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Building an Oecumene of Historians. Documents on the History of the Comité International des Sciences Historiques 1926–2026, vol. 29, doc. 14
volume linkBern 2026
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| Archive | Cantonal and University Library, Lausanne |
| Archival classification | CH-BCUL IS4728/I |
| Archival classification | CH-BCUL Fonds du Comité International des Sciences Historiques |
| Dossier title | Correspondance générale (1941–1944) |
| File reference archive | IS4728/I |
dodis.ch/75573
Le professeur Friis au Secrétaire général du CISH, Lhéritier1
[Communication en temps de guerre]
Depuis le 9 avril 1940 je suis sans vos nouvelles et je ne sais pas comment vous allez, ni comment se portent votre femme, votre mère et les autres amis français. Par cette lettre je voudrai essayer de rétablir la communication entre nous, et je serai très heureux de recevoir une lettre de vous me disant que vous allez aussi bien que possible dans ce temps difficile. Je désirerai tant savoir un peu en détail comment est la vie en France pour vous et mes autres chers collègues et, si vous êtes en état de me les donner, je vous demande des renseignements de M. et Mme Coville, M. et Mme Depréaux et M. Ganshof, M. Halecki et M. Handelsmann.
Je corresponds assez souvent avec la fille de mon feu ami Paul Verrier, Madame Lili de Lamare, 16 bis Avenue de la Motte Picquet, Paris VIIème, et par elle je sais combien la situation à Paris et autre part en France est difficile;2 mais il est impossible de discuter de plus près la position catastrophale3 dans laquelle se trouve le monde entier depuis notre dernière rencontre en 1938.4
Tous vos amis et connaissances danois, toute ma famille, M. Linvald5 et M. Andrup sont en bonne santé et nous continuons tous nos travaux mais au dedans des limites plus restreintes.
La situation en Danemark est encore moins pénible qu’à la plupart du monde. Nous avons le calme, et nous ne souffrons pas de besoin pressant bien que la situation économique est difficile et l’approvisionnement devient de chaque jour plus étroit. En tout nous avons encore le nécessaire, mais nos soucis augmentent en pensant à l’hiver prochain – ou aux années prochaines, si la guerre continuera. Naturellement nous sentons tous la pression de la grande crise dont nous ne savons rien de la durée ou de l’issue. Vous et moi, nous serons, comme historiens, sans doute d’accord que jamais dans la vie du genre humain – tout bien considéré – il y a été une catastrophe d’un caractère plus profond et plus menaçant que celle dont nous sommes témoins, – pour la seconde fois dans notre vie.
En souvenir de notre amitié et de notre bonne collaboration pendant plus que 20 ans j’envoie avec ma femme à vous et Madame Lhéritier, à M. et Mme Coville, M. et Mme Depréaux et mes autres amis et collègues, nos meilleures salutations avec l’espoir d’une rencontre pas trop éloigné et dans les conditions plus heureuses.
- 1
- Bibliothèque Cantonale et Universitaire de Lausanne, CH-BCUL, IS4728/I, correspondance générale 1942. L’écriture en langue française approximative est standardisée; pour la version originale, cf. le facsimilé dodis.ch/75573. Pour la réponse donnée par le Secrétaire général Lhéritier, cf. QdD 29, doc. 15, dodis.ch/74824.↩
- 2
- Sur la situation, cf. par exemple l’avant-propos controversé du Bulletin of the International Committee of Historical Sciences No 46 paru en 1941, dodis.ch/76297.↩
- 3
- Recte: catastrophique. ↩
- 4
- S’il est question ici de la dernière rencontre entre le Prof. Friis et le Secrétaire général Lhéritier, celle-ci date de mai 1939, lors de la réunion du Bureau à Luxembourg, et non de 1938, cf. le procès-verbal de la réunion du Bureau du 22 au 24 mai 1939, dodis.ch/75742.↩
- 5
- Pour le récit des événements par le Président du Comité danois des Sciences historiques, Axel Lindvald, cf. la lettre de ce dernier au Secrétaire général Lhéritier, du 1er juin 1945, dodis.ch/76298.↩
Relations to other documents
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