En 2019, j’ai quitté mon job de webdesigner en agence pour me lancer.
J’avais deux projets signés : un site à 700€, un autre à 1500€ pour les mois suivants. Pas de quoi payer le loyer très longtemps. Mais l’envie d’être à mon compte ne me quittait plus : Festives Studio était né !
J’ai trouvé un bureau dans un coworking au-dessus de chez Crème, au Sablon (Bruxelles). Un espace rempli de femmes créatives : directrices artistiques, photographes, designers. Toutes avec ce sens de l’esthétique qui me faisait vibrer.
J’avais l’impression d’être devenue cette cool kid à vélo dans Bruxelles, latte à la main, carnet de croquis dans le sac. Le rêve Instagram de la freelance épanouie ?
Un an plus tard, j’étais sur les genoux.
Avec le recul, certaines choses m’ont énormément servi.
Ne pas rester seule : m’entourer et échanger avec d’autres freelances a été un vrai atout.
Investir sur moi, pas que sur mes clients : formations, templates, stratégie. Une journée toutes les deux semaines rien que pour mon activité. Chaque investissement m’ouvrait de nouveaux projets.
Investir dans des shootings photo : Ça paraît accessoire, mais avoir des visuels pro de mon travail a changé ma crédibilité. Les clients voyaient quelqu’un de sérieux.
Me montrer sur les réseaux : Pas toujours facile, mais j’ai trouvé un équilibre entre échanger avec d’autres designers et attirer de nouveaux clients. La générosité en ligne, ça paie.
À refaire, voici les points que j’aurais inclus dès le départ :
Définir une grille tarifaire claire dès le début : J’estimais à l’heure, au feeling, au projet. Chaque devis était une négociation avec moi-même (t’exagères là, Marie, est-ce que ça les vaut ?!). J’aurais dû poser des prix fixes, les assumer, et les faire évoluer de façon structurée.
Ne pas dire oui à tout : par peur de manquer de travail, j’acceptais tous les projets. Je me suis retrouvée débordée par des missions qui ne me correspondaient pas. Et j’ai dû dire non à des projets que j’aurais adorés.
Prendre une coach beaucoup plus tôt : J’ai tout porté seule. Les remarques clients, les doutes, les décisions. Je me suis épuisée. Une coach m’aurait aidée à prendre du recul, à poser des limites, à ne pas m’effondrer après chaque feedback difficile.
Mettre un cadre : Je disais oui parce que dans ma tête, oui = compétence. Aujourd’hui je sais que non = expertise. Le client mérite la bonne personne pour le bon job, pas quelqu’un qui s’épuise à vouloir tout faire.
Après un an, j’étais tellement épuisée que j’ai trouvé une stratégie absurde : faire des devis tellement élevés qu’on me dirait non. Pour ne pas avoir à dire non moi-même.
Sauf que voilà. Comme je ne facturais déjà pas assez, mes devis restaient toujours plus qu’acceptables. Une stratégie d’auto-sabotage qui allait en plus rendre mon activité rentable ? What !
Et là, au moment précis où j’allais craquer, le Covid.
Tout ferme. Mes clients m’appellent les uns après les autres : “le marketing digital c’est pas notre priorité”.
Le break que je n’osais pas prendre m’a été imposé.
2 choix se sont imposés à moi :
Prendre ce break pour retravailler mes offres, ma façon de travailler
Accepter la proposition d’une cliente, dont je venais de terminer l’e-commerce, de rejoindre son équipe pendant quelques mois.
J’ai choisi la sécurité et j’ai adoré cette expérience. Et naturellement, j’ai continué sur ce chemin: Start-ups, puis grands groupes, en tant que consultante cette fois.
Ce n’était pas toujours facile, car pendant des années, j’ai réécrit l’histoire en me disant que j’avais lâché ce que j’avais commencé pour plus de sécurité. Que si j’avais tenu bon, mon studio aurait décollé. Il allait dans cette direction.
La vérité, j’étais au bout du rouleau. Ce qui serait arrivé n’aurait certainement pas été le scénario que je m’inventais. Et à la place, j’ai ramassé sur le chemin une tonne de nouvelles expériences, connaissances techniques et aussi soft skills.
Si vous êtes freelance et que vous lisez ces lignes, rappelez-vous qu’on est terriblement exigeants envers nous-mêmes. On reste un “One person business” dans un métier créatif, où tout peut être très subjectif. C’est pour cela que le cadre est d’autant plus important.
N’hésitez pas à partager vos challenges en tant que Designer (ou autre) en commentaire !
Merci pour votre lecture.
à bientôt,
Marie
Hello, moi, c’est Marie, consultante en stratégie digitale et créative, qui pense que la croissance ne doit pas vous coûter votre âme (ni votre santé mentale). Des entrepreneurs aux indépendants en passant par les sociétés en pleine expansion, j’aide les entreprises à évoluer grâce au design. Je combine mon expertise en matière d’expérience utilisateur avec la magie du branding (et juste assez de données pour rester honnête) afin de développer vos marques, sites et e-commerce. Au-delà du conseil, je rédige cette newsletter dans laquelle nous explorons ensemble comment repenser la croissance.
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