Printed in
Diplomatic Documents of Switzerland, vol. 26, doc. 158
volume linkZürich/Locarno/Genève 2018
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volume linkBern 2026
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| Archive | Swiss Federal Archives, Bern | |
| Archival classification | CH-BAR#E2010A#1995/313#2150* | |
| Dossier title | Discours Est/Ouest (1975–1985) | |
| File reference archive | B.72.09.15.1 |
| Archive | Swiss Federal Archives, Bern | |
▼ ▶ Archival classification | CH-BAR#E2812#1985/204#228* | |
| Old classification | CH-BAR E 2812(-)1985/204 7 | |
| Dossier title | Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE), Helsinki, 30.07.1975 (1975–1975) | |
| File reference archive | 4 |
dodis.ch/38867 Discours du Président de la Confédération, P. Graber, à la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe1
Permettez-moi d’adresser d’abord à nos hôtes finlandais mes sentiments de vive gratitude pour la qualité de leur accueil. Je tiens à leur dire le plaisir que j’éprouve à me trouver une nouvelle fois chez eux. Les affinités qui existent entre la Suisse et la Finlande tiennent à la nature profonde des choses. Elles nous rendent particulièrement réceptifs à l’âme de ce pays, empreinte, à l’image de la musique de Sibelius, de grandeur sans ostentation et de sérénité.
La Suisse, située au carrefour de trois cultures qui ont valu au vieux con tinent son rayonnement universel, la Suisse a toujours vibré de la vie de l’Europe. Elle en a, au long de son histoire sept fois séculaire, partagé les fastes et les tribulations.
Comme je l’ai déclaré de cette même tribune voici deux ans2, la neutralité de mon pays n’a jamais été l’alibi d’une politique de la chaise vide, de l’indifférence, du repli sur soi-même. Elle lui a dicté, au contraire, un souci de solidarité et l’ambition d’être prêt, en permanence et selon ses moyens, à rendre service à la Communauté internationale.
Parce qu’elle connut elle-même la chance historique de surmonter les antagonismes de race, de langue et de religion qui causèrent l’affrontement de ses voisins, la Suisse a ressenti leurs conflits comme autant de luttes fratricides. Elle avait ardemment souhaité leur réconciliation. Elle se félicite de leur coopération d’aujourd’hui. Mais son intérêt ne s’est pas limité à cet horizon immédiat: c’est la bonne entente de l’Europe entière que nous n’avons cessé d’appeler de nos vœux. Notre refus d’adhérer à des alliances ou à des coalitions répondait ainsi dans ses profondeurs à une vocation plus largement européenne.
C’est pourquoi nous nous réjouissons de voir l’option de neutralité inscrite au chapitre des principes qui devraient régir les relations entre nos États. La neutralité est ainsi reconnue comme un instrument spécifique de la sécurité et de la coopération européenne.
Mais notre volonté d’ouverture est loin de se borner au cercle des États ici présents. Si nous souhaitons que l’Europe – qui fut trop souvent dans le passé la source de déchirements universels – devienne une zone claire de paix et de travail, c’est aussi pour qu’elle puisse consacrer davantage d’attention, d’énergies et de ressources à l’œuvre prioritaire de notre temps, qui est d’orienter vers le développement et le bien-être les multitudes encore dépourvues des biens que nous avons presque tous en abondance.
On a mis l’accent sur le caractère profondément original, à plus d’un titre, de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe. En effet, c’est la première fois que se trouvent réunis les dirigeants de tous les pays membres de la famille européenne3 – rejoints par ceux des deux grandes démocraties nordaméricaines, liées à elle par une vivante communauté d’origine et de destin.
À la différence de certains congrès diplomatiques du passé, la CSCE a été préparée, convoquée, a siégé, délibéré, pris ses résolutions, pour conclure aujourd’hui ses travaux sur la base de l’égalité souveraine des États participants. Ce principe a trouvé son expression parlante dans la pratique du consensus. S’il n’a pas simplifié les discussions de Genève4, un tel système a eu le mérite de permettre aux délégations de tous les pays, grands ou petits, de faire librement valoir leurs points de vue et de participer activement à l’élaboration d’un document5 politique commun. Il s’agit à nos yeux d’une prérogative tout à fait légitime, mais qui trouve sa contre-partie nécessaire dans un comportement res ponsable et mesuré.
Pour nous autres Suisses, la vertu essentielle de l’égalité souveraine des États, c’est qu’elle conditionne à son tour le principe suprême de l’indépendance nationale.
Mais, l’indépendance, pour quoi faire? D’abord, bien entendu, pour conduire librement et dans le respect des règles internationales nos rapports avec l’étranger. Mais, tout autant, pour bâtir et développer notre propre communauté en fonction d’une certaine idée que nous nous faisons de la personne humaine, de sa dignité, de ses besoins et de sa finalité, en un mot de son bonheur.
Une autre caractéristique originale de la CSCE est d’aménager des structures plus complètes et plus sûres dans les rapports inter-européens, mais également de faciliter, de développer et d’harmoniser dans chacun de nos pays, et par-dessus leurs frontières, les relations humaines.
Il s’agit à nos yeux d’un tout indissociable. Car il n’est pas de libertés individuelles sans souveraineté nationale, de même que l’indépendance de l’État trouve sa justification première dans le plein épanouissement de la personne. C’est pourquoi nous reconnaissons à la CSCE le mérite d’avoir hissé les droits de l’homme6 au niveau des dix principes appelés à régir les relations mutuelles entre les États participants. En raison de la valeur égale qui est expressément reconnue à chacune de ces règles, le respect des libertés fondamentales pourra ainsi devenir une contribution positive de la Conférence au système des relations entre États. Il en résulte que le respect d’un principe si solennellement consacré revêt désormais, au niveau de la conscience européenne, la même importance que celui de l’inviolabilité des frontières.
C’est précisément pour des considérations de cet ordre que la Suisse avait estimé, dès le point de départ, que le chapitre sur les contacts humains et l’information constituerait un élément indispensable de la CSCE.
À première vue, nous devons le dire, les résultats paraissent modestes. Ils ne répondent certainement pas aux espoirs que certains avaient nourris. Les textes élaborés sont trop souvent imprécis et assortis de réserves qui en réduisent encore la portée.
Et pourtant! Que des sujets aussi délicats aient pu être abordés et discutés en toute franchise, au niveau diplomatique, entre pays à systèmes politiques, économiques et sociaux différents, est déjà en soi un élément positif. Et le fait que les mêmes pays aient pu se mettre d’accord sur des textes qui ont au moins le mérite d’exister, est un gage supplémentaire d’espoir. Ici plus qu’ailleurs, il faut se garder de la tentation du tout ou rien. C’est pourquoi l’excès d’ambition n’avait pas sa place dans la réalité politique de l’Europe. Mais l’absence d’ambition eût été le désaveu des objectifs mêmes que nous nous étions assignés. On peut dire, dans ces conditions, que le document que nous avons sous les yeux représente un premier point d’ancrage. L’avenir seul dira ce qu’il vaut.
En d’autres termes, il faudra demain que les dispositions que nous allons solennellement adopter dans ce domaine, comme dans d’autres, soient encore traduites dans les faits. Leur mise en application révèlera le degré de volonté des États ici représentés de donner un contenu concret au cadre qui vient d’être tracé7.
Les progrès qui seront réalisés dans le vaste domaine des relations humaines, c’est-à-dire de celles qui sont vécues au niveau de la personne, destinées à rendre les cloisons moins étanches en Europe, joueront tout particulièrement le rôle d’un révélateur dans notre appréciation du bilan8 de la Conférence elle-même.
Nous souhaitons, par exemple, que certains problèmes qui se sont révélés particulièrement difficiles – je pense notamment à tous les drames humains qui résultent de la séparation des familles – trouvent à l’avenir, dans les cadres multilatéral ou bilatéral appropriés, des solutions qui procèdent de cet esprit.
Dans un autre domaine – auquel nous attachons également une grande importance – celui de l’information, nous espérons que sa diffusion plus large et son accès plus libre, ainsi que le travail des journalistes seront facilités et qu’ainsi il sera mis fin, peu à peu, à une situation qui est encore loin d’être satisfaisante partout.
C’est le même souci de donner un prolongement concret aux principes destinés à régir les relations entre États participants qui nous a incités à présenter un projet détaillé de règlement pacifique des différends.
Les discussions de Genève ont malheureusement révélé que certaines caractéristiques de ce projet, notamment la nature obligatoire des décisions ou simplement de la procédure, n’étaient pas encore acceptables à tous. Cela ne nous a nullement découragés dans notre effort. Nous constatons pour l’instant que la Conférence a, d’une part, donné aux trente-cinq pays participants l’occasion de discuter, pour la première fois et d’une façon approfondie, une idée qui a de tout temps constitué une des lignes de faîte de notre politique étrangère. D’autre part, les suites de la Conférence et le mandat précis que nous avons reçu à ce sujet nous permettront de reprendre dans deux ou trois ans l’étude et l’élaboration d’un tel système.
Nous pourrons envisager, cette fois-ci avec de meilleures chances de succès, la réalisation de notre projet. Certains l’avaient trouvé trop ambitieux, d’autres pas assez mûr. Quoi qu’il en soit, il garde à nos yeux le mérite d’essayer d’organiser ce que nous appelons la paix, la sécurité et la détente; de donner à ces concepts généraux un contenu réel, concret et, pourquoi ne pas le dire, une dimension nouvelle.
Dans le secteur économique, enfin, la CSCE, bien que d’essence politique, s’est efforcée de faciliter les transactions, de renforcer la confiance et d’animer d’un meilleur esprit la coopération industrielle, scientifique et technique entre nos États. Pour un pays tel que la Suisse, tributaire plus que tout autre de l’essor du commerce mondial, toute mesure destinée à promouvoir le libre mouvement des échanges est la bienvenue. Nous souhaitons que les efforts entrepris dans ce domaine se poursuivent, en vue de parvenir à un équilibre judicieux entre les droits et obligations réciproques.
Monsieur le Président9, Messieurs les Hauts-Représentants10,
Il ne serait sans doute pas équitable de mesurer les résultats concrets qui ont été obtenus à l’aune des espoirs généreux, mais fragiles, que l’annonce de la Conférence avait suscités chez certains. De toute évidence – et, pour notre part, nous n’en avons jamais douté – instaurer le règne de la sécurité et de la coo pération en Europe – région qui, plus que nulle autre au monde, fut ravagée par les guerres et cloisonnée par la méfiance réciproque – est une œuvre de longue haleine. Elle exige de tous les États participants une bonne volonté sans défaillance; elle nécessitera encore les plus considérables efforts.
Je me garderai donc de porter sur les textes laborieusement mis au point à Genève un jugement prématuré. Ces textes vaudront en définitive ce que vaudra leur application.
C’est donc moins aujourd’hui que dans les mois et les années qui viennent que nous pourrons les apprécier à leur juste valeur.
Pour l’heure, ce qui est avant tout nécessaire, c’est qu’un esprit nouveau souffle sur les relations internationales; c’est que les principes solennellement énoncés – ceux avant tout qui consacrent la pleine indépendance des États, la non-ingérence dans leurs affaires intérieures, le non-recours à la menace ou à l’emploi de la force, la pratique du règlement pacifique des différends et, bien entendu, le respect des droits de l’homme – que tous ces principes, dis-je, se traduisent demain en actes dans le comportement quotidien des Puissances.
Mais ne nous y trompons pas, si les choses devaient continuer à aller comme trop souvent dans le passé, c’est-à-dire si les petits pays demeuraient exposés aux pressions des plus grands, alors à coup sûr, la Conférence aurait échoué dans son effort d’instaurer la sécurité en Europe. Ce qui est certain, c’est qu’une telle sécurité n’est guère compatible avec le renforcement continu des potentiels militaires sur notre continent. L’État actuel des travaux des conférences consacrées à la réduction ou à la limitation des armements nous confirme en tout cas qu’une défense nationale adaptée aux défis de la guerre moderne demeure, pour un pays comme le nôtre, impérieuse de nécessité.
Pour toutes ces raisons je dirai en conclusion que les résultats que nous allons entériner sont à la fois peu et beaucoup. Peu, si on ne les considère qu’en eux-mêmes et comme le point final d’un long et difficile exercice. Beaucoup s’ils pouvaient être le signe et la promesse d’une ère vraiment nouvelle dans les relations internationales.
Nous attendons quant à nous un tel avènement avec un optimisme à la mesure des quelques progrès qui ont été déjà obtenus. Mais aussi avec réalisme et circonspection. Nous avons toujours pensé en effet que ce n’était pas le climat de la détente – si bénéfique qu’il soit en lui-même, en tant qu’antidote à la guerre froide – qui engendrerait comme par enchantement cette sécurité à laquelle aspirent tous les peuples que nous représentons ici, mais que c’était bel et bien l’inverse.
C’est dans cet esprit que j’exprime le vœu que les longs travaux de la Conférence, qui trouvent leur consécration solennelle aujourd’hui, connaissent un écho durable dans les événements de demain.
- 1
- Discours (copie): CH-BAR E2812(-) 1985/204 Bd. 7 (4). Ce texte a aussi été publié dans FF, 1975, II, pp. 934–938. Cf. aussi le compte rendu sténographique de la deuxième séance de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe tenue au Finlandia Hall à Helsinki le 30 juillet 1975, doc. CSCE/III/PV.2, pp. 42–48, CH-BAR#E2001E-01#1987/78#691* (B.72.09.15.1). Pour les entretiens bilatéraux au cours de la troisième phase des négociations de la CSCE à Helsinki, cf. DDS, vol. 26, doc. 160, dodis.ch/38322.↩
- 2
- Discours de P. Graber du 5 juillet 1973, dodis.ch/38846. Pour un bilan des consultations préliminaires et de la première phase de la CSCE, cf. DDS, vol. 26, doc. 32, dodis.ch/38816.↩
- 3
- À l’exception de l’Albanie. Pour les relations de la Suisse avec l’Albanie, cf. DDS, vol. 26, doc. 75, dodis.ch/38383, note 19.↩
- 4
- Pour les négociations à Genève, cf. DDS, vol. 26, doc. 57, dodis.ch/38848 et doc. 89, dodis.ch/38858.↩
- 5
- Acte final de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe rédigé par le Comité de coordination du 21 juillet 1975, doc. CSCE/CC/64, CH-BAR#E2001E-01#1987/78#687* (B.72.09.15.1). Cf. aussi FF, 1975, II, pp. 939–1016.↩
- 6
- Sur la Convention des droits de l’homme du Conseil de l’Europe, cf. DDS, vol. 26, doc. 25, dodis.ch/39375 et doc. 107, dodis.ch/39382.↩
- 7
- Sur le développement de la CSCE, cf. DDS, vol. 26, doc. 177, dodis.ch/38875.↩
- 8
- Pour un bilan de la CSCE, cf. le rapport de la Délégation suisse à la CSCE du 7 juillet 1975, dodis.ch/38868 et la notice du Secrétariat politique du Département politique du 8 juillet 1975, dodis.ch/38869 dont le Conseil fédéral a pris connaissance avec le PVCF No 1230 du 9 juillet 1975, CH-BAR#E1004.1#1000/9#820*. Cf. aussi le rapport de R. Bindschedler du 29 août 1975, dodis.ch/38870.↩
- 9
- A. Casaroli.↩
- 10
- H. Schmidt, E. Honecker, G. Ford, B. Kreisky, L. Tindemans, T. Jivkov, P. E. Trudeau, Makarios III., A. Jørgensen, C. Arias Navarro, U. Kekkonen, V. Giscard d’Estaing, H. Wilson, K. Karamanlis, J. Kádár, L. Cosgrave, G. Hallgrímsson, A. Moro, W. Kieber, G. Thorn, D. Mintoff, A. Saint-Mleux, T. Bratteli, J. den Uyl, E. Gierek, F. da Costa Gomes, N. Ceaușescu, G. L. Berti, O. Palme, G. Husák, S. Demirel, L. I. Breschnew et J. Broz Tito.↩
dodis.ch/38867
Speech by President of the Confederation Graber at the CSCE Summit in Helsinki1
[Conference on Security and Cooperation in Europe]
Allow me first to express my sincere gratitude to our Finnish hosts for their warm welcome. I would like to tell them how pleased I am to be here once again. The affinity between Switzerland and Finland is deeply rooted. It makes us particularly receptive to the spirit of this country, which, like the music of Sibelius, is marked by unostentatious grandeur and serenity.
Switzerland, located at the crossroads of three cultures that have earned the old continent its universal renown, has always been vibrant with European life. Throughout its seven centuries of history, it has shared in its splendours and tribulations.
As I stated from this same podium two years ago,2 my country’s neutrality has never been an excuse for a policy of empty chairs, indifference, or isolationism. On the contrary, it has dictated a concern for solidarity and the ambition to be ready, at all times and within its means, to serve the international community.
Having itself had the historic opportunity to overcome the antagonisms of race, language, and religion that caused conflict among its neighbours, Switzerland viewed their conflicts as fratricidal struggles. It ardently desired their reconciliation. It welcomes their cooperation today. But its interest has not been limited to this immediate horizon: we have always called for harmony throughout Europe. Our refusal to join alliances or coalitions was thus, at its core, a response to a broader European calling.
That is why we are delighted to see the option of neutrality included in the chapter on the principles that should govern relations between our states. Neutrality is thus recognised as a specific instrument of European security and cooperation.
Yet our desire for openness is far from being limited to the circle of states present here today. If we want Europe – which in the past has too often been a source of universal strife – to become a clear zone of peace and enterprise, it is also so that it can devote more attention, energy, and resources to the priorities of our time, which is to guide towards development and well-being the multitudes who are still deprived of the goods that almost all of us have in abundance.
Emphasis has been placed on the profoundly original nature, in more ways than one, of the Conference on Security and Cooperation in Europe. Indeed, this is the first time that the leaders of all the member countries of the European family have come together, joined by those of the two great North American democracies, linked to it by a vibrant community of origin and destiny.3
Unlike certain diplomatic conferences of the past, the CSCE was prepared, convened, sat, deliberated, adopted its resolutions, and concluded its work today on the basis of the sovereign equality of the participating states. This principle found its eloquent expression in the practice of consensus. While it did not simplify the discussions in Geneva,4 such a system had the merit of allowing delegations from all countries, large and small, to freely express their views and actively participate in the drafting of a common political document.5 In our view, this is a perfectly legitimate prerogative, but one that must be balanced by responsible and measured behaviour.
For us Swiss, the essential virtue of the sovereign equality of states is that it in turn conditions the supreme principle of national independence.
What is independence for though? First, of course, to conduct our relations with other countries freely and in accordance with international rules. Yet just as importantly, it is to build and develop our own community based on a certain idea we have of the human person, their dignity, their needs, and their purpose – in a word, their happiness.
Another original feature of the CSCE is to establish more comprehensive and secure structures in inter-European relations, but also to facilitate, develop, and harmonise human relations in each of our countries and across their borders.
In our view, these are inseparable. For there can be no individual freedoms without national sovereignty, just as the independence of the state finds its primary justification in the full development of the individual. That is why we recognise the CSCE’s achievement in raising human rights to the level of the ten principles that are to govern mutual relations between participating states. Because each of these rules is expressly recognised as having equal value, respect for fundamental freedoms can thus become a positive contribution by the Conference to the system of relations between states. As a result, respect for such a solemnly enshrined principle now has the same importance in the European consciousness as respect for the inviolability of borders.
It was precisely for such reasons that Switzerland considered, from the outset, that the chapter on human contacts and information would be an indispensable element of the CSCE.
At first glance, we must admit that the results appear modest. They certainly do not live up to the hopes that some had nurtured. The texts that have been drafted are too often vague and accompanied by reservations that further limit their scope.
And yet! The fact that such sensitive issues could be addressed and discussed frankly at the diplomatic level between countries with different political, economic, and social systems is in itself a positive development. And the fact that the same countries were able to agree on texts that at least have the merit of existing is a further source of hope. Here more than elsewhere, we must guard against the temptation to think in terms of all or nothing. That is why excessive ambition had no place in the political reality of Europe. Nevertheless, a lack of ambition would have been a betrayal of the very objectives we had set ourselves. Under these circumstances, we can say that the document before us represents a first point of reference. Only time will tell what it is worth.
In other words, tomorrow the provisions that we are about to solemnly adopt in this area, as in others, will have to be translated into action. Their implementation will reveal the degree of willingness on the part of the states represented here to give concrete substance to the framework that has just been outlined.6
The progress that will be made in the vast field of human relations, that is, those experienced at the individual level, aimed at breaking down barriers in Europe, will play a particularly revealing role in our assessment of the outcome of the Conference itself.7
We hope, for example, that certain problems which have proved particularly difficult – I am thinking especially of all the human tragedies resulting from the separation of families – will in future find solutions in the appropriate multilateral or bilateral frameworks which are in keeping with this spirit.
In another area – one to which we also attach great importance – that of information, we hope that its wider dissemination and freer access, as well as the work of journalists, will be facilitated and that this will gradually put an end to a situation that is still far from satisfactory everywhere.
It is the same concern to give concrete expression to the principles intended to govern relations between participating states that has prompted us to present a detailed plan for the peaceful settlement of disputes.
Unfortunately, the discussions in Geneva revealed that certain features of this project, particularly the binding nature of the decisions, or simply of the procedure, were not yet acceptable to everyone. This has in no way discouraged us in our efforts. We note for the time being that the Conference has, on the one hand, given the 35 participating countries the opportunity to discuss, for the first time and in depth, an idea that has always been one of the cornerstones of our foreign policy. On the other hand, the follow-up to the Conference and the specific mandate we have received on this subject will enable us to resume the study and development of such a system in two- or three-years’ time.
This time, we will be able to envisage the realisation of our project with a better chance of success. Some have found it too ambitious, others not fully developed. Be that as it may, in our view it still has the merit of attempting to organise what we call peace, security, and détente; of giving these general concepts real, concrete content and, why not say it, a new dimension.
Finally, in the economic sphere, the CSCE, although essentially political in nature, has endeavoured to facilitate transactions, build confidence, and foster a better spirit of industrial, scientific, and technical cooperation between our states. For a country such as Switzerland, which is more dependent than any other on the growth of world trade, any measure designed to promote the free movement of goods is welcome. We hope that efforts in this area will continue, with a view to achieving a judicious balance between reciprocal rights and obligations.
Mr. President,8 Distinguished High Representatives,
It would undoubtedly be unfair to measure the concrete results that have been achieved against the generous but fragile hopes that the announcement of the Conference had raised in some quarters. It is clear – and we have never doubted this – that establishing security and cooperation in Europe, a region which, more than any other in the world, has been ravaged by war and divided by mutual mistrust, is a long-term undertaking. It requires unwavering goodwill on the part of all participating states and will continue to demand the most considerable efforts.
I will therefore refrain from making any premature judgments on the texts that have been painstakingly drafted in Geneva. Ultimately, these texts will be worth what their implementation is worth.
It is therefore less today than in the months and years to come that we will be able to appreciate their true value.
For the time being, what is needed above all is a new spirit in international relations; it is that the solemnly proclaimed principles – above all those enshrining the full independence of states, non-interference in their internal affairs, the non-use of force or threat of force, the peaceful settlement of disputes and, of course, respect for human rights – that all these principles, I say, be translated tomorrow into action in the daily behaviour of the powers.
But let us make no mistake: if things were to continue as they too often have in the past, that is to say, if small countries remained exposed to pressure from larger ones, then the Conference would undoubtedly have failed in its efforts to establish security in Europe. What is certain is that such security is hardly compatible with the continued strengthening of military capabilities on our continent. The current state of play at conferences devoted to arms reduction or limitation in any case confirms that a national defence adapted to the challenges of modern warfare remains an absolute necessity for a country like ours.
For all these reasons, I would conclude by saying that the results we are about to endorse are both little and much. Little, if we consider them in isolation and as the end point of a long and difficult exercise. Much, if they could be the sign and promise of a truly new era in international relations.
For our part, we await such an outcome with optimism commensurate with the progress that has already been made. Yet also with realism and caution. We have always believed that it was not the climate of détente – beneficial though it may be in itself, as an antidote to the Cold War – that would magically bring about the security to which all the peoples we represent here aspire, but rather the opposite.
It is in this spirit that I express the hope that the long deliberations of the Conference, which are being solemnly concluded today, will have a lasting impact on the events of tomorrow.9
- 1
- Swiss Federal Archives CH-BAR#E2812#1985/204#228* (4). Translated from French. This speech was held by the Head of the Federal Political Department (FPD), President of the Swiss Confederation Pierre Graber, dodis.ch/P4171, on 30 July 1975. According to the Federal Council’s decision No. 1433 of 20 August 1975, dodis.ch/38883, it was published together with the text of the Helsinki Final Act in the Federal Gazette, 1975, II, in German, French and Italian, cf. dodis.ch/58821. This document was also published in French in: Diplomatic Documents of Switzerland (DDS), vol. 26, doc. 158, dodis.ch/38867.↩
- 2
- Speech by Federal Councillor Graber of 5 July 1973, dodis.ch/38846, at the Ministerial Meeting of the CSCE in Helsinki (Phase I). Cf. also QdD 30, doc. 55, dodis.ch/38816.↩
- 3
- For the bilateral talks of President Graber during the third phase of the CSCE in Helsinki, cf. DDS, vol. 26, doc. 160, dodis.ch/38322.↩
- 4
- For the Geneva negotiations, cf. DDS, vol. 26, doc. 57, dodis.ch/38848, QdD 30, doc. 69, dodis.ch/38858, and the thematic compilation dodis.ch/T1409.↩
- 5
- For the Final Act in all CSCE languages, cf. dodis.ch/58821.↩
- 6
- Cf. DDS, vol. 26, doc. 177, dodis.ch/38875.↩
- 7
- For an assessment of the CSCE, cf. the report of the Swiss Delegation to the CSCE dated 7 July 1975, dodis.ch/38868, and the memorandum from the FPD’s Political Secretariat dated 8 July 1975, dodis.ch/38869, which the Federal Council took note of in its decision No. 1230 of 9 July 1975, dodis.ch/74267. Cf. also the report from the Head of the Swiss Delegation to the CSCE and Legal Advisor to FPD Rudolf Bindschedler, dodis.ch/P1396, dated 29 August 1975, dodis.ch/38870.↩
- 8
- The Holy See’s Minister of Foreign Affairs Agostino Casaroli, dodis.ch/P42817.↩
- 9
- For all Swiss documents in this volume, cf. dodis.ch/C2935.↩
Relations to other documents
| http://dodis.ch/38867 | refers to | http://dodis.ch/38871 |
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Organization for Security and Co-operation in Europe (OSCE)
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