Ressources numériques en sciences humaines et sociales OpenEdition Nos plateformes OpenEdition Books OpenEdition Journals Hypothèses Calenda Bibliothèques OpenEdition Freemium Suivez-nous

Appel à contribution : “Textiles liturgiques : produire, (re-)vêtir, conserver”, Saint-Dié-des-Vosges, Bibliothèque patrimoniale du diocèse de Saint-Diè-des-Vosges, le 7 novembre 2026, date limite le 20 juin 2026

Ce colloque propose d’explorer les étoffes liturgiques, la manière dont elles sont produites – historiquement et de nos jours – la manière de les revêtir – les significations qui leur sont liées et leurs évolutions – ainsi que les méthodes avec lesquelles il est possible de les conserver du point de vue matériel et des usages. Nous souhaitons ainsi situer ce colloque à la croisée de plusieurs disciplines : histoire, histoire de l’art, sciences de la conservation, anthropologie ou théologie. Nous invitons les chercheur·ses de ces disciplines, les conservateur·rices ou créateur·rices intéressé·es par la thématique à soumettre leur proposition de communication.

Argumentaire

En décembre 2024, les ensembles liturgiques créés par Jean-Charles Castelbajac pour la cérémonie de réouverture de la cathédrale de Notre-Dame, ont suscité une large attention. Souhaité « simplissime »[1] par l’artiste, le traitement du thème du rayonnement, inspiré par la croix de Marc Couturier et des vitraux de la cathédrale, s’effectue par croisement de flocages et broderies. Cette création semble à rebours des ornements traditionnellement richement brodés. Cette commande n’est pas la première intervention de l’artiste dans ce domaine, puisqu’en 1997 il avait déjà créé une collection pour les Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) de Paris. Ces créations récentes questionnent les liens entre la création contemporaine, les textiles liturgiques et la paramentique historique. La manière d’appréhender ces étoffes demeure un sujet d’actualité, et interroge la manière dont celles-ci sont pensées, réalisées et reçues aujourd’hui.

Les textiles liturgiques constituent un ensemble particulièrement diversifié. Ils regroupent les vêtements liés à la liturgie (chasubles, dalmatiques, tuniques, aubes, amict, pallium), les linges d’autel (corporal, pale, purificatoire, nappe, manuterge) ainsi que les étoffes de parement (voile de calice, antependium)[2]. À ces catégories s’ajoutent les reliques, tels que linceuls et suaires. La variété des usages, des fonctions, des techniques et des représentations fait de ces objets un champ d’étude riche, s’étendant des premiers siècles de notre ère jusqu’aux créations contemporaines.

Ce colloque[3] propose ainsi d’explorer trois axes de réflexion sur les étoffes liturgiques, la manière dont elles sont produites – historiquement et de nos jours – la manière de les revêtir – les significations qui leur sont liées et leurs évolutions – ainsi que les méthodes avec lesquelles il est possible de les conserver du point de vue matériel et des usages. Nous souhaitons ainsi situer ce colloque à la croisée de plusieurs disciplines : histoire, histoire de l’art, sciences de la conservation, anthropologie ou théologie. Nous invitons les chercheur.ses de ces disciplines, les conservateur.rices ou créateur.rices intéressé.es par la thématique à soumettre leur proposition de communication.

Cette rencontre est organisée à l’initiative de la Bibliothèque patrimoniale du diocèse de Saint-Dié-des-Vosges.

Thématiques proposées

Produire les textiles liturgiques

  • La production des textiles liturgiques : par le biais de l’histoire des techniques allant de la teinture, du tissage, de la passementerie, à la broderie d’or ou grâce à tout autre savoir-faire traditionnel. Les constances ou les ruptures dans l’utilisation des matières premières elles-mêmes.

  • L’histoire des ateliers et leur contexte de réflexion et/ou de spécialisation ainsi que leur rôle dans la diffusion des symboles religieux, depuis la création du dessin jusqu’à leur mise en forme textile. Les liens entre la mise en forme des étoffes et des objets liturgiques non textiles. 

  • L’innovation et l’évolution des formes et motifs dans les créations anciennes et contemporaines, et la manière dont ces ensembles peuvent dialoguer. Des exemples contemporains pourront également interroger la place du sacré, de la liturgie et de la théologie au sein de la réflexion artistique. 

(Re-)Vêtir les textiles liturgiques

  • L’évolution de la symbolique et de la sacralisation des vêtements liturgiques, la manière dont ils doivent être portés, les lieux et les périodes à laquelle ils le peuvent, en interrogeant le rôle et la symbolique de ces étoffes au sein des rituels religieux. Les changements dans l’utilisation des textiles liturgiques au fil du temps, au fil des réformes ou des adaptations culturelles et l’évolution des formes de la paramentique. Les liens entre textiles et identités religieuses ou communautaires.

  • Dans la continuité des études sur les sens, la place du corps, perceptible ou non, dans le port de ces vêtements, impliquant un poids, une certaine rigidité et un contact particulier, pourraient constituer un champ de recherche singulier. Cette notion de toucher pourrait également être mise en perspective avec les textiles issus de reliques.  

  • Dans une approche plus contemporaine, où la question de la marchandisation du sacré se pose, l’utilisation des motifs issus de textiles liturgiques, allant parfois jusqu’à dans la complète réutilisation dans des contextes de mode[4].

Conserver les textiles liturgiques 

  • La conservation de ces ensembles textiles particuliers, les défis techniques et éthiques. Le passage de ces textiles, d’objet cultuel à objet de collection (manipulation, conservation, exposition), la préservation des notions d’usage qui leur sont propre et parfois diffère d’une étoffe à l’autre[5].

  • La prévention de la dégradation et la restauration de ces étoffes, complexe par la multitude de matériaux dont elles sont composées – matériaux d’origine végétale ou animale, métaux, matériaux artificiels ou synthétiques – qui ne demandent parfois pas les mêmes conditions de conservation et peuvent interagir lors de traitements. Des outils pour la conservation ou pour la description de pratiques. Des recherches récentes en matière de conservation préventive seront mises en avant. 

  • Le rapport à leur usage cultuel. La place et le rôle de professionnels du patrimoine dans la conservation d’ensembles liturgiques dont l’usage est toujours effectif interrogent sur la mise en place de méthodes. Des pratiques collaboratives entre des professionnels du patrimoine et des associations ou groupement ecclésiaux sont particulièrement attendues. 

Modalités de soumission

Les propositions de communication (environ 300 mots) doivent être envoyées avant le 20 juin 2026 à l’adresse suivante noemie.michel1112@gmail.com 

Elles devront inclure un titre, un résumé détaillé de la présentation ainsi qu’une courte biographie de l’auteur. Les communications pourront être en français et dureront 25 minutes. Nous encourageons particulièrement les propositions interdisciplinaires et les études de cas, ainsi que celles portant sur des perspectives nouvelles, qu’elles soient théoriques ou pratiques.

Les coûts de déplacement et de nuitée des intervenants seront pris en charge par la Bibliothèque patrimoniale du diocèse à hauteur de 250€ hors Grand Est, pour les intervenants régionaux Grand Est à hauteur de 100€. 

Le colloque se déroulera le 7 novembre 2026.

Comité scientifique

  • Bernard BERTHOD, Conservateur du musée de Fourvière et consulteur émérite de la commission pontificale pour les biens culturels de l’Eglise. 

  • Isabelle BRIAN, Professeur en Histoire moderne, Université de Lorraine, CRULH.

  • Julie GLODT, Assistante temporaire d’enseignement et de recherche en histoire de l’art médiéval, Université de Lille, IRHiS. 

  • Stefano SIMIZ, Enseignant chercheur et Professeur des universités en histoire moderne, Université de Lorraine, CRULH.

Comité d’organisation

Pierre-Louis BUZZI, Docteur en histoire contemporaine, Université de Lorraine, chercheur associé au CRULH.  

Noémie MICHEL, Chargée de conservation préventive, Chantier des collections, Musée des tissus et des arts décoratifs, Lyon. 

Source


OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
eloinetrefeu (16 juin 2026). Appel à contribution : “Textiles liturgiques : produire, (re-)vêtir, conserver”, Saint-Dié-des-Vosges, Bibliothèque patrimoniale du diocèse de Saint-Diè-des-Vosges, le 7 novembre 2026, date limite le 20 juin 2026. Collectif d'Historiens de l'Art de la Renaissance. Consulté le 31 août 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/16erc


Vous aimerez aussi...