RSS Amplifier

La newsletter IA de Yassine Chabli · Jun 25, 2026

L'IA favorise les femmes à l'embauche, et lui dire d'être neutre empire tout

0
Sign in to vote or save

La newsletter IA de Yassine Chabli · La newsletter IA de Yassine Chabli

👋 Hello à toi, c’est Yassine (l’humain) au clavier !

Cette semaine OpenAI dévoile sa première puce maison, Anthropic glisse un Claude permanent dans ton Slack. Et au milieu de tout ça, une étude m’a fait tomber de ma chaise sur la façon dont l’IA juge un CV. Bonne lecture !

  1. [Outils] Les nouveaux outils IA qui font le buzz

  2. [Rupture] Ce que l’IA fait vraiment quand elle lit un CV

  3. [Actu] Les news IA de la semaine à ne surtout pas manquer

(Je ne suis sponsorisé par aucun de ces outils.)

BrowserAct : un navigateur qui donne des mains à tes agents IA

La plupart des agents IA savent réfléchir, mais restent coincés derrière une vitre : ils ne peuvent pas vraiment cliquer sur un site, remplir un formulaire ou se connecter à ton compte.

Mark Zuckerberg watching all of us on his new app like #zuckerbergmemes
Votre agent IA qui consulte le web 😉

BrowserAct, c’est le navigateur en ligne de commande (un navigateur qu’on pilote par instructions, sans écran) qui leur donne ces mains. Il sait franchir les CAPTCHA (ces tests « je ne suis pas un robot » ironie du sort) tout seul, garder tes sessions ouvertes, et se branche sans coder sur Make, n8n ou Zapier. Pour te donner une idée, il aspire les infos de 80 produits Amazon en un peu plus de deux minutes. Essai gratuit 7 jours, puis abonnement.

🤔 Mon avis : si tu montes des automatisations sur Make ou n8n, c’est la pièce qui te manquait pour aller récupérer des données sur des sites qui n’ont pas d’API (le « robinet » par lequel deux logiciels échangent des données). Pour une veille concurrentielle ou un suivi de prix automatisé, c’est jouable. La limite : ça reste un outil de bricoleur de l’automatisation.

On pense tous savoir : si une IA a un biais à l’embauche, c’est forcément contre les femmes, parce qu’elle a appris sur des décennies de recrutements humains déséquilibrés. Une étude qui vient de passer 43 200 évaluations de candidats au crible, sur cinq modèles différents (Claude, GPT-4o, Gemini, DeepSeek, Llama), montre l’inverse pile poil.

À CV strictement identique, juste en changeant le prénom, les candidates avec un prénom féminin reçoivent une meilleure note que les hommes. Sur tous les modèles, sans exception. Voilà le mécanisme que personne ne voit : le modèle ne « lit » pas une compétence neutre, il accroche au prénom et glisse un préjugé dessus avant même d’avoir fini la phrase. Et le pire, c’est ce qui ne marche pas pour corriger ça. Lui écrire noir sur blanc « sois neutre, ignore le genre » ne change quasiment rien : l’instruction est un placebo. La seule parade qui efface le biais, c’est de masquer carrément les prénoms sur les CV.

💡Concrètement, si tu utilises ChatGPT ou Claude pour trier des candidatures, retiens une chose : lui demander d’être impartial ne suffit pas, il faut lui retirer l’information. Anonymise les prénoms avant de lui montrer quoi que ce soit. Sinon tu crois recruter à l’aveugle, et tu fais exactement l’inverse.

OpenAI fabrique enfin sa propre puce, et ça vise directement Nvidia

OpenAI et Broadcom ont dévoilé Jalapeño, sa toute première puce maison, dédiée à l’inférence (le moment où le modèle te répond, par opposition à son entraînement). Elle a été conçue de zéro en neuf mois jusqu’à la version finale gravée, un délai record pour ce type de composant, et arrivera dans les data centers fin 2026. La promesse : nettement plus de performance pour chaque watt d’électricité consommé.

🤔 Mon avis : c’est le mouvement le plus important d’OpenAI depuis longtemps, et il ne fait pas les gros titres. Tant que tu dépends des puces de Nvidia, c’est Nvidia qui fixe ton prix et ton calendrier. En dessinant sa propre puce autour de ses propres modèles, OpenAI reprend la main sur sa facture d’électricité, qui est aujourd’hui son premier poste de dépense. Google le fait depuis des années avec ses puces maison. OpenAI rattrape une dépendance qui lui coûtait une fortune.

Anthropic installe un Claude permanent dans ton Slack

Anthropic lance Claude Tag, un Claude branché en permanence sur Slack que tu peux mentionner comme un collègue.

Il existe en deux versions : l’une attend que tu lui assignes une tâche et la découpe en étapes, l’autre intervient d’elle-même dans la conversation. Surtout, il apprend ta boîte au fil des messages du canal : plus il lit, mieux il connaît tes projets, ton jargon, qui fait quoi. Pour l’instant en bêta fermée, réservée aux clients Enterprise et Team.

🤔 Mon avis : on est dans la même vague que Microsoft Scout dont je te parlais la semaine dernière : l’IA quitte la fenêtre de chat pour s’installer là où tu travailles déjà. L’idée d’un collègue qui connaît l’historique de l’équipe est séduisante. Le revers : tu confies à Anthropic la mémoire de ta boîte, conversations sensibles comprises. Avant de lui ouvrir tes canaux, vérifie qui peut le mentionner et ce qu’il a le droit de lire. Une mémoire d’entreprise, ça ne se donne pas à la légère.

OpenAI envoie son IA réparer le code qui fait tourner la planète

OpenAI muscle Daybreak, son programme de cybersécurité, avec un modèle spécialisé, GPT-5.5-Cyber, et une initiative baptisée « Patch the Planet ». L’objectif : repérer et réparer les failles des grands logiciels open source (ces briques gratuites et ouvertes sur lesquelles repose l’essentiel d’internet) avant que les attaquants ne les exploitent. Plus de 30 projets ont signé, dont des piliers comme cURL, Python et Go. Le modèle cyber n’est ouvert qu’aux défenseurs vérifiés, avec une surveillance renforcée.

🤔 Mon avis : bonne nouvelle de façade, vraie ambiguïté derrière. Une IA qui sait trouver une faille pour la réparer sait aussi la trouver pour l’exploiter, c’est exactement le même geste. OpenAI toujours en retard suit le même chemin qu’Anthropic avec Mythos.

Tu as remarqué le fil de cette édition ? Aucune de ces annonces ne parle du « meilleur modèle ». OpenAI parle de sa puce, Anthropic de ton Slack, OpenAI part à la chasse aux failles. La course au meilleur modèle est en train de passer au second plan. Les nouveaux défis : qui contrôle l’électricité ? qui occupe ton lieu de travail ? qui répare le code opensource sur lequel repose tout Internet ? Celui qui tient ces trois leviers tiendra l’IA, même sans avoir le modèle numéro un. Garde ça en tête la prochaine fois qu’on te vendra « le modèle le plus puissant de tous les temps ».

À jeudi prochain,

Yassine

💙 Si cette édition gratuite t’a plu, clique sur le 💙 juste en dessous 👇 Ça prend 1 seconde et ça m’aide énormément 🙏

👉 Tu as raté les éditions précédentes ? Retrouve-les toutes ici.

Read the original on yassinechabli.substack.com

Comments

Nothing yet. Say the first thing.

    Sign in to join the conversation.