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Building an Oecumene of Historians. Documents on the History of the Comité International des Sciences Historiques 1926–2026, vol. 29, doc. 31
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| Archive | Publication |
| Archival classification | Pub No 11 pp. 121–126 |
| Dossier title | Bulletin d'information du Comité International des Sciences Historiques (1977–1980) |
| Archive | National Archives of France, Saint-Denis |
| Archival classification | FR-ANF 105AS/165 |
| Archival classification | FR-ANF Comité international des sciences historiques (CISH) (1923-2000) |
| Dossier title | Assemblée générale de Puerto de la Cruz de Ténérife (28-29 juillet 1977). - Ordre du jour, procès-verbal et lettres d'envoi 1977 ; réservation des chambres d'hôtel (1977) ; participation des délégués à l'Assemblée générale : choix des délégués des Comités nationaux et des Organismes internationaux affiliés (1977), non participation annoncée (1977), listes d'émargement (1977), absents excusés (1977) ; rapport du Secrétaire général [1977] ; transformation des Commissions internes en Organismes internationaux affiliés (1976-1977) ; préparation du congrès de Bucarest : choix des thèmes [1977] ; correspondance reçue et envoyée de Michel François (1975-1977). (1975–1977) |
dodis.ch/75262
Rapport du Secrétaire général, François, présenté devant l’Assemblée générale du CISH à Tenerife1
[Bilan, enjeux et perspectives du CISH]
Les Assemblées générales que, conformément à l’article 3 de nos statuts, nous tenons «au moins tous les trois ans» sont toujours des événements qui comptent dans la vie du CISH et votre présence ici témoigne assez que vous en avez bien le sentiment. Vous avez été nombreux, en effet, à répondre à la convocation que je vous avais envoyée le 30 juin dernier et que j’aurais dû sans doute vous adresser plus tôt si je n’en avais pas été empêché par la triste épreuve qui, quelques semaines auparavant, avait endeuillé mon foyer. Je m’en étais d’ailleurs moins inquiété du fait que, dès le 15 mai, notre collègue le Prof. Eloy Benito Ruano, président de l’Asociacion española de ciencias historicas avait pris le soin d’écrire lui-même à tous les Présidents des Comités nationaux et des Organismes internationaux affiliés pour leur confirmer la date et le lieu de notre rencontre et leur indiquer en même temps les conditions du voyage et du séjour des délégués à Puerto de la Cruz. C’est en effet à l’invitation de l’Asociacion española de ciencias historicas que nous nous réunissons aujourd’hui ici à Tenerife conformément au vœu qu’en avait exprimé voici plusieurs années déjà le R.P. Miguel Batllori en sa double qualité de membre de l’Asociacion et de membre assesseur du Bureau du CISH et je veux à mon tour leur exprimer, en mon nom personnel et en votre nom, toute la reconnaissance que nous leur en avons. Mes remerciements vont aussi, et tout particulièrement, au «Cabildo Insular» de Tenerife qui a pris toutes les dispositions pour que nos travaux se déroulent dans les meilleures conditions possibles et pour que nous gardions de notre séjour dans ces terres enchantées, ces îles Fortunées le meilleur souvenir.
Je ne doute pas que l’attrait de ces îles ait eu sa part dans l’empressement que vous avez mis à répondre à ma convocation mais c’est aussi et surtout pour participer utilement à nos activités que vous l’avez fait. Un certain nombre de nos collègues n’ont pu se joindre à nous, empêchés qu’ils en ont été par une indisposition momentanée de santé – c’est le cas par exemple du président du Comité français des sciences historiques, mon collègue et ami Michel Devèze et de Madame Denise Fauvel-Rouif, la si active et si dévouée secrétaire générale de la Commission internationale d’histoire des mouvements sociaux et des structures sociales, du Prof. Natsagdorj de Mongolie – ou par l’éloignement – c’est le cas du Président du Comité japonais des sciences historiques et qui fut pendant de nombreuses années membre assesseur de notre Bureau, notre cher ami le Prof. Kohachiro Takahashi ou par des maladresses administratives, le Prof. E. Engelberg; les uns et les autres m’ont chargé de vous dire tout le regret qu’ils en avaient et ce regret est d’autant plus grand que l’Assemblée générale que nous tenons cette année doit être pour le CISH celle d’un nouveau départ.
Toute Assemblée générale est un événement dans la vie du CISH ai-je dit en commençant mais celle-ci plus spécialement puisqu’elle est la première que nous tenons depuis que notre Comité est entré dans le deuxième demi-siècle de son existence. Comme je l’avais déjà rappelé à San Francisco en 1975, c’est en effet en 1926 que le CISH a vu le jour à Genève; ce cinquantenaire, nous l’avons marqué en Turquie à Ankara où nous avions été invités par la Türk Tarih Kurumu à tenir notre Bureau en septembre 1976;2 nous l’avons marqué aussi en publiant un nouveau Bulletin d’Information du CISH le dixième de la nouvelle série avec le millésime 1974–1976 et qui porte en sous-titre Numéro du cinquantenaire du Comité.3 J’espère que vous avez tous eu en mains ce Bulletin puisqu’aussi bien – et comme il est de tradition depuis dix ans maintenant – un exemplaire en a été envoyé gratuitement aux présidents de toutes les organisations qui composent notre Comité. Notre trésorier, M. Biaudet, à qui nous devons cette heureuse initiative, a assuré cette distribution dans l’espoir que vous en passeriez des commandes en nombre et qu’ainsi la plus large diffusion lui en serait assurée. Que vos demandes aient répondu tout à fait à notre attente, lui-même vous le dira mieux que moi en vous présentant son rapport financier: je crains, hélas! que cette fois encore il ait éprouvé quelques désillusions et pour moi qui en ai assuré la charge de la rédaction la désillusion serait plus grande encore de voir les exemplaires disponibles pour la vente demeurer en stock chez lui alors qu’il présente une masse de renseignements non encore égalée jusqu’alors sur ce que nous sommes et ce que nous faisons. Croyez bien que ce n’est pas ma sensibilité d’auteur qui s’en trouverait affectée; au reste ces renseignements je n’ai pu les donner que parce que vous me les avez vous-mêmes communiqués en répondant à la circulaire que je vous avais envoyée à cet effet; je dois dire cependant que, si vos réponses me sont parvenues nombreuses et précises à souhait, trop souvent encore mes appels sont demeurés sans écho et pour que tel ou tel comité national continue à figurer sur ma liste j’ai dû me résoudre à reproduire à son sujet des indications vieilles de cinq et quelquefois de dix ans mais qui étaient les seules que je possédais sur lui. Par contre vous aurez, je pense, retiré quelque profit de l’évocation que j’ai faite avec le titre «Cinquante ans d’histoire du Comité international des sciences historiques» des conditions dans lesquelles est née et s’est développée notre grande organisation internationale: évocation que j’aurais voulue moins sèche, moins administrative, surtout pour la période des origines à la veille de la deuxième guerre mondiale et qui comme l’a remarqué notre Président pourra être utilement complétée en recourant aux dossiers personnels de ceux, aujourd’hui disparus, qui ont animé avec tant d’enthousiasme notre Comité dans ses enfances et dont les correspondances remises à un dépôt public d’archives ou conservées dans leurs familles seraient certainement si riches d’enseignements. Hélas! comme je l’ai indiqué dans ma notice, les archives propres du secrétariat général du Comité antérieures à ma reconstitution en 1948 ont disparu.4 Par contre je me sentais plus à l’aise pour la suite puisque de par la confiance que vous n’avez pas cessé de me renouveler depuis 1950, je me suis en somme identifié avec notre Comité et je me dois de vous faire savoir que mes propres archives de secrétaire général depuis cette date représentent actuellement une bonne cinquantaine de cartons qui sont déposés aux Archives nationales à Paris:5 de quoi nourrir le moment venu, une belle thèse d’historiographie! L’historiographie entendue comme histoire de l’histoire pour l’étude comparée de laquelle notre Comité pourrait bien créer une nouvelle commission dans son sein.
Quoi qu’il en soit et malgré ses imperfections, le Bulletin d’information constitue le seul lien qui nous unisse en dehors de ces rencontres privilégiées que constituent nos assemblées générales et surtout nos Congrès quinquennaux. Notre trésorier a pris soin d’en apporter avec lui quelques exemplaires que vous pourrez vous procurer et nous proposons d’en faire paraître un nouveau en 1979 pour qu’avec ce prochain numéro (no 11) nous nous présentions à travers lui à visage découvert lors du XVème Congrès international des sciences historiques que nous tiendrons en 1980 à Bucarest.
Vous avez tous bien reçu, je pense, l’ordre du jour de notre présente Assemblée générale; en vous le soumettant, je vous avais invité à me faire connaître les modifications ou compléments que vous auriez pu éventuellement y ajouter. Je n’ai reçu à son sujet aucune observation de votre part et nous allons pouvoir en aborder successivement les différents points. Son laconisme voulu ne vous a pas dissimulé l’ampleur de la tâche qui nous attend. Cette tâche votre Bureau s’est efforcé de vous la faciliter, s’agissant que tout de la préparation du Congrès de Bucarest, dans les longues journées de travail auxquelles tous ses membres présents ont pris part eux-mêmes. Je voudrais, pour ma part, présenter quelques remarques qui permettront, je pense, de mieux engager nos débats en rappelant notamment les desiderata que vous aviez déjà exprimés aux Assemblées générales que nous avons tenues à San Francisco les 21 et 29 août 1975.6
Vous aurez à vous prononcer tout à l’heure sur une candidature nouvelle celle de l’Union of Arab Historians qui nous a été adressée en bonne et due forme au lendemain d’un séjour qu’à son invitation j’avais été amené à faire en mars dernier à Doha, capitale de l’émirat du Qatar. Durant six jours, l’Union of Arab Historians qui groupe les historiens de quelque 20 pays du Pakistan au Maroc a tenu un colloque dont j’ai pu apprécier la qualité des communications qui y ont été présentées. Sa présence au sein du CISH en qualité d’organisme international comblera, si vous la ratifiez, une lacune grave dans notre répartition géographique comme l’avait fait déjà l’Association des Historiens Africains que nous avons admise en 1975.
La transformation qui vous est également proposée de deux commissions internes, la Commission internationale d’histoire des Universités et la Commission internationale d’histoire des villes en organismes internationaux affiliés est le point d’aboutissement d’une question qui s’est posée au sujet de nos statuts sur lequel je vais revenir dans un instant. Comme j’aurai à le montrer il n’a pas paru opportun au Bureau que les commissions internes soient représentées en tant que telles à nos Assemblées générales; par contre le Bureau a estimé que, compte tenu de leur importance, plusieurs commissions internes pourraient être invitées à demander leur transformation en organismes internationaux affiliés. Après consultation de leurs membres, les deux commissions d’histoire des villes et d’histoire des Universités ont répondu favorablement à cette invitation. Par contre la commission internationale d’histoire ecclésiastique comparée à qui pareille invitation avait été faite n’a pas cru pouvoir y acquiescer, dans l’impossibilité où elle était de payer la cotisation annuelle dont le versement est obligatoire. Nous le regrettons vivement mais je saisis cette occasion pour préciser un point qui me paraît d’importance. Nous devons écarter toute idée de je ne sais quelle promotion pour une commission interne à devenir organisme international affilié. Les commissions internes ont leur place au sein du CISH aux côtés des Organismes et ce n’est pas parce que le champ de leurs activités est plus restreint que leur importance est moindre: seule leur durée peut être mise en cause quand, par exemple, elles ont terminé les travaux ou les publications pour la réalisation desquels elles avaient été créées; mais leur rôle n’en a pas moins été essentiel. Vous aurez précisément à vous prononcer sur la création d’une commission nouvelle dont l’importance ne vous échappera pas puisqu’elle consacrera ses travaux à la juste place qui doit être faite aux moyens audio-visuels dans l’enseignement et la recherche en histoire.
J’en viens maintenant aux modifications à apporter à nos statuts qui constituent le point 6 de notre ordre du jour. Il faut y voir la suite de la longue discussion qui était née à l’Assemblée générale de Herceg Novi en 19727 et avait rebondi à celle de San Francisco en 1975. Déjà à San Francisco vous avez adopté les modifications qui vous avaient été proposées sur les deux points très précis de l’exercice du mandat du Président et de la limite d’âge des membres du Bureau. Mais il était apparu qu’il fallait aller plus loin et c’est la raison pour laquelle je vous ai demandé de nous faire part de vos propositions. Ces propositions, le Bureau les a longuement examinées dans sa réunion d’Ankara et dans ma circulaire du 4 mai 19778 je vous ai fait part des modifications qu’il avait cru devoir retenir; vous en avez le texte en français et en anglais et nous aurons l’occasion d’en débattre avant de passer au vote auquel, dans l’état présent des choses, seuls les Comités nationaux sont habilités à participer. Ainsi révisés, nos statuts seront mieux accordés aux réalités de notre temps et aux conditions dans lesquelles notre Comité aura à exercer ses activités et à mieux justifier, s’il en était besoin, sa raison d’être.9
Ce qu’ont été nos activités depuis nos dernières assemblées générales de San Francisco, vous n’attendez pas de moi, je pense que je m’y arrête ici longuement. Trop peu de temps s’est écoulé pour que je puisse le faire utilement. Au reste vous en êtes déjà informé par ce que j’en ai dit précisément dans le dernier Bulletin d’information paru en novembre 1976 dans lequel j’ai fait également figurer – pour autant du moins que vous me l’avez fait savoir – nos projets pour les deux ou trois années à venir. Je dirai seulement combien je suis frappé par la vitalité de nos organisations et la vigueur de leurs entreprises en dépit des difficultés chaque jour plus grandes que nous veut l’époque où nous vivons. Plus qu’aux comités nationaux qui peuvent trouver dans leurs pays respectifs les ressources dont ils ont besoin, je pense aux organismes internationaux affiliés et aux commissions dont les moyens sont par essence toujours trop limités. Nous avons examiné au Bureau les demandes de subvention que je vous avais invité à me faire parvenir pour les présenter et les défendre à l’Assemblée générale du Conseil international de la philosophie et des sciences humaines qui se tiendra au mois de septembre prochain à Montréal au Canada. Ces demandes me sont parvenues nombreuses et elles témoignent précisément de cet esprit d’entreprise, disons de cette volonté de bien faire pour le plus grand profit de tous qui vous anime. Mais le montant total de vos demandes pour les deux années 1979 et 1980 s’élevait à 52 400 dollars et si nous obtenons de l’UNESCO par l’intermédiaire du CIPSH la moitié de ce que vous avez demandé, nous pourrons nous estimer heureux! Devrons-nous alors ajourner nos projets voire même renoncer à certaines de nos réalisations? Le problème se pose pour la plus ancienne d’entre elles et qui a porté haut, je crois, le renom scientifique de notre Comité, je veux parler de l’International Bibliography of Historical Sciences dont j’ai personnellement la charge. Le coût de l’impression du tome XLII, le dernier qui vient de paraître il y a un mois s’est élevé à 95 000 francs français soit 19 000 dollars et la subvention que nous recevons de l’UNESCO n’est que de 6000 dollars (elle n’était encore que de 4000 dollars il y a deux ans); et je ne parle pas des autres frais de fabrication, des charges sociales notamment, qui s’ajoutent à la facture de l’imprimerie! Comme pour le Bulletin d’information nous faisons appel à vous pour accroître le chiffre des ventes de la Bibliographie dans chacun de vos pays en même temps que nous envisageons de recourir pour la suite au procédé de l’off-set, lequel n’est pas sans risques; et je dois dire aussi toute la reconnaissance que nous devons avoir à notre Bureau qui a bien voulu prélever sur les fonds propres du CISH une somme importante pour éponger une partie de la dette que nous restions devoir à l’imprimeur pour le précédent volume et également au CIPSH qui vient de nous envoyer un complément de subvention de 2000 dollars. Il y a là une situation malsaine qui ne peut durer et que nous retrouvons aussi dangereuse quand il s’agit de publier les Actes des colloques que nos organismes internationaux et nos commissions organisent régulièrement. Or à quoi sert de tenir un colloque – qui est peut-être la forme la plus utile de la concertation entre historiens – s’il ne reste rien des rapports qui y ont été présentés et des discussions auxquels ils ont donné lieu?
Et voici qui m’amène à dire un mot qui viendra au devant d’une question que vous serez très certainement amenés à nous poser: où en est la publication des Rapports et des Actes du Congrès de San Francisco? Cette question je l’ai posée moi-même à nos collègues et amis américains responsables de l’organisation du Congrès et j’aurais voulu obtenir d’eux et donc pouvoir vous donner une réponse rassurante. Je sais que trois volumes de [sic] 10 ont été prévus qui auraient dû paraître – le premier du moins – au mois de juin dernier mais je n’ai encore rien reçu et j’espère que les représentants qui sont ici présents de l’American Historical Association pourront, comme l’a déjà fait le Prof. Gordon Craig, membre de notre Bureau, nous apporter les apaisements dont nous avons besoin. Seul a paru à ce jour le volume des Proceedings que tous les congressistes ont reçu mais qui ne concerne que les séances d’ouverture et de clôture du Congrès, le programme des séances de travail et la liste des participants que nous avions tant souhaité avoir dès le début de nos travaux. Ce n’est là qu’une mince consolation.
L’organisation de nos grandes rencontres quinquennales n’est pas chose simple. Elle pèse lourdement, s’agissant du plan matériel, sur le pays invitant qui assume la tâche redoutable d’assurer à plusieurs milliers de congressistes les meilleures conditions dans lesquelles ils pourront travailler et ici encore l’aide que nous recevons de l’UNESCO est dérisoire puisque sur les 7000 dollars qu’elle ne peut dépasser, 5500 sont obligatoirement consacrés au paiement des frais de voyage des congressistes particulièrement défavorisés.
Cette tâche, et qui est aussi un honneur, c’est à la Roumanie que vous l’avez confiée par votre vote de 1975 et nous devons rendre hommage au courage de nos collègues roumains qui n’ont jamais envisagé d’y renoncer en dépit des lourdes épreuves que le déchaînement subit de forces aveugles cachées au sein de notre terre a fait subir à leur pays et plus spécialement à sa capitale Bucarest.
Mais c’est à nous tous ensemble ici réunis qu’il convient de déterminer dès maintenant les formes que devra prendre le Congrès de 1980 et les thèmes qui y seront débattus comme les rapports qui y seront présentés. Ce sera là même l’essentiel de l’ordre du jour de notre Assemblée générale et nous nous sommes préparés depuis longtemps à l’aborder.
Dès l’automne de 1975, je vous ai en effet invité à nous faire part des observations que vous aviez eu à faire sur le Congrès de San Francisco et par la même occasion des suggestions que vous auriez à présenter pour celui de Bucarest. Comme toujours vos réponses n’ont pas été aussi nombreuses que nous aurions pu le souhaiter puisqu’elles nous sont venues de 15 comités nationaux seulement – sur quarante-huit que nous sommes – et que les organismes internationaux affiliés et les commissions sont tous demeurés sur ce point silencieux. Elles ont porté essentiellement sur l’organisation matérielle du Congrès, la présentation des grands thèmes et l’intervention des experts, les rapports présentés dans la section chronologique et les séances de travail propres aux organismes internationaux affiliés et aux commissions et hormis ce dernier point pour lequel vous avez été unanimes à souligner la qualité du travail qui s’y était fait, vous n’avez pas ménagé vos critiques. Notre Bureau réuni à Ankara s’est saisi du dossier à l’étude duquel il a consacré de nombreuses heures pour prendre en définitive un certain nombre de dispositions que je vous ai fait connaître par ma circulaire du 25 novembre 1976.11 Comme nous aurons à en débattre aujourd’hui même et demain, je ne veux pas m’y attarder ici. Je voudrais seulement noter un malentendu qui s’est produit du fait que pour l’établissement du programme scientifique du Congrès de Bucarest le Bureau avait cru devoir prendre lui-même l’initiative – et c’était à mon avis une excellente initiative – de proposer lui-même trois sujets de grands thèmes et trois sujets de méthodologie que notre Président a pris la peine de commenter lui-même dans une circulaire en décembre 1976.12 Or vous avez été trop nombreux à croire que ce seraient là les seuls sujets d’étude qui seraient retenus pour le Congrès: vous vous êtes tous d’ailleurs ralliés à ces choix mais vous avez trop souvent négligé de nous envoyer vos propres propositions comme je vous l’avais cependant instamment demandé; car j’estime que nous ne devrons jamais renoncer à cette large consultation qui vous permet de vous exprimer librement et évite de nous taxer de je ne sais quel dirigisme contraire à cette notion de travail en commun à quoi nous tenons tant. J’ai donc dû vous adresser une première puis une deuxième circulaire de rappel et ce n’est que très tard que j’ai reçu enfin vos propositions. Leur nombre – 254 – contre 195 en 1972, j’en tiens la liste à votre disposition, témoigne assez que vous avez bien quelque chose à dire – je n’en avais pour ma part jamais douté et c’est à l’étude de ces propositions que j’avais néanmoins le temps de regrouper par catégories, que votre bureau a consacré depuis trois jours le plus clair de son temps pour vous soumettre à son tour un schéma général du Congrès sur lequel vous aurez à vous prononcer? Et le schéma que vous aurez adopté sera le schéma définitif du Congrès de Bucarest car nous n’aurons jamais trop des trois ans qui nous en séparent pour en assurer la réalisation avec tout le soin voulu.
Mais 1980 sera aussi l’année où, conformément à nos statuts, vous aurez à procéder au renouvellement de votre Bureau. Cette question ne nous préoccupait pas jusqu’ici lors de l’Assemblée générale qui nous réunit entre nos Congrès. Il n’en va pas de même aujourd’hui. En effet lorsque nous avons étudié au Bureau le problème de la révision des statuts, la question s’est posée de savoir s’il convenait d’y faire mention de la commission de Nomination dont il n’est pas fait mention dans nos anciens statuts et qui pourtant n’a jamais cessé d’être constituée ad hoc pour chaque renouvellement du Bureau. Nous avons pensé en définitive que plutôt que de lui donner une existence statutaire, il était préférable de lui garder son caractère de disposition coutumière quitte à définir dans un règlement les conditions de son fonctionnement. Nous avons pensé aussi que pour lui permettre d’agir en meilleure connaissance de cause, cette commission pourrait être mise en place dès maintenant: elle pourrait comprendre outre le Président en exercice, trois membres pris parmi les membres sortants, ou non rééligibles du présent Bureau et trois membres proposés par l’Assemblée générale. Si vous en êtes d’accord cette question pourrait faire l’objet de notre réflexion ici même et donc avant que nous nous séparions.
Et c’est au nouveau Bureau qui sera élu à Bucarest et dont, pour ma part, je ne ferai plus partie – car les temps sont venus que je me retire, après avoir bénéficié depuis longtemps, trop longtemps peut-être de votre confiance, c’est à ce nouveau Bureau qu’il reviendra de prendre en mains les destinées du CISH et de songer au XVIème Congrès international des sciences historiques pour lequel je puis vous dire que nous avons déjà une invitation, celle de la République fédérale d’Allemagne et plus spécialement de la ville de Hambourg. Mais sur ce point notre Président pourra – et pour cause – vous en dire plus long que moi.
Telles sont, Mesdames et Messieurs, les considérations que j’ai tenu à développer devant vous dans ce trop long rapport dont les différents points constitueront autant de bases de départ pour nos débats. Je ne suis pas, pour ma part, d’un naturel particulièrement optimiste, et sans doute à présent moins que jamais… Mais j’ai tout lieu de penser que ce sont encore de beaux jours qui s’ouvrent devant nous. Notre présence est maintenant solidement assurée sur tous les continents et si nous avons pu être un temps inquiets des dangers qui pesaient sur la place qui doit être faite à l’histoire dans la formation de l’homme comme fondement de toute culture et garantie de paix, nous pouvons croire que les vœux que nous avons émis sur ce point à Moscou puis à San Francisco ont eu leur effet. Et ce que nous aurons à dire au Congrès de Bucarest ne pourra que renforcer notre position.
Après cinquante ans d’une existence qui n’a pas été sans traverses, le CISH demeure bien vivant et nous n’avons pas déçu les espoirs que nos anciens, ses fondateurs en 1926, avaient mis en son avenir.
- 1
- Archives Nationales Françaises, FR-ANF, 105AS/165. Ce rapport du Secrétaire général du CISH, Michel François, présenté lors de l’Assemblée générale à Puerto de la Cruz en 1977, est reproduit dans le Bulletin d’information du CISH No 11, 1977–1980, pp. 121–126. En écho à ce rapport, cf. le discours du Président du CISH, Karl Dietrich Erdmann, devant l’Assemblée générale de Puerto de la Cruz en 1977, cf. dodis.ch/75852.↩
- 2
- Pour le procès-verbal de la réunion du Bureau à Ankara, cf. dodis.ch/75855.↩
- 3
- Cf. dodis.ch/76295.↩
- 4
- Les archives sont retrouvées au début des années 1980, cf. la présentation du Président du CISH, Karl Dietrich Erdmann, lors du Congrès de Stuttgart en 1985, dodis.ch/76296. ↩
- 5
- Les archives du Secrétaire général, Michel François, sont conservées aux Archives nationales françaises (ANF) sous la cote 105AS.↩
- 6
- Pour les procès-verbaux des sessions de l’Assemblée générale de San Francisco, cf. dodis.ch/76617 et dodis.ch/76618.↩
- 7
- Pour le procès-verbal de l’Assemblée générale de 1972, cf. dodis.ch/75846.↩
- 8
- Cf. la lettre du Secrétaire général François aux présidents des comités nationaux, du 4 mai 1977, dodis.ch/75873.↩
- 9
- Pour la modification des statuts du CISH votée par l’Assemblée générale de Puerto de la Cruz en 1977, cf. dodis.ch/75874.↩
- 10
- Espace vide dans le texte original. Pour le facsimilé, cf. dodis.ch/75262.↩
- 11
- Non retrouvée.↩
- 12
- Non retrouvée.↩
Relations to other documents
| http://dodis.ch/75846 | is quoted in | http://dodis.ch/75262 |



