Conférence : Guillaume Cassegrain, “Habiter l’image – Réflexions sur l’entrée dans l’image à l’époque moderne”, Séminaire Translatio, Paris, Galerie Colbert, salle Benjamin, le 15 janvier 2026, de 18h à 20h
Guillaume Cassegrain est professeur des universités en histoire de l’art moderne à l’Université Grenoble Alpes. Spécialiste de la peinture vénitienne, ses recherches portent notamment sur les apparitions miraculeuses qui lui sont associées, ainsi que sur ses grandes figures, telles que Tintoret, auquel il a consacré une monographie (Hazan, 2010) et Titien, en particulier dans ses rapports à la sculpture. Son travail s’inscrit également dans une réflexion plus large sur la poïétique de l’art, interrogeant l’image à travers des notions telles que l’entrée dans l’image à l’époque moderne, la coulure picturale envisagée comme trace vivante du geste et de la matière (𝘓𝘢 𝘤𝘰𝘶𝘭𝘶𝘳𝘦. 𝘏𝘪𝘴𝘵𝘰𝘪𝘳𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘱𝘦𝘪𝘯𝘵𝘶𝘳𝘦 𝘦𝘯 𝘮𝘰𝘶𝘷𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵, Hazan, 2015) ou encore le froissé. Il a aussi consacré des travaux au rôle décisif de l’image dans la pensée de Roland Barthes (𝘙𝘰𝘭𝘢𝘯𝘥 𝘉𝘢𝘳𝘵𝘩𝘦𝘴 𝘰𝘶 𝘭’𝘪𝘮𝘢𝘨𝘦 𝘢𝘥𝘷𝘦𝘯𝘶𝘦, Hazan, 2015).
La croyance 𝘦𝘯 l’image qui engage, dans le même temps, une croyance 𝘥𝘦 l’image ne s’est pas cantonnée, à l’époque moderne, aux effets de ressemblance et de vraisemblance que les figures humaines représentées pouvaient faire vivre, par leurs actions (logique du récit peint) ou/et leurs expressions. Croire en l’image par l’image a supposé aussi d’inventer un « cadre » adapté qui, en offrant un espace où la représentation trouvait à se déployer, facilitait un passage du monde réel, où se tient le spectateur, vers le monde de la fiction. Les peintres modernes ont cherché, par différents moyens (plastiques et iconographiques) à « ouvrir » l’image (selon des modalités plus ou moins violentes : fendre, rompre, écarter…) afin d’inviter le spectateur à rentrer dans la scène (le cinéma se souviendra de ce projet avec la technique de la 3D, notamment) et à s’y tenir comme dans un espace familier depuis lequel l’inattendu de la fiction gagnait toute son acuité pathétique. Au cours de cette séance, nous nous attarderons sur certaines des solutions imaginées pour produire des effets d’entrées dans l’image et nous essaierons de voir comment ce « désir d’habitation » (Roland Barthes) suppose une croyance en l’image.
- Galerie Colbert (6, rue des Petits Champs 75002), salle Benjamin (rez-de-chaussée, entrée libre) – 18h-20h.
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OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Fiammetta Campagnoli (9 janvier 2026). Conférence : Guillaume Cassegrain, “Habiter l’image – Réflexions sur l’entrée dans l’image à l’époque moderne”, Séminaire Translatio, Paris, Galerie Colbert, salle Benjamin, le 15 janvier 2026, de 18h à 20h. Collectif d'Historiens de l'Art de la Renaissance. Consulté le 1 septembre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/15h13



