Ioan Stoica
| Naissance | Fofeldea |
|---|---|
| Décès |
(à 28 ans) |
| Nationalité |
roumaine |
| Activité |
aviateur, mécanicien aéronautique |
| Conflit | |
|---|---|
| Distinction |
Médaille du Service fidèle, première classe |
Ioan Stoica, né le à Fofeldea et mort le en Tchécoslovaquie, est un aviateur et mécanicien aéronautique roumain. Engagé dans l'aviation militaire roumaine à partir de la Première Guerre mondiale, il devient par la suite pilote et mécanicien-chef d'escadrille au sein du 1er groupe d'aviation[1],[2]. En 1924, le roi Ferdinand Ier lui décerne la première classe de la médaille du Service fidèle[3].
En 1925, Stoica est envoyé en France comme membre d'une commission roumaine chargée de réceptionner du matériel aéronautique[1],[4]. L'année suivante, il accompagne Gheorghe Bănciulescu (ro) comme pilote-mécanicien lors d'une tentative de vol sans escale entre Paris et Bucarest à bord d'un Potez 25. L'appareil s'écrase dans les monts Jeseníky, en Tchécoslovaquie, le 12 septembre 1926. Grièvement blessé, Stoica meurt pendant son évacuation du lieu de l'accident, tandis que Bănciulescu survit[5],[6].
Jeunesse et Première Guerre mondiale
[modifier | modifier le code]Ioan Stoica naît le à Fofeldea, localité située aujourd'hui dans le județ de Sibiu, en Roumanie[2]:91,[1],[7],[5]. Il étudie à l'École des arts et métiers de Bucarest[1].
En 1916, pendant la Première Guerre mondiale, Stoica s'engage volontairement dans l'armée roumaine. Il sert initialement comme mécanicien d'aviation dans une escadrille équipée d'appareils Nieuport et atteint par la suite un rang technique supérieur au sein de l'unité[2]:91. Un récit postérieur le situe également à Galați, auprès d'une escadrille de Nieuport qui se préparait à partir pour le front[1],[7],[4]:12–13.
Après son expérience de mécanicien, il entreprend lui-même une formation de pilote.
Carrière aéronautique
[modifier | modifier le code]Stoica termine sa formation de pilote et obtient le brevet de pilote roumain no 412 le [1],[5],[4]:12–13,[2]:91–92. Il est également promu au grade aéronautique de maestru et devient mécanicien-chef d'escadrille au sein du 1er groupe d'aviation[1].
Un article contemporain de la Revista Aeronautică le décrit comme un mécanicien expérimenté possédant une connaissance approfondie des moteurs d'avion[8]:84.
Le , le roi Ferdinand Ier de Roumanie lui décerne la première classe de la médaille du Service fidèle[3]. Le décret royal le désigne alors comme submaestru clasa a II-a (« sous-maître de deuxième classe ») au sein du 1er groupe d'aviation de reconnaissance[3].
Séjour en France
[modifier | modifier le code]En 1925, Stoica est envoyé en France comme membre de la commission roumaine chargée de réceptionner le matériel aéronautique commandé dans ce pays[1],[4]:12–13. D'autres sources présentent son séjour comme un stage effectué dans les établissements Lorraine-Dietrich, constructeurs de moteurs d'avion[7],[5].
À Paris, il rencontre l'aviateur roumain Gheorghe Bănciulescu, qui effectue alors des vols de réception d'appareils Potez[4]:37–38.
Vol Paris–Bucarest et mort
[modifier | modifier le code]En août 1926, Bănciulescu et Romeo Popescu effectuent un vol de Bucarest à Paris dans le cadre d'une tentative liée à la coupe du prince George Valentin Bibescu[4]:10–12. Pour le vol de retour du 12 septembre, Stoica accompagne Bănciulescu à la place de Popescu[5].
L'appareil utilisé est un Potez 25 immatriculé F-AHDC et portant le numéro de construction 931[6]. Le trajet prévu pour le vol sans escale entre l'aéroport du Bourget et Bucarest doit passer par Strasbourg, Linz, Vienne et Budapest[5].
Les deux hommes occupant des postes de pilotage séparés et ne pouvant communiquer oralement pendant le vol, ils échangent des messages écrits à l'aide d'un système de poulies installé entre les deux postes[4]:12–14.
Le moteur est mis en marche à 5 h 15 et l'appareil décolle du Bourget vers 5 h 50[8],[6]. Après Strasbourg et en poursuivant vers Linz, l'équipage rencontre une dégradation des conditions météorologiques. Le brouillard empêche de poursuivre la route prévue vers Vienne et Bănciulescu prend une direction nord-est afin de contourner la zone de mauvais temps[6],[9].
Une biographie publiée en 1968 reconstitue l'un des derniers messages échangés entre les deux hommes vers 10 h 35 : « Nous entrons dans le brouillard. Nous montons. »[4]:17–19
L'avion atteint ensuite les monts Jeseníky et heurte par le sud la crête principale du massif, à proximité de Jelení studánka[5]. Le lieu exact de l'impact n'a pas pu être établi et les sources conservées donnent plusieurs emplacements différents dans la région de Vysoká hole[10].
Un récit roumain contemporain rapporte que le choc repousse le moteur vers l'arrière et écrase les jambes de Bănciulescu. Stoica est projeté contre le moteur et subit de graves blessures au thorax[8]:87.
Karel Hříbal et son épouse Josefina figurent parmi les premières personnes à découvrir l'épave. Stoica est retrouvé grièvement blessé dans l'appareil, tandis que Bănciulescu se trouve à environ 15 à 20 mètres de celui-ci[6]. Une équipe de secours arrive ensuite depuis le refuge d'Alfrédova chata. Stoica meurt pendant son évacuation de la montagne et son corps est provisoirement déposé dans une remise du refuge[5],[4]:21.
Bănciulescu survit à l'accident, mais ses deux jambes doivent par la suite être amputées à l'hôpital de Rýmařov[5],[10].
Inhumation et commémoration
[modifier | modifier le code]Stoica est d'abord inhumé au cimetière de Rýmařov[4]:35. Sa tombe est signalée par une croix portant l'inscription « Aviatiker Stoica Joan, 12 September 1926 »[4]:35.
Le , un service commémoratif orthodoxe est organisé à Fofeldea, village natal de Stoica[11]. À cette date, son corps repose encore à Rýmařov, en Tchécoslovaquie[4]:64–65. Des délégations de l'Inspection générale de l'aéronautique roumaine et de plusieurs unités d'aviation participent à la cérémonie aux côtés de la population locale, et des couronnes sont déposées dans l'église du village[11].
Bănciulescu, encore en convalescence après l'accident, assiste également à la cérémonie et prononce un discours commémoratif consacré à la vie de Stoica et à leur dernier vol[11],[4]:64–65.
Lors d'un séjour ultérieur de Bănciulescu en France, la dépouille de Stoica n'avait toujours pas été rapatriée. La biographie de 1968 rapporte que Bănciulescu souhaitait le faire réinhumer dans son village natal près de Sibiu[4]:69. La dépouille est finalement rapatriée en Roumanie et réinhumée le au cimetière de Fofeldea[7].
En 2016, à l'occasion du 90e anniversaire du dernier vol de Stoica, le quotidien sibien Tribuna lui consacre un article biographique retraçant sa carrière aéronautique[7].
Distinction
[modifier | modifier le code]- Première classe de la médaille du Service fidèle, [3].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 4 5 6 7 8 (ro) « Aviatorul Stoica Ioan (câteva date biografice) », Revista Aeronautică, septembre–octobre 1926, p. 88
- 1 2 3 4 (ro) Corneliu P. Vasiu, Eroilor aerului, Bucarest, Editura Militară,
- 1 2 3 4 Ferdinand Ier de Roumanie, « Decret de conferire lui Ioan Stoica a Medaliei Serviciul Credincios clasa I », décret royal, royaume de Roumanie, 13 novembre 1924.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 (ro) Renée Bănciulescu-Cozadini et Victor Bănciulescu, Și totuși voi mai zbura..., Bucarest, Editura Militară,
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (cs) Pavel Macháček, « Drama rumunského pilota u Jelení studánky », dans Paměť jesenických hor: sborník referátů, Jeseník, Vlastivědné muzeum Jesenicka, (ISBN 978-80-87496-22-0, lire en ligne), p. 97–100
- 1 2 3 4 5 (cs) Pavel Krejčí, « Potez 25 / Potez XXV F-AHDC », sur Letecká badatelna, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 (ro) « 90 de ani de la ultimul zbor al lui Ioan Stoica », sur Tribuna, (consulté le )
- 1 2 3 (ro) Th. Radu, « Raidul Bănciulescu–Stoica », Revista Aeronautică, septembre–octobre 1926, p. 83–87
- ↑ (cs) « Pád rumunského letadla », Lidové noviny, Brno,
- 1 2 (cs) « Ve městě se točil film o havárii pilota Banciuleska », Rýmařovský horizont, Středisko volného času Rýmařov, nos 7/2013, , p. 10 (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 (ro) « În memoria mecanicului pilot Ioan Stoica », Revista Aeronautică,