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Building an Oecumene of Historians. Documents on the History of the Comité International des Sciences Historiques 1926–2026, vol. 29, doc. 34
volume linkBern 2026
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| Archive | Publication |
| Archival classification | Pub No 14 pp. 167–169 |
| Dossier title | Bulletin d'Information du Comité International des Sciences Historiques (BI du CISH) (1987–1987) |
dodis.ch/75265
Discours du président du CISH, De la Torre Villar, prononcé lors de la séance de clôture du XVIème Congrès des Sciences historiques à Stuttgart1
[Message de clôture]
Je suis impressionné par l’énorme responsabilité que je prendrai en tant que président du Comité des Sciences Historiques.
Je connais fort bien, et j’admire l’œuvre de mes prédécesseurs, M. Erdmann et M. Gieysztor, œuvre qu’ils ont accomplie avec un grand succès.2 À présent le prolongement de cette œuvre échoit à un historien qui appartient aux pays Hispano-Américains.
L’Espagne, pays de rencontre de diverses cultures, a une grande tradition historique et historiographique qu’elle a transmise à toutes ses anciennes possessions d’outre-mer.
En Amérique latine, la tradition historiographique espagnole, mêlée à l’héritage indien a fourni une riche production historique. Les œuvres des historiens du VIème siècle constituent «le berceau de l’ethnologie moderne», selon l’heureuse expression de l’historien allemand Füeter. À partir de ce moment, l’histoire des grandes cultures précolombiennes se développe et s’insère à l’histoire universelle. Aussi, il nous appartient, historiens hispano-américains, de nous occuper avec plus de soin de l’histoire des autres civilisations et de faire connaître notre propre histoire.
L’Histoire de l’Amérique latine est une histoire passionnante.3 Les doubles racines qui la forment représentent des formes diverses de civilisation. L’une s’insère dans l’histoire des anciennes cultures et est semblable aux cultures de l’Inde et de la Chine. L’autre est une prolongation de la culture occidentale. L’union des grandes forces spirituelles et matérielles avec toutes ses implications; donne un sens émouvant à notre histoire. Nous, historiens hispano-américains, nous sommes obligés avec un grand soin, d’établir les différences et les similitudes entre notre développement historique propre et celui des autres pays pour arriver à obtenir une compréhension plus grande et une collaboration plus étroite entre les institutions et les individus qui s’occupent de la Science historique.
Je suis sûr que pendant les cinq années à venir nous pourrons établir des contacts plus étroits qui nous permettront de mieux connaître l’histoire espagnole et hispano-américaine.
Mon premier contact avec le CISH, date de 1950, à l’occasion du célèbre congrès qui s’était tenu à Paris. À partir de cette date, j’ai assisté comme participant à plusieurs congrès, notamment à ceux de Moscou et de Bucarest.
Aujourd’hui, moi, historien de l’Amérique latine, j’assume la direction du CISH ce qu’implique la responsabilité de maintenir la grande et noble tradition de nos congrès, présentant l’œuvre, pleine de science et de conscience, de tous les historiens, et aussi de ceux qui s’occupent de l’histoire de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique.
L’histoire, pour nous, est unique; c’est l’expression de tous les hommes, la preuve de leur activité, la démonstration la plus profonde de l’héritage universel, et spirituel que nous recevons et qui nous forme.
Soyons fidèle à notre mission: éclairer la valeur des efforts de tous les hommes, pour arriver à une totale compréhension de toutes les formes de civilisation, et pouvoir, dans un respect mutuel, assurer les efforts de tous ceux qui travaillent à maintenir la paix, affirmer la coopération entre les nations et les individus, et assurer pour les générations à venir, une vie pleine de liberté et de bonheur.
Le Comité International des Sciences Historiques va continuer à être ouvert à tous les courants idéologiques, à toutes les innovations méthodologiques et à toutes les expressions de la culture. Il va continuer à s’ouvrir à toutes les formes de connaissance de l’activité humaine. Nous souhaitons que le prochain congrès qui aura lieu en Espagne, soit une expression vivante de l’histoire de toutes les civilisations.
Le Bureau attend votre collaboration pour préserver la riche tradition de l’esprit œcuménique qui l’anime, selon la chère expression de notre prédécesseur, Monsieur Alexandre Gieysztor, qui, pendant de nombreuses années, a su, avec son grand esprit de tolérance et ses connaissances étendues de l’Histoire, maintenir à un haut niveau nos congrès. Grâce à lui, historien remarquable, homme possédant une force morale et une vision très profonde de l’histoire, nos congrès ont eu un grand éclat.
J’ai travaillé avec un grand enthousiasme, une grande amitié et un grand respect, avec mes collègues du Bureau, M. l’ancien président Alexandre Gieysztor, les vice-présidents M. Gordon Craig (États-Unis), M. Domenico de Marco (Italie), M. Hélène Ahrweiler (secrétaire générale), M. Alain Dubois (trésorier) et aussi bien qu’avec M. Satis Chandra (Inde), Théo C. Baker (Royaume-Uni), Hare Tönneson (Norvège), Georgis Ranki (Hongrie) et M. Serghey L. Tihvinskij (Union Soviétique).
Aujourd’hui, le bureau se renouvelle pour des raisons statutaires. Je regrette que quelques-uns de nos amis ne siègent plus à notre côté. J’espère que notre grande amitié continuera, aussi bien que notre collaboration scientifique, pleine de sagesse et de compréhension.
Maintenant je voudrais vous présenter le nouveau Bureau élu du CISH, c’est-à-dire, ceux qui vont nous permettre d’accomplir notre mission entre les deux congrès.
Comme vice-présidents: MM. Georgis Ranki (Hongrie) et Théo C. Baker (Royaume-Uni);
Secrétaire générale: Mme Hélène Ahrweiler (France);
Trésorier: M. Alain Dubois (Suisse);
Membres assesseurs: MM. Eloy Benito Ruano (Espagne), Carl M. Degler (États-Unis), S. Nurul Hasan (Inde), Joaquim Herrmann (R.D.A.), Misaki Miyake (Japon), Serghey Tihvinskij (Union Soviétique).
Nous recevons aussi pour la première fois dans notre congrès une grande et respectable délégation chinoise.4 Soyez les bienvenus Messieurs les délégués.
Avant de conclure vous me permettrez de remercier vivement les dirigeants du Comité d’organisation M. Ch. Meier, M. Jäckel et M. Nitschke et tout le secrétariat du congrès.
Nos remerciements aussi les plus sincères à M. le Président de la République Fédérale d’Allemagne et toutes les autorités universitaires et de la Ville de Stuttgart.
Et maintenant, utilisant la reconnaissance de l’espagnol comme langue officielle, permettez-moi pour conclure, de dire quelques mots en espagnol.
Llego a la Presidencia del congreso, sin compromiso con nadie, sólo con la verdad.
Prometo cumplir el deber académico que me ha sido otorgado, el cual considero un alto honor, no sólo para mí, sino para la cultura y la labor histórica hispanoamericana.
Siempre he trabajado con constancia y honestidad en la cátedra, en la Universidad y en las tareas académicas que se me han encomendado.
Ahora, con devoción y el auxilio de todos, trabajaré sin tregua ni fatiga, por mantener el lugar que corresponde al Comité Internacional de Ciencias históricas, en el concierto de las instituciones que se ocupan de las ciencias del hombre.
Merci infiniment.
Thank you very much.
Muchas gracias.
- 1
- Bulletin d’information du CISH No 14, 1987, pp. 167–169. Ce discours du Président du CISH, Ernesto de la Torre Villar, est prononcé lors de la séance de clôture du XVIème Congrès international des sciences historiques à Stuttgart le 1er septembre 1985, et est reproduit dans le Bulletin d’information du CISH No 14, 1987, pp. 167–169.↩
- 2
- La fin du mandat du Président du CISH Alexander Gieysztor est marquée par un discours présenté lors de la séance de clôture du Congrès de Stuttgart de 1985, cf. dodis.ch/75888. Sa lecture peut être complétée par celle du discours qu’il avait prononcé lors de l’ouverture du Congrès, le 25 août 1985, cf. dodis.ch/75926.↩
- 3
- Le Président du CISH, Ernesto de la Torre Villar, publie une étude intitulée «El descubrimiento del nuevo mundo. Algunos aspectos» dans le Bulletin d’information du CISH No 15, 1988, pp. 7–17, cf. dodis.ch/75899.↩
- 4
- Au nom de la délégation de la République de Chine, le Professeur Liu Danian présente un hommage au Congrès, cf. dodis.ch/75887.↩


