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WHAT COMES AFTER-by Alix Petit · Jun 7, 2026

“Ahah”: mais personne ne rit.

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WHAT COMES AFTER-by Alix Petit · WHAT COMES AFTER-by Alix Petit

La semaine dernière, on parlait des voice notes, et du fait que les gens ne prennent plus le temps d’écrire trois phrases correctement mais peuvent, avec une générosité criminelle, vous envoyer quatre minutes trente-sept de flux mental non édité, enregistré en marchant dans la rue, en lançant une machine ou en conduisant d’une main, comme si votre cerveau était devenu une petite poubelle émotionnelle disponible à toute heure.

Cette semaine, je voudrais rester dans le même territoire, celui de nos nouvelles manières de communiquer, de tous ces micro-codes digitaux qui ont l’air insignifiants mais qui racontent, selon moi, une époque entière : notre fatigue, notre peur d’être mal comprises, notre incapacité à dire les choses simplement, et surtout notre besoin constant d’amortir le réel pour ne blesser personne, ne choquer personne, ne paraître ni froide, ni sèche, ni trop directe, ni trop intense.

Aujourd’hui, je voudrais donc parler d’un sujet fondamental, presque géopolitique à l’échelle de nos téléphones : le faux rire.

Le “haha”.
Le “mdr”.
Le “lol”.
Le “ahah trop drôle” envoyé à un message qui ne nous a pas fait rire une seule seconde, pas même intérieurement, pas même par politesse, pas même avec ce petit souffle nasal qui, à notre époque, semble être devenu la version basse consommation du fou rire.

Le “haha” est peut-être le symptôme le plus ridicule et le plus précis de notre époque : une société qui se prétend libre, directe, décomplexée, mais où il faut encore déguiser la moindre vérité en petite blague molle pour ne pas être accusée d’être sèche, froide, agressive ou, pire, difficile à aimer.

Soyons honnêtes deux minutes : combien de fois par jour écrivons-nous “haha” sans rire ? Combien de fois tapons-nous “mdr” avec le visage parfaitement immobile, les yeux secs, la mâchoire serrée, parfois même en étant profondément agacées par la personne à qui nous répondons ? Combien de fois avons-nous ajouté un “ahah” à une phrase qui aurait très bien pu s’en passer, simplement parce que le message, sans ce petit coussin ridicule, aurait eu l’air trop nu, trop frontal, trop vrai ?

Read the original on alixpetit.substack.com

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