin). Le seul myst�re qui entoure ce personnage est finalement de savoir s'il croit ou non toutes les absurdit�s qu'il d�bite ...

Avec la masse de donn�es � leur disposition et leur incroyable obstination, il est fort probable qu'un jour ou l'autre, les chercheurs ind�pendants mettent la main sur une structure aussi sensationnelle, sinon plus, que le visage de Mars. Quant � ce dernier, alors m�me que les derni�res images de Mars Global Surveyor ont lev� le doute, il continue � fasciner. Ne dit-on pas que quand la l�gende d�passe la r�alit�, on oublie la r�alit�, et on imprime la l�gende ?

La v�rit� est ailleurs

Ce n'est pas un hasard si d�s la premi�re saison de la c�l�bre s�rie X-Files, Fox Mulder et Dana Scully sont confront�s � la funeste pr�sence du visage martien. Dans un �pisode intitul� "Espace", les deux agents du FBI sont contact�s par une technicienne de la NASA qui estime que l'�chec du dernier lancement de la navette spatiale est du � un odieux sabotage, qui aurait pu co�ter la vie � l'�quipage si le compte � rebours n'avait pas �t� arr�t� � la derni�re minute. Les soup�ons ne tardent pas � se porter sur le lieutenant-colonel Marcus Belt, � qui Mulder voue une admiration sans borne. Responsable des programmes de la navette spatiale, Belt n'a aucun int�r�t � saboter des missions, ni � mettre la vie de ses hommes en danger. Mais l'ancien astronaute est tortur� par une pr�sence fantomatique, un masque grima�ant qui revient le hanter chaque nuit.

En mettant en sc�ne le visage de Mars, l'�pisode avait tout pour �tre un hit, d'autant plus que l'on y retrouvait les deux mamelles du mythe : la nature extraterrestre du relief et un gouvernement qui oeuvre pour dissimuler la v�rit� et endormir les esprits. Dans l'�pisode, Mulder r�sume bien la situation en indiquant que "la myopie du t�lescope Hubble et la perte de Mars Observer sont li�s � une conspiration du silence". Mais le sc�nario s'est finalement r�v�l� tr�s pauvre et les fans ont boud� cette histoire peu inspir�e.

Comme Chris Carter, Brian de Palma n'a pas su �chapper aux sir�nes du visage et celui-ci figure en bonne place dans son navet "Mission to Mars". Plut�t que de faire explorer � ses astronautes les merveilles g�ologiques de la plan�te rouge, comme le volcan Olympus Mons ou le canyon de Valles Marineris (des reliefs spectaculaires pourtant parfaitement calibr�s pour Hollywood), il pr�f�re jouer les valeurs sures et situe toute l'action autour du visage, qui s'offre pour l'occasion un sacr� lifting. Le r�alisateur avait pourtant clam� haut et fort dans la presse que son film allait �tre avant tout r�aliste, et la base martienne avait m�me �t� frapp�e du c�l�bre logo bleu de la NASA. Pourtant, les astronautes ont � peine pos� le pied sur le sol rouill� de Mars qu'ils sont attir�s par une formation g�ologique intrigante, qui couronne le sommet d'une �trange colline dans la r�gion de Cydonia. Un sondage radar, entrepris pour en savoir plus, tourne vite au d�sastre en d�clenchant une gigantesque temp�te de poussi�re qui balaye comme des f�tus de paille les malheureux astronautes. Lorsque les grains de poussi�re recommencent � s�dimenter, la colline a d�voil� sa v�ritable nature. D�barrass�e de sa carapace rocheuse, la surface polie du visage martien brille au soleil. Une deuxi�me exp�dition, envoy�e sur place pour secourir les �ventuels rescap�s, pourra p�n�trer dans le visage, qui n'est autre qu'un refuge high-tech pour un extraterrestre un peu chatouilleux quand on vient le d�ranger sans pr�venir.

Conclusion

Le visage de Mars a indubitablement sa place dans le grand livre du folklore martien, alors que ce n'est au final qu'une banale colline. Paradoxalement, la r�gion de Cydonia pr�sente pourtant un �norme int�r�t du point de vue scientifique. Nous l'avons vu en introduction, les reliefs de Cydonia sont situ�s le long de la fronti�re qui s�pare les hauts plateaux de l'h�misph�re sud des basses plaines de l'h�misph�re nord. L'�tude de ces reliefs permettra peut-�tre d'en savoir plus sur cette �trange dichotomie qui coupe en deux la plan�te Mars. Les paysages de Cydonia poss�dent aussi de nombreuses ressemblances avec les d�serts froids terrestres. Ils ont probablement �t� fa�onn�s par l'action du vent, du gel et de l'�rosion fluviale. L'�tude de l'origine et de l'�ge de ces terrains sera tr�s importante pour comprendre l'�volution de la surface martienne, le r�le de l'eau et de la glace dans cette �volution et le pass� climatique de la plan�te rouge.

Quand au visage de Mars, les nombreux clich�s obtenus par les diff�rentes sondes martiennes depuis 1976 permettent de comprendre son origine. Ce soi-disant artefact extraterrestre n'est qu'une des nombreuses buttes t�moins qui caract�risent le secteur de Cydonia Mensae. Ces monticules sont le r�sultat du recul d'un ancien plateau sous les coups de butoir du vent, de l'eau et du gel. Ayant subi une �rosion intense, la plupart des mat�riaux rocheux constituant le plateau ont disparu, et seuls quelques secteurs, plus r�sistants que la moyenne, ont surv�cu, � l'image des irr�ductibles gaulois tenant t�te � l'avanc�e romaine. Ces massifs r�siduels sont le t�moignage de la pr�sence du vieux plateau, d'ou leur nom de buttes t�moins. Et, tout comme lui, elles ont �galement du finir par rendre des comptes aux forces �rosives. Leurs pentes sont ainsi souvent marqu�es par des glissements de terrain. Elles sont �galement parfois entour�es de tabliers de d�bris, des accumulations �paisses, � la surface convexe, vraisemblablement form�es d'un m�lange de d�bris rocheux et de glace.

Comme d'autres collines de ce secteur de transition entre les plaines de l'h�misph�re nord et les plateaux de l'h�misph�re sud, le visage de Mars a �t� fa�onn�e par des avalanches et des coul�es rocheuses. Son flanc est ainsi marqu� par une longue cicatrice nord-sud, t�moin de l'arrachement et du glissement d'une imposante dalle de roche. Une �bauche de tablier de d�bris est �galement visible � sa base. Le hasard a simplement voulu que l'�rosion d�coupe la butte selon des formes qui, sous le bon �clairage, rappellent un visage humain. L'imagination de l'homme a fait le reste.

Pour en savoir plus :

Go ! Liste de liens concernant le visage de Mars et les anomalies de Cydonia (page de bibliographie).

Le Visage de Mars (image Viking)

Le fameux visage de Mars appara�t pour la premi�re fois en 1976 sur un clich� pris par l'orbiteur Viking 1 � une altitude de 1873 km. Le visage est situ� dans la r�gion de Cydonia Mensae, par 41� de latitude nord et 12,8� de longitude ouest. Il mesure 2,5 kilom�tres de long, 1,5 kilom�tres de large et 400 m�tres de hauteur. En utilisant diff�rentes techniques de retouche d'image, des individus ont pu mettre � jour une foule de d�tails auparavant invisibles. Ainsi, il parait que l'on peut apercevoir des d�tails de la coupe de cheveux (� moins que ce ne soit une coiffe �voquant le n�m�s des pharaons �gyptiens), ainsi que des dents au niveau de la bouche ! (Cr�dit photo : NASA/JPL).

Mesures d'angles dans Cydonia

Des mesures d'angles tr�s complexes ont �t� r�alis�es dans Cydonia. On a ainsi retrouv� des constantes math�matiques universelles (comme le chiffre pi) ou des valeurs qui semblent omnipr�sentes au sein du complexe (comme l'angle 19,5�). En cherchant un peu, on devrait pouvoir trouver la longueur du sandwich que vous avez aval� � midi ! (Cr�dit pour l'image originale, c'est � dire sans les �neries : NASA/JPL).

Le visage de Mars vu par Mars Global Surveyor le 5 avril 1998

Vu par la cam�ra haute r�solution de Mars Global Surveyor, le visage de Mars a perdu de sa belle prestance. Pour faire ressortir les reliefs, j'ai fait un n�gatif de l'image originale, qui a ensuite �t� l�g�rement �clairci. Cette image a �t� prise le 5 avril 1998, soit plus d'une vingtaine d'ann�es apr�s celle de Viking 1 (Cr�dit photo : Malin Space Science Systems/NASA).

Le visage de Mars vu par Mars Global Surveyor le 8 avril 2001

Les amateurs de petits hommes verts, qui s'�chinent � voir dans le visage une construction d'origine extraterrestre, ne furent pas convaincus par l'image de Mars Global Surveyor dat� du 5 avril 1998. Cette derni�re avait �t� prise en plein hiver, et l'atmosph�re laiteuse, charg�e de nuages et de brumes, avait pu masquer certains d�tails essentiels. Le 8 avril 2001, Mars Global Surveyor acquis un nouveau clich� de l'�nigmatique formation, en plein �t� cette fois. Pour r�ussir la prise de vue et centrer le visage dans le champ de la cam�ra de Mars Global Surveyor, les ing�nieurs ont du incliner la sonde sur le c�t� d'un angle de 24,8�. Avec une r�solution de 1,56 m�tres par pixel (contre 43 m�tres/pixel pour le meilleur clich� Viking), c'est l'image la plus pr�cise jamais obtenue du visage de Mars. Elle ne montre rien d'autre qu'une colline fortement �rod�e, sans b�timents, astroport, voies d'acc�s ou navettes spatiales. L'altim�tre laser de Mars Global Surveyor a de plus permis de cr�er un mod�le en 3D du visage. Sa hauteur, son volume et sa surface sont similaires � celles des autres collines qui abondent dans la r�gion de Cydonia (Cr�dit photo : Malin Space Science Systems/NASA).

Le visage de Mars imag� par la sonde europ�enne Mars Express

Vue en 3D du visage de Mars obtenue par la cam�ra HRSC de la sonde europ�enne Mars Express. Le clich�, dont la r�solution est de 13,7 m�tres par pixel, a �t� pris le 22 juillet 2006 au cours de la 3253eme orbite. Une �ni�me confirmation (s'il en �tait encore besoin) de la nature purement g�ologique de cette formation (Cr�dit photo : ESA/DLR/FU Berlin/Malin Space Science Systems).

Le visage de Mars imag� par la sonde europ�enne Mars Express

Vue en 3D du visage de Mars obtenue par la cam�ra HRSC de la sonde europ�enne Mars Express. Le flanc est montre clairement qu'il s'agit d'une simple butte fa�onn�e par des glissements de terrain. L'�bauche d'un tablier de d�bris est �galement visible (Cr�dit photo : ESA/DLR/FU Berlin/Malin Space Science Systems).

Cubes de pyrite

Des cubes de pyrite, un sulfure de fer (FeS2) cristallisant dans le syst�me cubique. Pourquoi la nature serait-elle f�ch�e avec la g�om�trie ? (Cr�dit photo : droits r�serv�s).

Le D�me (Tholus) (image Viking)

Voici l'une des principales "anomalies" qui accompagnent le visage. Il s'agit du D�me (Tholus en anglais), un tumulus arrondi sur lequel on peut distinguer, � mi-chemin, une sorte de piste circulaire. Le D�me serait bien s�r artificiel (Cr�dit photo : NASA/JPL).

Le D�me (Tholus) (image Viking)

Le D�me en 3 dimensions. Si les vues en 3D permettent de se faire une bonne id�e de la forme d'un relief, elles ont aussi �t� utilis�es pour renforcer l'aspect artificiel de certaines formations. Ce genre de vues est un bel outil lorsqu'il s'agit de d�former la r�alit� (Cr�dit photo : droits r�serv�s).

La Forteresse (The Fort) (image Viking)

La Forteresse (the Fort) se retrouve en bonne place parmi les formations intrigantes qui entourent le visage de Mars. Ce clich� flou a �t� pris par un orbiteur Viking (Cr�dit photo : NASA/JPL).

La Forteresse (The Fort) (image Mars Global Surveyor)

Gr�ce � Mars Global Surveyor, nous connaissons d�sormais le v�ritable aspect de la Forteresse. Difficile d'y voir une b�tisse artificielle, ou alors elle a �t� s�v�rement bombard�e ! (Cr�dit photo : Malin Space Science Systems/NASA).

Le D�me (Tholus) (image Mars Global Surveyor)

Contrairement aux autres formations, l'image du D�me obtenue par la sonde Mars Global Surveyor est similaire � l'image Viking et la seule diff�rence concerne le gain de r�solution. Mais la colline semble cependant parfaitement naturelle (Cr�dit photo : Malin Space Science Systems/NASA).

Les pyramides d'Elysium

Les premi�res "anomalies" martiennes ont �t� d�couvertes le 8 f�vrier et le 7 ao�t 1972 dans la r�gion d'Elysium par la sonde Mariner 9. Sur deux images d�sormais c�l�bres (07794853 et 12985882), on distingue une s�rie de pyramides � trois faces. Chaque pyramide poss�de une base d'environ 3 kilom�tres et atteint une hauteur de 1 kilom�tre. Ces structures triangulaires ont fait l'objet d'un article dans la revue scientifique Icarus, mais c'est surtout l'astronome Carl Sagan qui les a popularis�s dans son ouvrage Cosmos (Cr�dit photo : NASA/JPL).

La Cit� Inca (images Mariner 9 et Mars Global Surveyor)

La "Cit� Inca", photographi�e par la sonde Mariner 9 en 1972. A l'instar du visage de Mars, cette �tonnante structure, situ�e pr�s du p�le sud (latitude 82� S, longitude 67�W), constitue un autre sujet de controverse. En 2002, la sonde Mars Global Surveyor a montr� que la Cit� Inca fait partie d'une structure circulaire de 86 kilom�tres de diam�tre (en bas), qui �voque immanquablement un ancien crat�re d'impact (combl� par des s�diments puis partiellement exhum� par l'�rosion). Les cr�tes rectilignes qui constituent la Cit� pourraient �tre des fractures (du socle rocheux ou du mat�riau ayant enseveli le crat�re) combl�es par des remont�es de laves (dykes). Apr�s son �panchement dans les fissures (qui ont constitu� une sorte de moule naturel), les murets de lave ont refroidi et ont ensuite �t� d�gag�s par l'�rosion (cette derni�re ayant attaqu� pr�f�rentiellement les roches encaissantes plus tendres) (Cr�dit photo : NASA/JPL).

Le geyser de Leonard Martin

En ao�t 1980, un chercheur du Lowell Observatory, Leonard Martin, publie une �tude surprenante. Sur deux images prises � 4,5 secondes d'intervalle par l'orbiteur Viking 1 au-dessus de la r�gion de Sinai Planum (sud de Valles Marineris), on distingue un panache blanc en pleine expansion. Selon Leonard Martin, il pourrait d'agir d'une colonne d'eau ou d'un panache de vapeur �mis par un geyser. Pour de nombreux chercheurs ind�pendants, la NASA n'a jamais voulu reconna�tre l'importance de ces deux clich�s (Cr�dit photo : NASA/JPL).

Les Twin Peaks (image Pathfinder)

Ils sont partout ! Le site d'atterrissage de Pathfinder n'a pas �chapp� aux fanatiques du visage martien. Les deux pics jumeaux (Twin Peaks) seraient le sommet de deux pyramides enterr�es sous des tonnes de s�diments ! (Cr�dit photo : NASA/JPL).

Derni�re image de Phobos 2

Les petits bonhommes verts ne se sont pas cantonn�s � la surface de Mars, et ils ont aussi d�cid� d'investir l'orbite martienne. Le 27 mars 1989, la sonde sovi�tique Phobos 2 s'�vanouit brutalement sans laisser de traces, alors qu'elle s'appr�tait � survoler le plus gros des deux satellites de Mars, Phobos. Quelques heures avant sa disparition, le radiom�tre infrarouge TERMOSCAN a renvoy� une �trange image. Outre le satellite Phobos, on peut y apercevoir une fine tra�n�e blanche. Pour certains, cette ligne n'�tait autre qu'un vaisseau spatial martien de belle taille : avec ses 21 kilom�tres de longueur, celui-ci n'a rien � envier aux destroyers stellaires de la Guerre des Etoiles ! L'�norme b�timent immortalis� sur ce clich� aurait �t� responsable de la perte de la sonde Phobos 2, qui a peut-�tre �t� pulv�ris�e par une salve de batteries turbolasers. Plus s�rieusement, il s'agissait simplement de l'ombre de la lune sur la surface de la plan�te Mars, qui �tait � ce moment l� dans le champ de l'instrument. Ah, quand l'imagination s'en m�le ... (Cr�dit photo : droits r�serv�s).

Le visage de Mars dans "Mission to Mars"

Pour attirer le public, Brian de Palma n'a pas su r�sister aux appels du visage dans son dernier film Mission to Mars. On voit ici la c�l�bre colline telle que les astronautes la d�couvrent (il faut avouer qu'elle est assez bien repr�sent�e). Dans le film, les explorateurs sont attir�s par l'�trange pointe blanche qui perce le sommet du monticule (Cr�dit photo : � Touchstone Pictures. All Rights Reserved).

Le visage de Mars dans "Mission to Mars"

Apr�s nettoyage, voici � quoi ressemble le visage de de Palma. Assez tendance vous ne trouvez pas ? (Cr�dit photo : � Touchstone Pictures. All Rights Reserved).

Visite du visage de Mars dans le jeu Zak McKracken

Le cin�ma n'a pas �t� le seul � s'appuyer sur la notori�t� du visage de Mars pour fasciner les foules. Les jeux vid�o se sont �galement appropri�s ce lieu pour envo�ter les joueurs, � l'image du mythique Zak McKracken de LucasArts (Cr�dit photo : droits r�serv�s).

Litt�rature de supermarch�

De nombreuses personnes restent fermement convaincues que le visage est artificiel et que le gouvernement am�ricain fait tout pour cacher la v�rit�. Paradoxalement, ces m�mes personnes se voilent la face devant des questions plus terre � terre, comme la v�ritable motivation des auteurs de certains bouquins. Les livres sur le visage et les anomalies de Cydonia pullulent et les auteurs jouent sur l'ignorance crasse et le manque d'esprit critique du public pour gonfler leur compte en banque. Heureusement pour nous, ces bouquins occupent uniquement (mais pour combien de temps ?) les �tag�res des librairies am�ricaines (Cr�dit photo : droits r�serv�s).

Le square central (image Mars Global Surveyor)

Cette image de l'esplanade a �t� prise par la sonde Mars Global Surveyor lors d'un survol en 1998. D'apr�s nos experts en civilisation extraterrestre, on peut toujours apercevoir quatre pyramides en ruines avec une superstructure nettement g�om�trique. Les taches blanches seraient dues � la r�flexion du Soleil sur des panneaux vitr�es. Les pyramides seraient donc constitu�es de verre ! (Cr�dit photo : Malin Space Science Systems/NASA).

Pyramides egyptiennes vues par Ikonos

Voici ce que les fans du visage de Mars auraient voulu trouver sur les images de la sonde Mars Global Surveyor : des belles pyramides bien nettes, avec des routes et des habitations. D�sappoint�s par les clich�s r�els, ils feront appel � leur imagination pour apercevoir malgr� tout des structures artificielles. Cette image des pyramides �gyptiennes de Gizeh a �t� prise par le satellite espion civil Ikonos le 17 novembre 1999. La r�solution, de 1 m�tre/pixel, est comparable � celle des meilleures images de Mars Global Surveyor (1,4 m�tres/pixel) (Cr�dit photo : Space Imaging).

Les monolithes de Mars

Prise le 21 mai 1999, cette image de Mars Global Surveyor montre une s�rie de pyramides sombres, interpr�t�e comme des monolithes noirs d�passant des glaces de la zone bor�ale (Cr�dit photo : Malin Space Science Systems/James Fitzhugh).

Le lapin et le crino�de d'Opportunity !

Terra Meridiani, le site d'atterrissage du rover Opportunity, regorge d'animaux : � gauche un lapin vivant (mais qui finira �cras� sous les roues du rover, selon les dires de certains !) et un crino�de fossile (dont le sort ne sera pas plus enviable : il sera effectivement r�duit en poussi�re par la ponceuse du robot !) (Cr�dit photo : NASA/JPL).

Une pyramide de la Cit� (image Mars Global Surveyor)

Un agrandissement (au-del� du raisonnable) du sommet de l'une des pyramides de la Cit�. L'image provient de la sonde Mars Global Surveyor. Il para�t que l'on voit clairement l'architecture du b�timent, avec de nombreuses chambres. Quelqu'un peut m'indiquer ou sont les toilettes ? (Cr�dit photo : Malin Space Science Systems/NASA).

Un quartier r�sidentiel sur Mars ! (image Mars Global Surveyor)

Un quartier r�sidentiel extraterrestre situ� autour de la Cit�, compar� � son homologue am�ricain. Il n'y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir, et l'affaire de Cydonia illustre parfaitement cette maxime. Les zigotos qui sont � l'origine de cette �tonnante comparaison feraient bien de se rendre compte qu'ils sont tomb�s bien bas (Cr�dit pour l'image du haut prise par Mars Global Surveyor : Malin Space Science Systems/NASA).

Des pipelines sur Mars ! (image Mars Global Surveyor)

La je ne sais plus s'il faut rire ou pleurer. Voici en effet des pipelines martiens (rien que �a) � proximit� du site d'atterrissage de Pathfinder, dans Ares Vallis. Le pire, c'est que l'auteur de ce montage grotesque ne blaguait sans doute pas ! (Cr�dit pour l'image du haut prise par Mars Global Surveyor : Malin Space Science Systems/NASA).

Soucoupe volante martienne (image Mars Global Surveyor)

J'ai gard� le meilleur pour la fin : la traditionnelle soucoupe volante, sur une image de la sonde Mars Global Surveyor ! Ils sont pas b�tes les martiens. Pour qu'elle soit bien visible, ils l'ont gar� dans Ophir Chasma, l'un des canyons de Valles Marineris ! Qu'en pense Fox Mulder ? (Cr�dit photo : Malin Space Science Systems/NASA).

 

Le crat�re Galle photographi� par Mars Global Surveyor

La plan�te Mars est peut �tre aust�re, mais certains de ses crat�res ne manquent pas d'humour. La preuve avec le crat�re d'impact Galle, une d�pression de 230 km situ�e sur la bordure est d'Argyre Planitia. Difficile de ne pas voir ici un visage souriant (un smiley si vous pr�f�rez !) avec deux yeux et une bouche. Une vision bien plus sympathique que celle du fameux visage martien. Le visage souriant (Happy Face en anglais) avait �t� rep�r� pour la premi�re fois sur les images de l'orbiteur Viking 1 en 1976 (Cr�dit photo :  Malin Space Science Systems/NASA).

Le coeur de Mars (image Mars Global Surveyor)

Un excellent exemple des formes famili�res que l'on peut retrouver � la surface d'une plan�te. Sur le flanc est du volcan Alba Patera, la sonde Mars Global Surveyor a immortalis� une d�pression en forme de c�ur de 2,3 kilom�tres d'envergure, form�e suite � l'effondrement du terrain (Cr�dit photo :  Malin Space Science Systems/NASA).

Plan du secteur de Cydonia (mosaique Viking)

Carte touristique de la r�gion de Cydonia. Les noms sont tous originaux, � l'exception du Mirador que j'ai invent� pour d�signer la pyramide � trois faces qui flanque le crat�re d'impact en haut � droite. Si vous voulez visiter le site, je vous recommande cet itin�raire exclusif : Commencez par rendre hommage aux deux d�couvreurs du complexe de Cydonia, DiPietro et Molenaar, en visitant leur pyramide "D&M" � cinq faces. Partez ensuite vers le nord-est pour rejoindre la colline du D�me. Un chemin praticable parcourant le monticule vous conduit facilement au sommet. L'acc�s �tait autrefois payant (car le panorama est grandiose), mais �tant donn� que les propri�taires sont partis depuis longtemps, ce serait dommage de ne pas en profiter. Rejoignez ensuite la falaise, un sentier agr�able et ombr� serpente tout du long. Les plus courageux pourront escalader le rempart du crat�re d'impact pour jeter un oeil sur le Mirador. Terminez cette randonn�e en visitant le clou du spectacle, le visage lui-m�me, avant de regagner la Cit� (il est possible de faire un petit crochet par la Forteresse, mais l'acc�s au b�timent est condamn� en raison des risques d'�boulements des murs de fortification). Le camping est autoris� au niveau de l'esplanade (le Square) et vous pourrez donc planter votre tente-bulle au beau milieu de ces ruines mill�naires. Lorsque le Soleil se couchera et que les premi�res �toiles appara�tront dans le ciel, allumez votre torche � plasma et positionnez l'injecteur auxiliaire sur le mode sodium, pour colorer les flammes en orange. La r�flexion de la lumi�re dor�e du brasier sur les panneaux vitr�s des anciennes pyramides de la Cit� est un spectacle � couper le souffle, aussi po�tique qu'un coucher de soleil devant les pyramides �gyptiennes. A bien y penser, l'endroit serait id�al pour monter un parc d'attraction � th�mes. On pourrait par exemple y traiter de la cr�dulit� humaine ! (Cr�dit photo : NASA/JPL).

A lire ou regarder

Mission to Mars
(Blue Ray)
Mission to Mars
(DVD)
Vestiges
sur Mars
Le myst�re
de Mars
Les visages
de Mars
R�alisateur : Brian de Palma
Genre
: Science Fiction
Sortie : Mai 2000
Dur�e : 1h53

R�alisateur : Brian De Palma
Genre
: Science Fiction
Sortie : Mai 2000
Dur�e : 1h53

Auteur : Nicolas Montigiani
Editeur
: Le temps pr�sent
Parution : F�vrier 2013
Epaisseur : 148 pages

Auteur : Graham Hancock
Editeur
: Edition du Rocher
Parution : Novembre 2000
Epaisseur : 363 pages

Auteur : Jean-Jacques Nguyen
Editeur
: Belial
Parution : Mai 1998
Epaisseur : 174 pages

 

Labrot � 1997-2026. Derni�re mise � jour : 5 janvier 2007. Des commentaires, corrections ou remarques ? N'h�sitez pas, �crivez moi! index