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Appel à contribution : « La peinture en miniature et ses recettes à l’époque moderne (1500-1800) », Lyon, CIHA, 23-28 juin 2024, date limite le 15 septembre 2023

En histoire de l’art, la pratique de la miniature pose des problèmes de définition. Cela s’explique en partie par son hybridité matérielle, à la fois en termes de supports, de couche picturale (pigments, liants), de taille et de types d’objets. La miniature est en effet susceptible de désigner une grande variété de techniques allant de la peinture sur vélin ou ivoire à l’émail en passant par l’enluminure. En occident comme en orient, l’époque moderne constitue un moment clé dans les expérimentations techniques menées parallèlement au développement des pratiques professionnelles et amateures. Dans les deux zones, la peinture en miniature était pratiquée par des professionnels, mais aussi par des personnages de très haut rang comme le Chah Tamasp Ier ou la reine d’Espagne Marie Louise d’Orléans. Le fait que les couleurs utilisées ne tachent pas et soient inodores par rapport à la peinture à l’huile, mais aussi la possibilité de pouvoir copier facilement les compositions a pu favoriser cette appropriation par les cours. L’apparition simultanée dans les deux zones de plusieurs traités pratiques – le Qanun us-Suvar de Sadiqi Bek (ca. 1570-1600) ou le Treatise Concerning the Arte of Limningde Nicholas Hilliard (ca. 1600) – est lié à ce phénomène. Ceux-ci proposaient des recettes pour mélanger les couleurs ou des conseils sur les manières de représenter certains motifs ou de préparer différents types de support. Ces textes constituent un renouvellement majeur des modes de transmission de la pratique de la miniature. S’ils ne pouvaient se substituer complètement à l’enseignement d’un maître, certains ouvrages permettaient d’en apprendre seul les rudiments. Cela était particulièrement convenable pour les femmes, de plus en plus nombreuses en Europe à s’adonner à la miniature à partir de la deuxième moitié du XVIIe siècle. Mais dans les milieux professionnels, l’apprentissage technique se faisait dans le contexte de l’atelier et les secrets de fabrication pouvaient être gardés.

En étudiant pour la première fois de manière comparative entre l’Orient et l’Occident les différentes recettes techniques de la miniature et leurs modalités de transmission, cette session visera à mettre en perspective son hybridité matérielle et à donner un éclairage nouveau sur les conditions de production des œuvres.

Les universitaires, les professionnels des musées et des bibliothèques en charge de collections de miniatures orientales ou occidentales, ainsi que les restaurateurs spécialisés dans l’analyse des matériaux sont invités à soumettre des articles sur les thèmes suivants, qui ne sont pas limitatifs :

  • Les matériaux utilisés (supports, couleurs de papier, liants, teintures, pigments, encres, médiums de reliure).
  • Redécouverte des informations ou des connaissances à l’origine de l’utilisation de certains matériaux et techniques à partir de recettes historiques et/ou d’analyses scientifiques.
  • Les conditions de transmission par les traditions orales et/ou les sources écrites, en particulier les recettes elles-mêmes.
  • Le contexte de la transmission dans sa dimension sociale (ateliers, cours) et/ou genrée.
  • La terminologie utilisée dans les manuels et les recettes historiques ; les défis de la traduction et de la compréhension du contexte des recettes historiques à travers la chimie moderne.

Les approches comparatives sont particulièrement bienvenues. Selon les propositions, des tables rondes entre plusieurs intervenants ainsi que des communications individuelles d’environ 15 à 20 minutes pourront être programmées. Un temps sera consacré à la discussion. Une publication évaluée par des pairs est prévue.

Source

Florence Larcher
Florence Larcher
Florence Larcher est doctorante à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Fellow à la Bibliotheca Hertziana – Max Planck Institute for… Lire la suite

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Florence Larcher (6 août 2023). Appel à contribution : « La peinture en miniature et ses recettes à l’époque moderne (1500-1800) », Lyon, CIHA, 23-28 juin 2024, date limite le 15 septembre 2023. Collectif d'Historiens de l'Art de la Renaissance. Consulté le 1 septembre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/mp90


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