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La Note Investia · Jul 24, 2026

Moins tu regardes ton portefeuille, plus tu gagnes

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YRILE · La Note Investia

Combien de fois par jour vous regardez votre portefeuille ?

Ce n’est pas une question au hasard. C’est documenté scientifiquement (vous savez que j’aime ça).

En 1995, Benartzi et Thaler publient dans le Quarterly Journal of Economics une étude sur l’aversion aux pertes myopique.

Plus vous regardez votre portefeuille fréquemment, plus vous observez de pertes à court terme. Et comme une perte fait deux fois plus mal qu’un gain équivalent ne fait du bien, plus vous regardez, plus vous souffrez. Et plus vous souffrez, plus vous prenez de mauvaises décisions.

Deux groupes, même stratégie, même portefeuille. Un groupe consulte chaque mois, l’autre une fois par an. Le groupe annuel a alloué significativement plus en actions et obtenu des rendements long terme bien supérieurs, uniquement grâce à moins d’exposition au bruit.

Sur les 98 dernières années, le S&P 500 a été négatif sur 26 % des années individuelles. Sur des périodes de 10 ans, 94 % des périodes ont été positives.

https://www.capitalgroup.com/individual/planning/investing-fundamentals/time-not-timing-is-what-matters.html

Un investisseur qui a mis 10 000 $ par an pendant 20 ans sur le S&P 500 en choisissant systématiquement le pire jour de l’année pour investir a obtenu +12,64 % de rendement annualisé. 200 000 $ investis devenus 801 554 $, avec le pire timing du monde.

Vous ne regardez pas le prix de votre appartement tous les jours. Vous savez qu’il vaut ce qu’il vaut, et que dans 20 ans il vaudra probablement plus. Un portefeuille long terme, ça se gère de la même façon.

En 1954, le psychologue Leon Festinger publie sa théorie de la comparaison sociale. Les humains ont un besoin fondamental d’évaluer leurs capacités en se comparant aux autres. C’est un mécanisme de survie ancien, utile pendant des centaines de milliers d’années.

Le problème, c’est ce qui s’est passé après.

Pendant la majorité de l’histoire humaine, on se comparait à 50, à 150 personnes. Le voisin, le cousin, le plus rapide du village. Aujourd’hui, en 30 secondes le matin, on voit la villa de quelqu’un qu’on ne connaît pas, le physique de quelqu’un qu’on ne rencontrera jamais, et le portefeuille de quelqu’un qui ne montre que ses meilleurs trades.

Le cerveau reçoit des milliers de signaux de comparaison. Il n’a pas été conçu pour ça, mais il les traite quand même.

Une étude avec 807 investisseurs expérimentés le confirme. On leur montre les performances des meilleurs traders de la plateforme.

Résultat : ils ont pris significativement plus de risques, ont tradé plus activement, et ont rapporté une satisfaction inférieure, même quand leurs résultats réels étaient identiques au groupe contrôlé.

Voir que quelqu’un fait mieux ne vous aide pas à faire mieux. C’est même l’inverse.

La question n’est pas comment arrêter de se comparer, mais plutôt : à qui vous vous comparez, et est-ce que vous vous en rendez compte quand ça se passe ?

Action de la semaine :

→ cette semaine, chaque fois que vous vous surprenez à vous comparer à quelqu’un sur les réseaux, posez-vous une question :

→ Est-ce que je vois toute leur réalité, ou seulement ce qu’ils choisissent de montrer ?

6 août 1945, 8h15. Hiroshima.

Tsutomu Yamaguchi, 29 ans, ingénieur naval chez Mitsubishi, est en déplacement depuis trois mois.

C’est son dernier jour. Il marche vers le port pour rentrer chez lui à Nagasaki, et se rend compte qu’il a oublié son tampon d’identité au bureau.

Il fait demi-tour.

À 3 kilomètres, la bombe explose… Tympans éclatés, avant-bras brûlés, projeté au sol. Il passe la nuit dans un abri. Le lendemain, à moitié sourd, il monte dans un train direction Nagasaki.

Trois jours plus tard, il se présente au travail. Il raconte à son supérieur ce qu’il a vu, une seule bombe, et une ville entière rasée. Son chef lui dit qu’il est fou, que c’est impossible.

Mais à ce moment précis, à 3 kilomètres de là, la deuxième bombe explose.

Tsutomu Yamaguchi est le seul survivant certifié des deux bombardements atomiques. Il récupère lentement, élève ses enfants, reprend une vie normale.

Pendant des décennies, il parle peu. Ce n’est qu’en 2009, 64 ans après les faits, que le gouvernement japonais le reconnaît officiellement. Il a 93 ans, il mourra un an plus tard.

Un homme ordinaire en déplacement professionnel. Il a oublié son tampon sur son bureau, et l’histoire l’a frappé deux fois.

Contenus de la semaine

Merci pour la lecture. La semaine prochaine, on s’envoi de l’investissement avec la courbe de risque, un peu de dev perso, et une histoire qui m’a marqué.

Bon week-end,

YRILE

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Read the original on yrile.substack.com

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