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Armée rouge

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Forces armées de l'Union des républiques socialistes soviétiques
(ru) Вооружённые силы Союза Советских Социалистических Республик
Image illustrative de l’article Armée rouge
Emblème de l'Armée rouge.

Création janvier 1918
Dissolution 1992
Pays République socialiste fédérative soviétique de Russie
puis
Drapeau de l'URSS Union soviétique
Allégeance Parti communiste de l'Union soviétique et NKVD[1]
Fait partie de Forces armées de la russie soviétique (d) (-), armée soviétique (en) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Composée de Forces terrestres
Forces aériennes
Force de défense anti-aérienne
Forces navales
Troupes aéroportées
Forces des fusées stratégiques
Couleurs
Nommée en l’honneur de Red (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Équipement Infanterie, blindés et artillerie, aviation, marine
Guerres Guerre civile russe,
Invasion soviétique du Xinjiang (1934),
Campagne de Pologne (1919),
Campagne de Pologne (1939),
Campagne de Finlande (1939),
Campagne de Mandchourie (1939),
Invasion anglo-soviétique de l'Iran,
Seconde Guerre mondiale,
Campagne d'Afghanistan (1979)
Commandant État-major Stavka
Commandant historique Léon Trotski
Mikhaïl Frounze
Kliment Vorochilov
Semion Timochenko
Joseph Staline
Nikolaï Boulganine
Alexandre Vassilievski
Gueorgui Joukov
Rodion Malinovski
Andreï Gretchko
Dmitri Oustinov
Sergueï Sokolov
Dmitri Iazov
Evgueni Chapochnikov

L'Armée rouge (en russe : Красная армия, ou plus exactement Рабоче-крестьянская Красная армия, Rabotche-krestianskaïa Krasnaïa armia, « l'Armée rouge des ouvriers et paysans ») est l'armée mise sur pied dans l'ancien Empire russe par le nouveau pouvoir bolchévique, à la suite de la révolution d'Octobre, afin de combattre la contre-révolution des Armées blanches soutenues par les puissances étrangères (France, Royaume-Uni, Tchécoslovaquie, États-Unis, empire du Japon). Le terme « rouge » a une connotation révolutionnaire.

En 1946, un an après la fin de la Seconde Guerre mondiale, cette armée, tout en gardant en Occident le surnom d'Armée rouge, prend le nom officiel d'Armée soviétique (Советская армия, Sovietskaïa armia), qu'elle conserve jusqu’à la dislocation de l'Union soviétique en lorsqu'elle devient les Forces armées de la fédération de Russie.

Débuts pendant la guerre civile

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Après le renversement du gouvernement provisoire d'Alexandre Kerensky, dans la nuit du 24 au (6 au dans notre calendrier grégorien) 1917, les bolchéviks ne disposent que des volontaires de la Garde rouge et de quelques unités d'élite comme les Tirailleurs lettons, pour asseoir leur pouvoir politique. Au vu des leçons de la Commune de Paris, les bolcheviks veulent disposer d'un instrument militaire puissant, pour combattre les forces qui leur sont hostiles.

L'un des nombreux monuments dédiés à l'Armée rouge.

Dès le () 1918, un décret du Conseil des commissaires du peuple transforme la Garde rouge en Armée rouge des ouvriers et paysans, et le , ont lieu les premières levées de masse à Petrograd et Moscou et le premier combat contre l'armée impériale allemande sur le front de l'Est. Le devient un jour férié en Union soviétique, celui des défenseurs de la patrie[2].

Amélioration de l'armée par Trotski

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Cette nouvelle force armée n'est pour l'instant qu'une levée de volontaires, menée au combat par des officiers élus, certes motivée politiquement et idéologiquement, mais dépourvue d'expérience militaire[3].

L'Armée rouge des ouvriers et des paysans (ou RKKA en russe) voit sa naissance officielle par décret le [4].

Les premières expériences dites des Gardes Rouges en , une milice basée sur le volontariat composée de paysans et d'ouvriers avec un commandement élu et devant pratiquer la guérilla s'avèrent en réalité rapidement inaptes au combat face à l'armée impériale allemande aguerrie[3].

En effet, le Parti théorise qu'aun sein de la nouvelle armée, la discipline soit obtenue par la visée d'une idéal commun révolutionnaire, encadrée par des cadres élus, l'absence de hiérarchie et une égalité permanente sans grade distinctif[3].

L'homme qui va donner l'impulsion pour l'organiser et la rendre efficace au combat sera Léon Trotski, compagnon de Lénine et commissaire à la guerre de 1918 à 1924. Il est chargé par ce dernier d'équiper, d'organiser et de diriger cette nouvelle entité dont la raison d'être, pour le pouvoir bolchévique est de devenir le bras armé du parti. Armée aussi bien de classe que révolutionnaire, dans son fonctionnement comme de ses objectifs, elle doit être de ce fait, placée sous tutelle permanente du pouvoir soviétique[3].

Trotsky réinstaure la peine de mort en cas de désertion, réintroduit les peines sommaires et créé les bataillons chargés d'empêcher les retraites sans ordre et les paniques[5].

Le service militaire est rendu obligatoire de 18 à 40 ans, par le décret du et on crée des commissaires militaires ou voenkomat (военный комиссариат, военкомат) pour encadrer cette mobilisation. Pour pallier le manque d'expérience des cadres, on leur adjoint des spécialistes militaires ou voenspetsy военный специалист »), sélectionnés par une commission spéciale dirigée par Lev Glezarov (Лев Маркович Глезаров). Ces adjoints sont souvent recrutés parmi les anciens officiers de l'armée impériale russe, libérés à cet effet, mais dont on s'assure de la loyauté par une étroite mise sous tutelle et sous contrôle de commissaires politiques[6] et des prises d'otage parmi les familles et les proches. Après le ralliement d'Alexeï Broussilov en 1920, la pratique se généralisera et l'effectif atteindra les 315 000 en août.

De l'expérience des gardes rouges n'est conservé que l'absence de marque de hiérarchie, les statuts et grades étant supprimés, le terme d'officier étant remplacé par celui de commandant[3].

Pendant la guerre civile, lorsqu'en l'instruction devient obligatoire, l'Armée rouge devient l'un des principaux instruments d'alphabétisation. Dès 1919, elle compte 1 200 clubs de lecture et 6 200 cercles politiques, scientifiques ou agricoles[7].

Grâce à ce système et à sa supériorité numérique, l'Armée rouge prend définitivement l'ascendant sur les troupes blanches, malgré les 700 000 hommes dont ils disposaient en 1919 et l'intervention des puissances étrangères[6].

Lutte durant la guerre civile

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Drapeau du commandant en chef suprême des forces armées de l'URSS.
1919 – division de Taman.
Étendard de la première division de l'Armée rouge du Caucase, 1921, au musée historique de Maïkop.
Cliché pris à Moscou le lors du congrès du Parti communiste : on y aperçoit Vorochilov, Lénine et Trotski entourés de soldats ayant maté la révolte de Kronstadt.

Au début de 1919, l'Armée rouge compte 42 divisions d'infanterie dotées de fusils, de mitrailleuses de type « Maxim », de revolvers et de grenades à main ; la cavalerie compte 40 000 sabres ; il y a 1 700 pièces d'artillerie ; les forces blindées se développent et comprennent un train blindé (une locomotive blindée + 2 wagons blindés + 2 ou 3 plates-formes de contrôle) et aussi des détachements de 150 automobiles blindées ; l'aviation est pourvue d'environ 450 avions ; la marine (sans compter les flottes fluviales) est forte de 2 navires de ligne, 2 croiseurs, 24 torpilleurs, 6 sous-marins, 8 poseurs de mines et 11 transports de troupes. Ces armements proviennent pour une grande partie de l'arsenal de l'ancienne armée impériale, mais aussi de matériel pris aux Allemands et à l'Autriche-Hongrie, ou acheté grâce à l'or de la banque nationale roumaine déposé à Moscou en 1916.

Au printemps 1919, l'Armée rouge est déjà une force considérable avec 1 800 000 hommes aguerris, dont 400 000 bien armés ; plus de 50 000 d'entre eux sont membres du parti bolchevik et 7 000 sont commissaires politiques.

Les troupes blanches, quant à elles, alignent 700 000 soldats et sont soutenues par les puissances étrangères. À cette époque, les Blancs occupent la quasi-totalité des régions agricoles et minières de Russie. Malgré cette situation précaire et bien qu'en infériorité numérique sur le front sibérien (100 000 hommes), l'Armée rouge arrive à repousser les forces de Koltchak (). Celui-ci réussit cependant à prendre Oufa sur son front ouest (). La Ve armée rouge perd à cette occasion 50 % de ses effectifs. Avec les défaites et la faim, des mutineries éclatent, soutenues par les opposants aux Bolcheviks (les paysans fournisseurs qualifiés de « koulaks » et les socialistes révolutionnaires démocrates). Mais l'Armée rouge reçoit de Moscou des renforts d'ouvriers, de cheminots et de vivres : elle arrive à contenir Koltchak et à mater les révoltes en son sein. En avril, sur le front sud-est, les troupes blanches d'Orenbourg visent Kazan et Samara, afin de rejoindre les armées de Koltchak sur la Volga, mais Frounze rétablit habilement la situation de l'Armée rouge, les armées blanches à contrario, agissant de manière dispersée et sans coordination[6].

Répression contre-révolutionnaire

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Si l'Armée rouge a indéniablement sauvé la révolution bolchevique, elle se révèle aussi, pendant la guerre civile, un redoutable instrument répressif déjà employé contre les diverses sections du peuple russe qui n'acceptent pas le pouvoir bolchevik ou qui nourrissent un projet de société différent. De très nombreux paysans fuient dans les forêts pour éviter l'enrôlement dans les troupes rouges ou blanches, mais aussi les violentes collectes forcées des deux armées. Ils constituent des « armées vertes » qui affrontent alternativement ou simultanément l'Armée rouge et les armées blanches. Des milliers de révoltes paysannes de toute envergure seront réprimées par l'Armée rouge, pourtant constituée aux quatre cinquièmes de paysans.

En 1921, Toukhatchevski réprime de manière brutale et n'hésite pas à bombarder les populations aux gaz chimiques pour mater la grande révolte des campagnes de Tambov et qui regroupent 50 000 paysans en armes[6],[3].

En 1920, les troupes de Trotski se retournent contre leur ancien allié, l'anarchiste ukrainien Nestor Makhno, et mettent fin brutalement à l'expérience de la Makhnovchtchina en le taillant en pièces. C'est aussi à l'Armée rouge qu'il revient de faire cesser l'indépendance tout juste conquise de certaines portions de l'ancien empire des tsars : elle permet notamment de rattacher de force à la nouvelle Union soviétique les éphémères États d'Arménie (1921) et de Géorgie (1922), pourtant internationalement reconnus[6].

En , alors que la guerre civile n'est pas terminée, les marins de Kronstadt, au nombre de 15 000 et qui s'étaient précédemment distingués dans la lutte révolutionnaire, se soulèvent contre les communistes, et exigent la fin du parti unique et le retour au pouvoir des soviets et aux libertés de la révolution de Février. Parallèlement à la tonalité socialiste des revendications, les chefs des insurgés dont Petrichenko entreront en contact avec les armées blanches et l'émigration dans l'espoir d'un soutien militaire contre les bolcheviks[3],[6].

Du côté de l'Armée rouge, le général Toukhatchevski qui n'a pas 30 ans, pilote à nouveau la répression. En , l'île de Kronstadt est prise au cours d'un assaut qui fait plusieurs milliers de morts dans l'Armée rouge et chez les marins, des centaines d'entre eux sont fusillés sur place sans jugement tandis que sept camps de concentration sont créés pour interner leurs proches[3],[7],[6].

A l'été 1921, le soulèvement paysan de la région de Tambov est également réprimé par l'Armée Rouge[3].

En 1921, l'Armée Rouge, décisive, permet la reconquête de la Géorgie et de l'Ukraine qui avaient opté pour l'indépendance avec l'effondrement de l'empire russe en 1918.

A l'est, après l'évacuation de l'armée japonaise en , elle contrôle enfin l'étendue du territoire restant de l'ancienne Russie tsariste, mettant fin à la guerre civile.

Cependant à l'Ouest, la guerre soviéto-polonaise de 1920 marque un coup d'arrêt brutal de l'extension de la révolution bolchévique avec une défaite de l'Armée rouge devant la capitale polonaise, Varsovie, avec le miracle de la Vistule. Elle contredit la croyance des dirigeants bolchéviques, Lénine en tête, que la seule présence de l'Armée Rouge puisse faire surgir des soulèvements ouvriers dans les pays environnants[3],[6].

Entre-deux-guerres

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Le pays ressort de la guerre civile globalement épuisé avec une chute du revenu national tombé à 18% du revenu de 1913 et des pertes estimées à 10 millions de morts toutes pertes confondues. Ce qui contraint les dirigeants soviétiques à décider une pause dans l'édification du socialisme. Véritable période de récupération pour la société civile russe, la NEP va remplir ce rôle[6],[3].

En contre partie, les effectifs de l'Armée Rouge sont réduits à partir de 1925 à 550 000 hommes composés à 90% de cavaliers et de fantassins avec un parc de 87 automobiles blindées et 200 avions dépassés technologiquement[3].

Ces effectifs se divisent en 62 divisions réparties en 36 divisions de milice territoriale et 26 professionnelles. Le service de milice territoriale intégrée dans l'armée qui illustre les errements du parti communiste sur la composition de l'Armée Rouge, se mainiendra jusqu'à 1935, année à partir de laquelle l'Armée bascule progressivement sur un modèle d'une armée permanente pouvant intérgrer des réservistes en cas de conflit[3].

Le IIIe Congrès des Soviets examina la création d'une base économique saine pour bâtir la défense de l'URSS. Cela passe d'abord par doter l'Armée rouge de matériel moderne[8]. Le défi est important : non seulement l'URSS doit se doter d'une armée fiable, non seulement elle doit mettre à jour son équipement suranné, mais en plus elle devra tout au long de l'entre-deux-guerres rattraper les avancées technologiques prises par les autres pays.

En 1928, l'URSS a retrouvé ses niveaux de production d'avant guerre mais reste avant un pays à majorité agricole, et demeure loin derrière en termes technologiques et industriels par rapport à l'Occident désigné comme le principal adversaire[3].

Fournir un armement moderne à l'Armée Rouge va dès lors être un des objectifs qui va motiver Staline à lancer l'industralisation du pays à marche forcée avec la collectivation des terres en URSS à partir de 1928 et ce sans regarder au cout humain au travers des deux plans quinquenaux (1928-1937)[3].

L'arrivée d'Hitler en 1933 à la tête de l'Allemagne entraine une accélération des dotations à l'industrie de l'armement soviétique, Staline redoutant de devoir sa battre sur deux fronts après l'invasion de la Mandouchourie par le Japon en 1928. Sur 9 000 entreprises nouvellement créées, 1 219 sont exclusivement consacrées à l'armement[3].

Budget militaire

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Si, à la fin de la guerre civile, la jeune URSS avait réduit son budget de la défense à environ 12 à 16 % de son budget, celui-ci remonta progressivement, et en 1937, l’URSS consacre 26,4 % de son PIB pour sa défense[9] soit 17,48 milliards de roubles. Ce chiffre dépassant les 40 milliards de roubles en 1940.

Amélioration de l'équipement

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Au sortir de la guerre civile, les effectifs de l'Armée rouge sont très importants. Cependant, de nombreux problèmes se posent quant à l'armement et l'équipement, en particulier l'absence de matériel moderne comme des chars d'assaut, une artillerie efficace et une aviation de combat. De 1920 à 1925, l'Armée rouge avait dû se contenter de ce qui restait de l'armement de l'ancienne armée tsariste : un armement faible et en retard[10]. Pour remédier à cela, le Soviet militaire créa la Commission aux inventions militaires (1924) qui met au point un nouvel équipement moderne. L'effort pour se doter de ces équipements va être lancé lors du premier plan quinquennal de 1928 (1928-1932) et poursuivi lors des deux suivants (1933-1937 et 1938-1941).

Les clauses secrètes du traité de Rapallo signé en 1922 entraine une collaboration militaire avec la république de Weimar qui durera jusqu'en 1933 avec entre autres l'installation de camps d'entraînement de la Reichswehr en URSS dont une école des gaz de combat à Saratov, une d'aviation près de Lipetsk et un centre d'études et d'entrainement des chars de combat à Kazan. Ce dispositif secret et en violation du traité de Versailles de 1919 permet de maière clandestine à l'armée allemande de reconstituer une base sur laquelle la future Wehrmacht constituera ses premières divisions blindées[11].

Attaque de fantassins armés de SVT-40 en 1941.
(crédit photo : Max Alpert).

L'infanterie est alors dotée du fameux fusil Mosin-Nagant introduit en 1892 et amélioré en 1930. De nouvelles armes sont introduites : le fusil-mitrailleur Degtiarev (1927), le fusil automatique Simonov (1936) amélioré et remplacé par le SVT-38 et SVT-40 en 1938, la mitrailleuse lourde Degtiarev-Chpaguine (voir plus bas), les nouveaux modèles de cartouches Degtiarev, etc. Les savants V. Degtiarev, V. Fedorov, G. S. Chpaguine, F. Tokarev et Sergueï Gavrilovitch Simonov se signalent par leur brio. Certains modèles de fusils sont au moment de leur sortie d'usine considéré comme les meilleurs modèles au monde, tel le fusil-mitrailleur Degtyarev DP 28 de 1927. De 1930 à 1939, la production annuelle passe de 174 000 à 1 174 000 fusils.

La première mitrailleuse lourde soviétique est mise au point par Degtiarev et Chpaguine en 1938. Elle est nommée aussi DShK. Le modèle est amélioré par Degtiarev en 1939 et va servir de base pour les mitrailleuses d'avions et de chars. De 1930 à 1939, la production annuelle passe de 41 000 à 74 500 mitrailleuses.

Arme blindée

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Avant 1929, il n'y a pratiquement pas de blindés ou d'unités motorisées, on recensait seulement 200 chars de combat et automobiles blindées en 1928. Le cheval reste l'arme mobile par excellence.

Pour changer cela, en 1929 une Direction de la mécanisation et de la motorisation de l'Armée rouge est créée, dans le cadre du Commissariat du peuple aux Affaires militaires et navales. En 1929, les premiers engins, les T-18, voient le jour. En 1931, le Soviet militaire révolutionnaire décide la mise au point de prototypes d'un char très léger, un char moyen, un char lourd, un char poseur de pont. De 1931 à 1935, l'Armée rouge est dotée des chenillettes T-27, des chars légers T-24 (24 exemplaires) et T-26, des blindés rapides à roues et à chenilles BT, des chars moyens T-28, plus tard des chars lourds T-35 et amphibies T-37. De 1928 à 1933, 5 000 chars sont construits. De 1933 à 1938, 10 000 blindés de tous types sont construits. La production annuelle passe de 740 en 1930 à 2 271 en 1938. Bien que peu maniables et peu blindés, ces véhicules sont remarquables pour leur puissance de feu et leur vitesse de déplacement.

Chaque division obtient dès le début des années 1930 un bataillon de chars et dès 1932, soit 3 ans avant la première Panzerdivision, deux corps mécanisés sont mis sur pied[9].

Coté technique, si l'URSS est un des premiers pays à comprendre l'intérêt de l'arme blindée, l'industrie en raison de ses retards ne permet pas d'équiper les blindés d'optique équivalents à ceux des armées occidentales[5].

Au début de 1921, des dizaines de millions de roubles-or furent affectées au développement de l'aviation. Au printemps 1923, fut créé l'association des amis de l'aide volontaire à la flotte aérienne qui en deux ans réunit 6 millions de roubles-or (1925) qui permirent la création de 300 avions[12].

La Commission aux Inventions militaires (1924) créa le TsAGI (institut central d'aérohydrodynamique), où les ingénieurs Nikolaï Polikarpov, Andreï Tupolev et Miassichtchev travaillent et créent des prototypes de chasseurs et de bombardiers. Parmi ces modèles, le TB-1 se distingue par ses performances en vol et surpasse tous les modèles étrangers. Constantin Tsiolkovski et Tsander travaillent déjà sur les moteurs à réaction et sur ce qui deviendra l'astronautique. D'autres savants s'illustrent : N. Tikhomirov et F. Tokarev notamment[13].

Vers 1928, la flotte aérienne ne compte que 1 000 avions, en majorité des vieux modèles. En 1930, le Soviet militaire révolutionnaire adopte le programme de construction de différents types d'avions pour les forces terrestres et la marine, de ballons et d'appareils de reconnaissance avec appareils photos performants. La priorité étant accordée au développement des chasseurs et des bombardiers. En 1932, un plan de défense de l'espace aérien du pays est adopté. Des bombardiers stratégiques sont mis au point.

En 1933, des corps d'armée aériens de bombardiers sont constitués.

Néanamoins, à la veille de la Seconde Guerre Mondiale, elle accuse des points de retard par rapport à ses homologues occidentaux du aux développements inégaux de l'industrie soviétiques notamment dans la mise au point des carburants et sur les moteurs d'avions[3],

La Marine soviétique tient une place tout à fait particulière au sein de l'armée soviétique. Elle est à la fois un corps d'élite et un corps à part : depuis le rôle décisif joué par les marins de Cronstadt en 1917 (et même avant en 1905) jusqu'à celui de la flottille de la Volga à Stalingrad en 1942. En 1922, le Komsomol (les Jeunesses communistes) fut chargé de parrainer la flotte de guerre.

Trois appels successifs de volontaires ont donné à la marine 8 000 Komsomol. La flotte de guerre est alors constituée de trois flottes : la flotte de la Baltique, la flotte de la Mer noire, des bâtiments dans la mer de Barentz, la mer Caspienne et la mer Blanche et quelques flottilles de lac et de fleuves (Volga, Don, etc.). En mer Baltique, le navire de ligne Révolution d'Octobre (ex-Gangout) fut modernisé et reconstruit, ainsi que 7 torpilleurs d'escadre. Le croiseur Profintern fut terminé. En mer Noire, le croiseur Ukraine Rouge et près de 60 bâtiments de guerre et auxiliaires ont dû être remis en état. Dans son ensemble, la reconstruction et la modernisation de la marine de guerre ne fut achevée qu'en 1928[12].

Par la suite, elle se concentre essentiellement sur la construction de force cotière et sous marine tout en créant une flotte dans le Grand Nord et dans le Pacifique[3].

Elle devient une branche autonome à partir de 1937[3].

L'artillerie avait l'avantage d'être une arme connue depuis longtemps et rustique (pas besoin de carburant), tout en bénéficiant continuellement des progrès de la science moderne. C'est pourquoi le pouvoir soviétique a toujours eu foi en elle, et l'a toujours privilégié par rapport aux armes nouvelles telles les armées blindées ou même l'aviation. Mais dans ce secteur, l'équipement était périmé puisqu'il datait de l'époque du Tsar. La Commission des inventions militaires (1924) créa pour cela des bureaux spécialisés dans l'étude et les projets des matériels d'artillerie. Les savants Krylov et Tchalpyguine travaillent pour l'artillerie dans le cadre du « Kosartop » (Commission d'expérimentation spéciale pour l'artillerie).

En 1927, un canon de 76 mm et un canon anti-aérien équipe chaque régiment. Les progrès sont timides. Vers la fin des années 1920, on ne compte que 7 000 pièces, et qui en plus sont des canons de petits calibres en majorité. Au milieu de 1929, le Soviet militaire prévoit l'amélioration du matériel sur 5 ans (plan quinquennal). Il s'agissait d'augmenter la précision, la portée et la cadence de tir. On créa des usines pour les nouveaux canons et les nouvelles munitions ; on forma des ingénieurs et techniciens qualifiés. De 1928 à 1933 la production fut multipliée par 6 pour les gros calibres et par 35 pour les petits calibres. À partir de 1937 plusieurs usines mécaniques sont reconverties pour la fabrication du nouveau matériel de l'artillerie. La production globale passe de 2 000 pièces par an en 1930-1 à plus de 12 500 en 1938. Les pièces d'artillerie en service passent de 17 000 à 56 000 de 1934 à 1939. L'innovation n'est pas en reste : le canon-obusier de 152 mm est créé et le canon de 122 mm est perfectionné (en 1937) ; l'obusier de 122 mm est créé (en 1938). De 1933 à 1937 (2e plan quinquennal), l'infanterie est dotée de mortiers de 50 mm.

Parachutistes sur un Tupolev TB-3 en 1930.

C'est un point souvent oublié, mais la cavalerie restait l'arme terrestre par excellence de l'Armée rouge. Elle était auréolée de la gloire acquise dans les victoires décisives des années de la guerre civile (1918-1921). Les plus grands officiers et les plus décorés (comme Boudienny par exemple) y avaient servi. Servir dans la cavalerie était une marque de distinction et un honneur. La question qui se pose dans les années 1920 pour les officiers de cavalerie est : « quel rôle pour la guerre future ? » Les officiers sont lucides : les chars sont destinés à remplacer les chevaux. Cela dit, ils restent conscients que dans la Russie actuelle, les chevaux gardent une grande utilité ; la cavalerie a aussi l'avantage d'une grande expérience ; et les armées blindées restent au niveau expérimental à cette époque. C'est pourquoi, malgré la pensée que les blindés remplaceront les chevaux dans l'avenir, la cavalerie garde une importance de premier plan. Les années 1930 sont celles de la mutation : les officiers de cavalerie (tels Joukov) sont invités à suivre des cours de perfectionnement et à se familiariser avec les unités blindées. Cela leur sera d'une grande utilité durant la bataille de Khalkin Gol et la Seconde Guerre mondiale.

L'Armée rouge va pendant cette période devenir une armée de pointe dans certains domaines, comme l'emploi de parachutistes ou de blindés. Certaines de ses réalisations peuvent être considérées comme les meilleures de leur époque, comme le chasseur I-16 ou bien encore les chars rapides de la série BT. Pour rattraper le retard, tout est bon pour les Soviétiques : achat de matériel étranger, coopération avec les Allemands, espionnage… Le résultat est cependant certain, l’Armée rouge alignant au milieu des années 1930 plus de chars et d'avions que toute autre armée au monde.

Son complexe militaro-industriel, établi avec l'aide des Etats-unis dans les année 1930, est alors établi malgré un cout humain élevé et au détriment des besoins de société civile et du secteur de l'agriculture, sacrifiées au développement industriel à marche forcée de l'URSS[6].

Amélioration de l'encadrement ?

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Réforme de 1931

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Les officiers de l'Armée rouge sont formés dans les écoles militaires (de blindés, d'artillerie, d'aviation, services techniques) jusqu'en 1931.

Vers 1922, on en compte à peu près 200 dans tout le pays.

En 1924, ces écoles accueillaient 25 000 élèves officiers. Dès 1920, on pouvait compter 24 000 officiers sortis de ces formations.

Au milieu de 1931 le Soviet suprême décide de doubler ces effectifs et de réorganiser ces écoles et de les renommer Académies : Académie militaire technique, Académie de la mécanisation et de la motorisation, Académie d'artillerie, Académie de chimie militaire, Académie militaire électrotechnique, Académie du génie militaire et une nouvelle école est créée : l'Académie des transports militaires. La formation des cadres supérieurs est également améliorée : le nombre des établissements d'enseignement militaire supérieur (ex. : Académie de Frounze, Académie militaire politique) est presque doublé et le nombre d'auditeurs passe de 3 200 en 1928 à 16 500 en 1932. Les heures de cours passent de 6 à 8 heures par mois en 1929, puis à 42 heures par mois en 1932. Au cours de tir et de combat s'ajoutent les cours sur l'instruction technique pour étudier le matériel et l'armement nouveau.

Néanmoins, dans les années 1930, l'armée soviétique souffre d'une carence profonde en officiers et sous offiiciers éduqués, faiblesse persistante héritée de l'armée impériale à la différences des principales puissances européennes du à l'absence de classe sociales de paysannerie aisée, marchands, petits employés et agents de maitrise[5].

En effet, les anciens officiers de l'armée impériale russe ont disparu au cours des années 1930 notamment au cours des grandes purges, tandis que l'industrie et l'administration ont drainé à partir de 1928 la majorité des hommes ayant reçu une éducation.

De plus le statut de sous-officier est pénalisé par l'absence d'écoles de formation spécifique à la différence de la Prusse qui l'a instauré depuis 1825 et par le fait qu'ils quittent en général l'armée au bout de 2 ans en raison des conditions de vie. A la différence des armées occidentales ou le sous-officier a pour statut d'être un intermédiaire entre les soldats et les officiers, et dépositaire d'une expertise reconnue dont il assure le transfert, le sous-officier russe souvent choisi par le commissaire poitique, est doté d'une faible expérience et donc sans autorité sur les soldats. De plus, la sous formation des sous-officiers va être un facteur d'aggravation des pertes durant les conflits[5].

Il en résulte une baisse drastique du niveau scolaire de recrutement essentiellement assuré parmi les paysans russes. En 1936, une enquête révèle que 50% des commandants de bataillon ne savent pas lire une carte et ne maitrisent pas le russe à l'écriture[5].

Pour les officiers, le double encadrement instauré par le parti bolchébvique sape l'autonomie et la prise de décision des officiers. Ce dispositif ne sera aboli qu'en 1942 pendant la Seconde Guerre Mondiale[5].

N'étant pas responsable du moral et de la discipline confié au commissaire politique, l'officier de l'Armée Rouge n'a pas de raison de s'occuper du bien être des hommes placés sous ses ordres, de créer une cohésion et une hiérarchie de groupe. Seul leur est conservé le pouvoir de punir les infractions. Cette co-repsonsabilité aboutit à laisser la troupe sous encadrée en proie à des problèmes d'indiscipline et de criminalité (vol). L'avancement des officiers est évaluée en fonction de leur fidélité au parti bolchévique et sur des critères sociopolitiques qui passent par la délation entre officiers empêchant toute autonomie et de prise d'initiative du corps des officiers[5].

En parallèle, les conditions d'entrainement, base d'une efficacité opérationnelle d'une armée, sont pertubés par les conditions de vie matérielle comme le casernement et la santé, qui sont soit très réduites soit absentes: il n'existe pas de casernes ou de logements proprements définis, d'espace de cantine et aucune installation sanitaire en arrière pour les troupes. Les soldats doivent subvenir à leurs besoins de subsistance et trouver leur hébergement dans les villages et les maisons de la population paysane aux alentours entrainant des problèmes de discipline et des mesures coercitives sans cesse renforcées. En cas de blessures sur le front, le soldat de l'Armée Rouge doit compter, héritage de l'armée impériale, sur la Croix Rouge occasionnant un taux de perte sur le front plus élevé que les armées occidentales[5].

Cela entraine une dispersion des forces dans des missions d'approvisionnemen lorsque les soldats ne sont pas requis en tant que main d'oeuvre gratuite par le parti dans des missions d'aide à la population civile ou des missions dans les exploitations minières, agricoles, les kohlkozes, pour déficher, ensemencer et récolter, traiditon qui perdurera jusque dans les années 1980[5].

Enfin, leur traitement n'est pas attratif : le salaire d'un lieutenant de bataillon est équivalent à une salaire d'ouvrier d'usine soviétique, la ou en France l'écart est du double, 4 fois en Allemagne et 6 fois au Royaume-Uni[5].

Au global, cette ingérence permanente du parti empêche à la fois une cohésion et une professionnalisation de l'Armée Rouge[5].

Tous ces facteurs conjugués concourrent à une dégradation globale dans les rangs ou l'indiscipline devient majeure. A la veille de la guerre, les statistiques des tribunaux militaires font état de 38 527 crimes et délits commis par des militaires soviétiques en 1940 contre seulement 3 816 en 1936[5].

Réformes organisationnelles

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La structure de l'Armée rouge, forgée au cours de la guerre civile, possède de ce fait quelques spécificités.

La méfiance des bolcheviks envers les cadres de l'ancienne armée du Tsar a provoqué l'abolition du terme d'officier et des insignes de grades, au profit de celui de commandant[3].

Les rangs sont purement fonctionnels. On trouve ainsi des commandants de division, équivalent des généraux de division. En 1924, un nouveau système hiérarchique parallèle est mis en place. Il s'appuie sur quatorze catégories de service, obtenues en fonction de l'expérience et de la qualification des cadres et s'étendant de K1 à K14. Par la suite, certaines appellations traditionnelles, comme celle de lieutenant seront remises à l'honneur, le . Au cours de cette réforme, les catégories de service sont abandonnées pour des grades mélangeant appellations fonctionnelles et traditionnelles. Le , les désignations de « général » et « amiral » sont réintroduites. Début 1942, elles sont aussi appliquées aux corps techniques et administratifs. Seuls subsistent encore les rangs de commissaires qui seront abolis en octobre.

Finalement, au début de 1943, le terme d'officier est à nouveau utilisé, les épaulettes remises au goût du jour et les derniers grades fonctionnels (encore en usage dans les corps médical et vétérinaire) transformés en grades classiques. Depuis 1943, les grades ont peu évolué dans l’Armée rouge et ils restent en vigueur dans l’Armée russe. Cependant les grades fonctionnels, comme commandant de bataillon, restent souvent utilisés dans un cadre informel.

Dans les années 1920, les Soviétiques développent l’art opérationnel, entre la tactique et la stratégie et théorisent la bataille en profondeur, visant à pénétrer les défenses adverses jusqu’à 100 kilomètres ou plus pour désorganiser le dispositif adverse, ce que les Allemands appelleront la Blitzkrieg. Pour ce faire, ils préconisent l’emploi de moyens modernes, les chars, les avions et les parachutistes, dans le cadre de groupements combinés[9].

Nénamoins, l'idéologie conserve une part prépondérante entrainant un délaissement des apprentissages. Dans le manuel de combat de l'Armée Rouge datant de 1929, l'entrainement est en cinquième position des facteurs clefs de succes, après l'entrainement idéologique[5].

Dans les années 1930, la réflexion thoérique se poursuit toujours avec pour objectif d'affaiblir le camp occidental avec pour enneml principal la Pologne suivi de la Roumanie, appuyées par la Grande Bretagne, la France et l'Allemagne. Elle reste également centrée sur les expériences de la guerre contre la Pologne en 1920 et de la guerre civile russe[3].

L'obcession de l'offensive, liée à la dynamique révolutionnaire du bolchevisme amène idéogiquement à une impasse doctrinale sur le plan de la stratégie défensive aussi bien au niveau stratégique qu'opérationnel[3].

De même, peu de théoriens soviétiques qui,comme Gueorgui Isserson tentent de comprendre les raisons des premiers succès de la toute jeune Whermacht en Pologne en septembre 1939, puis en Belgique et France en Mai 1940[3].

Tensions en Chine et menace japonaise

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Photo en noir et blanc d'hommes en uniforme avec au second plan des chars de combat.
Officiers, soldats et blindés soviétiques lors de la bataille de Khalkhin Gol en 1939.

L'Armée rouge intervient ponctuellement plusieurs fois dans une Chine affaiblie par les conflits internes. En 1929, le conflit sino-soviétique permit à l'URSS de retrouver ses droits sur le chemin de fer de l’Est chinois.

L'intervention de l’empire du Japon en Mandchourie au début des années 1930 provoque une montée de tension entre l'Union soviétique et les Japonais. Les Soviétiques et la Mongolie vont alors décider d'une coopération dans le domaine de la défense qui sera formalisée dans le traité d'amitié de dix ans, signé le . Après plusieurs incidents de frontière, la tension finira par déboucher, en août et , sur un conflit ouvert, à Kalkhin-Gol, où les forces soviétiques commandées par Joukov vont infliger une lourde et humiliante défaite aux forces nippones. C'est au cours de ces batailles dans les plaines de Mongolie que les Soviétiques utilisèrent, pour la première fois, de fortes unités de chars de combat, brigades blindées indépendantes, et mirent au point une tactique de combat spécifique basée sur une intensive coopération entre les forces blindées et l'artillerie de campagne.

C'est aussi au cours de ces combats que l'aviation soviétique développa de nouvelles tactiques d'utilisation des forces aériennes comme force d'appui des troupes au sol, qui mèneront ultérieurement à l'utilisation de l'aviation d'assaut et la mise au point de l'Iliouchine Il-2 (Sturmovik). Ce revers subi par l'Armée de terre impériale nippone explique, sûrement en grande partie, la réticence du Japon à attaquer l'Union soviétique au cours de la Seconde Guerre mondiale. En effet, à la suite de cette défaite, le Haut-commandement japonais vit un regain de l'influence des autorités de la Marine impériale pour laquelle l'objectif prioritaire était de s'emparer des territoires de l'Asie du Sud-Est et de son énorme potentiel énergétique en pétrole et matières premières qui faisaient tant défaut au Japon. D'où le changement des buts stratégiques japonais et le glissement de son opposition aux États-Unis, en lieu et place de l'Union soviétique.

Grandes purges

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Sous Staline à la fin des années 1930, qui est obsédé par le risque d'un ennemi intérieur potentiel, l'Armée Rouge, après le parti bolchévique et le secteur indiustriel, est profondément secouée par des purges politiques très importantes, notamment durant les procès de Moscou.

Entre juin 1937 et juillet 1938 ont été exécutés :

  • 3 maréchaux sur 5 ;
  • 14 généraux d'armée sur 16 ;
  • Tous les amiraux (8 sur 8)
  • 60 généraux de corps d'armée sur 67 ;
  • 136 généraux de division sur 199 ;
  • Tous les commissaires politiques d'armée (11 sur 11[14])
  • 27 000 officiers intermédiaires dont 10 000 furent exécutés[3].

À quoi il faut ajouter les 11 commissaires adjoints à la Défense et 98 des 108 membres du soviet militaire suprême. On découvrit même un nid de douze « espions contre-révolutionnaires » dans les Chœurs de l'Armée rouge.

Parmi les cadres les plus expérimentés, les maréchaux Toukhatcheski, Bliukher et Egorov, et parmi les théoriciens, le général Sviétchine, l'auteur de Strategiia de 1927, ouvrage de référence d'une génération d'officiers soviétiques[3],[5].

Selon l'historien Nicolas Werth, ce serait 75 000 des 80 000 officiers de l'Armée rouge qui auraient été tués pendant les Grandes Purges.

De ce fait, tout l'encadrement le plus expérimenté, est décimé jusqu'à hauteur parfois de 90% ce qui contribue à une véritable perte de compétences avec l'instauration d'un véritable climat de délation, de peur et d'un conformisme empechant toute prise de décision[3],[5].

Selon Nicolas Werth, ainsi que selon les historiens russes modernes tels Pavel Polian ou Viktor Zemskov, les grandes purges décapitèrent l'état-major de l'Armée rouge et en diminuèrent considérablement la capacité de riposte à la veille de la Seconde Guerre mondiale, mais l'historiographie pro-stalinienne antérieure (et parfois plus récente) tend à relativiser l'ampleur de la purge en affirmant sans preuves et contre toute vraisemblance[15] qu'une partie importante des officiers purgés auraient été des commissaires politiques et non des cadres militaires proprement dit, voire à considérer (en s'appuyant sur l'opinion de Goebbels[16] et sur les laudateurs de Staline) que cela aurait abouti à une « bonne » réorganisation.

Il n'en reste pas moins clair que les promoteurs des blindés, derrière Mikhaïl Toukhatchevski, furent éliminés en priorité, tandis que survivaient les défenseurs inconditionnels de la cavalerie (Semion Boudienny, Kliment Vorochilov, Grigori Koulik). Les divisions blindées existantes furent dissoutes pour n'être rétablies qu'à la veille de l'invasion. La recherche sur de nouveaux armements comme le radar fut très perturbée par les arrestations, de même que les services de renseignements militaires. Au printemps 1941, le maréchal Grigori Koulik, très proche de Staline, combattait encore les canons antichars, le T-34 et les Katioucha orgues de Staline ») et préférait ouvertement l'artillerie hippomobile aux roquettes. Il voulait même revenir à un modèle de canon en vigueur pendant la Grande Guerre et fit arrêter et torturer le ministre de l'Armement, Boris Vannikov, qui avait osé le contredire. L'historien Bartolomé Bennassar estime même que la réticence des commissaires russes à utiliser pleinement leurs blindés, en 1937, pendant la guerre d'Espagne, parce que leur usage était trop lié au proscrit Toukhatchevski, empêcha la République espagnole d'exploiter des succès militaires et lui fit perdre ses dernières chances de l'emporter encore sur Franco.

Seconde Guerre mondiale

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A la suite du délchement du conflit entre la France, le Royaume-Uni, la Pologne, face à l'Allemange nazie, le pouvoir soviétique va opter pour un attentisme et l'appui écononmique au régime d'Hiitler via le pacte germano-soviétique signé en Août 1939 et lui permettant d'encaisser d'importants gains territoriaux sans avoir à combattre avec le dépecage de la façade orientale de la Pologne, l'annexion illégale des Pays Baltes et la guerre d'Hiver menée contre la Finlande[3],[6].

Organisation avant 1941

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Dans les années 1930, l'armée soviétique souffre d'une carence profonde en officiers éduqués. En effet, les anciens officiers de l'armée impériale russe ont disparu au cours des années 1930, tandis que l'industrie et l'administration ont drainé à partir de 1928 la majorité des hommes ayant reçu une éducation. Il en résulte une baisse drastique du niveau scolaire de recrutement essentiellement assuré parmi les paysans russes[5].

En 1936, une enquête révèle que 50% des commandants de bataillon ne savent pas lire une carte et ne maitrisent pas le russe à l'écriture[5].

De 1939 à 1941, 161 divisions sont formées et l’armée passe de 1,5 million d’hommes à 4,2 millions. En , les 4 corps mécanisés existants sont dissous par Grigori Koulik qui démantela l'armée blindée. Il faut attendre la défaite de la France pour en créer de nouveaux 8. Quand, à l’automne 1940, le nombre de Panzerdivision double, 20 nouveaux corps voient le jour pour atteindre un total de 29 en [9].

Campagne polonaise de septembre 1939

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Conformément aux protocoles secrets du Pacte germano-soviétique, l'Armée rouge franchit la frontière polonaise, le et ce, sans déclaration de guerre préalable[3],[6].

Il semblerait que 466 516 hommes aient pris part à cette opération. Durant cette campagne, elle rencontre peu de résistance. Les pertes seraient de 1 475 tués et 2 383 blessés. Les Soviétiques annonceront avoir désarmé 452 536 hommes, mais il semble cependant que beaucoup aient été des miliciens. Des sources polonaises modernes comme la Wielka Encyklopedia PWN parlent d'environ 240 000 prisonniers. Les troupes soviétiques, respectant le traité avec les Allemands, s'arrêtent sur la ligne Curzon et une parade militaire commune a lieu à Brest-Litovsk, le .

Les crimes de guerre de l'Armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale ont longtemps été occultés, comme celui de Katyn, ou 25 000 officiers supérieurs de l'armée polonaise sont exécutés par le NKVD sous ordre de Staline qui veut prendre sa revanche sur la défaite de 1920 et empecher toute résurgence d'un nationalisme polonais[6],[3].

En parallèle, l'Armée rouge occupe et annexe les pays baltes également entre le 12 et quasiment sans combats, situation obtenue par des ultimatums et une série d'élections parlementaires truquées permetttant l'irruption de gouvernements prosovétiques grâce aux partis communistes directement aux ordres de Moscou[6].

Guerre d’Hiver

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La guerre contre la Finlande débute le et l'Armée rouge, pourtant trois fois supérieure en nombre, va être tenue en échec pendant plusieurs mois par les forces finlandaises. Souffrant de déficiences de leurs équipements et d'un commandement médiocre, mais aussi du climat hivernal très rigoureux, les forces soviétiques échouent devant la ligne Mannerheim, jusqu'au malgré un rapport favorable de trois contre un[3].

Cependant les pertes sont tellement importantes, officiellement 48 000 tués, mais Nikita Khrouchtchev par la suite avancera le chiffre de 270 000 tués, 139 000 pour l'historiographie moderne, que l'Union soviétique renonce à envahir complètement la Finlande. Cette dernière échappe par sa résistance au sort d'annexion des Pays Baltes, et signe la paix de Moscou, le , et se voit amputée principalement du territoire de la Carélie[6].

Beaucoup verront dans cette contre-performance, une conséquence des purges, laissant l'Armée rouge mal commandée et mal équipée, donc vulnérable. Cependant, les leçons de cette guerre ne seront pas perdues pour les Soviétiques qui commenceront à réformer l'Armée rouge. De nouveaux matériels, comme la série des chars KV-1, trouvent leur genèse dans cette guerre mal menée.

En parallèle, les alliés et les Allemands, Hitler en tête, sont convaincus de la faible valeur de l'armée russe[3].

Grande Guerre patriotique

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Uniforme soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale. L'arme est un pistolet-mitrailleur PPSH.
T-34 chargés de fantassins et des pièces d'artillerie du premier front ukrainien en 1943.

La refonte de l'Armée rouge est une œuvre de longue haleine. Si bien que, le , lorsque le Troisième Reich encouragé par cette faiblesse apparente décide d'envahir l'Union soviétique en lançant l'opération Barbarossa, elle est bien loin d'être achevée. Les nouveaux matériels existent, mais ils sont mal connus des troupes. De grandes unités mécanisées sont en formation, au vu des résultats de la Blitzkrieg allemande à l'ouest, mais elles manquent de cohésion et d'expérience. Un grand quartier-général, la Stavka, est recrée sur ordre de Staline le .

Le rapport de forces est de plus très en défaveur pour les Soviétiques : sur leurs 303 divisions et leurs 29 brigades, seules 166 divisions et 9 brigades, soit 2,9 millions d'hommes, sont déployées dans les districts militaires de l'ouest face à l'Axe qui totalise 5,5 millions d'hommes regroupés en 181 divisions et 18 brigades. Il convient toutefois de relativiser ce rapport de force a priori défavorable, l'Armée rouge alignant près de 20 000 chars, dont 12 000 T-26, armés d'un canon de 45 mm aux performances balistiques plus que correctes pour l'époque. Le mauvais emploi de ces masses de matériels n'empêcha pas la débâcle malgré quelques succès locaux.

Combiné à la surprise stratégique et tactique, à l'expérience et les tactiques bien supérieures de la Wehrmacht, et l'absence d'offiiciers encadrants entrainés, l'effet sur l'Armée rouge est désastreux : elle doit reculer de plusieurs centaines de kilomètres vers l'intérieur de son territoire et perd un effectif et un matériel considérables lors de grands encerclements comme à Kiev, tout au long de l'été 1941 et ce notamment en raison de l'implication de Staline et du parti dans la conduite stratégique du conflit[3].

Ce dernier n'hésite pas à faire fusiller les officiers malheureux sur le champ de bataille comme le général Pavlov pour l'exemple et à faire retirer du Goulag, les camps de concentration russes, les officiers emprisonnés lors des grandes purges pour leur redonner leur commandement[11].

En parallèle, l''Armée Rouge reçoit de une aide matérielle et logistique conséquente des Alliés avec le programme américain Lend-Lease à partir de 1942. Déchargée dans les ports artiques de Mourmanask et d'Argangeslk, cette aide permet pallier les nombreuses faiblesses du complexe militaro-industriel soviétique comme le carburant pour avion à haut indice d'octane, les camions de transport, les équipements de soldats ou encore les rations de combat et de reconstruire massivement le chemin de fer soviétique[3],[11].

Affiche conçue par les Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale montrant le soldat soviétique comme un ami.
Timbre de 2012 rendant hommage à Marina Raskova, pilote soviétique et fondatrice de trois régiments d'aviation féminins de l'Armée rouge durant la Seconde Guerre mondiale.

En dépit de ces pertes colossales, d'une aviation anéantie dans les premières semaines de guerre, l'Armée rouge parvient à survivre en tant que force combattante et même à contre-attaquer à plusieurs reprises vers la fin de l'été et pendant l'automne, comme à Smolensk et à Rostov. Cette résistance va permettre, associée à une politique traditionnelle russe de terre brûlée, l'arrivée de l'hiver et l'allongement des lignes de communications allemandes, de mener une contre-offensive victorieuse, devant la capitale même de l'Union soviétique, Moscou. Le rapatriement des forces aguerries déployées en Extrême-Orient, grâce à l'assurance de l'espion Richard Sorge de la neutralité japonaise, y jouera un rôle déterminant.

Cependant, l'offensive est poursuivie trop loin et trop longtemps du fait de l'insistance de Staline, provoquant de nombreuses pertes inutiles. Si bien qu'au printemps, l'Armée rouge se retrouve à nouveau en position de faiblesse.

Profitant de cette opportunité, les forces de l'Axe reconstituées attaquent la partie sud du front pour couper la Volga et s'emparer du Caucase et de ses riches champs pétrolifères. Seule une résistance héroïque, lors de la bataille de Stalingrad sauvera l'Union soviétique d'une défaite peut-être fatale.

Néanmoins, les forces soviétiques plus expérimentées et mieux commandées vont passer à la contre-offensive avec l'arrivée de l'hiver 1942. Au cours de l'opération Uranus, elles encerclent alors la 6e armée allemande et une partie de la 4e armée blindée. Cette victoire, prélude à une offensive générale, rejette les Allemands pratiquement sur leur ligne de départ du début de l'été. Seul le coup de force de Von Manstein, pendant la troisième bataille de Kharkov, sauvera le groupe d'armées Sud de l'anéantissement et permettra de stabiliser le front. La Wehrmacht tentera alors de reprendre l'initiative lors de la gigantesque bataille de Koursk, mais cette tentative, ou les forces allemandes perdent plus de 2 000 blindés malgré les nouveaux chars Tigres et Panther, tournera en défaveur de ces derniers et l'Armée rouge attaquera à son tour, rejetant les Allemands jusqu'au Dniepr[11].

Désormais, le cours de la guerre est jouée sur le front est. La supériorité numérique soviétique se fait de plus en plus sentir, l'URSS alignant en début d'année environ 6 millions de soldats contre les 2,8 millions d'hommes de la Wehrmacht (2,5 millions en Europe de l'Ouest), appuyés par une force blindée rénovée et composée de chars T-34 de conception moderne et 10 000 avions de l'armée de l'air soviétique contre les 2 000 appareils de la Luftwaffe sur ce front[17].

Fantassin et canon anti-char de 45 mm M1937 (53-K) en 1943
Photo Israel Ozersky.

L'offensive d'été soviétique de 1944 coïncidant avec le débarquement des alliés occidentaux en France en Juin 1944 réclamé depuis 1943 par Staline pour soulager l'Armée Rouge, provoque l'effondrement du centre du front, suivi par une autre poussée vers le sud qui provoque le retournement de la Roumanie et de la Bulgarie.

L'Armée rouge, prise d'abord au dépourvu, dut faire d'énormes sacrifices lors de la Seconde Guerre mondiale, avec 12 millions de soldats tués et 15 millions de blessés amplifié par l'absence de service de santé, les méthodes de commandement inventées par Trotsky et industrilialisé par Staline avec l'ordre " pas un pas en arrière" interdisant tout retrait sous peine de fusillade sans procès par les brigades du NKVD (futur KGB), placées sur les arrières des troupes. Ces sacrifices et les innombrables souffrances de la population civile avec, 15 millions de civils tués, permirent de stopper les armées allemandes à l'est. Cette victoire assure à l'Armée Rouge à l'époque une grande popularité dans le monde tout en renforcant le regime soviétique[6],[3].

Elle a participé à tous les combats sur le front de l'Est, du au , notamment la bataille de Stalingrad (durant l'hiver 1942-1943) et la bataille de Berlin (au printemps 1945). À la fin de cette campagne, l'artillerie représente la moitié des effectifs de l'Armée de terre soviétique, cela montre l'importance accordée à cette arme.

L'Armée Rouge s'est fait néanmoins remarquer par son extrème brutalité et les crimes de guerre qu'elle a fait subir aux populations civiles allemandes avec notamment un pillage et un vandalisme généralisé des territoires occupés, les déportations massif de populations, le viol de plus de 2 millions de femmes allemandes et hongroises, souvent collectifs, avant que les troupes d'occupation ne soit maintenues dans les casernes en 1946.

Motivée en grande partie par un esprit de vengeance des innombrables crimes, mauvais traitements et atrocités que les autorités allemandes avaient fait subir à la population soviétique, soutenue par la propagande officielle soviétique et doublée de l'envie d'appropriation des inombrables richesses découvertes en pays récemment conquis après avoir subi des pertes immenses et un niveau de vie matériel très faible, ces actes inombrables entrainent un grande pertubation dans la conduite des opérations militaires (les soldats des premier et second fronts d'Ukraine, selon le nom donné en 1943, sont originaires pour une bonne part, en 1945, des régions dévastées par la Wehrmacht et la SS)[3].

Ces évènements qui s'inscrivent également dans le contexte meurtrier du conflit germano-soviétique sur le front de l'Est, reflètent intrinsèquement les carences du système militaire soviétique comme l'absence d'encadrement par des sous-officiers professionnels, la faiblesse de la discipline interne des unités et in fine, la violence de la société stalinienne dans son ensemble[3],[6].

Opération tempête d'août

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Elle a ensuite déclenché une offensive éclair contre l'Armée impériale japonaise le , attaquant d'abord le Mandchoukouo (en Mandchourie) puis s'emparant en 10 jours des îles Kouriles que les Japonais revendiquent depuis.

Guerre froide

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Quelques-uns des milliers de T-72 de l'Armée rouge lors de la célébration de la révolution d'Octobre en1983
Quelques-uns des milliers de T-72 de l'Armée rouge lors de la célébration de la révolution d'Octobre en 1983.

Pour marquer la transition définitive de l'Armée rouge d'une milice révolutionnaire en armée d'un État souverain, cette dernière devient l'Armée soviétique en 1946.

La démobilisation à la fin de la guerre fait passer les effectifs de treize à cinq millions trois cent mille hommes. Elle conservera ce niveau d'effectifs, oscillant au gré des estimations entre trois et cinq millions, jusqu'à sa dissolution actée en 1991.

Tracteur-érecteur-lanceur de RSD-10 Pioneer plus connu en Occident sous le code OTAN « SS-20 ».

Le souvenir cuisant de l'invasion allemande va influencer la politique de l'URSS après guerre. Les États de l'Europe de l'Est libérés puis réoccupés par l'Armée rouge vont être maintenus par la force sous domination soviétique pour constituer une zone tampon destinée à protéger le territoire de l'URSS contre une nouvelle invasion venue de l'ouest[3],[6].

Cette poitique va marquer l'extension territoriale maximale de l'URSS et de l'empire soviétique via la création du Bloc de l'Est ou les pays, maintenus sous une main de fer stalinienne, sont inféodés au modèle soviétique sans possibilité d'y déroger[6].

Cette volonté défensive se matérialisera avec la création du pacte de Varsovie, en réaction à celle de l'OTAN en 1949. Cette structure permet également de maintenir l'ordre soviétique par le biais de l'Armée Rouge dans les pays dont les populations civiles n'ont donc pas eu le choix de leur modèle socio-economique et malgré le fait de l'article 2 de la jeune ONU dont l'URSS est membre permanent du conseil de sécurité à sa création[6].

Cette association d'États, bien qu'ayant une vocation défensive, adopte la doctrine militaire de l'Armée rouge qui recommande la prééminence de l'action offensive, y compris dans ce cas, allant jusqu'à la possibilité de lancer des attaques préventives, pour porter la guerre chez l'adversaire plutôt que de la subir sur son propre territoire. A ce sujet, un des plans de 1979, aujourd'hui déclassifié, prévoyait une offensive de Sept jours jusqu'au Rhin.

De ce fait, la volonté de maintenir à tout prix ce glacis défensif en Europe de l'Est mènera aux interventions militaires et politiques d'opérations de répression d'émeutes et de maintien de l'ordre socialiste dirigée par l'Armée Rouge durant les quatre décennies suivantes. L'Armée Rouge intervient lors des années 1950 et 1960 dans l'Empire soviétique, d'abord en RDA en 1953 durant la grande grève ouvrière, en Hongrie durant l'insurrection de Budapest en 1956 et en Tchécoslovaquie lors du Printemps de Prague en 1968. Elle intervient également à l'intérieur de l'URSS comme en Géorgie en Mars 1956 et à Novotcherkass en Juin 1962 [3],[6].

Staline est confronté a deux problèmes majeurs au sortir de la guerre. L'arme nucléaire américaine inaugurée au Japon en Août 1945 à qui affaiblit à la fois la valeur des divisions soviétiques et qui fait perdre au territoire l'atout de la profondeur malgré le glacis constitué pour l'occasion avec l'empire soviétique et de l'autre, la présence occidentale à Berlin Ouest, capitale du troisieme Reich défait en 1945 et conquise par l'Armée Rouge. Il tente de faire plier les alliés avec un blocus de la ville de Berlin-Ouest, pole attractif pour les populations civiles soumises à l'arbitraire du système communiste au sein de là nouvelle Allemagne de l'Est qui affaiblit la position soviétique, sans résultat cependant en raison du pont aérien mis en place par làes alliés [3].

En 1953, l'arme thermonucléaire soviétique est opérationnelle, suivi en 1955 du premier bombardier stratégique le TU-95M qui permet à l'Armée Rouge de mettre à portée de tir nucléaire les États-Unis[3].

En 1955, le pouvoir soviétique réaugmente les effectifs à 5,8 millions.

En 1957, le premier missile ballistique intercontinental avec tête nucléaire, le R-7 développé par l'ingénieur Sergueï Korolev permet aux forces armées soviétiques de prendre la tête de la course à l'espace[3].

Développement technologique :

Afin de doter l'Armée Rouge des armes nucléaires rivalisant avec celles des Etats-Unis, puissance atomique depuis 1945 et le projet Manhatan, un ensemble de dix villes fermées aux personnes étrangères et qualifiées d'"archipel nucléaire" sont instituées avec un budget supérieur au 13 des 15 républiques soviétiques permettant le lancement de la première bombe atomique russe en 1949[3].

En 1959, les forces de missiles sratégiques deviennent la cinquième composante de l'Armée Rouge avec le développement du programme des missiles balistiques et fusées spatiales dont les crédits sont triplé sous Khrouchtchev, successeur de Staline [3].

Années1960 :

A contrario des années 1950 et 1940, et en plein contexte de guerre froide, les forces de l'Armée Rouge subissent une contraction de leurs effectifs d'un tiers, au profit du développement du logement et de la consommation. Cette mesure propulse de ce fait, des milliers d'officiers, membres du parti vers la vie civile, nourrisant en retour un fort ressentiment en retour contre le nouveau secrétaire général Nikita Krouchtchev [6][3]

Ce dernier ne sera dès lors pas soutenu par l'Armée Rouge lors de la grave crise des missiles de Cuba en Octobre 1962[3].

En 1967, la durée du service passe de 3 à 2 ans, est compensée par le recours à des personnes en détention[5].

Années 1970 :

Sous la direction de Léonid Brejnev qui marque un retour au conservatisme, l'Armée Rouge dispose de deux figures de poids au sein du politburo pour défendre ses intérets : Andrei Gretchko (1967-1976) puis Dimitri Ustinov (1976-1984), nommés ministre de la Défense[3].

De ce fait, le complexe, véritable épine dorsale, absorbera jusqu'a 28% du PIB dans les années 1980 mettant davantage sous pression une économie soviétique beaucoup moins souple que ces équivalentes occidentales et accumulant à la fois les performances (spatial, fusées, sous marins à propulsion nucléaire) et les retards (électronique, micro-électronique, alliages métalliques, informatique, laser) malgré l'espionnage économique intensif du KGB[6],[3].

La marine soviétique, sous la direction de l'amiral Gorkchov, obtient l'acquisition et le déploiement d'une vraie marine océanique pour rivaliser avec les forces occidentales avec 4 croiseurs lance-missiles classe Kirov, des sous-marins à propulsion nucléaire comme la classe Typhoon, et la mise en service du porte aeronefs Kiev en 1975 et du porte avions Tbilissi en 1985[3].

En parallèle, la composante aérienne se dote elle d'une flotte d'hélicoptères de combat et d'une aviation diversifiée et multi-role via les programmes phares redoutés du Hind, des avions Topolev, sukhoï et Mig[3].

En parallèle, les forces nucléaires stratégiques soviétiques atteignent la parité avec les États-Unis et prennent l'avantage en nombre de têtes disponibles en 1974, le nombre l'emportant sur la précision, la technologie Mirvage permettant de doter un misille ballistique de plusieurs têtes nucléaires visant chacune une cible différente n'étant pas alors maitrisée par les ingénieurs russes[18][3].

En plus centaines de milliers d'hommes sur le pied de guerre dans les pays satellites d'Europe de l'Est dont le plus important contingent est stationné en Allemagne de l'Est, l'Armée rouge dut aussi déployer un important dispositif le long de la frontière avec la république populaire de Chine à la suite de la rupture sino-soviétique, où des conflits frontaliers en 1969 avec l'Armée populaire de libération firent des centaines de victimes de part et d'autre.

L'Armée rouge intervint durant la guerre froide pour soutenir les gouvernements alliés à l'URSS de plusieurs manières, intervention dans la guerre civile chinoise puis défense aérienne de la république populaire de Chine en 1950 (officiellement 936 morts entre 1945 et 1950), appui aérien massif durant la guerre de Corée (315 morts), conseillers militaires et instructeurs durant la guerre du Vietnam (16 morts au Viêt Nam et 5 au Laos), intervention en Algérie (25 tués), intervention dans les guerres israélo-arabes et défense aérienne de l'Égypte (le , cinq MiG-21 soviétiques furent abattus et deux pilotes tués lors d'une bataille aérienne contre Israël)[19] avec officiellement 49 morts en Égypte-Israël et 35 au Liban/Syrie, engagements de forces régulières (parachutistes entre autres) en Éthiopie contre la Somalie et les rebelles anticommunistes à la fin des années 1970 (33 tués), en Angola (11 tués) et Mozambique (8 tués), etc.. Bilan officiel de 2012 à prendre avec prudence[20]

Guerre d'Afghanistan

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En 1979, l'Union soviétique intervient dans la guerre civile faisant rage en Afghanistan [6].

Après la mise en place, par un coup de force le 27 décembre 1979, d'un gouvernement laïc favorable à leurs intérêts et au nom de l'internationnal prolétarienne, les forces soviétiques se retrouvent harcelées par des guérillas souvent inspirées par le fondamentalisme musulman, et aidées financièrement et militairement par les États-Unis, la Chine et d'autres nations à partir du Pakistan. Les hésitations du pouvoir soviétique à déployer un effectif suffisant, supérieur aux 80 000 à 100 000 hommes alors envoyés, rendit la situation militaire insoluble, permettant alors aux résistants afghans de pratiquer une guerre d'embuscade et de maintenir leurs routes d'approvisionnement vers le Pakistan, bénéficiant par la suite de l'appui de Etats-Unis qui les alimentent en missiles anti aériens Stinger qui déciment les hélicoptères soviétiques, seul avantage de l'Armée Rouge[6].

En 1982, le contingent est augmenté à 110 000 hommes mais ne résoud pas le problème de l'Armée Rouge, qui fondamentalement configurée pour un conflit de type troisieme Guerre Mondiale ne parvient pas à s'adapter au modèle de contre insurrection face à la guérilla menée par les Moudjjahidines. Habitués à obéir strictement aux ordres de la hiérarchie, l'encadrement éprouve des difficultés importantes à l'indépendance d'esprit et la souplesse nécessaires pour faire face à ce type de situation [3].

Bien que les pertes, du fait de la supériorité matérielle de l'Armée rouge, soient restées assez légères, avec 1 670 tués par an soit 14 500 officiellement, la guerre devient très impopulaire en URSS même du fait des morts bien réels malgré la propagande officielle, qu'elle engendre. Plus de 10% du contingent soit 63 000 personnes sont soient tuées ou reviennent avec de graves séquelles psychiques et physiques engendrant le sentiment d'une guerre menée pour rien. Les témoignages des soldats de l'Armée Rouge traumatisés par ce conflit furent retranscrits en 1989 dans l'ouvrage les cercueils de Zinc de la journaliste russe Svetlana Alexievitch [18][6].

L'Armée Rouge, confrontée depuis fort longtemps au problème d'alcoolisme dans les bataillons, voit de plus se rajouter les effets de la consommation de stupéfiants au problème exponentiel et bien réel des maladie comme la typhoïde et l'hépatite que son service de santé se révélé incapable de circonscrire, entrainant de nombreux décès[5].

Avec l'arrivée de la glasnost, les médias soviétiques parlèrent de pertes importantes et la guerre donna naissance à un syndrome afghan, assez similaire à celui vécu par l'US Army lors de la guerre du Viêtnam. Ce malaise, s'ajoutant à la pression internationale qui dégrade sérieusement l'image de l'URSS à travers le monde et au coût financier élevé de la guerre, obligea Mikhail Gorbachev à ordonner le retrait de toutes les forces soviétiques d'Afghanistan, en 1989, après une guerre longue de neuf ans[6][18].

Fin de l'URSS et de l'Armée soviétique

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Soldat soviétique en mars 1992.

De 1985 à 1990, Mikhail Gorbachev, qui ne voit plus de risque d'invasion et veut agir de concert avec les Etats-Unis, s'applique à réduire les effectifs de l'Armée Rouge qui sont de 5,3 millions de personne tout en allégeant son poids économique au profit du bien être de la population civile sacrifié depuis Staline dans une course aux armements dont le système soviétique n'a plus les moyens, et inquiet face au projet américain de guerre des etoiles du président Ronald Reagan[6][18].

En effet, l'Armée Rouge, avec le complexe militaro industriel fonctionnant en vase clos, absorbe en effet jusqu'à 20% du PIB de l'URSS à travers 1 770 entreprises gérées par neuf ministères et loacalisées dans 50 villes spéciales inacessibles au public, sans retombées pour la société civile contre 6,5% pour les Etats-Unis[6][3].

De plus, Mikhail Gorbatchev soucieux de rétablir les liens avec l'Occident après la grave crise des euromissiles, et abandonnant le messianisme idéologique lié à la propagation du communisme, instaure une nouvelle politique visant à cogérer avec les Etats-Unis les affaires du monde afin de sortir de l'opposition idéologique issu du jdanovisme[6].

Gorbatchev rompt avec le schéma idéologique de la guerre froide et abandonne la course aux armements, charge trop lourde pour l'économie soviétique, moins souple que son homologue américaine et qui y sacrifie le bien-être de la population notamment au niveau de l'agriculture qui est quasi état d'assistanat par les Etats-Unis. Il laisse désormais aux différents gouvernements socialistes des différents Républiques Socialistes d'URSS en place la nécessité de faire face à leur destin. À charge pour ces derniers de répondre aux revendications notamment sur les libertés fondamentales de plus en plus importantes de la part des populations civiles au sein des différents pays composant l'empire soviétique depuis 1945 comme la Pologne avec le mouvement Solidarność et celui de la voie balte dans les années 1980[18][6]

Cette politique de glasnost et de perestroika permet de manière inattendue la libéralisation que le mouvement communiste avait auparavant empêchée comme en 1956 avec l'insurrection de Budapest et 1968 avec le coup de Prague.

En Décembre 1988, en parallèle, en signe de détente, il décide malgré l'opposition de la vieille garde conservatrice du parti communiste, le retrait de 500 000 soldats de l'Armée Rouge stationnés dans les pays du bloc de l'Est[6].

En décembre 1989, Gorbatchev valide le retrait définitif des forces soviétiques d'Afghanistan, qui apparaît de plus en plus comme une guerre coloniale doublée d'un Vietnam à la soviétique, dans une opération de retrait qui est un modèle du genre[6].

Cette politique de retrait va heurter de front le complexe militaro-industriel russe et l'Armée Rouge[6].

L''armée Rouge apparait désormais comme un colosse aux pieds d'argile avec des stocks conventionnels pléthoriques de différents matériels : 10 000 avions, 54 000 chars et 70 000 pièces d'artillerie recensés en 1991. Si la qualité du fusil d'assaut AK-47 est internationalement reconnu, en revanche, la qualitéedu matériel est plus restreinte à l'image du char T-72 comme l'a démontré la guerre du kippour en 1973 ou 1 200 chars syriens de conception soviétique avaient été détruits en une journée face au rideau de missiles anti-chars deployés par l'armée israélienne[21][3].

Dans les rangs de l'Armée Rouge, les désertions sont monnaie courante. Le vol, la violence institutionnalisée envers les jeunes recrues permanente avec le phénomène de la dedovchtina, ou bizutage, contribue à nouveau à la dégradation de la condition de soldat tandis que les mesures de sécurité déficiente, une indifférence des officiers et une justice militaire inefficace parachèvent l'ensemble occasionnant de 2 500 à 3 000 morts par an pour les jeunes recrues. Dès lors, l'évitement de la cconscription devient un objectif pour les classes sociales les plus aisées de la société soviétique [3].

Ce phénomène, amplifié avec la guerre en Afghanistan, donne lui à l'apparition en 1989 du Comité des Mères de Soldats[5].

En URSS, après le mouvement de la voie balte du , la Lituanie fut le premier des pays baltes en à choisir la voie de la sécession en proclamant son indépendance suivit rapidement par l'Estonie et la Lettonie. Progressivement les autres démocraties populaires du bloc de l'Est annoncèrent leur intention de faire de même, amplifié par la chute du mur de Berlin en Novembre 1989, ce qui mena à une période de tension et l'établissement de l'état d'urgence au milieu de l'année 1991 avec tentative de blocus économique menée par les autorités soviétiques. Neanmoins, l'Armée Rouge qui est déployée notamment contre les Pays Baltes pour empecher leur retour à la souveraineté ne peut pallier les défaillances d'un système communiste basée sur la coercition et rejeté par les populations civiles[18] [6].

Le , une tentative de coup d’État de la vieille garde communiste tourna court en août, faute de détermination de la part des insurgés. l'Armée Rouge se divise tandis que le KGB refuse de tirer sur la foule[6].

L'armée déployée dans les rues de Moscou ne semble pas avoir reçu l'ordre de tirer sur la population, mais simplement de protéger celle-ci en se déployant. Le seul incident eut lieu au cours d'un jet de cocktail Molotov sur un char qui provoqua une mort accidentelle.

Après l'échec de cette réaction, l'autorité de l'Union soviétique sur les républiques laissa de fait place à la sphère d'influence russe, et le , le document entre la Russie, l'Ukraine et la Biélorussie, déclarant la dissolution de l'URSS et la création de la Communauté des États indépendants (CEI) fut signé.

L'Armée soviétique fut alors partagée entre les différents nouveaux États, selon l'origine territoriale des contingents. Fin 1992, les reliquats de l'Armée soviétique stationnés dans les républiques avaient été transformés en armées russes (par exemple, la 14e armée du général Alexandre Lebed à Tiraspol) et les dernières forces basées en Europe de l'Est et dans les pays baltes furent retirées progressivement de 1991 à 1995.

Néanmoins, la Russie exploita la station radar Skrunda-1 jusqu'à sa mise hors service le . Le gouvernement russe doit ensuite démanteler et retirer l'équipement radar ; ce travail est achevé en , date à laquelle le site est rendu à la Lettonie. Le dernier soldat russe quitte alors la région, marquant la fin symbolique de la présence militaire russe sur le sol balte[22].

Les militaires russes, de loin les plus nombreux, constituèrent alors les forces armées de la fédération de Russie qui hérita de la majorité de l'équipement, en particulier la totalité de l'arsenal nucléaire de l'ex-Armée soviétique qui fut rappatrié des sites de la lancement biélorusses et ukrainiens en échange de la reconnaissance de l'indépendance de cette dernière par les mémorandums de Budapest en 1994.

Statistiques et comparaisons

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Effectifs soviétiques en 1991

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Outre les effectifs des branches de l’armée soviétique, il faut compter sur 230 000 paramilitaires du KGB et 350 000 paramilitaires du ministère de l'intérieur[23] :

Effectifs 1991Missiles stratégiquesArmée de terreDéfense aérienneForce aérienneMarineTotal des effectifs
Active164 0001 400 000475 000420 000450 0002 909 000
Réserve502 0002 750 000750 000725 000512 0005 239 000
Total668 0004 150 0001 225 0001 145 000962 0008 148 000

Comparaison armée soviétique/forces armées des États-Unis en 1991

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Voici la comparaison des effectifs et des matériels conventionnels entre les deux puissances en 1991 :

CatégorieUnion soviétiqueÉtats-Unis
Effectifs d'active3 400 0001 985 555[24]
Réserve militaire5 240 000nc
Paramilitaire580 000-
Chars54 50018 000
VTT/VCI86 00034 000
Artillerie/Mortiers/LRM64 00012 000
Batteries de missiles sol-air8 5001 200
Hélicoptères terrestres4 5009 000
Avions de combat tactiques4 9007 000
Bombardiers moyenne portée400-

Comparaison des forces nucléaires stratégiques soviétiques et des États-Unis

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Voici les forces nucléaires stratégiques des deux supergrands en 1990, les armes tactiques n'étant pas comptabilisées[25]. Les Troupes des missiles stratégiques détenant la majorité de l'arsenal de l'armée soviétique.

DateICBM, SLBM et bombardiers lourdsICBM lourdsOgives (ICBM, SLBM et bombardiers lourds)Ogives (ICBM et SLBM)Ogives (ICBM sur lanceurs mobiles)Ogives (ICBM lourds)Puissance (ICBM et SLBM) (Mt)
Limites imposées par START-1
1 6001546 0004 9001 1001 5403 600
Drapeau des États-Unis États-Unis
2 246010 5638 210002 361,3
Drapeau de l'URSS Union soviétique
2 50030810 2719 4166183 0806 626,3

Évolution de la densité d’une division de l'armée soviétique ou l’art de la dispersion

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Si toute action offensive implique de fortes concentrations de troupes, la menace des armes de destruction massives durant la guerre froide exige en contrepartie la plus large dispersion des hommes après l’occupation du terrain. C’est la raison essentielle pour laquelle, d’une part, la taille de la division a grossi (15 000 hommes au lieu de 5 000 hommes), alors que la densité d’occupation est passée de 500 à 8 hommes seulement au kilomètre carré.

1945196519751985
Surface occupée km × km 35 km × 25 km 30 km × 20 km 60 km × 30 km
Densité
(hommes/km2)
500 10 20 8
Taille de la division
(hommes)
5 000 8 500 12 500 15 000
Objectif de la journée (km) 20 35-40 35-40 60-70

Notes et références

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  1. L'autorité des commissaires politiques affectés à l'Armée rouge était supérieure à celle des militaires même haut gradés : cf. Steven J. Zaloga & Ron Volstad, (en) The Red Army of the Great Patriotic war 1941-1945 in Osprey Military et Robert Service, (en) Comrades: Communism, a World History, Pan Books, 2007.
  2. Jean Lopez, L'Armée rouge : Innovatrice, libératrice, prédatrice, Place des éditeurs, , 399 p. (ISBN 9782262105402, lire en ligne)
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 Jean Lopez, « Dossier : la guerre russe, la puissance, la misère et la gloire : L'expérience soviétique », De la guerre : la guerre comme vous ne l'avez jamais lu, Paris, Perrin & Ministère des armées, no 4, , p. 60-67 (ISBN 978-2-262-10603-4)
  4. Andreï Kozovoï, Russie. Dictionnaire d'histoire et de civilisation, Editions Ellipses, , 432 p. (ISBN 9782340077355, lire en ligne)
  5. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 Jean Lopez, « La guerre russe : La puissance, la misère et la gloire : Masse et violence », De la guerre : la guerre comme vous ne l'avez jamais lu, Paris, Perrin & Ministère des armées, no 4, , p. 68-77 (ISBN 978-2-262-10603-4)
  6. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 Sabine Dullin, L'ironie du destin : une histoire des russes et de leur empire (1853-1991), Paris, Payot, , 299 p.
  7. 1 2 Nicolas Fornet, « En 1917, priorité à l’éducation des masses », Le Monde diplomatique, (lire en ligne, consulté le ).
  8. Joukov, Mémoires, p. 146.
  9. 1 2 3 4 Philippe Naud, « Naissance d’une super-puissance, l’URSS de 1941 à 1945 », Væ Victis no 65, novembre-décembre 2005.
  10. Joukov, p. 146.
  11. 1 2 3 4 Pierre Miquel, La Seconde Guerre Mondiale : 1939-1945 de l'invasion de la Pologne à Hiroshima, Paris, Hachette, coll. « La vie privée des hommes »
  12. 1 2 Joukov, Mémoires, p. 147.
  13. Joukov, Mémoires, p. 148.
  14. Quid 2006, p. 1960.
  15. Les commissaires politiques étaient le lien essentiel entre le régime et son armée : même le PCUS a été purgé, seul le NKVD, dont relevaient les commissaires politiques, était jugé politiquement fiable par Staline : Boris Souvarine, Staline : Aperçu historique du bolchévisme, Champ libre/Gérard Lebovici, 1985 (ISBN 978-2851840769).
  16. « Nous croyions que Staline ruinerait l'Armée rouge. C'est le contraire qui est vrai. Le bolchevisme peut ainsi tourner toute sa force contre son ennemi » : Joseph Goebbels, 1943.
  17. Claude Huan, La marine soviétique en guerre, Economica, 1991 (ISBN 2-7178-1920-7), p. 186.
  18. 1 2 3 4 5 6 Nicolas WERTH, L'histoire de l'Union Soviétique de Khroutchev à Gorbatchev, Paris, Presses Universitaires de France, , 126 p. (ISBN 978-2-7154-0576-9)
  19. (fr) Shalmon, Ciel de gloire.
  20. « Implication des troupes russes dans des conflits à l'étranger », sur RIA Novosti, (consulté le ).
  21. Le Canard Enchainé, « Armes nucléaires tactiques : De pluton à Hadès, le feu des dieux ! », Le Canard Enchainé, vol. Les Dossiers Hors Série : La Force de frappe tranquille, no 12, , p. 30-35
  22. (en) « Russia Pulls Last Troops Out of Baltics », sur themoscowtimes.com, (consulté le )
  23. « La force mécanisée du Pacte », Ligne de Front, no 3H, , p. 47.
  24. (en) « Active Duty Military Personnel, 1940–2011 », sur infoplease.com, (consulté le ).
  25. (en) START au , fas.org.

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Bibliographie

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  • Raymond L. Garthoff, La Doctrine militaire soviétique, Paris, Plon, 1956.
  • Michel Gardier, Histoire de l’armée soviétique, Paris, Plon, 1959.
  • Vassili Sokolovski, Stratégie militaire soviétique, 1962.
  • Alexandre Nekritch, L'Armée rouge assassinée - 22 juin 1941, Grasset, 1968.
  • D. Diev, L'armée de l'amitié des peuples, Agence de presse Novosti, 1977.
  • Dominique Venner, Histoire de l'Armée rouge : La Révolution et la guerre civile : 1917-1924, Plon, 1981.
  • Victor Souvorov, Les Libérateurs, éd. Mazarine, 1982 (préface de Vladimir Boukovsky).
  • P. H. Vigor, La Théorie soviétique du « Blitzkrieg », Anthropos, 1985.
  • John Keegan, La Seconde Guerre mondiale, Hachette, 1985.
  • Edward Luttwak, La Stratégie de l’impérialisme soviétique, Anthropos, 1985.
  • (en) William Lee, Soviet Military Power, Hoover Institution Press, 1986.
  • (en) Steven Zaloga, Inside the Soviet Army, Osprey, 1987.
  • Jacques Sapir, Le Système militaire soviétique, La découverte, 1988.
  • Murielle Delaporte, L'Armée rouge face à la Pérestroïka, Bruxelles, Éditions Complexe, 1991 (ISBN 2-87027-371-1).
  • Carey Schofield, Les Secrets de l’Armée rouge, Paris, éditions Belin, 1991.
  • Nicolas Werth, Le Livre noir du communisme (Un État contre son peuple), Robert Laffont, 1997.
  • Simon Sebag Montefiore, Staline. La cour du tsar rouge, Éd. des Syrtes, 2005.
  • Lasha Otkhmezuri et Jean Lopez, Grandeur et misère de l'Armée rouge : témoignages inédits 1941-1945, Paris, Seuil, , 338 p. (ISBN 978-2-02-103867-5, 978-2-021-04931-2 et 978-2-021-04930-5, BNF 42421759).

Liens externes

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Articles connexes

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