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Notes
Goethe en particulier était persuadé que Hegel était un grand esprit qui ne pouvait s’exprimer que difficilement. Cf. Gunther Nicolin (Hg.) (1970), Hegel im Bericht seiner Zeitgenossen, Hamburg, Meiner, p. 54.
Alexandre Foucher de Careil (1862), Hegel et Schopenhauer, Paris, Hachette p. 126.
Voir entre autres : Alexis Philonenko (1988), « Le langage de Hegel » in Hegel, Foi et savoir : Kant, Jacobi, Fichte (trad. Philonenko, Lecouteux), Paris, Vrin, p. 83-88 ; Gwendoline Jarczyk et Pierre-Jean Labarrière, « Présentation » in :Hegel (1972), Science de la logique, Paris, Aubier, vol 1, p. XXVss.
« Hegel, malgré toutes les causes objectives d’obscurités que l’on allègue, aurait pu s’exprimer plus clairement s’il l’avait voulu. », Jacques D’Hondt (1982), Hegel et l’hégélianisme, Paris, PUF, p. 37.
Voir Herbert Schnädelbach (2000), Hegels praktische Philosophie. Ein Kommentar der Texte in der Reihenfolge ihrer Entstehung, Fankfurt, Suhrkamp.
Voir le commentaire de Karl-Heinz Ilting à ce propos. Cf. Hegel (1974), Vorlesungen über die Rechtsphilosophie, Stuttgart, Fromann-Holzboog, Band 4, p. 907-913.
« Dass die nicht Philosophen die Philosophen, so wie auch diese selbst einander, nicht verstehen, ist eine alte Klage. Dass aber dennoch der Philosoph, der doch verstanden seyn will, diesem Uebel nicht abzuhelfen sucht, und immer getrost fortfährt, seine Geistesproducte Andern vorzulegen, und sie ihrem Schicksal zu überlassen, beruht, ausser dem Mangel an Vermögen den Grund dieses Uebels einzusehen, auch auf einer philosophischen Eitelkeit, und Liebe zur Bequemlichkeit. », Salomon Maimon, « Die philosophische SprachVerwirrung », Philosophisches Journal, 1797, B VII, p. 213.
Ari Simhon, « Hegel sans secret. Notes sur l’exotérisme hégélien » in Hegel (2007), Qui pense abstrait ?, Paris, Hermann, p. 43ss.
Cf. Hegel, Phänomenologie des Geistes, GW 9, p. 47, trad. Jarczyk, Labarrière, p. 83. Pour référer aux oeuvres complètes, on utilise la mention GW (suivi du numéro du volume concerné) qui renvoie à : Gesammelte Werke. In Verbindung mit der deutschen Forschungsgemeinschaft herausgegeben von der Nordrhein-Westfällischen Akademie der Wissenschaften, Hamburg, Felix Meiner Verlag, 1968 ff. On fera suivre la référence à l’édition critique de la référence à une traduction française, quand celle-ci existe. On indiquera alors seulement le nom du traducteur et la pagination. On retrouvera aisément, au besoin, la référence complète dans la bibliographie qui suit l’article.
L’introduction à la Science de la logique dans la version de l’édition de 1832 exprime bien le positionnement des préfaces et des introductions par rapport à la science qu’est, chez Hegel, la logique ou la philosophie en général. Il s’agit « par quelques éclaircissements et réflexions, dans un sens ratiocinant et historial, de rendre plus accessible à la représentation le point de vue à partir duquel cette science est à considérer. »,Hegel, Wissenschaft der Logik, GW 21, p. 27, trad. Jarczyk, Labarrière, p. 20.
Dans une lettre à son disciple Hinrichs, Hegel déplore que celui-ci n’eut inséré à son manuscrit « des adjonctions extérieures, afin de mieux initier le lecteur » (lettre à Hinrichs du 7 avril 1821). Hegel, Briefe von und an Hegel, édition de Johannes Hoffmeister, Hamburg, Meiner, 1954, p. 254, trad. Carrère, vol 2, p. 223 ss.
« La philosophie est nécessairement et par nature ésotérique et on n’a pas besoin de la tenir secrète car elle l’est bien plutôt par elle-même. » F. W. J. Schelling (1987), Sämmtliche Werke, Stuttgart, Cotta, vol. IV, p. 232 ; Bruno ou du principe divin et naturel des choses, trad. Rivelaygue, Paris, L’Herne, Paris, p. 57. Hegel, lors de sa collaboration avec Schelling à Iéna, semble partager un temps avec ce dernier une conception ésotérique de la philosophie. Il écrit alors que : « la philosophie est par nature quelque chose d’ésotérique, qui n’est pas fait pour le vulgaire, ni pour être mis à la portée du vulgaire ; elle n’est philosophie qu’autant qu’elle s’oppose précisément à l’entendement et du même coup, bien d’avantage au commun […] : pour ce sens commun, le monde de la philosophie est en soi et pour soi un monde renversé » (Hegel, Über das Wesen der philosophischen Kritik überhaupt und ihr Verhältnis zum gegenwärtigen Zustand der Philosophie insbesondere, GW 4, p. 125 ; trad. Fauquet, p. 94-95). Hegel considère toutefois déjà que cet ésotérisme de la philosophie n’est pas sans rémission pour peu que le commun se départît de ses croyances et fasse l’effort de s’élever au point de vue de la science.
Hegel, Über das Wesen der philosophischen Kritik, GW 4, p. 125, (trad. Fauquet, p. 95).
Hegel, Phänomenologie, GW 9, p. 23, (trad. Jarczyk, Labarrière, p. 40). On ne sent ici que trop bien l’attitude radicalement opposée au Schelling des Fernere Darstellungen pour qui il convenait « de trancher net l’accès à la philosophie et de l’isoler par tous les côtés du savoir commun de façon qu’aucun chemin ni aucun sentier ne puisse mener de lui à elle », Schelling , Sämmtliche Werke, Stuttgart, Cotta, vol. IV, p. 362.
Cf. John L. Austin, How to do Things with Words, Cambridge (Ma), Harvard University Press, 1975², p. 161ss.
Hegel, Wissenschaft der Logik, GW 12, p. 130, trad. Jarczyk, Labarrière, vol 3, p. 212-213.
Hegel, Phänomenologie, GW 9, pp. 13-14 (trad. Jarczyk, Labarrière, p. 69).
« La cloison entre la terminologie de la philosophie et celle de la conscience commune reste encore à percer », Hegel, Schriften und Entwürfe (1799 -1808), GW 5, p. 501 (68), trad. Colliot-Thélène, Jarczyk, Kervégan, Labarrière, Lacroix, Lécrivain, Longuenesse, Souche-Dagues, Waisgrus, p 79. « Luther a fait parler la Bible en Allemand, vous Homère, (…) je voudrais pour ma part tenter d’apprendre à faire parler allemand la philosophie. », Hegel, Briefe I, p. 99, trad. Carrère, vol I, p. 96. De même que Luther n’aurait pu accomplir sa Réforme sans traduire la Bible en allemand (Hegel, Vorlesungen über die Geschichte der Philosophie, édition de Eva Moldenhauer, Karl Markus Michel, Frankfurt, Suhrkamp, 1971, p. 52), la nouveauté philosophique de Hegel est indissociable d’un travail sur la langue : la philosophie doit se dire dans le langage naturel, à défaut de quoi elle ne se réalise pas, elle ne peut faire tenir ensemble sa lettre et son esprit.
Ari Simhon (2003), La préface de la Phénoménologie de l’esprit, Bruxelles, Ousia, p.166.
Schelling (1983), Contributions à l’histoire de la philosophie moderne (trad. Marquet), Paris, PUF, 1983, p. 179.
On ne peut pas citer ici exhaustivement les innombrables critiques de Schopenhauer à l’égard de l’idéalisme allemand (et de Hegel, en particulier). Citons en deux à titre d’exemple. « Le caractère distinctif de la philosophie de l’école dite post-kantienne, prise dans son ensemble, est la malhonnêteté ; ses constituants sont le brouillard, la fumée, et ses objectifs sont des intérêts personnels. Ses défenseurs sont intéressés à paraître, non à être : par suite, ce sont des sophistes, pas des philosophes ». Arthur Schopenhauer (2005), Parerga et paralepomena. Petits écrits philosophiques, trad. Jean-Pierre Jackson, Paris, Coda, p. 29. « En toute équité, je me dois de mentionner que pour faire tourner ce moulin bruyant, un procédé spécial est souvent employé, dont l’invention est imputable à Messieurs Fichte et Schelling. Le truc consiste à artistiquement écrire d’une façon obscure, c’est-à-dire incompréhensible ; la vraie subtilité consiste à arranger son galimatias de manière à faire croire au lecteur que c’est lui qui se trompe s’il ne le comprend pas, alors que l’écrivain sait très bien qu’il est seul responsable, vu qu’il ne dit rien de réellement compréhensible, c’est-à-dire de clairement pensé. Sans ce procédé, MM. Fichte et Schelling n’auraient pu établir leur pseudo-gloire ; mais on sait bien que personne n’a pratiqué ce même truc aussi effrontément et au même degré que Hegel. », Ibid., p.142.
La critique du mythe du donné est à la suite de Sellars un lieu commun des lectures « analytiques » de Hegel. Voir par exemple : John McDowell (2003), « Hegel and the Myth of the Given », in Wolfgang Welsch & Klaus Vieweg (Hg.), Das Interesse des Denkens. Hegel aus heutiger Sicht, München, Fink Verlag, p. 75-88.
Plusieurs commentateurs ont fortement insisté sur le thème de la décision chez Hegel. Voir Éric Weil (1996), Logique de la Philosophie ; Pierre-Jean Labarrière (1981), Introduction à une lecture de la Phénoménologie de l’esprit, Aubier ; Bernard Bourgeois (1992), Études Hégéliennes. Raison et décision, Paris, PUF ; Franck Fischbach (1999), Le commencement en Philosophie. Étude sur Hegel et Schelling, Paris, Vrin ; Emmanuel Cattin (2004), La décision de philosopher, Hildesheim, Olms.
« Es kommt nach meiner Einsicht, welche sich nur durch die Darstellung des Systems selbst rechtfertigen muß, alles darauf an, das Wahre nicht als Substanz, sondern eben so sehr als Subjekt aufzufassen und auszudrücken », Hegel, Phänomenologie, GW 9, p.18, trad. Jarczyk, Labarrière, p. 33.
« im Körperlichen hat das Wasser die Funktion dieses Mediums; im Geistigen, insofern in ihm das Analogon eines solchen Verhältnisses stattfindet, ist das Zeichen überhaupt und näher die Sprache dafür anzusehen », Hegel, Wissenschaft der Logik, GW 12, p. 150 (trad. Jarczyk, Labarrière, p. 242).
En reconnaissant l’origine spirituelle du donné, on passe du registre factuel à celui normatif des concepts, on fait de l’objet donné un « esprit parent », on le comprend comme généré par une puissance, le langage, qui médiatise notre rapport à nous-mêmes en tant qu’appartenant à une communauté fondée en raison. Dans la mesure où l’objet perçu contribue à la sémantique de l’esprit dont on est une figure, on le considère comme digne de notre attention. C’est pour cela qu’il nous inter-esse au sens fort.
Hegel entend expliquer la pensée de l’intérieur. Le développement intensif de la pensée d’une conscience inscrite dans un monde spirituel consiste alors à libérer le sens des discours ayant cours ou si l’on préfère de libérer le « vouloir dire » des « dires » prétendant à la science. Il n’y a pas pour Hegel de discours, qui en tant que simplement posé soit vrai, car l’objectivité de la vérité ne se réalise que dans et par un sujet s’y décidant. Hegel se refuse dès lors à tout formalisme, car on ne peut se couper de la synthèse subjective sans perdre un aspect constitutif du sens. Ce faisant, Hegel se prive toutefois aussi des avantages que Ladrière attache aux formalismes : transformation, simplification, extension et auto-contrôle. Cf. Jean Ladrière (1977), Les enjeux de la rationalité. Le défi de la science et de la technologie aux cultures, Paris, Aubier-Montaigne.
Theodor W. Adorno, Max Horkheimer (1974), Dialectique de la raison. Fragments philosophiques, trad. Kaufholz, Paris, Gallimard, p. 172‑173.
Hegel (1993), Phénoménologie de l’esprit, trad. Jarczyk et Labarrière, Paris, folio, vol 1, p. 45. On retrouve également cette idée chez le grand héritier de Hegel qu’est Eric Weil. « Le discours « abstrait » peut prévenir le danger de la compréhension en surface qui fait qu’on ne se croit pas obligé de tout contrôler, parce qu’on pense avoir affaire à du connu […], l’impression du connu n’est qu’une impression, la suite d’habitudes sentimentales ou verbales, un mode de connaissance inadéquat quand on s’est décidé, non à sentir, mais à comprendre. Il est à craindre que la facilité de la lecture ne soit, en matière de philosophie, un obstacle à l’appropriation et au jugement pertinent. », Éric Weil (1996), Logique de la philosophie, Paris, Vrin, p. 86.
Pour Adorno, la généralisation du principe de transparence a conduit les hommes à s’engoncer dans les usages établis. « Seuls ce qu’ils n’ont pas à comprendre leur paraît compréhensible ; ce qui est réellement aliéné, le mot usé à force d’avoir servi, les touche parce qu’il leur est familier. », Theodor Wiesengrund Adorno 1980), Minimalia Moralia, Paris, Payot , § 64, p. 98.
Adorno, Theodor Wiesengrund (1963), « Skoteinos oder wie zu lesen sei » in Drei Studien zu Hegel, Suhrkamp, Frankfurt a. M.
Cf. La Selbstanzeige de la Phénoménologie parue dans la gazette de Bamberg des 28 juin et 9 juillet 1807 citée en appendice de la traduction de Jarczyk et Labarrière de la Phénoménologie, p. 944.
« Hegel nimmt die Sprache nicht wie Schelling als ein gegebenes Werkzeug, dessen ihm selbst innewohnenende Beschaffenheit und durch es selbst bedingte Gebrauchsweise dem Denken gewisse unüberschreitbare Grenzen steckt und feste Bahnen vorschreibt, sondern er zwingt diesem Werkzeug seinen eigenen Geist auf, er macht es zu einem Willen – und kraftlosen bloβen Mittler, er sucht den Widerstand, den es ihm entgegengesetzt, zu brechen un der erweitert dadurch die Grenzen der Ausdrucksmöglichkeit. », Richard Kroner (1924), Von Kant bis Hegel, Tübingen, Mohr Verlag, vol II, p. 210.
A titre d’exemple, McTaggart écrit au sujet de la logique hégélienne que « la catégorie de vie ne s’applique pas seulement à ce qui est fréquemment appelé être vivant, mais est également vrai de toute réalité », John McTaggart (1964), A Commentary on Hegel’s Logic, New York, Russel & Russel, p. 274). Prenant appui sur de telles reformulations de concepts courants, Rosenfield n’hésite pas à dire que « Hegel aurait dû mieux soigner l’emploi de certains mots, mettant en relief avec une plus grande force, l’enchaînement logique de différenciation d’une identité qui se situe au niveau de la pensée pure, tout en prenant des précautions avec certains concepts issus de sciences réelles, comme s’il avait affaire à une réalité empirique », Denis L. Rosenfield (2007), « Comment peut-on parler de la vie chez Hegel », Revue philosophique de la France et de l’étranger, p. 9. On notera que le reproche n’est pas neuf. Louis-Alexandre Foucher de Careil note dès 1862 dans son commentaire que dans les livres de Hegel, il « est question, dans le domaine intellectuel pur, de naissances et de morts, comme sur les registres d’une municipalité, et d’attraction et de répulsion, comme dans un livre de physique. Il y parle d’une substance logique, jusqu’à ce jour insaisissable à nos alambics, sur laquelle il travaille comme un autre sur l’oxygène ou le gaz carbonique, qui vit et se meut en nous et dans les choses, et cette substance est l’idée.», Alexandre Foucher de Careil, Hegel et Schopenhauer. Études sur la philosophie allemande depuis Kant jusqu’à nos jours, Paris, Hachette, 1862, p. 127.
Ce concept, introduit par Peirce (Charles Sanders Peirce, Collected Papers, II et IV, Cambridge, Mass., 1932, 1934), et repris notamment par Jakobson, signifie que chaque signe ne peut être compris qu’à la lumière d’autres signes qui l’éclairent ou l’interprètent. En soulignant le caractère linguistique de la sémantique, la notion de Peirce fait signe vers l’idée quinéenne d’un holisme sémantique, qu’on retrouve aussi chez Hegel. Cf. Robert Brandom (2001), « Holism and Idealism in Hegel’s Phenomenology », Hegel-Studien, n°36, p. 57-92.
Hegel utilise cette expression parlante – en français dans le texte – pour décrire ce qu’exige l’étude de la philosophie. Voir Hegel, Differenzschrift, GW 4, p. 11, trad. Mery, p. 85.
Voir à ce sujet : Guillaume Lejeune (2010), « Système et langage chez Hegel à la lumière du concept logique de paraconsistance », Mosaique, 2010, p. 67-85.
C’est du moins, ce que nous montre Platon dans le Théétète. On trouvera une intéressante mise en parallèle de l’ouverture de la Phénoménologie et du Théétète dans : Andreas Graeser (1985), « Hegels Kritik der sinnlichen Gewißheit und Platons Kritik der Sinneswahrnehmung im Theaitet », Revue de Philosophie Ancienne, p. 39-57.
On peut y voir là une thèse expressionniste qu’approfondiront dans la lignée de Herder et Hegel, des philosophes comme Charles Taylor, Robert Pippin ou encore Eric Weil.
Comme le remarque Bodammer, la conscience sensible a déjà un monde idéel organisé dans le langage. Cf. Theodor Bodammer (1969), Hegels Deutung der Sprache: Interpretationen zu Hegels Ausserungen über die Sprache, Hamburg, Meiner, p. 72), ce n’est donc pas le langage, comme le voudrait Josef Simon (Das Problem der Sprache bei Hegel, Stuttgart, Kohlhammer, 1966, p. 20) qui, à proprement parler, met en branle le mouvement philosophique, mais la mise en question du rapport naïf au langage (Theodor Bodammer (1969), Hegels Deutung der Sprache, p. 83).
Pour Feuerbach, deux attitudes sont possibles dans la certitude sensible : douter du langage ou douter du savoir de la certitude sensible. Selon lui, le doute quant au langage est l’attitude que la conscience sensible suivrait. « Pour la conscience sensible, le langage est justement l’irréel, le nul. Comment donc la conscience sensible peut-elle trouver ou voir sa réfutation dans l’impossibilité de dire l’être singulier ? C’est une réfutation du langage que la conscience sensible trouve justement dans ce fait et non pas une réfutation de la certitude sensible. »,Ludwieg Feuerbach (1960), « Contribution à la critique de la philosophie de Hegel. (1839) » in Manifestes philosophiques (trad. Althusser), Paris, PUF, p. 38. En bref, selon Feuerbach, la conscience conserverait son « vouloir dire » et accuserait le langage de ne pas être à même de traduire ses visées. Mais, dans la mesure, où pour Hegel, il n’y a de conscience que dans le langage, on comprend bien qu’une telle attitude consisterait à perdre le « vouloir dire » en éliminant le « dire ».
On retrouve ce concept au coeur du projet de Liebrucks qui est d’amener l’homme à la conscience de son caractère linguistique (Den Menschen auf den Stand der Sprachlichkeit seines Bewusstseins zu bringen!). Bruno Liebrucks (1964), Sprache und Bewußtsein, Band 1, Einleitung, Spannweite des Problems : von den undialektischen Gebilden zur dialektischen Bewegung. Akademie, Frankfurt, p. 2. Le concept est ensuite repris et popularisé par Josef Simon dans son livre sur Hegel. Cf. Josef Simon (1966), Das Problem der Sprache.
Jonathan Swift (1965), « Voyage à Balvidar », Les Voyages de Gulliver (1726), Œuvres complètes, trad. É. Pons, Gallimard, La Pléiade, p. 194-195.
Jean Quillien (1968), « Langage et esprit objectif », in Actes du Congrès Hegel de Lille, PUL, p. 306.
Christophe Laudou (2003), L’esprit des systèmes. L’idéalisme allemand et la question du savoir absolu, Paris, L’Harmattan, p. 81.
Cf. Jacques Gauvin (1970), « ‘Für uns’ dans la Phénoménologie de l’esprit », Archives de Philosophie, oct.-déc., p. 574-579.
Pierre-Jean Labarrière (1968), Structures et mouvement dialectique dans la Phénoménologie de l’esprit de Hegel, Paris, Aubier-Montaigne, p. 216ss.
Dans le chapitre ici, nous utilisons les registres du discours que sont l’interprétation, la narration, l’argumentation et la reconstruction dans le sens défini par Jean-Marc Ferry (1991), Les puissances de l’expérience, Paris, Cerf, tome I. Pour un exposé plus succinct, voir Jean-Marc Ferry (2004), L’éthique reconstructive, Paris, Cerf, p. 61-62.
C’est du moins ce que Hegel écrit dans ses notes préparatoires à la seconde édition de sa Phénoménologie. Cité en appendice dans la traduction de Jarczyk et Labarrière, p. 951.
Voir Dominique Dubarle (1972), Logos et formalisation, Paris, Klincksieck, p. 233.
Hegel, Briefe II, p. 254 ; trad. Carrère, vol 2, p. 223 ss.
Citons en guise d’exemple l’avant-propos de La destination de l’homme de Fichte. « Il me reste à rappeler à des lecteurs, peu nombreux il est vrai, que le Moi qui parle dans le livre n’est nullement l’auteur, mais que celui‑ci souhaite au contraire que son lecteur devienne ce Moi. », J.G. Fichte (1981), « Die Bestimmung des Menschen » in Fichte, Gesammtausgabe, Frommann-Holzboog, Stuttgart-Bad Canstatt, vol. I, 6, édité par Reinhard Lauth und Hans Gliwitzky. 1981, p. 189, trad. Goddard, p. 48. Notons que Jean-Paul Richter se gaussera de cette exigence de Fichte dans sa Clavis en se revendiquant le titre d’auteur de la Wissenschaftlehre.
Hegel, Phänomenologie, GW 9, p. 49, trad. Jarczyk et Labarrière, p. 86.
« Le terrain du droit est, de manière générale, le spirituel, et sa situation et son point de départ plus précis sont la volonté qui est libre », Hegel, Grundlinien der Philosophie des Rechts, GW 14,1, §4, p. 31, trad. Kervégan, p. 119.
« L’individu a le droit d’exiger que la science lui tende l’échelle au moins jusqu’à ce point de vue. Son droit se fonde sur son autonomie absolue, qu’il sait posséder dans chaque figure de son savoir, car en chacune, qu’elle soit reconnue ou non par la science, et que le contenu en soit ce qu’il veut, l’individu est en même temps la forme absolue ou a la certitude immédiate de lui-même; et si on préfère cette expression, il est ainsi un être inconditionné. », Hegel, Phänomenologie, GW 9, p. 23, trad. Jarczyk, Labarrière, p. 40-41.
Cf. Hegel, Grundlinien, GW 14,1, § 35, p. 51.
Cf. Hegel, Enzyklopädie, GW 20, § 481, p. 476.
« Die Gedanken nicht logisch aufgefasst, sind ungenügend das Denken auszudrücken. », Hegel, Vorlesungen über die Logik, GW 23,1, p. 225.
« Es ist in Namen, daß wir denken. », Hegel, GW 20, § 462, p. 460.
« Le langage est exposé au destin de servir aussi bien à la dissimulation qu’à la révélation des pensées humaines . », Hegel, Encyklopädie, GW 25, 2, § 411 Z., p. 1063, trad. Bourgeois, p. 517. Les extériorations (Aeusserungen) du langage et du travail sont à la fois trop et trop peu : « trop – parce que l’intérieur fait irruption en elles, aucune opposition ne demeure entre elles et lui ; elles ne donnent pas seulement une expression de l’intérieur, mais lui-même immédiatement ; trop peu – parce que l’intérieur, dans [le] langage et [l’] action, fait de soi quelque chose d’autre, il s’abandonne, par-là, à l’élément de la transmutation, qui inverse la parole dite et l’acte accompli, et en fait quelque chose d’autre que ce qu’ils sont en et pour soi en tant qu’actions de cet individu déterminé »., Hegel, Phänomenologie, GW 9, p. 173.
Hegel, Enzyklopädie, GW 19, p. 12, trad. Bourgeois, p. 130.
Alexandre Foucher de Careil (1862), Hegel et Schopenhauer, Paris, Hachette, 1862, p. 123-124.
Hegel, Phänomenologie, GW 9, p. 70, trad. Jarczyk et Labarrière, p. 120.
J.G. Fichte (1971), « Über Buchstabe und Geist in der Philosophie » in Fichte, Gesammtausgabe, Frommann-Holzboog, Stuttgart-Bad Canstatt, Vol. II, 3, édité par Reinhard Lauth et Hans Jacob, p. 295 ss., trad. Luc Ferry, p. 79 ss.
August Wilhelm Schlegel (1978), Leçons sur l’art et la littérature in Nancy Lacoue-Labarthe (éd.), L’absolu littéraire, Paris, Seuil, p. 345.
Gotthold Ephraim Lessing (1997), Nathan der Weise / Nathan le sage (1779), édition bilingue, trad. Robert Pitrou, Paris, Garnier-Flammarion, acte 5, scène 6, p. 371. Ce passage est régulièrement cité par le jeune Hegel dans ses écrits.
Sur cette différence, voir Joseph Gauvin (1975), « Le langage de la dialectique dans la Phénoménologie. Illustration de quelques principes herméneutiques », Hegel-Jahrbuch.
Sur le statut de la préface, voir : Jacques Derrida (1972), « Hors livre » in : La dissémination, Paris, Seuil, p. 9-67. Sur le statut plus particulier de la remarque, voir : Jean-Luc Nancy (1973), La remarque spéculative. Un bon mot de Hegel, Paris, Galilée ; Jérôme Lèbre (2004), « Sur une invention hégélienne : les remarques philosophiques », Les études philosophiques, p. 357-382.
Hegel lie clairement l’opinion à la contingence au § 317 de ses Principes de la philosophie du droit.
Contre la soi-disant prétention de Hegel à forclore tout savoir, il est à remarquer que Hegel a toujours encouragé ses étudiants à aller de l’avant, à faire progresser le savoir. Voir Jean-François Marquet (2001), « Le destin de la philosophie chez Hegel et Schelling » in Restitutions, Paris, Vrin.. On notera par ailleurs que, pour Hegel, l’élément du savoir absolu dans lequel se développe son système n’est pas l’absolu du savoir, mais la forme de sa scientificité. Voir Gwendoline Jarczyk, Pierre-Jean. Labarierre (1986), Hegeliana, Paris, PUF., p. 303-313). A tout prendre, l’Encyclopédie n’est qu’une mouture possible du système. Voir sur ce point Lu De Vos (2006), « System » in Cobben, Cruysberghs, De Vos, Jonkers, Hegel-Lexikon, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, Darmstadt, p. 436-438). Non seulement, elle est appelée à se développer de l’intérieur, comme les leçons que Hegel dispense invitent à le faire, mais elle voit aussi sa structure se modifier par les développements apportés. On notera ainsi que la seconde édition de la Science de la logique ne présente pas que des remaniements ponctuels, mais aussi des remaniements structurels, sans que ceux-ci remettent en cause le projet global.
L’hypothèse d’une éternelle répétition de sa philosophie est perçue comme « poussive », voire bouffonne par Hegel. (Hegel, Schriften und Entwürfe II ( 1826-1831), GW 16, trad. Georget, p. 152). Ce qui n’empêchera pas Kojève de défendre malgré tout cette thèse. Cf. Alexandre Kojève (1990), Le concept, le temps et le discours. Introduction au système du savoir, Paris, NRF.
On insiste trop peu souvent sur l’esprit protestant luthérien qui habite les écrits de Hegel. C’est un intérêt de Philonenko de souligner ce trait. Voir Alexis Philonenko (2001), Commentaire de la Phénoménologie de l’esprit de Hegel. De la certitude sensible au savoir absolu, Paris, Vrin.
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